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Histoire de la Révolution russe (1905-1917)/Chapitre V

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V


La situation redevint très menaçante au mois d’octobre : une grève générale, avec arrêt des chemins de fer et des postes, paralysie complète de la vie nationale, obligea le Gouvernement à des concessions. Le 30 octobre, conseillé par son ministre Witte, qui luttait avec peine contre l’influence de Pobedonostzev, le tsar publia un manifeste promettant à la Russie une Constitution, une représentation nationale, la liberté de conscience et des garanties de liberté individuelle.

Personne n’ignorait, en Russie, que ces promesses risquaient fort d’être vaines, parce que la bureaucratie, dont elles menaçaient la toute-puissance et les bénéfices abusifs, était décidée à se défendre. La première mesure qu’elle prit, d’accord avec la cour, fut de créer une milice contre-révolutionnaire, dénommée l’Union du peuple russe et bientôt connue sous le nom de Cents Noirs. Tandis que des bandes stipendiées et toujours impunies inauguraient un régime de terreur, particulièrement à Odessa (1er-4 novembre), le peuple répondait par des attentats nouveaux. Le 23 décembre 1905, Moscou se souleva et fut, pendant quelques jours, au pouvoir des insurgés. On espérait que les troupes fraterniseraient avec la foule, mais l’heure n’avait pas encore sonné : trois soldats seulement le firent, et le régiment de Rostov, sur lequel comptaient les émeutiers, se montra le plus brutal de tous dans la répression. Il y eut quinze mille victimes à Moscou.