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Essais/édition Michaud, 1907/Texte modernisé/Livre II/Chapitre 1

La bibliothèque libre.
Traduction par Michaud.
Firmin Didot (Livre Ip. 601-613).

LIVRE SECOND.


CHAPITRE PREMIER.

Inconstance de nos actions.

Trop de contradictions se rencontrent dans l’homme, pour qu’on puisse les expliquer. — Ceux qui s’adonnent à la critique des faits et gestes des hommes ne se trouvent sur aucun point aussi embarrassés que lorsqu’ils cherchent à grouper ceux émanant d’une même personne, pour porter sur elle une appréciation d’ensemble, parce que d’ordinaire ses actes se contredisent de si étrange façon qu’il semble impossible qu’ils proviennent d’un même individu. Marius le jeune se montra tantôt par son courage fils de Mars, tantôt par son manque d’énergie fils de Vénus. Le pape Boniface VIII arrivé, dit-on, au souverain pontificat en déployant l’astuce du renard, s’y comporta en lion et mourut comme un chien. Qui croirait que ce fut Néron, la cruauté personnifiée, qui, lorsque, suivant l’usage, on lui présenta à ratifier une sentence prononcée contre un criminel, s’écria : « Plût aux dieux que jamais je n’eusse su écrire ! » tant il éprouvait de serrement de cœur à condamner un homme à mort ? — De tels exemples sont en toutes choses si fréquents, chacun peut en trouver tant par lui-même, qu’il me paraît extraordinaire de voir quelquefois des gens de jugement se mettre en peine pour chercher à établir une corrélation entre les actes d’un homme, attendu que l’irrésolution est, ce me semble, le défaut de notre nature le plus commun et le plus répandu, témoin ce vers si connu de Publius le poète comique : « C’est une mauvaise résolution, que celle sur laquelle on ne peut revenir. »

Tout homme a un caractère indéterminé. — Il y a apparence qu’il est possible de porter une appréciation sur un homme dont on connaît les faits les plus habituels de la vie ; mais par suite de la versatilité de nos mœurs et de nos opinions, je crois que les meilleurs auteurs eux-mêmes ont tort de s’opiniâtrer à donner de nous une idée ferme et invariable. Ils choisissent l’air qui, d’une manière générale, semble le mieux convenir à leur personnage, et à cette image ils rattachent, en les interprétant, toutes ses actions ; s’ils ne peuvent assez les déformer pour les adapter au type qu’ils ont imaginé, ils l’attribuent à ce que, dans ce cas, celui qu’ils étudient a dissimulé son caractère. — L’empereur Auguste leur a échappé ; on trouve dans ses actes, durant toute sa vie, une diversité si flagrante, si inattendue et presque si ininterrompue, que les historiens les plus hardis ont dû renoncer à le juger dans son ensemble et se résigner à le laisser, tel qu’il apparaît, sans déterminer son caractère.

Rien de plus ordinaire en nous que l’inconstance, alors que la constance en tout ce qui est bon et juste est le propre de la sagesse. — Je crois que, chez les hommes, la constance est la chose la plus malaisée à observer et que rien ne leur est plus familier que l’inconstance. Celui qui prendrait, pièce par pièce, ce qu’ils ont dit et fait, qui les examinerait séparément et en détail, serait le plus à même de dire la vérité sur leur compte. Dans l’antiquité entière, il serait difficile de trouver une douzaine d’hommes ayant, sans dévier, dirigé leur vie selon des principes déterminés, ce à quoi tend la sagesse, laquelle, d’après Sénèque, peut se résumer d’un mot qui, en une seule règle, embrasse toutes celles de notre vie : « Vouloir et ne pas vouloir sont toujours une seule et même chose. Je pourrais ajouter, dit-il, sous condition que ce que nous voulons ou ne voulons pas soit juste ; je ne le fais pas, parce que, si ce n’était pas juste, notre volonté elle-même ne serait pas toujours une. » De fait, j’ai autrefois appris que le vice n’est autre qu’un dérèglement et un manque de mesure ; par suite, il n’est pas susceptible de constance. — C’est Démosthènes qui passe pour avoir dit : « La vertu, quelle qu’elle soit, commence par se recueillir et délibérer ; et la constance, dans ses résolutions finales, témoigne de sa perfection ». Si, avant de nous engager dans la voie où nous marchons, nous avions bien réfléchi, nous aurions pris la meilleure de celles qui s’offraient à nous ; mais personne n’y pense. « Il méprise ce qu’il a demandé, il revient à ce qu’il a quitté, et, toujours flottant, se contredit sans cesse (Horace). »

