Histoire des églises et des chapelles de Lyon/II/11

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H. Lardanchet (vol. IIp. 373-412).
Le pont du Rhône et la chapelle du Saint-Esprit au xvie siècle (d’après le plan scénographique de 1550).

CHAPITRE XI

GRANDS-CARMES, SAINTE-CATHERINE ET SAINT-MARCEL. — VERRE-INCARNÉ, RECLUSERIE SAINTE-MADELEINE, CHAPELLE DE LORETTE. — ANCIENS CIMETIÈRES, SAINTE-MADELEINE DE LA GUILLOTIÈRE, LÉPROSERIE SAINT-LAZARE. — ADORATION PERPÉTUELLE DU SACRÉ-CŒUR OU SACRÉ-CŒUR DES CHARTREUX. — ŒUVRE DE LA CROIX. — SAINT-GEORGES. — BON-SECOURS. — NOTRE-DAME DES VICTOIRES. — HOSPITALIERS-VEILLEURS. — SAINT-SÉBASTIEN. — CHAPELLE DE PONT-DU-RHÔNE OU DU SAINT-ESPRIT. — SAINT-CHARLES DE SERIN. — PETITES-SŒURS DES PAUVRES. — POINT-DU-JOUR. — CINQ-PLAIES. — JÉSUS-HOSTIE. — RELIGIEUSES DE LA NATIVITÉ DE NOTRE-SEIGNEUR. — SAINT-AUGUSTIN. — SAINT-PIERRE DE VAISE.

Malgré que les notices de ce chapitre soient plus courtes parce qu’elles se rapportent à des chapelles modernes, elles n’en sont pas moins intéressantes en ce qu’elles sont un témoin de la fécondité de l’Église et de la souplesse de son activité. Plusieurs d’entre elles ont trait à des maisons d’éducation, par exemple : religieuses de l’Adoration perpétuelle du Sacré-Cœur plus communément appelées Sacré-Cœur des Chartreux, sœurs Notre-Dame des Victoires, et religieuses de la Nativité de Notre Seigneur ; d’autres à des institutions charitables : œuvres de la Croix, Hospitaliers-Veilleurs, Petites-sœurs des pauvres, léproseries Saint-Lazare, hospitalières de Bon-Secours. On y trouve aussi mentionné certaines communautés contemplatives, comme les Cinq-Plaies et Jésus-Hostie, enfin des églises paroissiales récentes : Saint-Augustin, Saint-Pierre de Vaise.

GRANDS-CARMES, SAINTE-CATHERINE, SAINT-MARCEL

On sait que les Carmes attribuent la fondation de leur ordre au prophète Élie. Sans s’arrêter à cette légende, il est certain que dès l’origine du christianisme, de pieux chrétiens se réfugièrent dans les montagnes de la Palestine et en particulier dans les solitudes du Mont-Carmel. Ils portaient une robe brune avec un grand manteau blanc. Jusqu’au xiiie siècle, ils furent presque inconnus en Occident. Malgré la défense du concile de Latran, en 1215, d’établir de nouveaux ordres religieux, le concile de Lyon, tenu en 1245, permit, sur la demande d’Innocent IV, l’arrivée des Carmes en Europe. Ce pape autorisa la règle des moines, et cette approbation fut ratifiée par Alexandre IV, en 1261, et par Honorius IV, en 1285. Toutefois on ne permit pas à ces moines de vivre en solitaires, et ils durent accepter la vie commune.

Le couvent des Carmes au xvie siècle (d’après le plan scénographique de 1550).

Leur arrivée à Lyon date de 1291. Cette année. Gui, doyen et chapitre de l’église de Lyon, donnait des lettres de concession au frère Bérenger de Canavat, prieur des Carmes, permettant d’acquérir un endroit où il puisse résider et d’y bâtir comme bon lui semblerait.

En 1305 eut lieu un accord entre l’abbé de l’Île-Barbe et le prieur des Capucins, pour un tènement situé paroisse de la Platière, au-devant et joignant la chapelle Sainte-Catherine sur le chemin venant à Saint-Sébastien, aujourd’hui rue Terme, d’une part, le chemin du bourg de Seine aux Grandes-Auges, d’autre part, et joignant le couvent du grand hôpital ; cette acquisition fut faite moyennant 300 livres viennoises. Elle amena une contestation avec le prieur de la Platière et le commandeur de Sainte-Catherine. « Ceux-ci essayèrent, dit M. Brouchoud, en usant de voies de fait, de chasser les Carmes de leur demeure. Les révérends pères firent appel à la justice et montrèrent, à l’appui de leur requête, les preuves de leur établissement dans les lieux disposés, c’est-à-dire leur autel garni pour la célébration de la messe et la table prête pour le repas des religieux. Faisant droit à ces réquisitions, le juge défendit au prieur de la Platière d’exercer la moindre violence envers le prieur et le couvent des Carmes. Quant au commandeur de l’hôpital Sainte-Catherine, attendu qu’il avait souffert que la nuit précédente, des bandes armées pénétrassent de son hôpital dans la maison des religieux et y vinssent nuitamment exercer toutes sortes de violences, il le cita à comparaître devant lui, en juillet 1303.

« Le litige entre les abbés de l’Île-Barbe et les Carmes fut réglé par un accord au terme duquel le sol fut abandonné aux moines pour en jouir désormais paisiblement et en vrais propriétaires, moyennant quoi les dépens du procès furent payés par les Carmes. L’archevêque de Lyon, Louis de Villars, approuva la transaction qui fut confirmée par une bulle du pape Clément V, donnée à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, le 17 février 1303. Il cassa les sentences d’excommunication que leurs adversaires avaient fait fulminer contre eux, et par grâce spéciale, les exempta pour toujours de toutes les redevances pour le passé et l’avenir, envers les abbés de l’Ile-Barbe, l’abbesse de Saint-Pierre et le commandeur de l’hôpital de Sainte-Catherine. André de Margiac, abbé de l’Ile-Barbe, essaya vainement de protester contre les privilèges que la bulle de Clément V conférait aux Carmes. Le pape récompensa la soumission de l’hôpital Sainte-Catherine en lui faisant une aumône de 50 livres tournois. »

Sainte-Catherine en 1550.

Le 9 novembre 1319 fut signé un contrat d’échange de directe entre le prieur des Carmes et l’abbesse de Saint-Pierre ; celle-ci cédait aux Carmes douze deniers forts de servis imposés sur quatre maisons situées aux Auges, la première possédée par les religieux suivant la donation à eux par Durand de Fuer sous le servis de 3 deniers, la deuxième possédée par Odette de Fuer joignant la susdite, sous la même servitude, la troisième appartenant jadis à Pierre Catelin, joignant la maison Odette, enfin la quatrième possédée, par Étienne Milet et Guillemette sa femme ; en échange les Carmes remirent à l’abbesse le servis annuel de plusieurs bichets de froment.

Le pape Clément « accorda 40 jours d’indulgences aux personnes qui visiteraient l’église que les Carmes avaient l’intention de bâtir. Jean XXII étendit, en 1326, à l’ordre des Carmes le pouvoir donné aux Dominicains louchant les prédications, sépultures, émoluments et legs pieux. Eugène VI, en 1433, et Innocent VIII, en 1484, confirmèrent, en les étendant, les indulgences concédées par leurs prédécesseurs aux fidèles qui assisteraient aux offices des Carmes. Enfin Jean XXII, en 1317, et Clément VI, en 1477, les prirent directement sous leur autorité, en les soustrayant à toute juridiction et puissance des évêques. Ils jouissaient en outre du privilège de s’opposer à ce qu’aucun ordre mendiant pût s’établir à côté de leur couvent dans un rayon de 300 mètres. Les Augustins ayant voulu passer outre en construisant leur maison près de l’emplacement des Grands-Carmes, furent condamnés à démolir l’oratoire et la maison qu’ils venaient d’élever, et à payer 300 florins pour frais du procès. »

En 1461, on trouve un accord conclu entre le prieur de la Platière et celui des Carmes au sujet de l’acquisition de deux maisons et deux cours rue Sainte-Catherine, limitées à l’est par la rue, au nord et à l’ouest par le couvent, enfin au midi par la maison de Marguerite, femme d’Edmond Bozon. Le 26 novembre 1466, les conseillers de ville se rendirent chez les Carmes pour leur donner une partie de la rue des Auges afin d’agrandir leur couvent ; cette visite fut faite sur la sollicitation de Charles de Bourbon, archevêque de Lyon. Le 1er mars de l’année suivante, cette concession était accordée à la condition pour les Carmes de prier Dieu pour la prospérité et conservation des habitants de Lyon. On trouve, le 13 avril 1493. trace d’une vente faite par François Revenutti aux Carmes, de certains emplacements situés au bourg Saint-Vincent, moyennant 20 florins.

