100 percent.svg

Glossaire des jeux wallons de Liège/Section complète - B

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche

B

Bâdèt (J. â). Les bâtonnets. Syn. de : â chet ou à l’ brise. (V. brise).

Baguètte (Passer lès). Punition du jeu de la balle au pot (à l’ calotte ou â stô) et qui consiste à s’appuyer contre un mur pour recevoir les coups d’une boule lancée par les autres joueurs. Dans plusieurs jeux, pour passer les baguette, le trimeur doit passer entre deux haies de joueurs qui lui appliquent partout ailleurs que sur la tête des claques à main ouverte.

Baibai ou Bèbélle. Jouets divers. Syn. camage, cantia.

Balle. Balle. Calot. Petite sphère de peau bourrée de crin (pour la longue paume) ou de fer pour la trime (li cay’té).

Balle (J. à l’). La longue paume. Le jeu de longue paume était le jeu national français par excellence avant la révolution. En France, il se joue avec une raquette ou un battoir. Chez nous, les joueurs s’arment d’un gant de cuir, plaqué de bois sur la paume de la main. Ils se lancent et se renvoient une petite balle très dure, faite de bourre recouverte de cuir. On se rappelle que ce jeu était en grand honneur il n’y a pas bien longtemps sur la grande place de la Boverie à Liège.

Ce jeu est originaire du Hainaut.

Ballot. Baie verte de la pomme de terre, appelée aussi mâye di crompire ou bise è l’air. Le nom de ballot s’applique parfois à la tige feuillée entière. Les enfants fichent ce fruit au bout d’une baguette flexible et le lancent très haut.

Banque (J. à l’). Le tourniquet. Jeu de hasard qui consiste en une flèche montée sur un pivot que l’on fait tourner à la main. De menus objets sont disposés tout autour de la circonférence qu’elle décrit. On gagne l’objet qu’elle désigne en s’arrêtant. Une autre espèce consiste dans un ressort droit et fixe, qui bat sur une série de petites tiges en fer implantées sur le bord d’un cercle de bois qui tourne ; chaque espace entre deux tiges est marqué d’un numéro. Cette seconde espèce se rapproche plus du véritable tourniquet français.

Banque (J. à l’). La banque, jeu de cartes. Le banquier fait autant de paquets qu’il y a de joueurs. Puis il les retourne : Le roi l’emporte sur le reste, et fait banquier celui qui le relève. L’as a la moindre valeur ; on l’appelle piou. Les autres cartes comptent comme d’habitude. Le banquier empoche ou rembourse les mises selon que le point de la carte lui appartenant est supérieur ou inférieur aux autres. S’il relève un roi, il empoche le tout ; à points égaux, le banquier bénéficie.

Banquî. Banquier, celui qui dispose les paquets dans le jeu de cartes précédent.

Bârre. La barre ou le but dans divers jeux de course.

Bârrer. Même que claper (v. ce mot).

Bascule (J. à l’). La balançoire. Chacun connaît l’escarpolette. Nos petites filles en fabriquent d’économiques en liant les deux bouts d’une corde à sauter à deux points fixes, de manière qu’elle pende et forme une anse sur laquelle elles se balancent. Une chaîne de charrette, une branche d’arbre, ou bien encore la chaîne qui réunissait anciennement les bornes sur nos places publiques, suffisent pour ce genre d’exercice. (Syn. cabalance)

Basse. De l’expression ine haute ou ’ne basse du jeu de crosse suivant la façon dont la balle doit être lancée.

Basse foche à dreute. Les quilles 3, 5, 7 et 8 abattues. V. fig. au mot bèye.


Basse foche à gauche. Les quilles 2, 4, 6 et 8 abattues. V. fig. au mot bèye.

Bataye. Bataille. Jeu de cartes.

Batte (On tournai). Frapper un sabot, ou fouetter un sabot.

Batte (d’ine corrihe). Fouet.

Bayî (Fer ou fer on). Voler les pots de billes. Le nom viendrait de ce qu’un ancien agent de la police liégeoise, nommé Bailly, avait la spécialité de ces sortes de rapt pour empêcher les jeux d’enfants à telle ou telle place interdite.

Bèche. La petite fourche ou fourchette qui suspend la bête au jeu de l’oie. C’est une partie du hèrpai. (V. ce mot.)

Bèche (Soffler dès). Pois de terre cuite ou durcie, qu’on lance avec une sarbacane (ine cane à buse, v. ce mot).

Bèl. L’as d’atout. Terme de jeu de cartes.

Bèrwètte (Fer). Faire chou blanc.

Bèrwètte à l’ planche (Fer). Manquer la planche. Terme du jeu de quilles.

Bèye (J. âx). Jeu de quilles. Suffisamment connu. Les quilles s’arrangent comme dans la figure ci-contre. Les mots spéciaux se trouvent à leurs places dans ce glossaire.

