Histoire de l’abbaye des Écharlis/6

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Edmond Régnier
Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne (p. 65-85).

conventions entre les religieux, les abbés, les curés.
restauration de l’abbaye

Après la mort de l’abbé Nicolas de Fer, les religieux élisent librement son successeur. Sans recourir à l’autorité royale, en dépit du Concordat, ils nomment l’un d’eux, Denis de Buffevant[1], ordonné diacre[2] dans l’abbaye en 1603 et élevé à la prêtrise en 1603. Malheureusement, le gouvernement de cet abbé régulier est de courte durée : il meurt en 1611. Louis XIII remet aussitôt en vigueur le Concordat, pourvoit à l’administration de l’abbaye et, pendant la vacance qui dure quelque temps, nomme Blaise Simon économe des revenus des Écharlis.

Mais les moines qui, jusqu’à présent, ont reçu ce que les abbés commendataires ont bien voulu leur donner, désirent avoir un règlement leur assurant des revenus à peu près fixes et évitant des différends. Ils se pourvoient devant l’abbé de Clairvaux, devenu sans doute leur supérieur depuis le commencement de la commende. « Par l’advis du Conseil », Dom Philibert, prieur, et Biaise Simon, économe, font[3], le 17 septembre 1612, devant Charles, notaire à Paris, une convention dont voici les principales dispositions :

Les moines recevront 432 bichets de blé et 25 de méteil, en bon grain, mesure des Écharlis, pour leur pain, le pain de leurs serviteurs et leurs aumônes ; 80 bichets d’avoine ; 592 livres 15 sols tournois (environ 4.766 fr.), pour leur pitance et leur vestiaire ; 25 muids de bon vin ; 6 livres de cire ; 10 pintes d’huile de navette ; toutes les noix de l’enclos ; 400 bottes de paille.

Ils jouiront seuls du moulin de l’abbaye ; des dîmes de vin de La Celle et de Villefranche ; des vignes de Côte-Renard et de l’enclos de l’abbaye ; des forêts de l’Abbé, Bourbeuse, Côte-Renard ; de l’étang des Massons et des deux marchais d’Arblay ; de la métairie de la Parnanche ; de la moitié du colombier ; de tout l’enclos, sauf du logis et du jardin abbatial ; de la moitié de la grande écurie ; d’un arpent et demi de terre touchant à la grande porte de l’abbaye ; et, si bon leur semble, du tiers du revenu du grand moulin de Villefranche qui a été brûlé, à condition qu’ils contribuent pour un tiers aux frais de reconstruction.

Ils auront : le pressurage franc et la commodité des caves du monastère ; le tiers des cens et rentes appartenant aux Écharlis, à Coulanges, Villevalier, Champs, Jussy, la Saulce et autres lieux ; tous les arrérages de rentes qui n’ont pas été payés jusqu’à la Saint-Jean-Baptiste dernière ; le tiers de toutes les terres qui n’ont pas été labourées depuis trente ans ; la chasse, sans en abuser, dans la garenne proche de l’abbaye.

Les prieur et religieux ne pourront demander autre chose que ce qui est contenu dans cet accord et ne seront tenus à aucune charge sinon aux réparations des bâtiments de la métairie de la Parnanche et de l’étang des Massons.

L’économie promet de délivrer les deniers, grains, vin, cire, huile, etc., dans l’abbaye entre les mains des officiers de la communauté, en quatre termes : Saint-Jean, Saint-Rémy, Noël et Pâques.

Le reste des immenses propriétés des Écharlis est réservé à l’abbé : à lui seul, il en a donc au moins les deux tiers et perçoit ainsi de riches revenus. Aussi, collation d’une abbaye et collation d’un bénéfice deviennent synonymes.

Le premier abbé qui profite de ces immenses avantages est, en 1615, un prince de la maison de Courtenay. Le chef de cette famille, dont plusieurs membres portèrent le titre d’empereurs de Constantinople, est Pierre de France, fils de Louis le Gros. Marié à Isabeau, princesse de Courtenay, il prend ce nom et le transmet à ses descendants. On sait que Louis le Gros et Louis le Jeune répandirent tant de bienfaits sur l’abbaye qu’elle est considérée comme fondée par Louis le Gros et dite souvent « de fondation royale ». René de Courtenay[4], abbé des Écharlis, appartient à la branche principale ; il est fils de Guillaume de Courtenay, seigneur de Chevillon, et de Marguerite de Frétel. Il possède encore une autre abbaye. Mais, à l’encontre de ses ancêtres royaux, René, comme les autres Courtenay qui posséderont le monastère, ne cherche pas à restaurer et embellir les Écharlis et considère seulement les revenus qu’il en retire. Il conserve Blaise Simon comme receveur général.

Le 16 juin 1623[5], Blaise Simon, receveur de la terre des Écharlis, loue pour deux ans, à Louis Tonnellier, hôtelier et drapier, et à Guillaume» manœuvre à Villefranche, les dîmes des Vieux-Écharlis pour 80 livres (environ 640 francs) et 6 poules[6].

René, par un abus énorme, transmet son titre, en 1627, à son neveu Robert, âgé seulement de 8 ans, fils de Jean de Courtenay et de Madeleine de Maries. Robert obtient ses bulles le juillet 1027.

Tandis que son oncle avait un chargé d’affaires à l’abbaye, Robert[7], dès qu’il est en âge, afferme tous les revenus, moyen facile de les percevoir sans ennui et de ne pas résider dans le monastère. D’ailleurs, pourquoi viendrait-il s’enfermer aux Écharlis ? Sa nomination, comme celle des abbés commendataires, a été faite pour lui donner des rentes. Il ne peut donc voir dans sa commende que les seuls avantages matériels et doit peu se soucier des réparations.

En 1644[8], en effet, il loue pour neuf ans à Alexandre Duché, receveur de la terre de Villeniard, dépendant de l’abbaye, tous « les fruits, revenus et émoluments » de l’abbaye, dans l’étendue de la seigneurie des Écharlis. Duché aura la jouissance de la Maison-Rouge et de ses dépendances, mais il ne pourra prendre que douze livres de rente sur la métairie de Bourbon, à La Celle-Saint-Cyr ; il aura : les rentes, cens, dîmes de tout ce qui appartient à l’abbaye, à Batilly, Précy, Saint-Romain, Châteaurenard, Triguères, Douchy, Montcorbon, Dicy, Chêne-Arnoult, Chuelles ; la rente du moulin de Donzy, à Saint-Martin-sur-Ouanne ; la rente « sur l’Hôtel de Ville et grenier à sel de Paris qui est la somme de 158 livres (environ 948 fr.) par an » ; « la rente de 16 bichets de blé », mesure de Villeneuve-sur-Yonne » à prendre sur le petit moulin de Villefranche ; les terres et prés du grand moulin de Villefranche ; les dîmes de Villefranche par moitié avec le curé ; les dîmes de la seigneurie des Écharlis, à l’exception de celles d’Arblay, de la Tuilerie, de Cudot et des Vieux-Écharlis ; les deux tiers de la rente du moulin Croiset, sur l’Yonne ; les deux tiers de l’augmentation de la rente sur les terres et prés du Ponton, et généralement tout ce qui appartient à l’abbaye.

