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HISTOIRE
DE LA DÉCADENCE ET DE LA CHUTE
DE L’EMPIRE ROMAIN,
TRADUITE DE L’ANGLAIS
D’ÉDOUARD GIBBON.
NOUVELLE ÉDITION, entièrement revue et corrigée, précédée d’une Notice sur la vie et le caractère de GIBBON, et accompagnée de notes critiques et historiques, relatives, pour la plupart, à l’histoire de la propagation du christianisme ;
PAR M. F. GUIZOT.

TOME ONZIÈME.

À PARIS,
CHEZ LEFÈVRE, LIBRAIRE,
RUE DE L’ÉPERON, No 6.

1819.

CHAPITRE LIV.


Origine et doctrine des Pauliciens. Persécutions qu’ils essuyèrent de la part des empereurs grecs. Leur révolte en Arménie, etc. Ils sont transplantés dans la Thrace. Propagation de leur doctrine en Occident. Germes, caractères et suites de la réforme.


Indolente superstition de l’Église grecque.


LE christianisme avait pris, chez les diverses nations qui l’embrassèrent, la teinte de leur caractère particulier. Les naturels de la Syrie et de l’Égypte livrèrent à l’indolence d’une dévotion contemplative : Rome chrétienne voulut encore gouverner le monde, et des discussions de théologie métaphysique exercèrent l’esprit et la loquacité des Grecs. Au lieu d’adorer en silence les mystères incompréhensibles de la Trinité et de l’Incarnation, ils agitèrent avec chaleur des controverses subtiles qui étendirent leur loi peut-être aux dépens de leur charité et de leur raison. Les guerres spirituelles troublèrent la paix et l’unité de l’Église, depuis le concile de Nicée jusqu’à la fin du septième siècle ; et elles ont tellement influé sur la décadence et la chute de l’empire, que je me suis vu trop souvent obligée de suivre les conciles, d’examiner les symboles, et de dénombrer les sectes de cette période orageuse des annales ecclésiastiques. Depuis le commencement du huitième siècle jusqu’aux derniers temps de l’empire de Constantinople, le bruit des controverses ne se fit plus entendre que rarement ; la curiosité était épuisée, le zèle fatigué, et les décrets de six conciles avaient irrévocablement fixé les articles du symbole catholique. L’esprit de dispute, quelque frivole et quelque pernicieux qu’il puisse être, exige du moins quelque énergie et l’exercice de quelques facultés intellectuelles ; et les Grecs avilis se contentaient alors de jeûner, de prier et d’obéir aveuglément à leur patriarche et à son clergé. La Vierge et les saints, les reliques et les images, les miracles et les visions, furent les objets des sermons des moines et de la dévotion du peuple, et l’on peut sans injustice comprendre ici, sous le nom de peuple, les premières classes de la société. Les empereurs de la dynastie isaurienne entreprirent d’éveiller leurs sujets dans un moment défavorable et par des moyens un peu rudes ; la raison put faire alors quelques prosélytes ; un beaucoup plus grand nombre fut subjugué par l’intérêt ou la crainte ; mais l’Orient défendit ou regretta ses images, et leur rétablissement fut célébré comme la fête de l’orthodoxie. Dans ce temps de soumission passive et uniforme, les chefs de l’Église se trouvèrent affranchis du travail ou privés des plaisirs de la superstition. Les païens avaient disparu ; les Juifs demeuraient dans le silence et l’obscurité ; les disputes avec les Latins, devenues rares, n’étaient que des hostilités lointaines contre un ennemi national, et les sectes de l’Égypte et de la Syrie jouissaient de la tolérance à l’ombre des califes arabes. Vers le milieu du septième siècle, la tyrannie spirituelle choisit pour victimes les pauliciens, dont la doctrine est une branche du manichéisme ; on épuisa leur patience ; on les poussa au désespoir et à la rebellion, et, dispersés en Occident, ils y répandirent les germes de la réforme. Il me sera permis, vu l’importance de ces événemens, d’entrer dans quelques détails sur la doctrine et l’histoire des PAULICIENS[1] ; et comme ils ne peuvent plus se défendre, l’impartialité et la bonne foi m’obligeront à faire valoir le bien et à atténuer le mal qu’en ont dit leurs adversaires.

Origine des pauliciens ou disciples de saint Paul. A. D. 660, etc.