Sébastien Truchet, Carme de Lyon.

Laurent Bureau, prieur des Carmes et confesseur de Charles ’III et de Louis XII, obtint de ces princes les ressources nécessaires pour bâtir le monastère et l’église. Le provincial de l’ordre acheta un vaste emplacement au lieu dit des Auges sur lequel fut bâtie la maison connue depuis sous le nom de logis des évêques. Les protestants, conduits par le baron des Adrets « s’emparèrent de Lyon en 1562. Les Carmes furent bannis de la ville, leur maison fut mise au pillage et envahie par des voisins peu scrupuleux. Ils ne furent rétablis en possession de leur monastère que le 3 juillet 1563, par l’autorité du maréchal de Vieilleville, à la sollicitation d’un marchand de Lyon, leur père temporel, Henri Truchard ».

On a vu, dans l’article consacré aux Pénitents de la Miséricorde, que les Carmes leur avaient permis de faire une chapelle pour leurs dévolions, mais s’étaient réservés à eux-mêmes les grandes prédications à faire dans cet oratoire. « En 1675, Bedien Morange, grand-vicaire de l’archevêque de Lyon, sollicita des Carmes, l’autorisation de pratiquer temporairement des exercices spirituels dans la chapelle des Pénitents. Deux ans s’étaient écoulés et rien n’annonçait que l’abbé Bedien Morange dût cesser. Les Carmes perdirent patience quand ils apprirent que désormais le grand vicaire viendrait tous les dimanches pour y prêcher et donner la bénédiction. Le provincial de l’Ordre lui remontra humblement qu’il eût la bonté de ne pas leur faire ce tort d’élever autel contre autel. M. Morange ne voulut rien promettre. Le père Timothée, provincial, fit alors fermer la chapelle après avoir fait dresser procès-verbal des faits reprochés au grand vicaire. Le lendemain, 8 mai, sur la plainte de ce dernier, le juge ecclésiastique rendit un décret de prise de corps contre tous les Carmes, et le pouvoir de confesser et de prêcher leur fut retiré. Deux religieux furent arrêtés sur le pont Saint-Vincent et conduits en prison. L’archevêque de Lyon, Camille de Neuville, était en ce moment à Paris. Les Carmes se plaignirent au prélat de l’oppression que le grand vicaire exerçait sur eux. La censure fut révoquée, mais l’archevêque exigea que, pour s’être fait justice lui-même, le provincial fît des excuses à l’abbé Morange. Il se soumit afin d’obtenir la liberté des religieux emprisonnés. Deux mois après Camille de Neuville, étant de retour, défendit à son grand vicaire de continuer ses exercices de dévotion dans la chapelle des Pénitents. Les Grands Carmes durent, à la médiation et au crédit de leur père temporel, M. du Lieu, la solution favorable de ce conflit.

Couvent des Grands-Carmes au xviie siècle (d’après une gravure de l’époque.)

« L’Assemblée nationale ayant décrété que tous les biens ecclésiastiques seraient mis à la disposition de la nation, les Carmes des Terreaux quittèrent la vie commune. Quelques-uns entrèrent dans le clergé séculier. Le couvent contenait à cette époque quatorze pères et deux frères. Les bâtiments claustraux furent vendus le 23 novembre 1791. »

Après avoir tracé l’histoire du couvent, il reste à donner quelques détails sur l’église. Elle fut commencée en 1310, et achevée en 1376. « Placée sous le vocable de Notre-Dame du Mont-Carmel, elle avait son entrée au midi. Elle avait beaucoup de ressemblance avec l’église Saint-Bonaventure. Les chapelles étaient nombreuses, celle de Saint-Laurent était l’une des plus belles et en même temps la plus ancienne ; du même côté, étaient les chapelles du Saint-Sépulcre, Saint-Eutrope et Saint-Honoré. Plus tard celles de Saint-Roch, Saint-Denis, Saint-Biaise, Saint-Paul l’ermite furent bâties.

« Au xviie siècle, les corporations firent les frais de celles de Tous-les-Saints, de Saint-Éloi, de Sainte-Reine et de l’Ange Gardien. Il y avait aussi des autels adossés contre chaque pilier. Les Génois, exilés par les Gibelins et établis à Lyon avaient choisi l’église des Carmes pour leur paroisse. L’édification de la première chapelle fut due aux libéralités de l’un d’eux, Philibert Vitali.

« La même église contenait un maître-autel et deux bénitiers en marbre blanc d’un dès beau travail exécuté par les frères Dorel ; ils furent transportés dans l’église des Feuillants. Mais l’ouvrage de sculpture le plus remarquable était la chaire à prêcher : elle était en bois de noyer et sculptée par Benoît Annequin d’après les dessins de celle de Saint-Étienne-du-Mont à Paris ; les bas-reliefs représentaient les épisodes de la vie de saint Vincent Ferrier. Les Carmes avaient établi des orgues dans leur église. Jusqu’au xviie siècle, ils ne firent subir aucune transformation à leur couvent. Ils achetèrent des maisons, en édifièrent d’autres pour y établir divers services, mais tout ce qui fut consacré à leur usage personnel n’était que provisoire. En 1644, une résolution capitulaire confia à Daverolles, architecte de Lyon, le soin de dresser le plan des constructions à faire, mais le manque de ressources en fit ajourner l’exécution. En 1679, on mit la main à l’œuvre. Au couchant de l’ancien cimetière, fut assis le nouveau cloître, dont l’archevêque Camille de Neuville de Villeroy posa la première pierre le 29 mai. Il en existe encore deux côtés, mais les entrecolonnements ont été murés et la maison qui cache aujourd’hui ce vestige porte le numéro 5, place de la Miséricorde. »

Saint-Marcel des Terreaux en 1550.

Le cloître seul fut achevé du premier coup. Le grand bâtiment claustral fut terminé à la longue. Dans ce remaniement le logis des évêques disparut pour faire place à celui de l’infirmerie.

« La Révolution ayant dispersé les religieux, les bâtiments furent mis en vente. Le premier lot comprenait : le grand bâtiment claustral, la grande cour plantée en parterre, dans l’aile nord du cloître, le bâtiment de la pharmacie, la cour de la cuisine et celle du bâtiment claustral. Ce lot fut vendu 121.200 fr. à Lecourt Giraudier et Cie. Le deuxième lot se composait de l’église, de boutiques adossées à son chevet et sur la rue Sainte-Catherine, du cloître moins l’aile septentrionale de la cour de l’église qui avait servi de cimetière et d’une pièce voûtée appelée sacristie. Le cahier des charges imposait l’obligation de démolir l’église et d’ouvrir une rue. Ce lot fut adjugé à Jacques Zeigler moyennant la somme de 101.000 fr. Enfin la troisième partie comprenait les bâtiments à un étage, occupés par le locataire Lecourt ainsi que la cour attenante, les hangars contigus et les anciennes infirmeries. L’adjudicataire devait démolir la porte qui séparait la cour des Carmes de la rue des Augustins. Le négociant Condantia paya ce lot 83.500 fr. au nom de son ami Montanier. Les autres portes qui fermaient le tènement des Carmes furent démolies par les soins de la municipalité. »

Tout à côté des Carmes, de l’autre côté de la rue delà Fontaine, se trouvait la porte et la chapelle Saint-Marcel, comme on peut le voir dans le plan du xvie siècle que nous donnons plus haut.

VERBE-INCARNÉ, RECLUSERIE SAINTE-MADELEINE, CHAPELLE DE LORETTE

Mère Chézart de Matel, fondatrice du Verbe-Incarné.

Le monastère du Verbe-Incarné de Lyon fut, aux xviie et au xviiie siècles, un des couvents de femmes les plus importants, soit à cause de l’auréole de sainteté de sa fondatrice, soit en raison du nombre et de la régularité de vie des religieuses qui l’habitèrent. La fondatrice du Verbe-Incarné, Jeanne Chézard de Matel, appartenait à une honorable et riche famille de Roanne. Âme particulièrement privilégiée, elle avait embrassé la vie religieuse à Roanne où elle fut favorisée de grâces, de visions singulières ; elle eut la révélation d’une vocation nouvelle qui l’appelait à Lyon, sur le sommet de la colline de Gourguillon. Elle s’y rendit le 15 mai 1627, avec sa compagne Catherine Élurin appartenant, elle aussi, à une honorable famille de Roanne. Elle prit en location, pour la somme de deux cents livres, un immeuble appelé la maison Sainte-Claire appartenant à M. Viaud.