Duché devra, chaque année, payer à l’abbé, soit à Paris, soit à l’abbaye, 3.448 livres tournois (environ 20.688 fr.) en deux fois, à Noël et à la Saint-Jean-Baptiste ; 50 bichets d’avoine, deux bottes de foin et deux feuillettes de vin ; délivrer ce qui appartient aux religieux, suivant le règlement de 1612 ; payer les pensions ducs à divers curés, 200 livres (environ 1.200 fr.), par an, aux employés, certaines dîmes s’élevant à 438 livres (environ 2.028 fr.) ; la pension du moine laïc et les gages des officiers de justice.

Robert jouit peu de temps de cette situation privilégiée. Peu après cet acte, il cède[9] son abbaye à Roger de Harlay, évêque de Lodève et abbé de Saint-Pierre d’Auxerre. Salomon croit que c’est un arrangement de famille. « Il est probable, dit-il, que M. de Harlay était parent (frère peut-être) de Lucrèce-Christine de Harlay, femme de Louis de Courtenay, fils de Jean ; ce qui nous porte à le croire, c’est qu’à son tour Roger de Harlay eut pour successeur Roger de Courtenay, fils de Louis. »

C’est sous l’évêque de Lodève[10] que les Écharlis sont pillés et brûlés par des cavaliers de Condé. Cependant, les religieux et l’abbé font quelques acquisitions.

Le 15 mai 1663[11], ils achètent une maison appelée le Fourneau avec 31 arpents de terre, entre Arblay et les Écharlis, la quatrième partie d’une pièce de bois, la Saisonnière : le vendeur demeure quitte envers les religieux de toutes les censives et rentes qu’il peut leur devoir et reçoit 151 livres (environ 900 fr.). Le 11 décembre 1665[12], achat à Villefranche d’une maison et de 8 arpents de terre.

Roger de Harlay meurt le 14 mai 1669» après avoir fait restaurer l’abbaye et sans avoir eu de difficultés avec les moines. Il n’en est pas de même de son successeur qui est contraint de faire de nouvelles conventions, soit avec les curés, soit avec les religieux.

Roger, prince de Courtenay, « hault et très illustre prince du sang royal de France »[13], comte de Lyon, abbé commendataire de Saint-Pierre d’Auxerre, et prieur de Choisy-en-Brie[14], est neveu de Roger de Harlay. Né le 29 mai 1647, de Louis de Courtenay et de Lucrèce-Christine de Harlay, il n’a que 22 ans, lorsqu’en 1669 il est nommé abbé des, Écharlis. Il le reste jusqu’à sa mort, survenue en 1733[15], c’est-à-dire

pendant 63 ans. On rapporte qu’il « gouverna[16] l’abbaye avec beaucoup de sévérité et qu’il s’est fait lui nom par sa hauteur et sa causticité ». « La nature[17] l’avait doué, dit-on, d’un caractère farouche ; ses gestes étaient des ordres, ses paroles des arrêts ».

Au commencement, cependant, le 6 novembre 1669[18], il se reconnaît obligé, dans un acte fait par Chamillard, notaire à Villefranche, de donner aux religieux, pour eux et leurs aumônes, tout ce qui est stipulé dans le règlement de 1612. Il prend même comme fondé de pouvoirs le prieur des religieux, François Flaypoux, qui, en son nom, fait le 10 septembre 1673[19] l’aveu et dénombrement des domaines appartenant à l’abbaye : 1° la terre et seigneurie de l’abbaye ; 2° la maison abbatiale avec droit de justice, haute, moyenne et basse ; 3° la Maison-Rouge ; 4° la rivière avec droit de pêche et de barque au ponton. Quelques actes aussi sont faits par les religieux[20] ; mais en 1675[21], Roger loue lui-même, à bail emphytéotique, le moulin de Donzy au marquis d’Hautefeuille. Il prend sans doute en mains l’administration de l’abbaye : un différend ne tarde pas à s’élever.

Il est évident que, l’argent diminuant de valeur, les religieux n’ont pas assez de revenus pour les réparations du monastère. Ils élèvent donc de légitimes réclamations et chargent l’un d’eux, Béraut de Bourbon, de faire une nouvelle transaction avec l’abbé ; mais quand elle est terminée» le 8 juin 1678, ils refusent d’abord de la ratifier, puis, après diverses discussions, l’acceptent le 18 août 1678[22].

Ils jouiront de la récolte de tous les grains et fruits de leurs métairies, des pêches des étangs de l’abbaye (la Ricardière, la Porcherie, Arblay), qu’ils sont tenus de faire à la Saint-Martin prochaine, de l’étang des Massons qui leur appartient par l’ancien Concordat.

L’abbé se réserve : 1° les fruits et emblavures de la grande métairie située devant la grande porte de l’abbaye ; 2° l’avoine des grandes vignes et de l’étang de Bourbeuse (les religieux fourniront, pour ensemencer cet étang, six bichets d’orge que l’abbé leur rendra après la récolte).

Il leur laisse l’herbe et la pâture située au-dessous de l’étang des Chevaliers, l’herbe que leur métayer a prise à la queue de l’étang de la Chaumotte, mais non celle qui reste à enlever. Il remboursera les fauchaison, fenaison et charrois des prés de Villers qu’il a fait serrer, payera les dîmes que les religieux sont condamnés à payer à l’abbé Jodrillat, curé de Villefranche, leur remboursera incessamment 86 livres 15 sols (environ 289 fr.) qu’ils ont payés à Jodrillat pour la moitié des frais de deux exécutoires des juges du Conseil.

Les religieux lui cèdent leur part sur l’augmentation des recettes de Châteaurenard, lui remettent 21 muids de vin et 400 faix de paille qu’il leur doit pour l’année courante.