Les gnostiques qui avaient troublé l’enfance de l’Église, furent enfin accablés du poids de sa puissance et de son autorité. Loin de pouvoir égaler ou surpasser les catholiques en richesses, en savoir et en nombre, les faibles partisans que conservait cette secte furent chassés des capitales de l’Orient et de l’Occident, et relégués dans les villages et les montagnes situés sur les rives de l’Euphrate, On aperçoit au cinquième siècle quelques traces des marcionites[2] ; mais tous les sectaires furent enfin confondus sous la dénomination de manichéens : ces hérétiques, qui osaient vouloir concilier les doctrines de Zoroastre et de Jésus-Christ, étaient persécutés par les deux religions avec un égal acharnement. Pendant le règne du petit-fils d’Héraclius et aux environs de Samosate, plus célèbre par la naissance de Lucien que par l’honneur d’avoir donné son nom à un royaume de Syrie, on vit paraître un réformateur que ses disciples, les pauliciens, regardèrent bientôt comme un missionnaire élu du ciel pour annoncer la vérité, digne de la confiance des hommes. Ce réformateur, nommé Constantin, avait reçu dans sa modeste habitation de Mananalis, un diacre qui revenait de la Syrie où il avait été captif, et qui lui avait donné le nouveau Testament, présent inestimable que la prudence du clergé grec et peut-être des prêtres gnostiques, cachait déjà aux regards du vulgaire[3]. Ses études se bornèrent à cette lecture ; il



CHAPITRE LV.


Les Bulgares. Origine, migrations et établissemens des Hongrois. Leurs incursions en Orient et en Occident. Monarchie des Russes. Détails sur la géographie et le commerce de cette nation. Guerres des Russes contre l’empire grec. Conversion des Barbares.



SOUS le règne de Constantin, petit-fils d’Héraclius, un nouvel essaim de Barbares détruisit à jamais cette ancienne barrière du Danube, renversée et rétablie si souvent. Leurs progrès furent par hasard, et sans qu’ils s’en doutassent, favorisés par les califes. Les légions romaines étaient occupées en Asie ; et après la perte de la Syrie, de l’Égypte et de l’Afrique, les césars se virent deux fois réduits au danger et à la honte de défendre leur capitale contre les Sarrasins. Si, dans les détails que j’ai donnés sur ce peuple intéressant, j’ai un peu dévié de la ligne que je m’étais prescrite dans le plan de mon ouvrage, l’importance du sujet couvrira ma faute et me servira d’excuse. Soit en Orient ou en Occident, soit dans leurs guerres ou leur religion, leurs progrès dans les sciences, leur prospérité ou leur déclin, les Arabes sollicitent de toutes parts notre curiosité. On peut attribuer à leurs armes le premier renversement de l’Église et de l’empire grecs, et les disciples de Mahomet tiennent encore le sceptre civil et religieux des nations de l’Orient. Mais ce serait un sujet peu digne du même travail que l’histoire de ces essaims de peuples sauvages qui, dans l’intervalle du septième au douzième siècle, descendirent des plaines de la Scythie, soit en torrens passagers ou par une suite de migrations[4]. Leurs noms sont barbares ; leur origine est incertaine ; on n’est instruit de leurs actions que d’une manière confuse ; gouvernés par une superstition aveugle et conduits par une valeur brutale, ils n’offraient dans la monotonie de leur vie publique et de leur vie privée ni la douceur de l’innocence, ni les lumières de la politique. Leurs attaques désordonnées vinrent échouer contre le trône de Byzance ; la plus grande partie de ces hordes a disparu sans laisser de traces, et leurs misérables restes gémissent et gémiront peut-être encore long-temps sous le joug d’un tyran étranger. Je me bornerai à choisir dans les antiquités 1o. des Bulgares, 2o. des Hongrois, et 3o. des Russes, les traits qui méritent d’être conservés ; l’histoire 4o. des conquêtes des NORMANDS, et 5o. de la monarchie des TURCS, me conduira naturellement aux mémorables croisades de la Terre-Sainte et à la double chute de la ville et de l’empire de Constantin.

Migration des Bulgares. A. D. 680, etc.