C’est presque toujours l’occasion qui fait les hommes tels qu’ils nous apparaissent. — Notre façon ordinaire d’aller, c’est de suivre l’impulsion de nos appétits qui nous portent à gauche, à droite, en haut, en bas, suivant que souffle le vent d’après les occasions. Nous ne réfléchissons à ce que nous voulons, qu’au moment où nous le voulons, et changeons de volonté, comme le caméléon de couleur, suivant le milieu dans lequel on le place. Ce qu’à un moment nous avons décidé, nous ne tardons pas à le changer, et, bientôt après, revenons sur nos pas ; nous ne faisons qu’osciller et faire preuve d’inconstance : « Nous sommes conduits, comme un automate, par des fils qui nous font mouvoir (Horace). » Nous n’allons pas, on nous emporte, comme il arrive des corps flottants, ballottés tantôt doucement, tantôt violemment, selon que les flots sont calmes ou irrités. « Ne voyons-nous pas l’homme chercher toujours, sans savoir ce qu’il veut et changer continuellement de place, comme s’il pouvait ainsi se décharger de son fardeau (Lucrèce). » Chaque jour c’est une fantaisie nouvelle, et nos dispositions d’esprit varient comme le temps qui se renouvelle sans cesse : « Les pensées des hommes changent chaque jour que Jupiter leur envoie (Cicéron, d’après Homère). »

Nous flottons entre divers partis à prendre ; nous ne nous décidons sur rien par nous-mêmes, sur rien d’une façon absolue, sur rien d’une façon immuable. — Chez qui aurait adopté des principes définis, une ligne de conduite déterminée et se serait fait une loi de s’y conformer, nous verrions, durant sa vie entière, tout en lui se distinguer par une régularité, un ordre constants, et nous retrouverions dans tous ses actes une relation infaillible, bien éloignée en cela de cette énormité que constatait Empédocle chez les Agrigentins qui s’abandonnaient aux plaisirs comme s’ils devaient mourir le lendemain, et construisaient leurs demeures et leurs palais comme s’ils ne devaient jamais cesser d’être ; la raison en serait bien facile à donner. Chez Caton le jeune, tout est à l’unisson, comme lorsque sur l’une des touches d’un clavier on vient à poser le doigt : c’est une harmonie de sons en accord parfait, qui jamais ne se dément. Chez nous, au contraire, chacune de nos actions comporte un jugement particulier, et, à mon sens, il serait plus sûr d’en rapporter les causes aux circonstances du moment, sans plus longue recherche et sans vouloir en déduire d’autres conséquences.

Pendant les désordres qui ont agité notre malheureux pays, on m’a rapporté qu’une fille, tout près d’un endroit où je me trouvais, s’était précipitée par une fenêtre, pour échapper aux brutalités d’un mauvais garnement de soldat qu’elle avait à loger. Elle n’était pas morte sur le coup et, pour s’achever, avait voulu se couper la gorge avec un couteau, mais on l’en avait empêchée. En ce triste état, elle confessa que le soldat n’avait fait que lui déclarer sa passion, la presser de ses sollicitations et lui offrir des cadeaux, mais qu’elle avait craint qu’il n’arrivât à vouloir la violenter ; d’où, des paroles, une attitude et ce sang témoignage de sa vertu, comme s’il se fût agi d’une autre Lucrèce. Or, j’ai su d’une manière certaine qu’avant et après cet événement, elle s’était montrée de beaucoup plus facile composition. Comme dit le conte : « Tout beau et honnête que vous soyez, si vous n’avez pas été agréé par votre maîtresse, n’en concluez pas, sans plus ample informé, à une chasteté à toute épreuve ; ce n’est pas une raison pour que le muletier n’y trouve accès à son heure. »

