Histoire de Rennes (Villeneuve, Maillet)/Chapitre III § I

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CHAPITRE III.
époque romaine.


§1er.

avant le christianisme.

56 av. J.-C. — Nous avons vu César pénétrer dans l’Armorique, et en subjuguant les Vénètes, abattre ainsi d’un seul coup la puissance de toutes les peuplades celtiques groupées dans la péninsule armoricaine, qui s’étaient confédérées pour lui résister. Pendant qu’il les battait sur mer dans la Vénétie, l’un de ses lieutenants, Q. Titurius Sabinus, les battait au nord, sur les confins du territoire des Unelles, où ils s’étaient réunis sous le commandement du Gaulois Viridovix [1]. Une soumission générale fut la conséquence de cette double victoire des Romains. Les Rhedones durent se courber sous le joug commun, non pas sans impatience, ni sans chercher près de leurs Druides, dans la liberté des forêts, une compensation à la ruine de l’indépendance nationale. En effet, quatre siècles environ s’écoulèrent avant qu’ils pussent trouver une occasion de se venger de leurs vainqueurs.

Cependant l’occupation romaine, durant cette longue période, fut purement militaire. Les vainqueurs élevèrent de distance en distance sur toute la péninsule armorique, comme ils avaient fait dans le reste de la Gaule, une suite de camps fixes ou stations, qu’ils placèrent dans les lieux les plus faciles à défendre, et, selon leur art stratégique, dont Polybe et Végèce nous ont transmis les règles, presque toujours sur les collines près des rivières. Toutes les fois qu’ils rencontrèrent une forteresse gauloise sur l’un de ces points militaires qu’ils recherchaient, ils y fixèrent l’une de leurs stations, comme ils avaient fait de leurs camps, castra hativa, pendant la conquête, dans les oppida qu’ils prenaient ou trouvaient abandonnés par l’ennemi en fuite [2].

La ville des Rhedones dut, l’une des premières, être choisie par eux comme un poste favorable à l’occupation. C’était la première maille de ce réseau de fer qu’ils voulaient étendre sur le pays.

Les metatores ne cherchèrent donc point un autre emplacement pour le camp à demeure qu’ils voulaient fonder. Dans le triangle formé par l’ille et la Vilaine au nord et au sud, et à l’est par un cours d’eau emprunté à cette dernière, ils élevèrent un vallum en briques [3] et en pierres, dont le périmètre était plus étendu que celui de l’ancien retranchement gaulois. Les vestiges retrouvés de cette enceinte prouvent que la station romaine fut fixée exclusivement sur le coteau qui borde l’Ille, vers le côté nord du triangle, et que le mur de clôture s’étendait éomme la corde d’un arc entre les points extrêmes désignés depuis par le versant, qui domine le moulin Saint-Martin et le Bom^-rEvéque, en passant par les points intermédiaires des petites Ursulines, des Capucins, de la rue Haute, de l’ancienne église Saint-Etienne et du Séminaire. Sur toute cette ligne on a retrouvé à diverses époques, et notamment à celle où vivait M. de Robieu, au XVIIIe siècle, des fragments de ce mur encore debout, un massif de Cour ronde dans les champs derrière l’étoile des Capucins, un grand nombre de briques romaines, enfin des médailles de la même époque.

Les fondateurs de la nouvelle ville, car le camp devint bientôt cité, conservèrent son nom celtique en le latinisant, et Kendatt devint Condate et Condatum. La Gaule du Nord, dont elle faisait partie, et que César avait nommé la Gaule chevelue, subit bientôt d’autres divisions arbitraires sous la main des vainqueurs. Le territoire des Bhedones passa avec l’Armorique successivement dans les trois subdivisions que l’on fit de la province romaine, nommée Lyonnaise, et fut définitivement rangée dans la dernière, dont la ville de Tours devint la capitale.

En même temps que le camp primitif devenait ville et se peuplait à l’intérieur d’ateliers, de magasins, d’hôpitaux, de maisons qui remplaçaient les tentes et les baraques du soldat, le culte élevait à l’extérieur, selon la coutume, ses temples mythologiques. L’occupation étrangère ne pouvait oublier ses Dieux. N’est-ce point la base des mœurs d’une nation ? Puis l’exemple et l’habitude, comme il arrive toujours, devaient convertir à la foi nouvelle un certain nombre d’indigènes, et consolida ainsi la conquête. L’espace compris entre la ville et la rivière qui coulait au sud sous le nom ancien de Doënna, fut consacré avec ses bois à ce double but de piété et de politique. Le premier monument religieux fut construit près de la ville y dans un lieu que l’on nomme encore la Cité, et dédié à Thétis ou Minerve ; le second, plus éloigné de l’enceinte y fut consacré à la déesse Isis et fondé dans le lieu où s’éleva depuis l’abbaye Saint-Georges ; enfin un troisième, construit dans l’intervalle entre les deux premiers, se nommait la Vision des Dieux. C’était une tour qui rappelait aux Romains le Panthéon de la ville conquérante, et s’élevait dans l’endroit où furent depuis la chapelle Saint-James et l’horloge publique.