Couvent du Verbe-Incarné.

Diverses fondations eurent lieu plus tard dans d’autres villes, notamment à Paris ; c’est dans cette dernière cité que, le 11 septembre 1670, l’heure de la récompense sonna pour la fondatrice. Sous la mère Louise de la Résurrection qui lui succéda, le Verbe-Incarné de Lyon acquit, en plus des deux chapelles de Lorette et Sainte-Madeleine, un terrain qui permit d’élever une vaste et belle église dont la dépense s’éleva à treize mille livres. Par la suite, la situation financière, de délicate et gênée qu’elle était autrefois, devint prospère, ainsi que cela ressort d’un tableau des recettes et des dépenses pour les années 1787-1790. Dans la chapelle, on conserva jusqu’à la tourmente révolutionnaire le cœur de la fondatrice Jeanne Chézard de Matel que des générations de religieuses avaient vénéré durant deux siècles. Ce précieux trésor fut sauvé par les sœurs, au moment de la Terreur. À cette époque, les religieuses se dispersèrent d’elles-mêmes : quelques-unes connurent la tristesse des cachots, mais aucune d’entre elles ne fut appelée à la gloire de l’échafaud. Il n’entre pas dans notre plan de raconter la restauration au xixe siècle de la communauté du Verbe-Incarné de Lyon et son installation à Fourvière en 1832, non plus que les années de prospérité qu’elle connut de nouveau, enfin, à la suite des lois contre les congrégations, son exode sur la terre étrangère. Disons seulement que l’œuvre de la mère de Matel n’a point péri et viendra un jour, prochain peut-être, où réapparaîtront dans notre cité les filles de cette digne mère, l’honneur du Forez par sa naissance et de Lyon par son long séjour.

Chapelle du Verbe-Incarné.

La chapelle du Verbe-Incarné fut construite en 1848. Elle ne possède qu’une seule nef et un seul autel, celui-ci en marbre blanc par M. Galtier. Dans la chapelle se trouve une statue de saint Joseph, et de beaux tableaux en broderies anciennes représentant l’adoration des mages et l’incarnation, enfin un portrait de la vénérable mère de Matel à l’âge de trente-cinq ans environ. La chapelle est éclairée par trois vitraux avec images de Notre-Seigneur, de la Sainte Vierge et de saint Joseph. Dans le clos du Verbe-Incarné se trouvaient deux chapelles : Sainte-Madeleine autrefois recluserie et l’oratoire de Lorette ; voici quelques détails sur la première.

Lorsque Clément V fut élu pape, il se fit sacrer dans l’église Saint-Just de Lyon. À cette cérémonie assistaient, outre les cardinaux, le roi de France, le roi d’Angleterre, le roi d’Aragon, le duc de Bourgogne, celui de Bretagne et un si grand nombre de comtes, de barons et de gens du peuple « que les fenêtres, dit Fodéré, auteur Franciscain, étaient pleines, les toits et les murailles chargés. Le pape, après son couronnement, descendant à la basse ville par la rue du Gourguillon et étant au-devant de la recluserie de la Madeleine, une muraille trop chargée de chauffaux (échafaudages) et de peuple, tua un assez grand nombre de personnes.

Recluserie Sainte-Madeleine au xvie siècle (d’après le plan scénographiquc de 1550).

Parmi les morts se trouvaient le duc de Bretagne, le frère du pape nommé Gaillard de Goth ; et il tint à peu que le roi de France Philippe le Bel fût accablé ; le pape tomba de cheval, sa tiare fut abattue de dessus sa tête et il s’en sépara une escarboucle prisée dix mille écus. La recluserie était depuis longtemps vide ; la chapelle Sainte-Madeleine où il ne se faisait d’autre office que la célébration de la messe à de certains jours de la semaine était administrée par un saint prêtre de l’église Saint-Jean, nommé Jacques Bardet. » Maisonnette et chapelle furent cédées aux religieuses Sainte-Claire en échange de quelques redevances que le président de Villars fit assigner au recteur de Sainte-Madeleine. Plus tard, la recluserie Sainte-Madeleine et la chapelle de Lorette furent achetées, comme on l’a vu, par les religieuses du Verbe-Incarné qui les firent démolir.


ANCIENS CIMETIÈRES. — SAINTE-MADELEINE DE LA GUILLOTIÈRE — LÉPROSERIE SAINT-LAZARE

Notre confrère M. Lenail a donné une restitution du cimetière de l’Hôtel-Dieu vers 1550 ; celui-ci avait été établi en 1526. Pour éviter la contagion résultant de cette proximité, les recteurs obtinrent, en 1672, de l’archevêque, Camille de Neuville, une ordonnance par laquelle ils purent convertir en cimetière le jardin d’une maison dite de la Madeleine, appartenant à l’Hôtel-Dieu, sise rue Bourgchanin et appelé depuis le cimetière de Lorette, parce que ce lieu, ainsi que la maison dont il dépendait, avait autrefois servi de résidence à une confrérie de pénitents de ce nom. Craignant toutefois d’y voir se renouveler les inconvénients éprouvés en 1672, ils se décidèrent à transporter ce cimetière extra muros.

Le terrain acheté en 1696 se trouvait à la Guillotière entre le château de La Mothe et l’ancienne maladrerie de la Madeleine ou Saint-Lazare. Contiguë à la chapelle de la Madeleine, fondée au xive siècle et servant de succursale à Saint-Michel d’Ainay, cette chapelle n’avait rien de commun avec la maladrerie. Les limites actuelles seraient an nord, la rue du Souvenir ; à l’est, la rue du Repos qui la sépare du fort La Mothe ; au sud, le chemin de la Mouche ; à l’ouest la rue de la Madeleine et la route de Vienne. Ce terrain, de forme rectangulaire, était clos de murs ; à l’entrée se dressait une porte monumentale en pierre de style néo-grec, formée de deux pilastres doriques supportant un entablement avec inscription et par-dessus un fronton avec acrotères, orné au centre d’une croix incluse dans une couronne de feuillages retenus par des bandelettes. Deux superbes vantaux de bronze servaient de clôture. Cette porte fut érigée en 1823. À l’intérieur du cimetière et dominant l’horizon, sur un haut piédestal de pierre, se dressait une immense croix de pierre blanche aux arêtes serties de perles et olives en bronze, et aux bras terminés par des têtes d’anges à quatre ailes du même métal. De la croix, au centre du cimetière, partaient quatre allées, le divisant en quatre rectangles ; c’était la partie réservée aux morts des hôpitaux. Le long des murs et contre les parois se trouvaient quelques pierres tumulaires, quelques croix élevées à des sœurs et à des frères des hospices, à des majors, à des aumôniers et à des bienfaiteurs.

Ancien portail du cimetière de la Madeleine.

Collombet a fait un sombre tableau des inhumations à la Madeleine : « Avant le matin, quand l’horloge de l’hôtel-Dieu sonne, avec quatre heures, le réveil de la maison, un vaste tombereau, chargé de recueillir les douloureux tributs de chaque dépôt, s’avance vers la noire salle, où gisent sans cercueils, enveloppés seulement d’une pauvre serpillière, les morts de la veille. Ils sont pêle-mêle dans le funèbre char qui traverse la cité, franchit le Rhône, et suit lentement le long faubourg de la Guillotière, pour rendre à une fosse commune toutes ces misères qui ont accompli leur temps d’épreuve. Durant l’été, les vivants, en allant au travail, peuvent voir passer les morts. Heureux quand le couvercle du chariot, soulevé par quelques cahots ou le trop grand nombre de cadavres, ne vient pas étaler le spectacle de son affligeante cargaison !

« Voici comment on procède à l’inhumation : une fosse large et profonde étant creusée, une première couche de morts est d’abord étendue sur la surface du fond. Lorsque les arrivages du jour sont terminés, on recouvre le tout d’un peu de terre. Le lendemain, la même opération continue jusqu’à ce que, dans tous les sens, cette surface soit remplie.

Puis, on superpose dans le même ordre une seconde couche sur la première. De cette sorte, une seule fosse reçoit pendant plusieurs années, un nombre annuel de 4.000 morts environ. Après cette première fosse on en creuse une autre, et lorsqu’on en a ainsi comblé quatre, on demande aux morts de la première fosse, la place réclamée par de nouveaux venus. »

Près de l’ancien château de La Mothe, englobé actuellement par le fort et la caserne de ce nom, bifurquait l’ancienne voie romaine. Partant du Rhône, elle suivait la rue des Trois-Pierres et arrivée à la rue Saint-Lazare donnait naissance à deux branches, la branche de gauche ou voie d’Italie, filait à l’est, le long de la rue du Béguin, sur Bron et Saint-Genis d’Aoste ; la branche de droite ou Compendium de Vienne se dirigeait au sud, Suivait la rue de la Madeleine et la route de Vienne. « Il y avait bien là, dit le Dr Drivon, les conditions exigées pour l’emplacement d’une maladrerie : en dehors, mais à proximité de la ville, au croisement des voies importantes venant d’Italie, du Midi et du Dauphiné enfin, un ruisseau, la Rize, probablement considérable à cette époque. »

Ancienne chapelle du cimetière de la Madeleine.

