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Henri Cornélis Agrippa/Lettre XXXVIII

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XXXVIII
Eustache Chapuys à Agrippa.

Genève, le 2 août 1525.

J’ai reçu votre lettre, très docte Henri Cornélis, et je ne saurais exprimer tout le plaisir qu’elle m’a réellement causé, car elle m’a appris que vous vous portiez fort bien, et que votre famille venait de s’augmenter par la naissance d’un nouveau fils, ce qui, à mon avis, est le plus grand bonheur qui puisse arriver à un mortel. Puissent les dieux faire que cet enfant soit la vivante image des vertus de son père ; que ce soit pour vous comme une assurance d’immortalité ; puisse-t-il être, comme son père, la gloire et l’honneur de son siècle. Le baptême de votre fils a été honoré des plus augustes personnages, et certainement je m’en réjouis beaucoup. C’est une juste récompense de vos vertus ; elles méritaient cela, et même davantage ; oui, vous étiez digne de plus encore. Une sagesse si admirable, si étonnante, ne peut moins faire que d’être portée au comble des honneurs. Pour ce qui regarde notre cher enfant[1], il se porte bien je me promets de vous l’envoyer, si toutefois l’excessive chaleur se radoucit un jour, car la tendresse de son âge ne pourrait supporter sans danger un soleil aussi brûlant.

Portez-vous bien et veuillez m’honorer d’une lettre.

  1. Le jeune Haymon, filleul de Chapuys.