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Henri Cornélis Agrippa/Lettre XL

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XL
Un ami[1] à Agrippa.

Cognac, le 11 mai 1526.

Si j’ai tardé jusqu’à ce jour à vous écrire, c’est l’absence de notre trésorier Barguin qui en a été la cause. Il aime passionnément la littérature et les littérateurs il m’a promis de faire en sorte que l’argent de votre pension vous fût payé à Lyon par Martin de Troyes aussi bien en votre présence qu’en votre absence.

La Reine[2] notre maîtresse ne refuse pas de faire quelque chose pour vous, selon vos désirs, mais elle traîne la chose en longueur ; ne pensez pas qu’elle mette plus de promptitude pour mes propres affaires que pour les vôtres. Je les solliciterai l’un et l’autre et je presserai Barguin de penser à vous le plus tôt possible. On dit que notre Roi, après un séjour à Paris, se rendra à Chambéry pour s’acquitter de son vœu au Saint-Suaire il sera plus facile alors d’agir dans vos intérêts.

Je n’ai pas reçu la lettre où vous me parliez des ouvrages de Calone.

Nous avons été jusqu’à ce jour et nous sommes encore en voyage. Oh l’insipide voyage ! Plût à Dieu que je puisse me reposer loin des tempêtes de la vie de cour. Cette vie m’est au dernier point odieuse. J’ai vu à Bayonne Natalis de Toulouse, il m’avait promis de me rejoindre à Bordeaux ; je n’ai pas vu notre homme et ne puis savoir où il est passé. Que la grâce de Notre-Seigneur J.-C. se répande sur vous et sur votre modeste épouse.

  1. C’est très probablement Jean Chapelain, médecin, comme Agrippa, de la Reine-mère, Louise de Savoie.
  2. Louise de Savoie.