C’est donc à cette bifurcation que se trouvait, du côté est de la rue de la Madeleine, le tènement dit de la Madeleine, et du côté ouest la léproserie de Saint-Lazare : le tout ne formant qu’un seul hôpital dénommé indifféremment : léproserie ou maladrerie de la Madeleine, de la Guillotière, de Saint-Lazare. Cet hôpital appartenait aux religieux cisterciens de Hautecombe (Savoie), et c’est probablement leur compatriote, l’archevêque Pierre de Savoie qui, en 1308, le leur avait concédé en même temps que la direction de l’œuvre du pont du Rhône, ou pont de la Guillotière, et celle de l’hôpital, grand hôtel-Dieu, primitivement dirigé par les confrères du Saint-Esprit. Dans la suite, tous ces bâtiments, chapelle, maladrerie disparurent ; des maisons de rapport y furent construites, et de nos jours il ne reste plus du souvenir de l’état ancien que les noms de rue de la Madeleine et rue Saint-Lazare. Non loin de là se trouvait aussi l’ancien cimetière de la Guillotière ; il était « adossé à l’église paroissiale Notre-Dame de Grâces fondée à la fin du xive siècle et rebâtie en 1619 par le chevalier d’Ossaris sur l’emplacement occupé actuellement parla place de la Croix établie en 1834. Le cimetière, qui était très petit, étant devenu insuffisant, en 1794, la municipalité fit creuser à ses frais une fosse au cimetière de la Madeleine afin de pouvoir y enterrer le surplus des corps que le cimetière de la ville ne pouvait recevoir, vu son exiguïté.

« Le sol du cimetière de le Madeleine étant de plus en plus saturé, les habitants de la Guillotière en demandèrent à diverses époques la suppression. Le conseil municipal de la Guillotière se fit l’écho des plaintes des habitants, et dans ses délibérations du 9 novembre 1841, 2 mars 1842 et 17 novembre 1843, il en demanda la suppression. Le conseil municipal de Lyon, le 12 novembre 1854, appuya le projet. Le conseil des hospices par contre, jusqu’en 1845, fit une opposition formelle à cette translation : cependant, en 1850, il fut forcé d’en reconnaître la nécessité et même l’urgence. Comme les frais d’établissement de la nouvelle Madeleine étaient à la charge de la ville et que le cimetière de la Guillotière à ce moment était à peine suffisant pour les besoins de la population, cette mesure ne put être réalisée qu’après l’acquisition du domaine de Combe-Blanche.

« En 1864, la ville donna aux hospices un terrain d’une superficie de 24.040 mètres carrés joignant le nouveau cimetière établi à Combe-Blanche. Les premières inhumations y furent faites le 1er janvier 1866 et le même jour l’on ferma l’ancien cimetière de la Madeleine. »

Nous avons dit qu’en installant, en 1695, un cimetière hors les murs, une chapelle était destinée à desservir le cimetière. Cet oratoire, sous le vocable Sainte-Madeleine, fondé au xive siècle, avait servi de succursale à la paroisse Saint-Michel d’Ainay. Un prêtre y était attaché, vivait des offrandes des fidèles et payait à l’Hôtel-Dieu une modeste redevance. La chapelle fut fermée par la tourmente révolutionnaire et plus tard transformée en habitations privées. Le 15 juillet 1823, elle fut rachetée par les recteurs de l’Hôtel-Dieu. « Chacun pensa, dit Collombet, qu’elle serait rendue à sa destination première, mais de mesquins intérêts l’emportèrent sur la foi : les locations subsistent et subsisteront en dépit des justes réclamations ou des convenances les plus impérieuses. »

ADORATION PERPÉTUELLE DU SACRÉ-CŒUR OU SACRÉ-CŒUR DES CHARTREUX

Mgr Gonindard, missionnaire diocésain, évêque de Verdun, puis archevêque de Rennes.

La congrégation de l’Adoration perpétuelle du Sacré-Cœur, vulgairement appelée Sacré-Cœur des Chartreux, fut fondée à Lyon en 1821. Son but est de réparer dans l’adoration les fautes commises par les pécheurs, puis de donner l’éducation et l’instruction chrétienne aux jeunes filles. Les sœurs prononcent les trois vœux accoutumés. Sur la recommandation de l’archevêque de Lyon et de l’évêque de Nîmes, Pie IX, le 22 juin 1877, envoya à la congrégation un bref de louange. Plus tard la supérieure générale s’adressa au Saint-Siège en vue d’obtenir de la congrégation des évêques et réguliers l’approbation de l’institut et de ses constitutions. Sur le rapport du cardinal, préfet de cette commission, et sur une nouvelle recommandation des archevêques de Lyon et de Turin et de l’évêque de Nîmes, Léon XIII, le 2 octobre 1893, approuva et confirma la congrégation de l’Adoration du Sacré-Cœur.

Façade de la nouvelle chapelle du Sacré-Cœur des Chartreux.

La communauté du Sacré-Cœur s’est livrée à l’enseignement jusqu’à ces dernières années. Elle possédait deux pensionnats très fréquentés, celui de la rue Pierre-Dupont et celui de Grandris. Le surnaturel et l’esprit religieux de la congrégation étaient assurés par la direction ferme et prudente des Missionnaires diocésains, dont plusieurs portèrent des noms que l’histoire n’oubliera pas : les Mioland, les Gonindard et les Desgeorge.

La chapelle des religieuses est située 38, rue Pierre-Dupont. Le maître-autel, de marbre blanc, est décoré d’une marqueterie de marbres de différentes couleurs ; au-devant, un bas-relief représente un cœur entouré d’épines au milieu d’une gloire. La porte du tabernacle est ornée de sculptures en cuivre repoussé représentant la fontaine d’eau vive où se désaltèrent deux colombes ; au-dessus, dans le bas-relief de marbre, l’image de l’Agneau divin couché sur le livre aux sept sceaux.

Au fond du chœur, on a placé un tableau du Sacré-Cœur. À gauche du maître-autel se trouve un plus petit, de bois peint, sous le vocable de la Sainte-Vierge et surmonté d’une statue de la Vierge-Mère ; un autre, tout semblable, placé à droite, est dédié à saint Joseph ; il est surmonté d’une statue représentant le patriarche tenant en ses bras, l’Enfant Jésus endormi. À l’entrée du chœur se voient deux statues, à gauche l’ange gardien et à droite saint Benoît.

De chaque côté de la nef, se trouvent les stalles des religieuses, celle de la supérieure est particulièrement ornée. La voûte est décorée de caissons en reliefs sur un fond bleu parsemé d’étoiles d’or. Les murs sont ornés de peintures simulant des draperies, avec, au-dessus, une série de blasons. Le long du mur latéral de gauche et au-dessus de l’entrée de la chapelle s’ouvre une vaste tribune.

ŒUVRE DE LA CROIX

Dans le premier volume, nous avons longuement parlé de l’œuvre du Calvaire. Voici maintenant une œuvre semblable, créée à l’usage des hommes atteints de plaies, par deux sœurs de grand mérite, Mlles Faurit. Après des débuts modestes, les directrices achetèrent sur la colline de Fourvière un vaste terrain ; puis, avec l’assistance d’un conseil de laïques bienfaiteurs, elles firent construire un hôpital modèle avec vaste chapelle.

Chapelle de l’œuvre de la Croix, l’autel.

Celle-ci fut édifiée vers 1888 et bénite par le cardinal Caverot ; elle est l’œuvre de M. Sainte-Marie Perrin ; son style est le roman. L’autel est de forme originale : au-dessous de la table d’autel, ou voit une grande croix étendue sur un coussin. Dans l’abside de la chapelle, l’artiste Sarrazin a peint une belle fresque représentant Simon le Cyrénéen qui aide Jésus à porter sa croix. En dessous, s’élève la statue du Sacré-Cœur, et de chaque côté, celles de la Sainte Vierge et de saint Joseph. Dans la nef, qui est unique, on a placé deux statues polychromes de saint Pierre et de saint Louis de Gonzague. Comme la chapelle de la Croix est affectée à un hôpital, elle se termine, dans le fond, par une vaste tribune communiquant directement avec les salles de malades. Sur la façade extérieure de la chapelle se trouve un Christ en bronze de dimension considérable, et dans une chapelle mortuaire annexe, une magnifique statue de la Vierge en marbre donnée par M. l’abbé Ruel, fondateur de l’orphelinat de garçons à Cuire. L’hospice de la Croix possède une Sainte-Face peinte sur bois par un Carme déchaussé, œuvre d’art donnée par un bienfaiteur.