L’abbé est tenu d’accepter les marchés des dîmes qu’ils ont faits avec Martin Ragon et le marché de l’herbe et tonture des prés du grand moulin conclu avec Eustache Tonnellier, de Villefranche. Il ne pourra rien demander aux religieux pour l’herbe qui était dans le moulin abbatial, les moines lui ayant

remis le labourage des douze arpents de terre de Villiers. Il déclare n’avoir aucun droit sur les acquisitions des religieux, ni ceux-ci sur les biens qu’il a retirés. Toutefois, si un nouveau parlage survient, les biens retirés feront partie du nouveau partage, mais non ceux que les religieux ont maintenant vendus.

Cet acte ne termine que momentanément le différend. Deux ans sont à peine écoulés que l’abbé et les religieux font une nouvelle convention : le grand partage du 13 novembre 1680[23]. Les biens de l’abbaye sont divisés en trois lots : le premier appartient aux moines, les deux autres à l’abbé.

Le premier lot, échu au religieux : « l’enclos de l’abbaye devant la grande porte de l’abbaye, estimé le tout 40 livres ; le moulin de l’enclos, estimé 250 livres ; domaine de l’enclos, maison, étable et tous les bâtiments situés dans la grande cour ; petite maison aux Chevaliers, 66 livres ; la grande métairie des Écharlis proche l’abbaye, 250 livres ; la moitié des prés de Villiers, 56 livres ; la rente de 10 bichets de froment, 45 livres ; les étangs de la Ricardière, Bourbeuse, Massons, les Chevaliers, la Chaumotte, 360 livres ; cens, renies, profits sur toute l’étendue de la seigneurie des Écharlis, 65 livres ; moulin de Batailly, 180 livres ; le moulin du Creusot, 60 livres. »

Deuxième lot, à l’abbé : « grand moulin de Villefranche, 60 livres ; Idixmes à Villefranche partagées avec le curé, 220 livres ; marchais d’Arblay, 6 livres ; marchais de la Maison-Rouge à Villeneuve et terre de Vautmorin, 14 livres ; port de Ponton, 25 livres ; Chailleuse, 230 livres ; moulin de Donzy, 40 livres ; la rente sur le scel à Villeneuve, 85 livres ; l’étang de la pêcherie, 40 livres. »

Troisième lot, à l’abbé : « La ferme de Joigny, 300 livres ; la ferme de Villeniard, 650 livres ; ferme sur Douchy et Montcorbon, 550 livres ; clos de la grande métairie, 10 livres ; rente de 20 bichets de froment, mesure de Charny, sur la terre de Tabarrins, 60 livres ; métairie de la Provanche, 60 livres ; dixines de Villeneuve-le-Roy, 180 livres ; dixmes de blé et de vin de La Celle-Saint-Cyr, moitié avec le curé, 260 livres ; dixmes de Saint-Romain, à charge de payer ce qui est dû au curé.

De plus, les religieux jouiront de tous les bâtiments dont ils ont joui jusqu’à présent, du corps de logis attenant au moulin de l’enclos, « des jardins et closeaux », sans autre réserve que le droit pour l’abbé d’aller dans la grande cour et de pressurer son vin au pressoir, des bois de Côte-Renard et de l’abbé.

L’abbé jouira du corps de logis où il demeure» du logis des hôtes dont il fera boucher les fenêtres donnant sur les cloîtres, pourra prendre de l’eau dans le bief pour arroser son jardin le lundi seulement, aura vinée, étables, les bois de la Garenne près de l’abbaye, de la Garenne d’Arblay, des forêts Dondon, du Prieur et des Chêneaux, aura le droit d’instituer et destituer les officiers de l’abbaye et tous les droits honorifiques.

Afin d’éviter tout procès et « nourrir la paix », les religieux, pour satisfaire aux charges et réparations, seront « mis en possession et jouissance » de la métairie de la Provenche.

De plus, l’abbé jouit d’un bâtiment, appelé le logis des hôtes, à charge de l’entretenir et réparer. Comme les religieux se plaignent de ce que les valets et servantes de Roger ou de son agent[24] ont vue sur les cloîtres, « chose inouïe », par les fenêtres de ce bâtiment, il devra faire boucher ces ouvertures et construire une porte neuve pour l’entrée et la sortie des religieux.

Le 5 août 1684[25], les religieux Mathurin Hénault, prieur, Joseph Routier, Joseph Paillet, Jacques Balthazar, reconnaissent qu’ils n’ont pas droit aux rentes de l’abbaye sur l’hôtel de ville de Paris, mais Roger de Courtenay, et, pendant plus de vingt ans, n’élèvent aucune réclamation.

En 1709[26], ils font des remontrances à l’abbé au sujet de la perception et de la moins-value des dîmes de Précy et en obtiennent, le 27 avril, une rente annuelle de 140 livres (environ 420 fr.), à condition que ces dîmes appartiendront à Roger.

L’année suivante[27], ils prétendent que les revenus des biens qui leur sont échus par l’acte de 1680 sont considérablement diminués, qu’il y a même une erreur de calcul dans l’estimation. Tout en répondant que cette diminution vient des religieux qui n’ont pas de soin, Roger s’oblige, le 10 mars 1710, à leur payer 480 livres (environ 1.440 fr.) par an en deux paiements égaux, les laisse en possession de la ferme de la Pervanche et du marchais d’Arblay, mais garde les dîmes de La Celle-Saint-Cyr et de Poissy, demeure quitte des 70 livres qu’il s’est engagé de payer chaque année, en 1680, et des 140 livres portées dans la transaction du 27 avril 1709.

Ce n’est pas sans raison que les moines réclament si énergiquement. Ils aiment leur monastère et désirent l’entretenir convenablement. Deux religieux, Dom Martenne et Dom Durand[28], qui visitent les abbayes et s’arrêtent aux Écharlis au commencement du xviiie siècle, nous montrent les trois religieux de ce monastère travaillant à réparer leur abbaye entièrement ruinée par les Anglais, les Huguenots et les guerres civiles. « L’ancien réfectoire, disent-ils, sert aujourd’hui d’église qui est assez propre. » Mais comment concilier cette phrase avec le procès-verbal du 2 novembre 1711[29] où sont énumérées les réparations du monastère s’élevant à 1.239 livres 6 sols et où l’église figure simplement pour 90 livres 1 sol de réparations à la toiture. Ces réparations ne peuvent empêcher d’y célébrer les offices. Dom Martenne et Dom Durand ont sans doute exagéré : les Écharlis ne sont point une « abbaye toute ruinée ». Ils ont besoin de réparations : les moines s’efforcent de les faire et si leurs efforts étaient secondés, ils finiraient, comme nous le verrons plus tard, par avoir au moins des bâtiments très convenables. Or, loin de les aider, l’abbé commendataire ne fait même pas les réparations auxquelles il est tenu par l’acte de 1680[30].