Antigone, qui avait pris en affection un de ses soldats pour son courage et sa vaillance, prescrivit à son médecin de lui donner ses soins, pour un mal interne dont il souffrait depuis longtemps. Ayant remarqué, après sa guérison, qu’il s’exposait beaucoup moins dans les combats, il lui demanda ce qui l’avait ainsi changé et rendu poltron : « C’est vous-même, Sire, lui répondit-il, en me déchargeant des maux qui faisaient que je ne tenais pas à la vie. »

Un soldat de Lucullus avait été dévalisé par l’ennemi ; pour se venger, il exécuta contre lui un coup de main remarquable. Il s’était amplement dédommagé de ses pertes, et Lucullus, qui avait conçu de lui une bonne opinion, voulant l’employer à une expédition hasardeuse, s’efforçait de l’y décider, usant à cet effet de ses plus beaux moyens de persuasion, « en des termes à donner du cœur au plus timide (Horace) », celui-ci lui répondit : « Employez-y quelque misérable soldat qui ait été dévalisé » : « Tout grossier qu’il était : « Ira là, dit-il, qui aura perdu sa bourse (Horace) » ; et il s’y refusa obstinément.

Essentiellement variable, l’homme est tantôt humble, tantôt orgueilleux, etc. — Mahomet II avait outrageusement rudoyé Chassan, chef de ses Janissaires, dont la troupe avait été refoulée par les Hongrois et qui s’était lui-même lâchement comporté au combat. Pour toute réponse, Chassan, seul, sans rallier personne autour de lui, se précipite comme un furieux, le sabre à la main, sur la première troupe ennemie qui se présente, où il disparaît en un clin d’œil comme englouti. En cela il n’a pas tant été mû par le désir de se réhabiliter, que par un revirement de sentiments ; ce n’est pas tant l’effet d’un courage naturel, que du dépit qu’il venait d’éprouver. — Celui que vous avez vu hier si téméraire, ne vous étonnez pas de le voir demain tout aussi poltron. La colère, la nécessité, la compagnie ou bien le vin, voire même un son de trompette lui avaient mis le cœur au ventre ; ce n’était pas le raisonnement qui lui avait donné du courage, mais les circonstances ; ne nous étonnons donc pas s’il est devenu autre, quand les circonstances se sont elles-mêmes modifiées du tout au tout. Cette variation et cette contradiction qui se voient en nous si souples à passer d’un état à un autre, ont donné à penser à certains que nous avons en nous deux âmes, d’autres disent deux forces, qui ont action simultanément sur nous chacune dans son sens, l’une vers le bien, l’autre vers le mal ; une âme, une force uniques ne pouvant se concilier avec une aussi brusque diversité de sentiments.

Non seulement le vent des événements m’agite suivant d’où il vient, mais de plus je m’agite moi-même et me trouble par l’instabilité de la position en laquelle je suis ; qui s’examine de près, ne se voit guère, en effet, deux fois dans le même état. Je donne à mon âme tantôt un aspect, tantôt un autre, suivant le côté vers lequel je me tourne. Si je parle de moi de diverses manières, c’est que je me regarde de diverses façons ; toutes les contradictions s’y rencontrent, soit sur le fond, soit dans la forme : honteux, insolent ; chaste, luxurieux ; bavard, taciturne ; laborieux, efféminé ; ingénieux, hébété ; chagrin, débonnaire ; menteur, sincère ; savant, ignorant ; libéral et avare autant que prodigue ; tout cela, je le constate en quelque façon chez moi, selon qu’un changement s’opère en moi ; et quiconque s’étudie bien attentivement, reconnaît également en lui, et jusque dans son jugement, cette même volubilité de sentiments et pareille discordance. Je ne puis porter sur moi un jugement complet, simple, solide, sans confusion ni mélange, ni l’exprimer d’un seul mot. Quand je traite ce point, « Distinguo » est un terme auquel il me faut constamment recourir.