SAINT-GEORGES

Avant d’aborder la notice de la commanderie Saint-Georges de Lyon, il importe de rappeler en quelques lignes l’histoire de l’ordre des chevaliers Saint-Jean de Jérusalem dits aussi chevaliers de Rhodes et de Malle. Vers 1040, des marchands italiens bâtirent à
Commanderie Saint-Georges au xvie siècle (Restitution de M. R. Lenail.)
Jérusalem une chapelle et un hôpital dédié à saint Jean-Baptiste. Pour le desservir, Gérard de Provence fonda une congrégation de frères sous le vocable du Précurseur. Raymond du Puy, successeur de Gérard, donna une règle aux Hospitaliers, et aux trois vœux de religion ajouta celui de recevoir les pèlerins ; enfin ordonna aux frères de porter une croix sur leurs habits et leurs manteaux. La règle fut approuvée par le pape Calixte II, en 1120, et par d’autres souverains pontifes. Comme les revenus de l’hôpital de Jérusalem surpassaient ce qui était nécessaire pour l’entretien des pauvres et des malades, Raymond du Puy en employa le surplus à la guerre contre les infidèles et il offrit ses Hospitaliers au roi de Jérusalem pour combattre les Musulmans. Il partagea ses frères en trois classes : les nobles, destinés à la profession des armes, les prêtres pour le service divin, les frères servants destinés aussi à la profession des armes. Ces dispositions furent approuvées en 1130, par le pape Innocent II, qui ordonna aux chevaliers de porter pour étendard de guerre une croix blanche sur fond rouge.

« Le 18 mai 1291, Ptolémaïde, dernier rempart des chrétiens, était emporté d’assaut ; le royaume de Jérusalem n’était plus. Jean de Villiers, alors grand maître de l’ordre, emmena ses Hospitaliers à Chypre où Henri de Lusignan les accueillit. Après dix-huit ans de séjour dans celle île. Foulque de Villaret, successeur de Jean de Villiers, jeta les yeux sur Rhodes occupée alors par les Sarrazins. L’empereur Andronique, lui accorda l’investiture de celle île pour lui et son ordre, dans le cas où il pourrait s’en rendre maître. Le 15 août 1309, l’île tomba au pouvoir des chevaliers. En 1480, elle fut assiégée par Mahomet II et en 1522 par Soliman ; l’héroïque valeur du grand-maître Villiers de l’Isle-Adam, restée légendaire, ne put empêcher que le 24 décembre 1532 Rhodes tombât au pouvoir des Turcs. »

Villiers de l’Isle-Adam passa quelques années à Viterbe, puis obtint de Charles-Quint l’île de Malle où il installa ses chevaliers, doit leur nom de Malte. Le 2() octobre 1530, Soliman II vint les assiéger. Le grand maître Jean de La Valette-Parisot fit des prodiges de valeur. Le successeur de La Valette fut del Monte, qui concourut à la fameuse victoire de Lépante. L’ordre des chevaliers de Malte vécut en France jusqu’en 1700, il disparut en 1798, quand Bonaparte fit la conquête de l’île de Malte.

Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte avaient des établissements dans tous les pays d’Europe. On ne sait pas l’endroit précis où ils vinrent s’établir à Lyon en 1209. Innocent IV, durant le concile de Lyon, les chargea de la police de la ville ; en 1311, ils héritèrent des biens des Templiers supprimés et, à la suite d’un échange avec le duc de Savoie, s’établirent en 1315 près de l’église Saint-Georges.

Quelques mots d’abord sur le quartier qui porte ce nom : « En 547, le roi Childebert ayant rapporté d’Espagne des reliques de sainte Eulalie, il les donna à Sacerdos, évêque de Lyon. Trois ans après, celui-ci fit construire, sur la rive droite de la Saône, et au pied du coteau de Saint-Just, un monastère de religieuses et une petite église qu’il dédia à sainte Eulalie ; il y déposa les reliques de l’illustre martyre. En 732, ce couvent fut ruiné par les Sarrazins. Leidrade, archevêque de Lyon, releva l’église qu’il plaça, en 802, sous le patronage de saint Georges. C’est dans ce monastère à moitié détruit et près
L’église Saint-Georges, vue du côté de l’abside.
de celle église reconstruite que vinrent habiter les chevaliers de Malte. On transforma complètement cet établissement incommode. Plus tard, en 1492, Humbert de Beauvoir fit restaurer l’église Saint-Georges et construire l’hôtel de la Commanderie sur la porte de laquelle on plaça l’inscription gothique suivante ; « C’est l’entrée de la maison de M. saint Jean-Baptiste et du bon chevalier M. saint Georges, laquelle maison a été faite et accomplie par messire Humberl de Beauvoir, chevalier de l’ordre du dit saint Jean-Baptiste de Jérusalem et commandeur de céans. Faict le premier jour d’octobre 1498. »
Porche de l’église Saint-Georges.

L’église petite et basse n’avait rien de remarquable, si ce n’est une chapelle appartenant à la famille de Lange, et qui contenait les tombeaux de Nicolas Ier et de Nicolas II de Lange et de leurs épouses d’Amanzé, de Bellièvre, enfin de Louise Grollier. L’ancien cimetière de la paroisse Saint-Georges joignait l’église au nord jusqu’à la naissance du chœur ; le mur qui l’entourait, après avoir longé les maisons au nord de la place, contournait pour venir se relier à l’angle de la façade de l’église. En 1822, on voyait encore en face de la maison actuelle de la cure, un morceau de ce mur qui joignait l’église, ainsi qu’une porte d’entrée du cimetière. La place Saint-Georges a été établie, au commencement du xixe siècle, sur l’emplacement de ce cimetière. Au sud de l’église se trouvait la commanderie baignant dans la Saône, flanquée de deux grosses tours encore debout il y a une cinquantaine d’années, et qui avait une poterne sur la rivière. On y voyait plusieurs cours intérieures. D’un côté de la commanderie, se trouvait la maison curiale, de l’autre l’hôtel de la recette générale, où résidaient certains dignitaires, comme le receveur et le secrétaire.

Tout d’abord la commanderie ne fui pas très importante, elle relevait de la « langue », c’est-à-dire du pays d’Auvergne ; elle devint ensuite grand bailliage. Elle avait un prieur-curé, prêtre conventuel de l’ordre, un vicaire et quatre chapelains. Elle possédait aussi sous sa dépendance l’hôpital Saint-Laurent-hors-les-murs depuis 1504, la chapelle Saint-Roch-hors-les-murs depuis 1629, et remplacement du monastère.

Sculptures d’un confessionnal à Saint-Georges.

Pendant la Révolution, la Commanderie devint propriété nationale ; elle fut vendue en 1807. L’église rendue au culte en 1803, est redevenue paroissiale. En 1806, M. Gourdiat, curé de Saint-Georges, acheta les boiseries qui ornaient la salle capitulaire de l’abbaye de l’Île-Barbe. L’ancienne église, sans caractère architectural, est aujourd’hui remplacée par une véritable basilique gothique, œuvre de l’architecte P. Bossan qui l’appelait son péché de jeunesse, lorsqu’il se prit à renoncer au gothique pour pratiquer le style palermilano-byzantin employé à Ars et à Fourvière. Le nom de M. Franchet, qui fut dans beaucoup d’autres constructions l’interprète ou le continuateur de la pensée de ce maître, doit lui être encore ici associé.

La façade de Saint-Georges est très ornée, elle est dominée par une statue de la Vierge Mère entre deux anges dans l’attitude du respect. Au bas, la porte d’entrée est accompagnée, à gauche et à droite, des statues de saint Pierre et de saint Jean, et dans le tympan supérieur on a placé un saint Georges à cheval terrassant le dragon. Toutes ces sculptures sont l’œuvre de l’artiste lyonnais Dufraisne.

Le maître-autel est de pierre blanche et orné, au-devant, d’un bas-relief représentant la mise au tombeau de Notre-Seigneur. La chapelle de droite est consacrée au Sacré-Cœur, l’autel de pierre sculptée est décoré d’un bas-relief : un cœur enveloppé d’une gloire d’or soutenue par deux anges. Tout à côté se trouve la chapelle du transept, dédiée à sainte Catherine ; sur le devant de l’autel, l’artiste a représenté Jésus-Enfant tenant sa croix et entouré de deux anges portant les instruments de la passion.