Ils sont donc contraints de vendre des terres.

Le 21 décembre 1674[31], ils vendent à Corne Tonnellier, cordier à Villefranche, une maison et 39 arpents de terre situés à Villefranche; le 12 mai 1693[32], à Antoine Fillol, laboureur à Villefranche, une maison aux Vieux-Écharlis et arpents de terre, à charge de leur payer les cens et droits seigneuriaux et 75 livres tournois (environ 230 fr.) et, le avril 1694[33], une rente de 16 bichets de blé,

De riches dons les tireraient de leur misère ; mais on ne leur fait plus de donations. Si, le 26 octobre 1698[34], Louise Lorin, veuve Eutrope, demeurant à Villefranche, leur abandonne pour 7 livres (environ 23 fr.) les bâtiments qu’elle et ses enfants possèdent aux Écharlis, c’est parce qu’elle est incapable de les faire valoir et d’en payer le cens[35].

L’abbé de Courtenay ne fait pas seulement des conventions avec les religieux, mais encore avec le curé de Villefranche.

Avant son administration, l’abbé Gremet, curé de Villefranche, après avoir dirigé des poursuites au sujet des dîmes de la paroisse, avait fait, le 27 février 1662[36], un accommodement en présence de Claude de Saint-Phalle, seigneur de Villefranche, et de Ignace Dupin, précepteur des enfants de Saint-Phalle[37].

Les successeurs de l’abbé Gremet ne se contentent point de ce compromis. L’abbé Jodrillat, après un procès-verbal du 26 mars 1681 et un arrêt du 28 suivant[38], fait, avec Roger de Courtenay et Mathurin Hénault, prieur, le 7 novembre[39], une convention confirmée le 15 février 1682[40] et approuvée le 23 février 1682[41] par les religieux « capitulairemtent assemblez au son de la cloche à la manière accoustumée ». On procède à un bornage le 23 mai 1682[42] et, le 30, l’accord suivant est signé :

Le curé possède presque en entier le canton des Vieux-Écharlis ; il percevra la moitié des dîmes de l’étang de la Ricardière qui doit être mis en culture, jouira des dîmes de 6 arpents de terres et vignes que les moines possèdent près de leur clôture, de la moitié des dîmes du canton des deux Ruisseaux, touchera la moitié des dîmes de la ferme de la Pervanche et de l’ancien domaine, la moitié de celles que les religieux ont jusqu’ici perçues à la ferme des Massons, celles provenant de l’étang de la Ricardière pour 1680, l’arriéré, soit 50 livres 19 sols (environ 160 fr.).

Il payera à l’abbé et aux religieux 195 livres (environ 600 fr.) pour dîmes induement perçues, la moitié des frais, cens et procès-verbaux, du prévôt de Dixmont, 150 livres (environ 455 fr.) tiers des dépenses de l’arrêt du 28 mars 1681, restituera 10 gerbes de blé, 112 gerbes d’avoine, un agneau, du chanvre. Les moines sont déchargés de la restitution pour les propriétés en friche.

Les frais, qui s’élèvent à 120 livres (environ 370 fr.), seront payés par moitié : coût, 18 livres (environ 56 fr.).

Le 26 novembre 1687[43], nouvelle convention entre Roger et Chauvot, curé de Villefranche : le curé jouit des dîmes et l’abbé s’engage à lui donner chaque année 70 livres en deux fois, le 1er mars et le 1er novembre[44].

Le 12 juillet 1687[45], Roger avait fait l’aveu et dénombrement des terres et domaines de l’abbaye situés sur Châteaurenard, Triguères, Montcorbon, Douchy et Chuelles, au duc d’Orléans, seigneur de Montargis :

I. — À Châteaurenard : 13 maisons avec granges et étables attenant l’un à l’autre dans la rue des Écharlis ; 2 arpents de jardin ; 5 arpents de bois ; 5 arpents de terres ; 5 arpents de vignes au bois des Moines ; 10 sols de rente sur le moulin d’Ollasse dit Moulin-au-Bouc ; les droits de cens et rente sur 40 arpents de pré dont l’abbaye ne jouit pas.

II. — À Triguères : 7 livres de rentes, payables le lendemain de Noël, sur le moulin de Fresnes qui appartient à l’abbé de Fontainejean ; 3 livres 10 sols à Noël pour une pièce de terre de 7 arpents louée à bail emphytéotique ; quatre prés ayant ensemble 21 arpents ; 4 arpents de terre.

III. — À Montcorbon : 4 livres et 2 chapons de cens payables à la Saint-André, pour une maison et une grange situées au bourg ; 20 sols 12 deniers et une poule sur le moulin de Changonhault.

IV. — À Douchy : six prés ayant ensemble 28 arpents.

V. — À Chuelles : une masure et 8 arpents. L’examen des titres montre que, dans ces communes, l’abbaye possède plusieurs propriétés et revenus dont elle ne jouit pas : ainsi, à Douchy, elle a une rente annuelle de 11 livres sur le moulin de la Forge et c’est le seigneur de La Brûlerie qui en jouit.

De 1710 à 1734[46], on remarque quelques baux emphytéotiques sur la paroisse de Cudot, une aliénation et quatre procès.

Les religieux louent, pour trois vies et 59 ans :

1° Le 30 mai 1710[47], à Marie Cromier, veuve de Edme Peschard, demeurant à Cudot, 12 arpents de terre labourable pour 3/4 et demi de froment, autant d’avoine et six deniers d’argent par arpent, 18 arpents en terre labourable, pré, bois et buissons, pour 2/4 de froment, autant d’avoine et 1 sol en argent par arpent, 91 cordes en terre et bois pour 59 tuiles, le tout situé aux Tuileries ;

2° Le 20 juin 1710[48], à René Mercier, procureur fiscal à Cudot, un corps de logis à Arblay, plusieurs arpents de terre, de pré et de bois pour 3 livres en argent, 18 bichets de blé, autant d’avoine, 2 poules et 30 tuiles ;

3° Le 30 avril 1715[49], à Edme Clé, laboureur et sabotier, demeurant à Cudot, une maison, des étables et une grange qui est en ruine ;

4° Le 29 août 1728[50], à Edme Verpy, manœuvre à Villefranche, la maison du Fourneau, 6 arpents de terre labourable à Arblay et 60 cordes, pour 8 livres et deux chapons.

