Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Loup et l’Agneau

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List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Loup et l’Agneau (Ésope).

Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 98).

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LE LOUP ET L’AGNEAU


Un loup, voyant un agneau qui buvait à une rivière, voulut alléguer un prétexte spécieux pour le dévorer. C’est pourquoi, bien qu’il fût lui-même en amont, il l’accusa de troubler l’eau et de l’empêcher de boire. L’agneau répondit qu’il ne buvait que du bout des lèvres, et que d’ailleurs, étant à l’aval, il ne pouvait troubler l’eau à l’amont. Le loup, ayant manqué son effet, reprit : « Mais l’an passé tu as insulté mon père. — Je n’étais pas même né à cette époque, » répondit l’agneau. Alors le loup reprit : « Quelle que soit ta facilité à te justifier, je ne t’en mangerai pas moins. »

Cette fable montre qu’auprès des gens décidés à faire le mal la plus juste défense reste sans effet.