Dans la petite nef de droite on a placé une statue de saint Antoine de Padoue, et plus loin, un groupe de Notre-Dame de Pitié, enfin à l’extrémité, contre le mur de façade, un bas-relief sculpté représentant une personne guérie de son infirmité dans l’église Saint-Georges.

La chapelle de gauche est dédiée à saint Joseph ; l’autel de pierre est orné, sur le devant, d’un bas-relief : la mort du saint patriarche. La chapelle du transept est sous le vocable de la Sainte Vierge ; à l’autel sont sculptés les symboles des litanies mariales ; contre le mur, et fort haut, se trouve la statue de la Mère de Dieu. Vers le milieu de la nef de gauche on a placé un petit édicule qui renferme le cœur de M. Servant, avec cette inscription : « Ici repose le cœur de M. Jean-Marie Servant, successivement vicaire et curé de Saint-Georges pendant 55 ans, chanoine d’honneur de la Primatiale, chevalier de la légion d’honneur. Cette paroisse lui doit la construction et l’ornementation de sa belle église… ; il y est mort le 6 octobre 1886, dans sa 84e année. »

SCulptures d’un confessionnal à Saint-Georges.

Le chœur est éclairé par deux rangées de vitraux. Ceux du haut représentent, de gauche à droite : Moïse, Aaron, Daniel, Judas Macchabée, le Christ, saint Georges, deux évêques, saint Vincent de Paul et une sainte. Dans la rangée du bas on remarque : Abraham, Melchisédech, David, Esther, saint Jean-Baptiste, sainte Eulalie, saint Pierre, saint Jean évangéliste, saint Louis, roi de France, et saint Dominique. Dans la grande nef se trouvent cinq verrières sans sujet.

Dans la chapelle du Sacré-Cœur le vitrail représente le Sacré-Cœur accompagné de la Mère de Dieu, sainte Madeleine, saint Jean et saint François d’Assise. La chapelle de la Sainte Vierge est éclairée par une verrière représentant en haut la Sainte Trinité, et en bas la Vierge Marie avec les saintes Catherine, Angèle et Thérèse. Dans la chapelle Saint-Joseph, le vitrail offre l’image du saint patriarche portant l’Enfant-Jésus, entre saint Roch et un évêque. Dans la chapelle de la Vierge, le vitrail rappelle la Présentation de Jésus au temple. Enfin, dans les basses nefs, près de la sortie, se voient deux verrières : l’Adoration des mages et la Sainte-Famille.

La chaire est de pierre, avec cuve ornée des statues de saint Pierre et des quatre évangélistes portant leurs symboles.

L’église Saint-Georges possède quelques œuvres d’art sur lesquelles il importe d’attirer l’attention. Les voici comme elles se présentent au visiteur.

Dans le transept de gauche, un tableau sans valeur représente saint Georges terrassant le dragon. Dans la chapelle voisine, un artiste moderne a sculpté un retable en bois doré, imitation de l’époque gothique. À côté se voit une descente du Saint-Esprit, peinture du xviie siècle. Dans le transept de droite, il existe une autre peinture représentant le roi saint Louis dans l’attitude de la prière, et tout à côté d’elle, une toile moderne de l’Annonciation. À la sacristie, on a placé deux tableaux, l’un représente Jésus donnant à saint Pierre le pouvoir des clés ; ce tableau a été attribué bien à tort à Poussin, c’est une œuvre du xviie siècle. Le second, de la même époque, est plus intéressant : la Vierge de douleur tient sur ses genoux le Christ descendu de la croix. Citons enfin un confessionnal provenant, dit-on, de l’Île-Barbe, avec de ravissantes sculptures sur bois.

SŒURS DE BON-SECOURS

La communauté de Bon-Secours doit son origine à M. l’abbé Gabriel, ancien aumônier de l’Hôtel-Dieu. La révolution de 1830, qui avait aigri les esprits contre le clergé et les congrégations, avait trouvé un écho jusque dans cet établissement. Les administrateurs prétendaient imposer des réformes dont quelques-unes blessaient directement les droits de l’administration ecclésiastique. Le conflit s’aigrit an point que, le 31 décembre 1834, « douze agents de police, précédés de cinquante grenadiers sabre au poing, envahissent subitement le grand hôpital. D’un Ion impérieux et menaçant, ils signifient aux sœurs et prétendantes, rebelles depuis quatre ans aux règlements nouveaux, que toute résistance de leur part est désormais inutile ; qu’elles se soumettent, ou qu’elles sortent immédiatement des salles de malades et même de l’établissement ». Les religieuses cédèrent, la plupart entrèrent chez les sœurs Saint-Joseph ou Saint-Charles. Étiennette Chavent, sœur Émilie, fut la base de la congrégation naissante dite de Bon-Secours, formée à l’aide de ce noyau de religieuses provenant de l’Hôtel-Dieu.

Fondée en 1835, sous le patronage de l’Immaculée-Conception, la communauté a pour but d’aider les malades à faire une mort chrétienne. Depuis cette époque elle a prospéré, puisque en 1900 elle comptait cent cinquante sujets, avec trois résidences dans le diocèse de Lyon, et une dans chacun des diocèses d’Autun, de Grenoble, de Valence et de Lausanne.

La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours est située 14, rue Sala. Construite en 1835, elle est de style roman, longue de 15 mètres et large de 9 m. 50. Elle compte trois nefs. Le maître-autel est de marbre blanc. Le chœur est décoré de peintures représentant les saints Ignace, François Xavier et François Régis, et d’une statue du Sacré-Cœur. Dans la nef de droite, l’autel de bois peint est dédié à la Vierge Marie. On y voit une peinture de la Vierge Immaculée et une statue de la Mère de Dieu. Dans la nef de gauche, la chapelle est dédiée à saint Joseph avec statue du patriarche de la nouvelle loi, et peinture représentant Jésus-Hostie. Dans la sacristie se trouvé un ostensoir remarquable, œuvre de l’artiste Armand-Calliat.

RELIGIEUSES NOTRE-DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des Victoires.

La naissance de cet institut, en 1846, à Voiron, est due à la même pensée de zèle qui a inspiré l’archiconfrérie du Cœur-Immaculé de Marie, érigée dans l’église Notre-Dame des Victoires à Paris. Les sœurs s’étudient à faire de toute leur vie religieuse comme un acte continuel de dévouement pour la conversion des pécheurs. C’est l’esprit spécial qui caractérise leur institut, l’intention dominante qui dirige leurs pensées, leurs affections et leurs œuvres. En dehors de l’éducation de la jeunesse, les sœurs Notre-Dame-des-Victoires s’emploient aux œuvres de catéchismes et de retraites spirituelles. La congrégation comprend plus de cinquante sujets. Une résidence fut établie, en 1865, à Lyon, rue des Macchabées, sur la paroisse Saint-Irénée, à l’emplacement même de l’ancienne église des Macchabées détruite par les Calvinistes en 1560. En 1902, les religieuses se sont dispersées et la maison a été achetée par M. l’abbé Papon, pour une œuvre de malades.

La chapelle, commencée en 1865, sur les plans du P. Pailloud, Jésuite, fut bénite, le 18 mars 1867, par Mgr de Charbonnel, évêque de Toronto, et l’autel consacré parle cardinal de Bonald en octobre 1867. La chapelle, longue de 20 mètres sur 8 de large, est dédiée à Notre-Dame-des-Victoires ; elle est de style roman, ne comporte qu’une nef avec chapelle absidiale et deux chapelles latérales. Le maître-autel est décoré d’un bas-relief. Dans la chapelle absidiale, on a placé une statue de Notre-Dame des Victoires. Les chapelles latérales sont dédiées, à droite, à saint Joseph, à gauche, au Sacré-Cœur ; elles possèdent chacune une statue. La table de communion est sur le modèle de celle de la chapelle des Pères Jésuites de la rue Sainte-Hélène : on y voit des oiseaux pécorant des raisins. La chapelle est éclairée par deux vitraux ; à droite saint Joseph, à gauche la Sainte Vierge sous le titre de Notre-Dame des Anges. Ils sont de notre collaborateur M. L. Bégule, qui les a placés en 1888.

HOSPITALIERS-VEILLEURS

Diplôme des Hospitaliers-Veilleurs.