Tandis que Roger aliène des biens avec l’autorisation du roi, le 23 décembre 1726[51], les religieux font condamner plusieurs personnes[52], le même jour, à se désister, en leur faveur, de maisons, terres, prés, bois, étang, sur Cudot, et demandent à leur prévôt de poursuivre[53] Chevalier, curateur de la succession Chartier, parce que ce dernier leur doit 29 années de cens et rentes. Finalement, comme les réparations excèdent le prix des bâtiments et que la valeur des terres (38 arpents) et des prés (2 arpents) valent seulement les rentes seigneuriales, les religieux sont autorisés à prendre les maisons et les propriétés.

Roger meurt en 1733, n’ayant rien fait au monastère. La longue et néfaste administration de cet abbé légitime les nombreuses et justes critiques que l’on fait à la commende.

Son successeur, Jacques de Saint-Pierre[54], archidiacre et vicaire général de Rouen, abbé du Tréport, gouverne l’abbaye pendant 6 ou 7 ans ; il donne sa démission en 1740.

Le 14 octobre 1734[55], il fait une transaction avec les religieux, Antoine Meignan, prieur, Joseph Pannetier, cellérier, Louis Vivien. Comme ceux-ci disent que, depuis le partage de 1680, leurs biens sont diminués, alors que Roger en a recouvré, et demandent en compensation la ferme et le marchais d’Arblay, Jacques de Saint-Pierre leur abandonne, pour la diminution de leurs biens, la ferme de la Prévanche et les marchais d’Arblay avec leurs dépendances; il leur paiera ; 1° pour les biens non rapportés ou retirés dont le revenu s’élève à 1.200 livres de rente, le tiers, soit 400 livres dont l’abbé de Courtenay a joui sans leur en faire état; 2° pour leurs charges claustrales, 600 livres, soit en tout, chaque année, 1.000 livres qu’il versera en deux termes égaux, à la Saint-Jean-Baptiste et à Noël. En outre, il s’engage à leur donner leur tiers sur l’augmentation de deux arpents de terre et de deux arpents de pré et consent à ce qu’ils rentrent en jouissance de la porte et du passage de leurs cloîtres à la grande cour d’entrée qu’ils avaient cédée à l’abbé de Courtenay.

Cet acte juste et bienveillant atteste le désir d’être agréable aux moines et donne l’espoir d’une restauration. Hélas ! c’est le seul acte de Jacques de Saint-Pierre : les quelques années de son gouvernement laissent encore les ruines s’accumuler au monastère. Mais il n’en est pas de même de Gaspard de Coriolis d’Espinouze[56] qui est nommé abbé des Écharlis en septembre 1740.

Il prend comme fondé de pouvoirs Claude Chauvot qui loue le 24 janvier 1751 la ferme de Talouan pour 1.860 livres[57].

Le 16 mai 1764[58], il constitue « pour sa procuration général et spécial dame Françoise Chenou, veuve de Claude Chauvot aux Écharlis, à laquelle il donne pouvoir de pour lui et en son nom renouveller tous les beaux emphitéotiques des biens dépendant de son abbaye qui se trouveront expirés, même en passer de nouveaux des biens- qui n’ont pas encore été à bail emphitéotique » et « moyennant tel prix, charges, clauzes et conditions que ladite dame procuratrice avisera bon, faire des poursuites », etc., de « montrer, exhiber au bureau du terrier de Châteaurenard tous les titres en vertu desquels il jouit de biens à Châteaurenard et de terminer le différend, ledit seigneur abbé approuvant dès à présent sans qu’il soit besoin de plus ample ratification ». Le traitement de Françoise Chenou n’est pas indiqué.

Fougeret[59], seigneur de Châteaurenard, pour le terrier de ses châtellenies, assigne devant les officiers du bailliage de Châteaurenard l’abbé et les religieux pour justifier de leurs propriétés. L’abbé et les religieux assignent, à leur tour, devant les juges de Villeneuve-le-Roi, l’huissier qui les a assignés. Pour éviter de longs procès, Françoise Chenou, « fondée de procuration de Messire Joseph-Jean-Baptiste-Hubert de Coriolis Despinouze, abbé commendataire des Écharlis, demeurant en son abbaye de Saint-Gilles en Languedoc », les religieux et Charles Letevre, fondé de pouvoirs de Fougeret, transigent ainsi : l’abbé et les religieux renoncent aux cens et rentes dans toutes les paroisses dépendant de la châtellenie de Châteaurenard, mais Fougeret, pour remplacer cens et rentes que l’abbaye prétend avoir et qui s’élèvent à environ 30 livres, leur donnera 50 livres chaque année.

Le 21 septembre 1741[60], de Coriolis s’engage à remplir les obligations de l’acte du 14 octobre 1734, il fait ensuite procéder à la visite des bâtiments et réclame une indemnité a Jacques de Saint-Pierre devant les conseillers du roi. Jacques est condamné le 13 novembre 1741 à verser 2.100 livres à Coriolis qui se charge des réparations. Que n’a-t-on agi de même pour les Courtenay ?

La promesse de Gaspard n’est point vaine.

Par l’acte de 1680, Roger était tenu de réparer et d’entretenir, pour lui servir de grenier, un bâtiment appelé le logis des hôtes, attenant au cloître et donnant le long de la cour d’entrée. Or, ni lui, ni son successeur n’observent cette clause : ils laissent le bâtiment totalement en ruine et hors d’état de servir. Forcé de l’abandonner, Coriolis en fait construire un autre devant la grande porte de son jardin. Mais ce veux bâtiment cause des dégâts au cloître et se trouve contraire à la règle à cause des « allées et venues des domestiques étrangers de tout sexe qui ont vue sur les cloîtres ». Les moines adressent à ce sujet une requête à « monseigneur le révérendissime abbé de Clairvaux, premier pair de l’ordre », qui charge Dom Baset d’informer et, après enquête, autorise, le 19 novembre 1751, un accommodement entre eux et l’abbé. Le 1er décembre, ils prennent comme fondé de pouvoirs Dom Mayeur, prieur des Roziers et procureur de Clairvaux, Ce dernier fait, le 15 juin 1752[61], avec «Joseph-Jean-Baptiste-Gaspard de Coriolis, chanoine de l’église de Paris, grand-vicaire de Monseigneur l’Archevêque de Paris, abbé coin mandataire de l’abbaye des Écharlis, ordre de Cîteaux, filiation de Clairvaux, demeurant à Paris, cloître Notre-Dame », l’arrangement suivant :

L’abbé cède aux religieux ce vieux bâtiment pour « en faire tant de la place que de tous les matériaux, tout ce que bon leur semblera pour la régularité et la clôture de la maison ». Les moines lui laissent en toute propriété la serre « qui est au-dessous du colombier » et ils donneront de l’eau, chaque jeudi, pour arroser son jardin.

