Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/La Queue et le Corps du Serpent

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir La Queue et le Corps du Serpent.

Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 127).
288


LA QUEUE ET LE CORPS DU SERPENT


Un jour la queue du serpent eut la prétention de conduire et de marcher la première. Les autres organes lui dirent : « Comment nous conduiras-tu, toi qui n’a pas d’yeux ni de nez, comme les autres animaux ? » Mais ils ne la persuadèrent pas, et à la fin le bon sens eut le dessous. La queue commanda et conduisit, tirant à l’aveugle tout le corps, tant qu’enfin elle tomba dans un trou plein de pierres, où le serpent se meurtrit l’échine et tout le corps. Alors elle s’adressa, flatteuse et suppliante, à la tête : « Sauve-nous, s’il te plaît, maîtresse ; car j’ai eu tort d’entrer en lutte avec toi. »

Cette fable confond les hommes rusés et pervers qui se révoltent contre leurs maîtres.