Notre but n’est point d écrire l’histoire des œuvres dont Lyon peut s’enorgueillir. On nous saura gré pourtant de dire quelques mots de l’œuvre des Hospitaliers-Veilleurs, qui occupe, depuis le xviiie siècle, dans notre cité, un rang si avantageux. L’association actuelle provient de la fusion de deux anciennes congrégations séculières. L’œuvre des Hospitaliers-Veilleurs a été fondée en 1764. Le jour de la Saint-Étienne, quelques ouvriers se réunissaient avec l’approbation de Mgr l’archevêque et convenaient de se répandre chaque dimanche dans les églises les plus délaissées de la ville pour y adorer le Saint-Sacrement, exercer des œuvres de bienfaisance envers les pauvres, les infirmes, les orphelins, les prisonniers, instruire les ignorants et les illetrés que l’autorité ecclésiastique leur confiait. Autrefois, il était possible aux confrères de pénétrer dans les prisons et d’y porter des consolations surnaturelles et des réconforts humains ; ils peignaient et rasaient les captifs dans les prisons, et les malades dans les hôpitaux.

Aujourd’hui les confrères se dispersent le dimanche dans les quartiers les plus pauvres de la ville, vont raser les vieillards et les pauvres, leur porter quelques bons de pain et des paroles d’encouragement.

SAINT-SÉBASTIEN

Saint-Sébastien au xvie siècle (d’après le plan scénographique de 1550).

Dans le premier volume, nous avons parlé des recluseries et nommé Saint-Sébastien. Cet oratoire, au sommet de la montée qui porte ce nom, était une des plus anciennes recluseries. Lorsque les solitaires disparurent de Lyon, Saint-Sébastien devint un simple bénéfice appartenant à Ainay. Les religieux confièrent le service de la chapelle à des prêtres moyennant une légère rétribution. Plus tard, en 1669, les religieuses Sainte-Élisabeth, protégées par le marquis de Coligny, et dites pour cela Colinettes, achetèrent la chapelle et le terrain qui l’entourait. L’oratoire a depuis longtemps disparu, mais nous en donnons une vue qui en perpétuera le souvenir. Il n’est plus représenté que par le nom de la montée Saint-Sébastien. Cette chapelle a pourtant eu son heure de célébrité, il s’y faisait même parfois des processions et des cérémonies dont les archives pourraient fournir des détails intéressants.

CHAPELLE DU PONT DU RHÔNE OU DU SAINT-ESPRIT

Une chapelle sur un pont : la chose ne se voit plus, mais a existé longtemps à Lyon. Voici quelques notes sur le pont de la Guillotière et la chapelle du Saint-Esprit.

Notre ville, jusqu’au xiie siècle, ne posséda qu’un pont de bois ou de bateaux. À l’époque des croisades celui-ci s’écroula sous le passage des troupes de Richard Cœur-de-Lion. Peu après, les religieux appelés frères pontifes, dont la mission singulièrement bienfaisante était de construire des ponts, se mirent à bâtir les premières piles, en pierre, cette fois, mais le pont entier ne fut achevé que bien longtemps plus tard au xvi^ siècle. Il était beaucoup plus long qu’on ne le voit actuellement, parce que en élargissant la rue de la
Chapelle du Saint-Esprit ; au fond, à droite, entrée du pont du Rhône et porte de la Barre. (Restitution de M. R. Lenail.)
Barre et le cours Gambetta, on a enterré de nombreuses arches. Sur le pont s’élevait une poterne pour défendre l’accès de la ville, comme le montrent les anciennes gravures. Il s’y trouvait également une chapelle dédiée au Saint-Esprit et qui appartenait à Ainay. L’oratoire était desservi par un prêtre dépendant du clergé de cette église. On conçoit que sur ce pont la chapelle ne devait pas être grande ; elle n’était pourtant pas pauvre. Un document manuscrit contient un inventaire des objets mobiliers, des ornements sacrés et autres effets qui se trouvaient dans la chapelle et la sacristie. On citera seulement de nombreuses chasubles de diverses couleurs en soie et en laine, un dais, des tapis d’autel, des draps mortuaires, des ornements pour diacre et sous-diacre, des chapes en étoffes des Indes avec filet argent, une chasuble en soie de Florence, une lampe d’argent, un ostensoir du même métal, un calice et un ciboire également d’argent, un tableau représentant sainte Madeleine placé dans la sacristie et deux autres ornant l’église.

SAINT-CHARLES DE SERIN

Les Lyonnais connaissent tous la belle église Saint-Charles construite dans le quartier de Serin, près de la Saône. La paroisse fut fondée au milieu du xixe siècle et prise en grande partie sur Saint-Vincent et Saint-Bruno. Parmi les curés qui la dirigèrent on peut citer les noms de MM. Duperray et Merle. L’église provisoire ayant été démolie, le terrain fut vendu à la ville, qui, sur l’emplacement fit construire un groupe scolaire. À M. Cluzel revient l’honneur d’avoir construit l’édifice actuel, sur un emplacement généreusement donné par la famille Soulier.

À la mort de M. Cluzel, l’administration le remplaça par M. Carimale qui mil tous ses soins il meubler la nouvelle église ; il installa l’horloge, plaça une barrière au fond de l’église pour empêcher les vols, ajouta l’autel Saint-Joseph, œuvre de l’artiste Fabisch, orna le maître-autel de grandioses candélabres, l’église de tentures rouges et noires, enrichit enfin la sacristie de beaux ornements sacrés. Son successeur, M. Million, fit placer une garniture de marbre autour de l’église et, à l’intérieur, un chemin de croix artistique. Le mérite de la plupart de ces améliorations est dû à la générosité de M. Gillet père, le grand teinturier lyonnais.

L’église Saint-Charles est l’œuvre de M. Bresson, architecte ; elle est de style roman, et fut consacrée, en 1883, par le cardinal Caverot.

Au-dessus du porche, dans le tympan, un artiste a représenté Notre-Seigneur dans sa gloire et entouré des symboles des quatre évangélistes. À l’intérieur, l’autel de marbre blanc est décoré d’un bas-relief représentant saint Charles Borrhomée, archevêque de Milan, donnant la communion à des pestiférés. Le chœur est fermé par une table de communion en marbre blanc avec colonnettes noires et ornements eucharistiques.

À gauche se trouve la chapelle de la Sainte Vierge. L’autel de marbre blanc porte en
Saint-Charles de Serin.
bas-relief les apôtres entourant le tombeau vide de la Vierge Marie ; il est surmonté d’une statue de la Mère de Dieu. Contre le mur de gauche, une sculpture sur pierre représente la Vierge donnant le rosaire à saint Dominique. La chapelle de droite est sous le vocable de Saint-Joseph. En dessous de la statue du patriarche se trouve l’autel sur lequel est sculpté, en bas-relief, la mort de saint Joseph. L’extrémité des petites nefs est occupée d’un côté par les fonts baptismaux, de l’autre par un groupe de Notre-Dame de Pitié.

Le chœur est éclairé par trois vitraux à doubles registres ; celui du milieu représente le Bon Pasteur et le Crucifiement ; celui de gauche, saint Charles Borrhomée et le même cardinal priant pour son peuple ; celui de droite, saint François de Sales et ce prélat prêchant à la foule. La verrière qui décore la chapelle de la Sainte Vierge est divisée en trois médaillons représentant de bas en haut : Notre-Dame de Fourvière, Notre-Dame de la Salette et Notre-Dame de Lourdes. Celle de la chapelle Saint-Joseph offre aussi trois scènes de la vie du patriarche : son Mariage, l’Apparition de l’Ange, la Sainte Famille.

Dans les transepts se trouvent deux immenses verrières à trois compartiments et contenant chacune seize médaillons. Le vitrail de gauche rappelle toute la vie de la Sainte Vierge : sa Naissance, sa Présentation au temple, l’Annonciation, la Visitation, l’Adoration des bergers, celle des mages, la Présentation de Jésus au temple, la Fuite en Égypte, le miracle de Cana, Jésus chargé de sa croix et rencontrant sa Mère, le Crucifiement, l’Apparition de Jésus à sa Mère, la Mort de Marie, le tombeau de la Vierge visité par les apôtres, le Couronnement de la Mère de Dieu.

La verrière de droite offre des scènes de la vie de Notre-Seigneur, notamment : le bon Pasteur, le Christ et la Samaritaine, sainte Madeleine aux pieds de Jésus, différentes guérisons et résurrections, Jésus et le centenier, le Crucifiement, le maître et les disciples d’Emmaüs, l’Apparition à la bienheureuse Marguerite-Marie. Les vitraux des trois nefs sont des grisailles sans sujet, sauf les deux placés près de la porte d’entrée. Celui de droite est divisé en trois médaillons représentant : l’archange saint Michel terrassant le dragon, l’archange Gabriel saluant Marie, et l’archange Raphaël conduisant Tobie ; celui de gauche rappelle trois scènes, dont le Baptême de Notre-Seigneur.