Julien Delaite - Glossaire des jeux wallons de Liège (BSLLW, t. 14 (s. 2), pp. 127-174), 1889 - Image p. 137.png


Bèy’teu ou Bîy’teu. Celui qui redresse les quilles abattues.

Bèzèt. Le double as. Aux dés, aux dominos.

Bidaure (Coide di). Grosse corde qui, dans le jeu de l’oie, représente la patte d’un gros animal.

Bidet. As, dans divers jeux.

Bièrgî. Le berger dans le jeu de la queue leu leu. (V. Cowe di mouton ou â leup et âx mouton.)

Billârd anglais (J. â). Le billard à ressort, analogue au jeu de boules ; se joue aux fêtes de paroisse.

Bisawe. Champignon. C’est un sabot, ou toupie, taillé finement de la pointe, qui franchit d’un seul coup de fouet un espace considérable.

Bise è l’air. Baie de pomme de terre. V. Ballot.

Biser. Se dit d’un champignon lancé au loin.

Bleuvès pîre (J. âx). Le chat aux pierres bleues. Lorsque les perchoirs manquent pour jouer au chat perché, on convient de rendre inviolable le joueur se trouvant sur une pierre de taille, dite pierre bleue ou de Namur.

Blocai. Bloc de bois que l’on suspend par une corde à la roue, au jeu de l’oie.

Bois. Un bâton cylindrique de la grandeur du bras environ qui sert à en lancer un autre, petit et pointu (li chet), dans le jeu des bâtonnets. (V. brise.)

Botèye (J. à l’). La bouteille. Une petite bouteille est suspendue à une corde : elle doit être lancée de façon qu’en revenant, elle abatte une petite quille posée sur une table.

Boubènne (Fer aller dès). Fouetter les sabots.

Bouffe (Fer). Ne perdre ni ne gagner à la fin d’un jeu.

Bouffe (Èsse). Obtenir le même point que son adversaire.

Bouffon à dreute. Les quilles, 3, 5, 7. (V. fig. au mot bèye.)

Bouffon à gauche. Les quilles 2, 4, 6. (V. fig. au mot bèye.)

Bouhalle. Espèce de canon de la paix (jouet d’enfant). Li bouhalle est un jouet formé d’un morceau de branche de sureau (di saou) dont on a enlevé la moëlle, et dans lequel on introduit une baguette dont l’extrémité a été frappée sur une pierre jusqu’à formation d’un rebord fibreux. Ou bouche une extrémité de la branche creuse au moyen d’une groseille, d’un pois ou de quelque autre objet analogue. L’air comprimé par le piston fait sauter l’obstacle avec bruit.

Boule (J. à l’). Le jeu de la balle, du ballon, bien connu.

Boule (J. âx). Le jeu de boules. Une pierre de 3 mètres de longueur environ et de 60 à 70 centimètres de largeur, et sur le bout de laquelle sont creusées neuf fossettes sur trois lignes parallèles (parfois cinq fossettes formant un carré). On joue avec des boules que l’on cherche à introduire dans ces pots ayant chacun une valeur déterminée.

Boulet. La boule du jeu de quilles.

Boulèye. Pot. La mise des joueurs aux jeux de billes.

Bourlâ. Mise au jeu de quilles. Parfois la somme que chaque joueur paie au bèyeteu.

Bourlouf (Trô). Jeu de société. V. trô bourlouf.

Bouyotte (Fer ’ne). Jeter une pierre à l’eau de façon à produire le bruit d’une bouteille qu’on débouche. Cp. chouque, trompet.

Brâye. Petit corset de ficelle qui enserre l’oiseau que l’enfant rappelle au perchoir (fer riv’ni so l’crosse). V. ce mot.

Brébâde. Arrêt dans le jeu de crosse (crâwe) avant de demander ine haute ou ine basse ? Fer’ne brébâde, s’arrêter.

Brèsse (Avu s’). Se dit d’un joueur qui, au jeu de la trime (â cay’té) arrive à une longueur de bras du calot du trimeur, auquel cas il lui est permis de prendre la position qu’il veut pour le chasser.

Brise (J. à l’). Pour ce jeu l’enfant se sert de deux bâtons, dont l’un court et pointu, qu’il lance au moyen de l’autre. Syn. : chèt, kini-kinaye, bâdèt.

Brôdeure. Au jeu de l’oie, corde qui suspend le jambon ou le dindon.

Broquètte di cûr (J. à l’). Un support de bois recouvert de cuir en forme de chandelier et dont le pied bouche un trou. On dépose sur lui une pièce de 10 centimes. L’habileté consiste à lancer un morceau de bois de façon à enlever le support et à faire tomber la pièce dans le trou.

Broule (I). Cri que jettent les joueurs au trimeur lorsqu’il se rapproche de l’endroit où ils ont caché un objet à chercher. (Dans le jeu de cachî li stô.)