Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Hermès et Tirésias

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Hermès et Tirésias.

Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 50-51).

110


HERMÈS ET TIRÉSIAS


Hermès voulant mettre à l’épreuve l’art divinatoire de Tirésias et voir s’il était véridique, lui vola ses bœufs à la campagne, puis vint le trouver à la ville, sous la figure d’un mortel, et descendit chez lui. Averti de la perte de son attelage, Tirésias prit avec lui Hermès, se rendit au faubourg pour observer un augure au sujet du vol, et il pria Hermès de lui dire l’oiseau qu’il apercevrait. Hermès vit d’abord un aigle qui passait en volant de gauche à droite, et il le lui dit. Tirésias répondit que cet oiseau ne les concernait pas. À la deuxième fois, le dieu vit une corneille perchée sur un arbre, qui tantôt levait les yeux en haut, tantôt se penchait vers le sol, et il le lui annonça. Le devint reprit alors : « Eh bien ! cette corneille jure par le ciel et la terre qu’il ne tient qu’à toi que je recouvre mes bœufs. »

On pourrait appliquer cette fable à un voleur.