Ces trois temples, dédiés aux dieux de la conquête, ne furent vraisemblablement pas les seuls, bien que les autres n’aient pas laissé de traces chez les chroniqueurs qui ont recueilli ce que la tradition racontait des premiers. On peut ajouter aux preuves testimoniales, qui résultent de leur récit une preuve matérielle de l’existence de l’un de ces temples. Il existe dans le faubourg de Paris un bloc de granit qui a servi long-temps de piédestal à une croix rouge plantée, suivant l’usage, sur ce débris du culte idolâtrique, conservant encore les symboles sculptés de la déesse Isis.

Junon Monète avait aussi près de la nouvelle ville son temple destiné à conserver l’or et l’argent monnayés, si l’on en croit l’inscription trouvée en 1741, selon Ogée, sous une lame de bronze, près de la place de la Vieille-Monnaie, dans le terrain dépendant de la porte Mordelaise. D’après ce document, les prêtres de la déesse, dans un temps de guerre, enfouirent leurs vases sacrés non loin des prés que baigne la rivière, qui portait alors le nom de Vivonia. Us exprimaient l’espoir de voir un jour, sous un prince équitable et lorsque le calme serait revenu au pays d’Armorique, retrouver les trésors enfouis et relever le temple de Junon Monète ; car l’or, disaient-ils, brille surtout par l’usage vertueux qu’on, en fait. Il est à regretter que ce monument n’ait pas été conservé ; mais faut-il en nier l’existence parce qu elle est fondée sur un seul témoignage, quand aujourd’hui même nous voyons perdre sous nos yeux ou s’égarer en des mains privées tant de précieux vestiges de l’antiquité celtique et romaine de notre ville, que la commission, trop tard instituée pour leur conservation et leur explication, sera impuissante à exhumer de nouveau de l’ombre où ils se cachent. Il ne restera d’autre preuve historique de leur existence que les procès-verbaux peut-être où elle consignera ses regrets et quelques détails privés plus ou moins précis et affirmatifs.

En 1774, une découverte du même genre que celle dont nous venons de parler, vint révéler l’introduction du culte de Bacchus dans la ville gallo-romaine, qui portait encore le nom de Condate à l’époque où nous sommes. La démolition d’une maison canoniale du chapitre de Rennes, située au côté oriental de la place de la Vieille-Monnaie, fit découvrir dans le sol, à une profondeur de deux mètres, un vase ou patère d’or représentant en relief sur une platine incrustée au fond, une fête bacchanale encadrée de seize médaillons, portant des figures d’empereurs et d’impératrices, depuis Adrien (118) jusqu’à Septime Sévère (195) et Julie Augusta. Un grand nombre de médailles isolées furent trouvées en outre dans le même lieu ; elles étaient toutes impériales. Quatre d’entre elles, destinées à être portées, et munies dans ce but de chaînes et d’anneaux, étaient empreintes d’un côté de l’effigie de Posthume (264) et de l’autre, de ces mots : Indul. pia Posthuma Augusta, Quant aux autres, au nombre de 94, elles embrassaient un espace de deux cents ans (70 à 270), de Néron à Aurélien. Enfin une médaille d’or d’Antonin-le-Pieux (445) fut rencontrée aussi plus tard dans les fouilles du même bâtiment. Tous ces trésors archéologiques, transmis par le chapitre au duc de Penthièvre, alors gouverneur de Bretagne, furent déposés au cabinet des médailles à Paris, et peuvent encore là du moins témoigner de la vraisemblance de nos conjectures.

Un autre temple consacré à Minerve existait aussi, non loin de l’endroit où s’éleva depuis la porte Mordelaise, si l’on ajoute foi aux témoignages traditionnels recueillis par MM. de Robien et Ogée.

Pour compléter les documents existants sur les temples que la colonie romaine édifia aux abords de sa conquête chez les Rhedones, nous ne devons pas omettre l’inscription gravée sur une pierre de granit placée depuis dans la construction de la porte Mordelaise, où l’on peut la voir encore. Les caractères de cette, inscription se trouvent renversés, et aujourd’hui un peu frustes ; mais on peut y distinguer pourtant ces abréviations lapidaires : Imp. Cæs. M. Antonio Gordiano pio fel. aug. p. m. tr. p. cos. o. R., que l’on s’accorde à traduire ainsi : « A l’empereur César, Marc Antoine Gordien, pieux, heureux, auguste, grand pontife, revêtu de la puissance tribunitienne et consulaire, tous les Rommains. »