I. Dans le cours de sa marche vers l’Italie, Théodoric[5], roi des Ostrogoths, avait passé sur le corps des Bulgares. Après cette défaite, le nom de Bulgare et le peuple lui-même disparurent durant un siècle et demi, et il y a lieu de croire que ce fut par de nouvelles colonies formées sur les rives du Borysthène, du Tanaïs ou du Volga, que fut de nouveau répandue en Europe cette dénomination, ou une dénomination à peu près semblable. Un roi de l’ancienne Bulgarie[6], étant au lit de la mort, donna à ses cinq fils une dernière leçon de modération et de concorde. Les jeunes princes la reçurent comme la jeunesse reçoit toujours les avis de la vieillesse et de l’expérience : ils enterrèrent leur père, ils partagèrent ses sujets et ses troupeaux, ils oublièrent ses conseils. Ils se séparèrent : se mettant à la tête de leur horde, ils cherchèrent fortune chacun de leur côté, et nous retrouvons bientôt le plus aventureux au cœur de l’Italie, sous la protection de l’exarque de Ravenne[7] : mais le cours de la migration se dirigea ou fut entraîné vers la capitale de l’empire, La Bulgarie moderne, sur la rive méridionale du Danube, reçut alors le nom et la forme qu’elle conserve encore aujourd’hui ; ces peuplades acquirent par la guerre ou les négociations, les provinces romaines de Dardanie, de Thessalie et des deux Épires[8]. Elles enlevèrent la suprématie ecclésiastique à la ville qui avait donné le jour à Justinien ; et à l’époque de leur prospérité, la ville obscure de Lychnidus ou d’Achrida, devint la résidence de leur roi et de leur patriarche[9]. D’après une preuve incontestable, celle qu’on tire de la langue, on est sûr que les Bulgares descendent de la race primitive des Esclavons, ou, s’il faut parler d’une manière plus exacte, des Slavons[10], et que les peuplades des Serviens, des Bosniens, des Rasciens, des Croates, des Valaques, sorties de la même origine[11], etc., suivirent les drapeaux ou l’exemple de la tribu principale. Ces diverses tribus se dispersèrent sur les terres qui se trouvent entre l’Euxin et la mer Adriatique, dans l’état de captives ou de sujettes, d’alliées ou d’ennemies de l’empire grec ; et leur nom générique de SLAVES[12], qui désignait la gloire, cor rompu par le hasard ou la malveillance, ne désigne plus que la servitude[13]. [ Croates ou Esclavons de la Dalmitie. A. D. 900, etc. ]Parmi ces colonies, les Chrobatiens[14] ou les Croates, faisant aujourd’hui partie d’une armée autrichienne, descendent d’un peuple puissant, vainqueur et souverain de la Dalmatie. Les villes maritimes, et entre autres la naissante république de Raguse, implorèrent le secours et les avis de la cour de Byzance. Basile eut assez de grandeur d’âme pour leur conseiller de ne réserver à l’empire romain qu’un léger témoignage de leur fidélité, et d’apaiser par un tribut annuel la fureur de ces invincibles Barbares. Onze zoupans, ou propriétaires de grands fiefs, se partageaient le royaume de Croatie ; et leurs forces réunies formaient une armée de soixante mille cavaliers et de cent mille fantassins. Une longue côte de mer, coupée de vastes ports, couverte par une chaîne d’îles et presque à la vue des rivages de l’Italie, excitait à la navigation les naturels et les étrangers. Les chaloupes ou les brigantins des Croates étaient construits sur le modèle des embarcations des premiers Liburniens : cent quatre-vingts navires donnent l’idée d’une marine imposante ; mais nos marins ne pourront s’empêcher de sourire en entendant parler de ces vaisseaux de guerre dont l’équipage se composait de dix, vingt ou quarante hommes. On s’accoutuma peu à peu à les employer plus honorablement à l’usage du commerce : cependant les pirates esclavons étaient toujours en grand nombre et dangereux ; et ce n’est que sur la fin du dixième siècle que la république de Venise s’assura la liberté et la souveraineté du golfe[15]. Les ancêtres de ces rois dalmates étaient aussi étrangers à l’usage qu’à l’abus de la navigation ; ils habitaient la Croatie Blanche, l’intérieur de la Silésie et de la Petite-Pologne, à trente journées de la mer Noire, selon les calculs des Grecs.

Premier royaume des Bulgares. A. D. 640-1017.

La gloire des Bulgares [16] a été de peu de durée et de peu d’étendue. Aux neuvième et dixième siècles, ils régnaient au sud du Danube ; mais les nations plus puissantes, dont l’émigration avait suivi la leur, les empêchèrent de retourner au nord, ou de faire des progrès vers l’occident. Au reste, dans la liste obscure de leurs exploits, ils peuvent en citer dont l’honneur avait été jusque-là réservé aux Goths, celui d’avoir tué dans une bataille un des successeurs d’Auguste et de Constantin. L’empereur Nicéphore avait perdu sa réputation dans la guerre d’Arabie ; il perdit la vie dans la guerre des Esclavons. Au commencement de la campagne, il avait pénétré avec hardiesse et avec succès au centre de la Bulgarie, et avait brûlé la cour royale, qui, selon toute apparence, n’était qu’un édifice et un village de bois ; mais tandis qu’il était occupé au butin et se refusait à toutes les négociations, ses ennemis reprirent courage et réunirent leurs forces ; ils mirent à sa retraite des barrières insurmontables, et on entendit Nicéphore tremblant s’écrier : « Hélas ! hélas ! à moins de nous servir d’ailes comme les oiseaux, il ne nous reste aucun moyen de nous sauver. » Il attendit son sort pendant deux jours, dans l’inaction du désespoir ; mais le matin du troisième, les



