Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Rossignol et l’Épervier

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List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Rossignol et l’Épervier.

Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 7).


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LE ROSSIGNOL ET L’ÉPERVIER

Un rossignol perché sur un chêne élevé chantait à son ordinaire. Un épervier l’aperçut, et, comme il manquait de nourriture, il fondit sur lui et le lia. Se voyant près de mourir, le rossignol le pria de le laisser aller, alléguant qu’il n’était pas capable de remplir à lui seul le ventre d’un épervier, que celui-ci devait, s’il avait besoin de nourriture, s’attaquer à des oiseaux plus gros. L’épervier répliqua : « Mais je serais stupide, si je lâchais la pâture que je tiens pour courir après ce qui n’est pas encore en vue. »

Cette fable montre que chez les hommes aussi, ceux-là sont déraisonnables qui dans l’espérance de plus grands biens laissent échapper ceux qu’ils ont dans la main.