Pour être véritablement vertueux il faudrait l’être dans toutes les circonstances de la vie. — Bien que je sois toujours d’avis qu’il faut dire du bien de ce qui est bien, et prendre plutôt en bonne part tout ce qui se prête à être envisagé de la sorte, pourtant notre organisation est si singulière que souvent le vice lui-même nous pousse à bien faire, si une action ne devait être jugée bonne que d’après l’intention qui l’a inspirée ; c’est pourquoi un acte de courage ne saurait nous porter à conclure que celui qui l’a accompli est un homme valeureux ; celui-là seul le serait bien effectivement qui le serait toujours et en toutes occasions. — Si la vertu était chez quelqu’un à l’état d’habitude et non un fait passager, elle ferait qu’il montrerait toujours la même résolution, quelque accident qui lui survienne ; il serait le même, qu’il soit seul ou en compagnie ; le même en champ clos ou dans une mêlée ; car, quoi qu’on en dise, la vaillance n’est pas une dans la rue et autre aux camps. Il supporterait aussi courageusement une maladie dans son lit qu’une blessure à la guerre et ne craindrait pas plus la mort dans sa demeure que dans un assaut ; nous ne verrions pas un même homme se lançant au travers d’une brèche avec une bravoure que rien n’arrête, se tourmenter ensuite, comme une femme, de la perte d’un procès ou d’un fils. Chez celui qui est lâche devant l’infamie et ferme dans la pauvreté, sensible sous le rasoir du barbier et insensible en face des épées de ses adversaires, l’acte est louable, lui-même ne l’est pas. — Il est des Grecs, dit Cicéron, qui ne peuvent soutenir la vue des ennemis et qui se montrent résignés quand ils sont malades ; l’inverse se produit chez les Cimbres et les Celtibériens : « Rien n’est stable, dont le point de départ n’est pas un principe invariable (Cicéron). »

Peu d’hommes ont de belles qualités qui ne présentent des taches. — Il n’est point de vaillance plus grande en son genre que celle d’Alexandre le Grand, et cependant chez lui-même elle ne se reproduit pas en tout ; elle ne s’applique qu’à un ordre de choses déterminé, encore n’y atteint-elle pas toujours sa plénitude ; et, bien qu’incomparable, elle présente cependant encore des taches. C’est ce qui fait que nous le voyons si éperdument troublé aux plus légers soupçons qu’il a de complots que son entourage peut tramer contre sa vie, et que, dans ses recherches pour les déjouer, il se montre d’une si violente injustice dépassant toute mesure et témoigne d’une crainte tout à fait en dehors du jugement dont il fait preuve d’ordinaire. La superstition à laquelle il était si fortement enclin, ressemble bien aussi à de la pusillanimité, et l’excès de pénitence qu’il s’impose après le meurtre de Clitus, est également un signe de l’inégalité de son courage. — Nous sommes un composé de pièces rapportées, et voulons qu’on nous honore quand nous ne le méritons pas. — La vertu ne veut être pratiquée que pour elle-même ; si, dans un autre but, on lui emprunte parfois son masque, elle nous l’arrache aussitôt du visage. Quand notre âme en est pénétrée, elle forme comme un vernis vif et adhérent, qui fait corps avec elle, et, si on veut l’en arracher, elle emporte le morceau. — Voilà pourquoi, pour juger d’un homme, il faut suivre longuement sa trace, fouiller sa vie, et, si la constance n’apparaît pas comme le principe fondamental de ses actes, « dans la route qu’il s’est choisie (Ciceron) », si son allure, ou plutôt sa voie, car il est licite d’accélérer ou de ralentir l’allure, s’est modifiée suivant les circonstances diverses dans lesquelles il s’est trouvé, abandonnons-le ; comme la girouette, il va tournant comme vient le vent, suivant la devise de notre Talbot.