Cette pierre fut sans doute placée dans un temple, et fit partie peut-être d’un autel votif en mémoire de l’avénement de Gordien III au pouvoir impérial en 258. Cette désignation cos., consul, n’étant suivie d’aucun nombre qui indique, suivant l’usage invariable, que le personnage auquel elle se rapporte ait été consul plus d’une fois, on ne peut l’appliquer qu’à Gordien le jeune, qui fut le troisième, et qui, contrairement aux autres Gordiens, prit tous les titres énumérés dans l’inscription avant son second consulat. L’avènement de Gordien III à l’empire fut de plus célébré dans les provinces avec une joie et des solennités inusitées [4]. Cette consécration d’un événement heureux dans un temple, comme une action de grâces aux Dieux, n’est donc nullement invraisemblable.

Une autre preuve matérielle du même genre a été trouvée dans la démolition d’une partie des murs de l’enceinte de l’ancienne cité, qui succéda à la ville romaine, et dans laquelle on dût employer, par l’ordre même des empereurs [5], les matériaux profanes provenant des temples païens. Un bloc de pierre carré, sans autre sculpture qu’une croix, en forme de thau égyptien, et déposé aujourd’hui ans la cour du Musée provisoire des tableaux, appartient, il semble, à quelque temple romain renversé par le Christianisme, qui s’en sera servi pour édifier les fortifications du moyen-âge, d’où l’ont exhumé les travaux de la civilisation moderne. C’est un ara [6] ou petit autel domestique creusé, à sa partie supérieure, de deux cavités propres à recevoir les réchauds sur lesquels on brûlait les entrailles des victimes. Les lignes gravées en croix sur l’une des faces de la pierre désignaient le côté qui devait être tourné au levant. On voit sur quelques médailles romaines, entre autres de Maximin, prédécesseur de Gordien III, de petits autels de la même espèce, où sacrifie le génie du peuple romain.

Tels sont les vestiges découverts jusqu’ici des monuments du culte romain implantés sur le sol de notre ville par la conquête. Le temps et des fouilles intelligentes pourront en produire d’autres peut-être au grand jour archéologique ; mais ceux qui existent suffisent déjà pour établir d’une manière certaine, quoique moins complète, la preuve du séjour des Romains dans notre cité, et de l’importance qu ils y attachèrent, comme l’un des points principaux de l’occupation militaire sous laquelle ils courbèrent le pays pendant près de quatre siècles.

Comment gouvernèrent-ils cette ville gauloise de Condate, qu’ils avaient étendue et rebâtie ? Il n’est pas probable que les indigènes, qui n’y habitaient guères avant ef conquérants y y soient restés de gré ou de force, quand elle fut occupée et bouleversée par leurs ennemis. Ils durent fuir dans leurs forêts près de leurs Druides, qui leur prêchaient la foi proscrite, et firent survivre leur culte à toutes les persécutions. Ce ne fut sans doute que peu à peu et progressivement, avec les bienfaits répandus par César sur la Gaule chevelue, qu’une partie des habitants consentit à revenir dans les villes embellies par les arts romains, et firent avec les vainqueurs des alliances de famille, qui protégèrent un jour ceux-ci, quand ils furent proscrits à leur tour.

Les habitudes de la civilisation romaine, au moins celle qui réguait dans les armées, se développèrent donc à peu près exclusivement dans la cité armoricaine des Rhedones. La population toute militaire qui l’occupa primitivement à cette époque de la conquête en fit une sorte de colonie, moins les privilèges, sous les ordres absolus d’un lieutenant de César. Quelques écrivains pensent que Crassus fut ce premier gouverneur ou légat du proconsul. Si l’on admet qu’il quitta, pour gouverner Condate, le commandement de la septième légion placée sous ses ordres à Angers, ou qu’il en transféra le cantonnement, ce que ne nous apprend pas le conquérant lui-même, il ne doit pas paraître plus difficile d’admettre qu’il importa chez les Rhedones quelques institutions, quelques règles d’administration, qui sont devenues la source de celles qu’amenèrent les âges suivants. Ainsi les lois municipales de notre ville, l’autorité suprême de ses gouverneurs, n’eurent peut-être pas d’autre origine que le pouvoir absolu délégué à Crassus ou à tout autre chef inférieur par César, et les concessions faites nécessairement aux habitants par ce lieutenant de la conquête et ses successeurs.

Le chef, quel que soit son nom, laissé à la tête de la station romaine fondée dans l’ancienne Condate, eut à s’occuper du classement de la population vaincue, et de ses travaux sur le sol en même temps que de sa condition sociale.