  1. Le savant Mosheim examine avec sa justesse et sa bonne foi ordinaires les erreurs et les vertus des pauliciens (Hist. eccles. seculum IX, p. 311, etc.). Il tire les faits de Photius (contra Manichœos, l. I) et de Pierre le Sicilien (Hist. Manichœorum). Le premier de ces ouvrages n’est pas tombé entre mes mains ; j’ai lu le second, que préfère Mosheim, dans une version latine insérée dans la Maxima Bibliotheca Patrum (t. XVI, p. 754-764), d’après l’édition du jésuite Raderus (Ingolstadt, 1604, in-4o.).
  2. Au temps de Théodoret, le diocèse de Cyrrhus, en Syrie, contenait huit cents villages : deux de ces villages étaient habités par les ariens et les eunomiens, et huit par les marcionites, que le laborieux évêque réunit à l’Église catholique. (Dupin, Biblioth. ecclés., t. IV, p. 81, 82.)
  3. Nobis profanis ista (sacra Evangelia) légère non licet,
  4. Le laborieux Jean Gotthelf Stritter a compilé, rédigé et traduit en latin tous les passages de l’histoire Byzantine qui ont rapport aux Barbares, dans ses Memoriœ populorum, ad Danubium, Pontum-Euxinum, Paludem Mœotidem, Caucasum, mare Caspium, et inde magis ad septentriones incolentium, Petropoli, 1771-1779, 4 tomes ou 6 volume in-4o ; mais il n’a pas relevé, par le mérite du travail, la valeur de ces indigestes matériaux.
  5. Voyez le chapitre XXXIX de cet ouvrage.
  6. Théophane, p. 296-299 ; Anastase, p. 113 ; Nicéphore. C. P. p. 22, 23. Théophane place l’ancienne Bulgarie sur les rives de l’Atell ou du Volga ; mais il fait déboucher ce fleuve dans l’Euxin ; et, d’après cette faute grossière, on ne peut avoir en lui aucune confiance.
  7. Paul Diacre (De gestis Langobard., l. V, c. 29, p. 881, 882), Camillo Pellegrino (De ducatu Beneventano, dissert 7, in scriptores rerum ital., t. V, p. 186, 187), et Beretti (Chronograph. Ital. medii œvi, p. 273, etc.), concilient aisément les différences apparentes qui se trouvent entre l’historien lombard et les Grecs cités dans la note précédente. Cette colonie bulgare s’établit dans un canton désert du Samnium, et apprit le latin sans oublier sa langue naturelle.
  8. Dans la dispute sur la juridiction ecclésiastique entre les patriarches de Rome et de Constantinople (Baronius, Annal. eccles., A. D. 869, no 75), ces provinces de l’empire grec, et parlant son langage, sont assignées au royaume des Bulgares.
  9. Cedrenus (p. 713) désigne clairement la position de Lychnidus ou Achrida, et le royaume dont elle était le centre. La translation de l’archevêché ou du patriarchat de Justinianea prima à Lychnidus et ensuite à Ternovo, a jeté de l’embarras dans les idées ou les expressions des Grecs. Nicephorus Gregoras (l. II, c. 2, p. 14, 15), Thomassin (Discipline de l’Église, t. I, l. I, c. 19-23), et un Français (d’Anville) montrent des connaissances plus précises sur la géographie de l’empire grec. (Hist. de l’acad. des inscriptions, t. 31.)
  10. Chalcocondyles, en état de prononcer sur cette matière, affirme l’identité de la langue des Dalmates, des Bosniens, des Serviens, des Bulgares et des Polonais (De rebus turcicis, l. X, p. 283), et ailleurs des Bohémiens (l. II, p. 38). Le même auteur a indiqué l’idiome particulier des Hongrois.
  11. Voyez l’ouvrage de Jean-Christophe de Jordan (De originibus sclavicis, Vienne, 1745, en quatre parties ou deux vol. in-fol.). Son recueil et ses recherches jettent du jour sur les antiquités de la Bohême et des pays circonvoisins ; mais son plan est très-borné, son style barbare, et sa critique superficielle ; et le conseiller aulique n’est pas affranchi des préjugés d’un Bohémien.
  12. Jordan adopte l’étymologie bien connue et vraisemblable de slava, laus, gloria, terme d’un usage familier dans les différens dialectes et dans les diverses parties du discours, et qui forme la terminaison des noms les plus illustres, (De originibus sclavicis, pars I, p. 40 ; pars IV, p. 101, 102.)
  13. Il paraît que ce changement d’une dénomination nationale en un nom appellatif, eut lieu au douzième siècle dans la France orientale, où les princes et les évêques avaient beaucoup d’Esclavons captifs, non de la race bohémienne, s’écrie Jordan, mais de celle des Sorabes. Ensuite le mot devint d’un usage général ; il passa dans les langues modernes, et même dans le style des derniers auteurs de Byzance (Voyez les Glossaires grecs et latins). La confusion du nom des σερβλοι, Serviens, et des Servi latins se propagea encore davantage, et était plus familière aux Grecs du Bas-Empire. (Constantin Porphyr., De administrando imperio, c. 32, p. 99).
  14. L’empereur Constantin Porphyrogenète, très-exact lorsqu’il parle des choses de son temps, mais très-fabuleux lorsqu’il parle de ce qui s’est passé avant lui, donne des détails sur les Esclavons de la Dalmatie (c. 29-36).
  15. Voyez la Chronique anonyme du onzième siècle, attribuée à Jean Sagorninus (p. 94-102), et la Chronique composée au quatorzième siècle par le doge André Dandolo (Script. rerum italic., t. XII, p. 227-230), les deux plus anciens monumens de l’histoire de Venise.
  16. Les Annales de Cedrenus et de Zonare parlent, sous les dates qui s’y rapportent, du premier royaume des Bulgares. Stritter (Memoriœ populurum, t. II, pars II, p. 441-647) a recueilli les matériaux qu’offrent les auteurs de Byzance ; et Ducange a fixé et ordonné la suite des rois Bulgares (Fam. byzant., p. 305-318.)


