Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Les Voyageurs et les Broussailles

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Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 114-115).

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LES VOYAGEURS ET LES BROUSSAILLES


Des voyageurs, cheminant sur le bord de la mer, arrivèrent sur une hauteur. De là voyant flotter au loin des broussailles, ils les prirent pour un grand vaisseau de guerre ; aussi attendirent-ils, pensant qu’il allait aborder. Mais les broussailles poussées par le vent s’étant rapprochées, ils crurent voir, non plus un vaisseau de guerre, mais un vaisseau de charge. Une fois arrivées au rivage, ils virent que c’étaient des broussailles, et se dirent entre eux : « Comme nous étions sots d’attendre une chose qui n’était rien ! »

Cette fable montre que certains hommes qui paraissent redoutables parce qu’ils sont inconnus, révèlent leur nullité à la première épreuve.