Il fait une nouvelle convention, le 30 mars 1756[62], avec J,-B. Viesse, prieur, Raoul Piquoy, Claude-François Clément et Maurice Perrot, célérier.

Il veut faire bâtir écurie, grange, étable, mais il ne le peut dans le petit jardin qui lui appartient. Il demande donc aux religieux une place plus grande et en obtient la basse-cour. En échange, il leur donne la maison du jardinier. Dès cette même année, un bâtiment de 130 pieds de long est construit, comprenant[63], au rez-de-chaussée, une grange, deux écuries et une serre et, au-dessus, deux chambres de domestiques et un grenier.

Mais Coriolis ne se contente pas de construire pour lui un bâtiment « beau et bien solide », une grange, etc. Il ne voit pas sans douleur les religieux mal logés, alors que ses nouvelles constructions lui rendent agréable et commode le séjour des Écharlis, Aussi entreprend-il une œuvre désirée depuis longtemps ; la restauration du monastère. « Le xviiie siècle[64], grâce à la paix intérieure, est témoin d’un grand nombre de semblables restaurations, » Les documents nous manquent pour indiquer de quelle manière on trouve les fonds nécessaires pour ces importants travaux : nous voyons seulement qu’il faut du temps pour commencer cette belle et grande entreprise. Les bois des deux menses, régulièrement aménagés, doivent offrir de puissantes ressources, et c’est sans doute pour parer à une partie des dépenses qu’un arrêt du Conseil d’État, du 15 octobre 1765, autorise à faire couper plus de 50 arpents de bois, mis en réserve dans ceux de la mense conventuelle. » Un emprunt est fait le 21 février 1704.

Le 14 janvier 1764, les religieux présentent une requête à Dom François Lebloy, bachelier en théologie, abbé de Clairvaux, supérieur immédiat des Écharlis, pour obtenir l’autorisation d’emprunter une somme de 3.000 livres afin de subvenir aux besoins pressants et aux réparations urgentes de l’abbaye. L’abbé de Clairvaux les autorise le 23, sans aucune garantie de sa part. Le 17 février[65], Louis Moroy, prieur, Nicolas Perignon, procureur, Étienne Chenou et Nicolas Ernest, religieux, constituent, par-devant Guillemineau, notaire à Villefranche, dom Perignon, fondé de pouvoirs, et lui donnent le pouvoir d’emprunter, au nom de la communauté, au denier vingt, 3.000 livres pour être employées en réparations urgentes et nécessaires, de s’engager à payer 150 livres de rente jusqu’à ce que la communauté puisse rembourser cet emprunt, et d’hypothéquer les biens de la mense conventuelle. Le 21 suivant, Perignon emprunte, à ces conditions, 3.000 livres à Dominique Roze, greffier des eaux et forêts du bailliage de Sens, qui les remet immédiatement en espèces.

Ce n’est que plus de trois ans après, le 14 juin 1767, que la première pierre de la maison conventuelle est posée. Elle se trouve à droite de l’entrée de la cave et porte les noms de Moroy, prieur, et de Perignon, procureur. « La façade[66] de ce bâtiment principal, qui est encore debout, regarde le midi. Au niveau du jardin sont les caves à cintre très surbaissé ; au-dessus se trouve un magasin voûté destiné au dépôt des grains ; l’étage supérieur est affecté au logement des religieux.


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Le mur nord de ce bâtiment n’est autre dans sa base que l’ancien mur méridional de la vieille église, dont le caractère est facile à reconnaître. La partie inférieure seule de ce mur primitif est ainsi utilisée, tout le surplus de ce vieil édifice est détruit et les matériaux employés dans les nouvelles constructions. La maison conventuelle s’appuie, côté du levant, au cloître antique qui, formant retour d’équerre, présente ses deux façades à l’est et à l’ouest et est surmonté de vastes salles* Ces deux édifices ont leurs issues sur le jardin central qui est entouré des autres côtés par d’autres bâtiments tels que : la salle capitulaire, l’ancien réfectoire et la maison abbatiale qui « ont également restaurés… Nous ne parlons pas ici des granges et logements des gens de service qui existaient dans l’enclos ; tous ces accessoires sont réparés, il en est de même des murs d’enceinte ; enfin l’abbaye est complètement restaurée. Tout porte à croire que M. de Coriolis a la satisfaction de voir terminer ces importants travaux qui lui font honneur. » Mais la Révolution arrive après quelques années seulement de celle bienfaisante administration et, de toute cette belle restauration, il ne reste bientôt plus que des ruines[67].