TABLE DES CHAPITRES
contenus dans le onzième volume.

Chapitre LIV. Origine et doctrine des Pauliciens. Persécutions qu’ils essuyèrent de la part des empereurs grecs. Leur révolte en Arménie, etc. Ils sont transplantés dans la Thrace. Propagation de leur doctrine en Occident. Germes, caractères et suites de la réforme. 
 1
Chapitre LV. Les Bulgares. Origine, migrations et établissemens des Hongrois. Leurs incursions en Orient et en Occident. Monarchie des Russes. Détails sur la géographie et le commerce de cette nation. Guerres des Russes contre l’empire grec. Conversion des Barbares. 
 35
Chapitre LVI. Les Francs et les Grecs en Italie. Premières aventures des Normands, et leur établissement dans cette partie de l’Europe. Caractère et conquêtes de Robert Guiscard, duc de la Pouille. Délivrance de la Sicile par Roger, frère de Guiscard. Victoire de Robert sur les empereurs de l’Orient et de l’Occident. Roger, roi de Sicile, envahit l’Afrique et la Grèce. L’empereur Manuel Comnène. Guerre des Grecs et des Normands. Extinction des Normands. 
 98
Chapitre LVII. Les Turcs seljoucides. Leur révolte contre Mahmoud, conquérant de l’Indoustan. Togrul subjugue la Perse et protège les califes. L’empereur Romanus battu et réduit en captivité par Alp-Arsian. Pouvoir et magnificence de Malek Shah. Conquête de l’Asie Mineure et de la Syrie. État et oppression de Jérusalem. Pèlerinage au Saint-Sépulcre. 
 202
Chapitre LVIII. Origine de la première croisade et nombre des croisés. Caractère des princes latins. Leur marche à Constantinople. Politique de l’empereur grec Alexis. Conquête de Nicée, d’Antioche et de Jérusalem par les Francs. Délivrance du Saint-Sépulcre. Godefroi de Bouillon, premier roi de Jérusalem. Institution du royaume Français ou Latin. 
 263
Chapitre LIX. L’empire grec sauvé. Nombre, passage des croisés, et événemens de la seconde et de la troisième croisade. Saint Bernard. Règne de Saladin en Égypte et en Syrie. Il fait la conquête de Jérusalem. Croisades maritimes. Richard Ier, roi d’Angleterre. Le pape Innocent III. Quatrième et cinquième croisades. L’empereur Frédéric II. Louis IX de France, et les deux dernières croisades. Expulsion des Francs ou Latins par les mamelucks. 
 379


fin de la table des chapitres.




TABLE DES MATIÈRES
contenues dans ce volume.