César, en pacifiant la Gaule chevelue, nemploya à ce but aucun des moyens violents qui suivent ordinairement la conquête. Il lui laissa toutes ses institutions nationales, celles du moins qui pouvaient se concilier avec la soumission due au vainqueur. Il ne proscrivit point le culte druidique, et chercha, par une prudente tolérance, à s’assimiler ses dieux, sous le nom d’Indigètes. La sauvage religion gauloise persista néanmoins sans mélange dans l’esprit du peuple, comme un ferment de révolte toujours prêt ; mais elle se cacha dans les forêts, et les hautes classes l’y laissèrent se réfugier et rêver le retour de l’indépendance.

L’humiliation du tribut fut déguisée sous le nom de solde militaire, qui s’éleva à quarante millions de sesterces (8,200,000 f.) ; mais les exemptions furent nombreuses et prodiguées aux villes et aux familles qui se placèrent sous le patronage du vainqueur. Les promesses de nouvelles et plus grandes faveurs ne furent point épargnées. Bientôt la légion de l’Alouette entière, composée de Gaulois, fut dotée du droit de cité romaine. Chaque ville aspira à ce précieux privilège, et pour l’obtenir se dévoua à César.

Il paraît néanmoins que les Rhedones ne se signalerait pas par leur affection pour le conquérant, car l’histoire ne parle point des bienfaits qu’ils en auraient reçus. Ils partagèrent pourtant les bénéfices du système de modération suivi par César dans l’administration de sa conquête.

Après César, et quand son fils adoptif vint continuer son œuvre politique, la plupart des villes de la Gaule, lorsqu’elles ne furent pas supprimées par le vainqueur pour crime de rébellion, changèrent leur dénomination primitive, ou lui donnèrent la forme latine. C’était rompre les anciennes traditions gauloises. Condate fut nommée, en ce temps peut-être, civitas rubra, ville rouge, de la couleur des briques qui formaient ses murailles. D’autres villes gauloises prirent alors le même nom pour la même cause [7], et il est bien constaté que Rennes a été long-temps désignée ainsi ; Ptolémée seulement indique une autre origine à cette désignation y qui serait dérivée, selon lui, de l’ancien nom des Rennais, Arrubiens, d’où l’épithète rubra.

La république n’était plus ; l’empire avait commencé avec Octave, sous le nom d’Auguste. La cité des Rhedones, rangée avec l’Armorique dans le domaine impérial, dut s’épuiser pour assouvir la faim insatiable des délégués du prince auquel elle avait le ruineux honneur d’appartenir. Les établissements de municipes qui furent si communs sous Auguste dans l’occident ne laissèrent point de traces dans notre ville.

Cependant, par une compensation politique, et par suite de l’indifférence religieuse chez les Romains, à l’époque dont nous parlons, le culte des vaincus fut respecté, ou plutôt, au moyen de symboles plus ou moins vrais, ou affecta de ne voir que la même idée divine sous des noms différents. Le conquérant de la Gaule chevelue. César lui-même avait déjà écrit que les Gaulois ont sur les dieux à peu près la même opinion que les autres peuples [8]. Ce rapprodiement, qui devait un jour être funeste à Rome, continua de s’opérer, afin qu’un grand niveau régnât sur le monde romain dans le droit, la politique et la religion. Mercure fut confondu avec Teutâtes, Jupiter avec Hésus. Notre ville vit adorer dans le même temple les dieux de la conquête et ceux du pays. Ce fut une sorte de droit de cité accordé aux dieux vaincus comme aux peuples qui les adoraient.

Cette tolérance qui allait bientôt disparaître, cette tendance vers l’unité religieuse qui préparait les esprits au christianisme, firent éclore dans les lois le principe de l’abolition de la servitude, qui reçut ainsi son application humaine avant que la religion nouvelle vint en faire une application plus générale. L’esclave fut protégé et devint affranchi.

L’un de ces affranchis, un Gaulois, Licinius, ne rougit pas de pressurer son pays au nom d’Auguste. Les Rhedones furent, à ce qu’il parait, à l’abri de ses exactions, et n’entendirent que de loin le bruit des victoires de Drusus et de Tibère contre les bandes germaniques. Tibère apprenait alors pour la première fois son nom, destiné à devenir si redoutable, aux peuples qui bénissaient en lui un protecteur et le fils adoptif de l’empereur. Auguste proclamé grand pontife et le dieu tutélaire de la Gaule, vit partout des autels s’élever en son honneur. Rennes lui en consacra quelques-uns, dont on retrouve aujourd’hui les débris ; mais un culte nouveau allait naître en Orient, et renverser l’orgueil humain des autels qu’il s’était dressés à lui-même.

  1. Comment. lib. 3, ch. 17.
  2. Comment. lib. 7, ch. 11.
  3. T. XV. Mém. de l’Acad. des Inscript.
  4. Art de vérifier les dates.
  5. Édit de Théodose.
  6. Manusc. de M. de Penhouët.
  7. Renouard, Essais hist. sur le Maine, t. I, p. 48.
  8. Corn. bell. Gnll., 6, 17.