  1. Dyonisius de Buffevent abbas erat regularis an. 1559. Obiit 1611, et anno sequenti abbatiœ reditus per œcononum regebantur. Gallia Christiana.
  2. Salomon, Histoire de l’abbaye des Écharlis. Nous n’avons pas trouvé trace de ces ordinations. D’après la Gallia Christiana, de Buffevent aurait été abbé de 1599 à 1611 et, d’après Salomon, de 1609 à 1611.
  3. H 650, liasse.
  4. LV Renalus de Courtenay, princeps atavis, editus regibus Francis, illius Guillelmi et Margaritœ commendatarius Scarleiaruin 1615 necnon Gemeticensis, cessit anno 1627, Gallia Christiana.
  5. H 665, liasse.
  6. Les religieux louent : le 3 juin 1622, pour trois uns, les dîmes de Bourbeuse, pour 45 livres (360 fr.) et 2 couples de poules (H 665, liasse) ; le 11 juin 1623, pour deux ans, les dîmes des cantons des Chevaliers et des Tuileries, pour 72 livres tournois (576 fr.) (H 665, liasse) le 18 juin 1625, le grand moulin (H 665, liasse) ; le 7 mars 1627, à Ambroise Viel, seigneur de La Roque, demeurant à Arblay, durant sa vie et celle de sa femme, Françoise de Marisy, le marchais pour en pêcher les poissons, à condition d’entretenir la chaussée, de laisser les habitants d’Arblay y mener leurs bestiaux et de payer 60 sols tournois (24 fr.). Ce marchais est rendu aux religieux par les héritiers de la Roque, le 5 décembre 1652 (H 665, liasse) ; le 24 juin 1629, pour un an, les dîmes des Chevaliers et des Tuileries, pour 45 livres (H 665, liasse).
  7. H 650, liasse.
  8. En 1641, Robert loue le moulin du Creusot et ses dépendances à Escolives. (H 650, liasse.)
  9. LVI Robertus II de Courtenay Renati nepos, filius Johannis et Magdalenœ de Marie, patrui cessione bullas obtinuit 6 julii 1627, annum agens 8, et ipse cessit sequenti. — LVII Rogerius II de Harlay Cesy episcopus Leutevensis, Roberto cedente, commendam Scarleiensem tenebat anno 1647. Obiit 14 maii 1669 eliam ahbas S, Pétri Autissiodorensis et de Persenia. (Gallia Christiana.)
  10. Les religieux achètent en 1649, pour 10 livres, un demi-arpent de terre à Cote-Renard. (H 659, liasse.) — Le 6 juillet 1653, ils louent à Savinien Roux, maréchal à Villefranche, les dîmes du grand Arrêt pour 100 livres tournois. Si les dîmes rapportent davantage, le surplus sera partagé par moitié ; si elles rapportent moins, les moines n’auront que ce qui sera trouvé. (H 665, liasse.) — 3 novembre 1654, le bailli de Sens condamne Étienne Bourgoin, procureur du roi au bailliage de Châteaurenard, à laisser aux religieux la jouissance et possession d’un pré et de leur payer 26 années d’arrérages à raison de 3 livres 10 sols par an. (H 651, registre.)
  11. H 659, liasse.
  12. H 659, liasse. Par un accord du 11 janvier 1667, Anne Jublier, veuve de Eutrope Bemet, donne aux religieux ce qu’elle possède dans la seigneurie des Écharlis et en reçoit une maison aux Chevaliers, etc. (H 659, liasse.) — En 1668, bail à moitié du grand moulin de Villefranche, (H 665, liasse). — Une ordonnance du 7 avril 1667, de la maîtrise des eaux et forêts, ordonne aux religieux de laisser croître en haute futaie, fossoyer et marquer une pièce de bois appelée la Garenne et les 7 arpents de bois de Côte-Renard le long des murailles de l’abbaye. (H 653, liasse.)
  13. Étude de Villefranche. 27 novembre 1682. On y trouve beaucoup d’actes.
  14. LVIII Rogerius III de Courtenay princeps Bogerii nepos, filius quippe Ludovici et Lucretiœ-Christianœ de Harlay, natus 29 maii 1647, cornes Lugdunencis, prior de Choisiaco in Bria, necnon commendatarius S. Petri Autissiodorensis et Searleiarum. Gallia Christiana.
  15. Abbé Auguste Berton, Courtenay et ses anciens seigneurs, p. 176.
  16. Menu de Chomorceau, Notes historiques, manuscrit in-4° appartenant à M. l’abbé Horson, doyen de Villeneuve-sur-Yonne, qui m’a transcrit ce qui concerne Roger de Courtenay.
  17. Amand de Saint-Amand, Souvenirs du château de Prunoy, octobre 1825. Manuscrit appartenant à M. Delomois, instituteur à Chevillon, et provenant de la bibliothèque de M. de Goyon, ancien propriétaire du château de Prunoy. De Saint-Amand rapporte le fait suivant que nous aimons mieux considérer comme une légende : « Voulant un jour régler les finances de son abbaye, le frère trésorier est mandé, ses comptes sont nébuleux, sa concussion est hors de doute, le prince a prononcé, quatre hommes le saisissent, un fer atroce en fait un nouvel Abeilard ; quand on punit ainsi un dépositaire infidèle, que fait-on à un adultère ? » D’après Menu de Chomorceau, « c’est lui (Roger de Courtenay) qui, ayant appris qu’un de ses religieux avait fréquenté une femme, le fit attacher sur une table et lui fit faire par un chirurgien l’opération d’Abélard ». Menu a écrit ses notes après la Révolution et de Saint-Amand en 1825, c’est-à-dire longtemps après la mort de Roger.
  18. H 650, liasse.
  19. H 653, liasse.
  20. Le 28 juin 1673, les moines louent les dîmes du grand et du petit Arrêt pour 66 livres la première année et 70 livres par an les deux autres années et deux paires de poules à la Saint-Bernard. (H 665, liasse.) — Le 5 juillet 1674, ils vendent à Côme et Eustache Tonnelier, marchands à Villefranche, la coupe de la forêt Labbé, qu’ils devront commencer le 1er octobre et achever à la fin de mai, pour 680 livres tournois ; 250 dans la quinzaine et le reste à la Saint-Jean-Baptiste. (H 659, liasse.)
  21. H 651, liasse. Le 26 juin 1678, Nicolas Henri, ouvrier à à Dicy, s’engage à donner à Roger, pendant quatre ans, 18 livres pour 4 arpents de pré.
  22. Arch. de l’Yonne, Fonds des Écharlis. Cet acte a été fait par Chamillard, notaire à Villefranche.
  23. H 650, liasse.
  24. Martin Ragon, lieutenant de la prévôté des Écharlis.
  25. Étude de Villefranche.
  26. H 650, liasse. Les religieux sont : J.-B. Petit, prieur ; Eustache Vanin, cellerier ; J.-B. Chamoiseau.
  27. H 650, liasse. Le lot des religieux ne rapporte que 2,056 livres, tandis que ceux de l’abbé rapportent chacun 2,110 livres.
  28. Voyage littéraire, publié en 1717, pp. 184 et 185.
  29. Étude de Villefranche.
  30. Voir plus loin : acte de 1752.
