Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/L’Âne qui porte une statue de dieu

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Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 118).

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L’ÂNE QUI PORTE UNE STATUE DE DIEU


Un homme, ayant mis une statue de dieu sur le dos d’un âne, le conduisait à la ville. Comme les passants se prosternaient devant la statue, l’âne, s’imaginant que c’était lui qu’on adorait, ne se tint plus d’orgueil ; il se mit à braire et il refusa d’avancer. L’ânier, devinant sa pensée, lui dit en le frappant de son gourdin : « Pauvre cervelle ! il ne manquait plus que cela, de voir un âne adoré des hommes. »

Cette fable montre que ceux qui font vanité des avantages d’autrui prêtent à rire à ceux qui les connaissent.