Notre inconstance dans la vie vient de ce que nous n’avons pas de règle de conduite bien définie. — Ce n’est pas merveille, dit Sénèque, que le hasard puisse tant sur nous, puisque c’est par lui que nous existons. Celui qui n’a pas orienté sa vie, d’une façon générale, vers un but déterminé, ne peut, dans ses diverses actions, en agir pour le mieux ; n’ayant jamais eu de ligne de conduite, il ne saurait coordonner, rattacher les uns aux autres les actes de son existence. À quoi bon faire provision de couleurs, à qui ne sait ce qu’il est appelé à peindre ? Personne ne détermine d’un bout à l’autre la voie que, dans sa vie, il projette de suivre ; nous ne nous décidons que par tronçon, au fur et à mesure que nous avançons. L’archer doit d’abord savoir le but qu’il doit viser, puis il y prépare sa main, son arc, sa corde, sa flèche et ses mouvements ; nos résolutions à nous se fourvoient, parce qu’il leur manque une orientation et un but. Le vent n’est jamais favorable pour qui n’a pas son port d’arrivée déterminé à l’avance. — Je ne partage pas l’avis exprimé par ce jugement qui, sur le vu d’une de ses tragédies, déclare Sophocle, contre le dire de son fils, capable de diriger ses affaires domestiques. — Je ne trouve pas davantage bien logique la déduction admise par les Pariens envoyés pour réformer le gouvernement des Milésiens : après avoir visité l’île, relevé les terres les mieux cultivées, les exploitations agricoles les mieux tenues et pris les noms de leurs propriétaires, dans une assemblée de tous les citoyens tenue à la ville, ils mirent à la tête de l’État et investirent de toutes les charges de la magistrature ces mêmes propriétaires, estimant que le soin qu’ils apportaient à leurs affaires personnelles était garant de celui avec lequel ils géreraient les affaires publiques.

La difficulté de porter un jugement sur quelqu’un en connaissance de cause devrait retenir beaucoup de gens qui s’en mêlent. — Nous sommes tous formés de pièces et de morceaux, assemblés d’une façon si informe et si diverse, que chaque pièce joue à tous moments ; d’où, autant de différence de nous à nous-mêmes que de nous à autrui : « Soyez persuadés qu’il nous est bien difficile d’être toujours le même (Sénèque). » — Puisque l’ambition peut amener l’homme à être vaillant, tempérant, libéral et même juste ; puisque l’avarice peut donner du courage à un garçon de boutique, élevé à l’ombre et dans l’oisiveté ; le mettre assez en confiance pour qu’il s’aventure au loin du foyer domestique, dans un frêle bateau, à la merci des vagues et de Neptune en courroux, qu’elle va jusqu’à enseigner la discrétion et la prudence ; que Vénus elle-même arme de résolution et de hardiesse le jeune homme encore soumis à l’autorité et aux corrections paternelles, et fait oser la pucelle au cœur tendre, encore sous l’égide de sa mère : « Sous les auspices de Vénus, la jeune fille passe furtivement à travers ses gardiens endormis, et seule, dans les ténèbres, va rejoindre son amant (Tibulle) » ; ce n’est pas le fait d’un esprit réfléchi, de nous juger simplement sur nos actes extérieurs ; il faut sonder nos consciences et voir à quels mobiles nous avons obéi. C’est là une tâche élevée autant que difficile, et c’est pourquoi je voudrais voir moins de gens s’en mêler.