  31. H 659, liasse.
  32. Id.
  33. H 605, liasse.
  34. H 659,’liasse.
  35. Le 2 novembre 1711, Dozon, avocat au Parlement, ancien prévôt de Sépeaux, demeurant à Paris, abandonne aux religieux 6 quartiers de pré situés dans les propriétés de l’abbaye (H 659, liasse.) — Le 24 décembre 1725, Edme Noyer, serviteur de M. de Courtrie, ne pouvant faire valoir les biens que les religieux lui ont donnés, reconnaît qu’il les a cédés à bail emphitéotique le 17 mars 1713. (H 659, liasse.)
  36. Arch. de l’Yonne, G G Villefranche.
  37. 3 avril 1665, par arrêt du Conseil, l’abbé abandonnera les dîmes de Saint-Romain à. Mathurin Ardoin, curé de Saint-Pomain, ou lui paiera la portion congrue. (H 651, registre.)
  38. Arch. Nat., V. 124, fol 78.
  39. Acte passé devant Pelée, notaire à Sens, mentionné dans Pacte du 23 février fait par Chamillard, notaire à Villefranche. Elude de Villefranche.
  40. Acte passé devant deux notaires de Paris. id.
  41. Acte passé devant Chamillard, notaire à Villefranche. Id.
  42. H 658,’liasse.
  43. Étude de Villefranche.
  44. Par sentences du tribunal de Montargis (2 juillet 1687) et rie la Cour (24 novembre 1688 et 10 mai 1691), les seigneur et curé de Neuilly sont condamnés à payer à l’abbaye des Écharlis la rente de 4 bichets de froment, 4 bichets d’avoine et un bichet de pois qui lui est due sur la dîme de Neuilly. Le 6 juillet 1091 (acte passé devant Dusaussoy, notaire à Joigny), le curé s’engage à payer et continuer cette rente. (H 651, registre.) — En 1692, mémoire fait par les religieux contre le seigneur de Villefranche au sujet d’une redevance sur le petit moulin de Villefranche. (H 665, liasse.)
  45. H 653, liasse. En 1690, Roger de Cou rien a y loue à bail à Étienne Broullard, 37 arpents de pré situés à Douchy, Triguères, Châteaurenard et Saint-Germain. (H 005, liasse.) — Le 10 février 1099, Bathazar fiait arpenter les Vieux-Écharlis et trouve 29 arpents 84 cordes en froment et 31 arpents 83 cordes en jachère.
  46. Autres actes : le 30 juillet 1701, les religieux louent à bail la moitié des dîmes qu’ils possèdent à Villefranche (H 653, liasse) ; le 3 avril 1707, Retondeux, laboureur à Douchy, s’engage à payer à Roger de Courtenay 84 livres (H 665, liasse) ; le 11 janvier 1712, les religieux vendent à Gille Pachot la coupe de la foret Labbé pour 350 livres (H 653, liasse) ; le 20 juin 1712, Roger de Courtenay loue pour trois ans à Louis, Pierre et Charles Tonnellier, Edme Petit, laboureurs, ses dîmes sur la paroisse de Villefranche, pour 570 livres par an ; ils paieront à la Saint-Martin et jouiront de la grange dîmeresse située au-dessous du bourg de Villefranche (H 653, liasse) ; 1723, censier nouveau de la seigneurie de Talouan (H 667 et 668, registres) ; le 11 mars 1727, les religieux louent à Jean Genêt un bâtiment avec chambres, chauffoir, grenier, bassegoutte, deux étables à porc, une grange située devant la maison, quatorze arpents 22 cordes en terre labourable, prés, pâture, bois, etc., et 3 quartiers 28 cordes aux Tuileries pour 14 sols 9 deniers par arpent et la charge d’entretenir les bâtiments en bon état jusqu’à la fin du bail (H 653, liasse) ; location de différentes terres aux Tuileries (H 653, liasse); le 16 mars 1732, les religieux louent, pour 3, 6, 9 ans, à Anne Bertin, veuve de Claude Lucas, demeurant à Cudot, et à Pierre Colas, manœuvre à Druyes, l’étang des Tuileries d’environ 4 arpents pour 75 livres pour 3 ans et 6 livres d’épingles pour la mineure (H 653, liasse) ; le 25 novembre 1732, à André Gareau, demeurant aux Tuileries, 20 arpents de terre pour trente ans, moyennant 9 livres et un chapon (H 653, liasse) ; et à Jean Genêt, pour 99 ans, maison et terres aux Tuileries (H 653, liasse). Nombreux actes à l’étude de Villefranche.
  47. H 653, liasse.
  48. Id.
  49. Id.
  50. Id.
  51. H 650, liasse.
  52. Id.
  53. H 653, liasse.
  54. La Gallia Christiana ne mentionne pas Jacques de Saint-Pierre.
  55. H 650, liasse.
  56. Gallia Christiana, LIX N. de Corialis a rege nominauis est mense septembri 1740.
  57. Étude de Villefranche.
  58. Id.
  59. Étude de Villefranche.
  60. H 650, liasse.
  61. H 650, liasse.
  62. Id.
  63. Acte du 29 août 1775. (H 650, liasse.)
  64. Salomon, Histoire de l’abbaye des Écharlis.
  65. H 650, liasse.
  66. Salomon, Histoire de l’abbaye des Écharlis.
  67. Quelques actes : 1741, bail à rente perpétuelle du moulin du Creusât, à Joseph Lemuet, écuyer, seigneur de Bellombre, (H 665, liasse) ; 24 juin 1744, vente d’une coupe de bois à Côte-Renard en huit triages, pour 800 livres chaque (H 659, liasse) ; 13 septembre 1750, J.-B, Viesse, prieur, J. Pannetier, cellérier, louent les étangs de la Chaumotte, Arblay, les Chevaliers, Bourbeuse, la Ricardière, pour 390 livres payables chaque année le 1er mars, et l’étang des Massons, pour 70 livres (H 659, liasse) ; 8 juin 1752, location d’une métairie à Arblay, comprenant maison, etc., 86 arpents de terre, 4 arpents de pré, 6 quartiers de bois, pour 28 sicles de méteil, 15 sicles d’avoines, à 4 quartes chaque, et 3 paires de poulets (H 653, liasse) ; 1752, bail de la ferme des Chevaliers (H 659, liasse) ; 1766, bail de la métairie des Marqnets, pour 100 livres (H 653 » liasse) ; 25 avril 1767, location par les religieux, à Saturnin Mercier, de maisons et de terres (H 653, liasse) ; 24 septembre 1766, Françoise Chenou, veuve de Claude Chauvot, qui a été imposée comme régisseuse de l’abbé de Coriolis, par les gens de Villeneuve, demande à être déchargée de ces impôts, mais l’élection de Sens rejette cette requête, le 18 juillet 1766, et la Cour des Aydes confirme ce jugement le 24 septembre 1766. (Arch. Nat. C8 631.)
    Actes à l’étude de Villefranche : plusieurs chaque année ; 28 mars 1770, Françoise Chenou, d’après une procuration de l’abbé de Coriolis du 5 février précédent, abandonne au curé de Villefranche tous les matériaux de démolition de la grange dîmeresse, au bout du pays, à charge par le curé de construire dans l’année une nouvelle grange attenant à son presbytère.