PETITES-SŒURS DES PAUVRES

Comme il n’est pas possible de donner ici une longue notice sur les Petites Sœurs des pauvres, on se contentera d’insérer quelques détails très brefs sur l’origine de la congrégation et on terminera par la statistique des maisons qu’elle possède à Lyon.

Personne n’ignore que l’institut des Petites Sœurs a été fondé en Bretagne, au xixe siècle, par un saint prêtre nommé Le Pailleur, alors vicaire dans un village, et qui avait été frappé de l’abandon immérité dont étaient victimes les vieillards indigents. Aidé de quelques jeunes filles qu’il dirigeait, il fonda une modeste maison pour recevoir des vieillards. Peu à peu les établissements se multiplièrent, non seulement en France, mais en Europe, bien plus, dans le monde entier, et c’est là un des faits les plus surprenants, disons mieux, providentiels et miraculeux de notre époque.

La première maison lyonnaise des Petites-Sœurs fut établie au quartier de la Villette, en novembre 1851. Elle compte actuellement trente-cinq religieuses et trois cent vingt vieillards. Les archevêques de Lyon et les personnes de la haute société ont fréquemment visité cette maison et même servi les vieillards, pour montrer aux déshérités de la fortune combien la charité chrétienne est capable de rapprocher les classes qui semblent éloignées. L’établissement de la Croix-Rousse fut créé en décembre 1861 : vingt-cinq religieuses y soignent plus de deux cent cinquante vieillards. La troisième fondation est celle de Vaise, établie en juillet 1879 : elle compte vingt-cinq Petites Sœurs et cent quatre-vingts vieillards. Récemment, on a fondé un quatrième établissement situé à la Quarantaine.

POINT-DU-JOUR

La paroisse du Point-du-Jour est de création récente. Elle fut fondée pour soulager la paroisse Saint-Irénée qui s’étendait aux limites de Lyon : c’était autrefois la pleine campagne ; aujourd’hui de nombreuses maisons et villas peuplent cette extrémité de la ville.

Église du Point-du-Jour.

L’église du Point-du-Jour, bâtie il y a peu d’années, est un édifice de style roman bien régulier et produisant un excellent effet artistique. Le maître-autel de pierre blanche est orné, sur le devant, de trois statuettes : le Sacré-Cœur, saint Pierre et saint Paul. La chapelle de droite est dédiée à la Sainte Vierge, l’autel possède aussi un bas-relief représentant l’Annonciation et il est surmonté d’une statue de la Mère de Dieu ; la chapelle de gauche est sous le vocable de Saint-Joseph.

L’église est ornée de deux objets d’art sur lesquels il importe d’attirer l’attention. Contre le mur de droite est un crucifix d’ivoire, placé sur un fond de velours noir, dans un cadre doré, style Louis XIV. L’expresssion est belle et touchante. Dans le transept de droite se trouve un tableau représentant la Visitation qui, par l’audace des raccourcis, rappelle les œuvres de Thomas Blanchet. Sainte Élisabeth, placée au centre de la composition, est vêtue d’une tunique jaune et d’un manteau bleu ; elle reçoit la visite de la Vierge Marie représentée très jeune. Au fond, saint Joachim contemple cette scène, et saint Joseph se lient au premier plan près de l’âne légendaire.

CINQ-PLAIES

M. l’abbé Adrien Colomb de Gast, ami du bienheureux curé d’Ars, fonda, en 1843, l’association des Cinq-Plaies. Celle-ci, d’abord approuvée parle cardinal de Bonald, fut érigée en archiconfrérie, le 16 mars 1875. « Dans l’intervalle, en 1857, raconte M. Fournier, quelques associées s’étaient réunies en communauté religieuse, laquelle, sous Mgr Caverol, le 29 avril 1880, fui rattachée à l’ordre Saint-Augustin. Les Dévouées, comme elles s’appelaient, devinrent alors chanoinesses régulières ; elles en adoptèrent le costume, les constitutions et la règle. Mais elles restèrent les propagatrices du culte des Cinq-Plaies de Notre-Seigneur, celle dévotion si répandue autrefois en Europe qu’on la retrouve dans les contrées les plus éloignées. En Pologne, à Cracovie, il existe notamment une confrérie des Cinq-Plaies qui est précisément établie dans l’église des chanoines réguliers de Saint-Augustin de Saint-Jean de Latran. Les religieuses des Cinq-Plaies ont occupé, jusqu’en 1902, une vaste maison dite Maison de l’enfance, sise 67, rue de l’Enfance, à la Croix-Rousse. C’était, autrefois, « un asile de femmes aliénées tenu, à partir de 1746, par les sœurs Saint-Charles qui y dirigeaient aussi un pensionnat dans un corps de logis séparé, et y avaient une annexe servant de retraite aux religieuses que l’âge ou les infirmités contraignaient au repos. C’est cette maison qui a donné son nom à la rue. Depuis la Révolution elle avait successivement appartenu à différents propriétaires et, en dernier lieu, en 1840, elle avait été occupée par les Dames de Nazareth qui, plus tard, se transportèrent à Oullins », comme on l’a dit dans la notice sur les sœurs des Sacrés-Cœurs de Larajasse.

L’association des Cinq-Plaies fut installée, à Noël 1856, dans la chapelle de la rue de l’Enfance. Celle-ci « n’offre à l’extérieur rien qui mérite d’arrêter le regard. Elle fut agrandie et restaurée, vers 1873, par un chanoine régulier, Dom Marie-Augustin Delaroche, frère de M. le curé d’Ainay actuel. Elle est, à l’intérieur, avec sa voûte entièrement en charpente et ses anges aux retombées d’arc, d’une architecture très originale, originalité qui se retrouve presque identique dans la chapelle des Dames Dominicaines d’Oullins, œuvre d’ailleurs du même religieux ». À l’intérieur du sanctuaire les murailles sont, en partie, couvertes d’ex-votos, souvenir de guérison et de grâces obtenues.

La congrégation, à la suite des lois sur les communautés religieuses, s’est transportée en Italie, et elle possède d’importantes maisons au Canada.

JÉSUS-HOSTIE

Chapelle de Jésus-Hostie.

Une des nombreuses communautés que la loi de séparation a obligée de se disperser, est celle de Jésus-Hostie. Elle fut fondée par sœur Marie-Benoîte du Saint-Sacrement, décédée le 24 septembre 4886. Celle-ci assigna deux buis à l’institut : l’adoration du Saint-Sacrement d’où son nom de Jésus-Hostie, et des œuvres de charité, en particulier un orphelinat. Après des débuts pénibles où l’on connut la pauvreté, la communauté s’établit dans un vaste bâtiment, 5, rue Cléberg, que la supérieure du moment fit bâtir avec sa fortune personnelle.

La chapelle située près de Fourvière attirait de nombreux visiteurs et pèlerins. Elle était particulièrement disposée pour l’adoration : les religieuses s’y tenaient au chœur, séparées du public par une élégante barrière. Le maître-autel de pierre blanche était surmonté d’un trône eucharistique, œuvre du sculpteur Dufraisne. Le long des murs se trouvaient les stalles des religieuses. La nef était unique, mais dans la partie réservée aux fidèles, on avait placé de petits autels avec statues de saints. Aujourd’hui la chapelle, fermée, n’entend plus retentir le chant des louanges de Dieu.

RELIGIEUSES DE LA NATIVITÉ DE NOTRE-SEIGNEUR

Saint-Jean l’évangéliste, statue par Dufraisne, façade de l’église Saint-Georges.

La congrégation de la Nalivité de Notre-Seigneur Jésus-Christ fut fondée, en 1813, dans le diocèse de Valence, par l’abbé Enfantin, missionnaire apostolique, et Mme Fransu, d’Amiens, en vue, comme son nom l’indique, d’honorer le mystère de la Nativité ou de Noël. Aussi, dans la communauté, célèbre-t-on spécialement la fête du 25 décembre, qu’on prolonge pendant toute l’octave et notamment le jour de saint Jean l’Évangéliste, l’apôtre chéri de Jésus-Christ, et celui qui a le plus parfaitement parlé du Verbe divin.

Le premier établissement fut installé à Crest en 1813 ; et la maison-mère transportée en 1814 à Valence. Le décret d’approbation définitive des Constitutions a été donné par Léon XIII, le 27 avril 1888.

Le but de la congrégation est l’éducation des jeunes filles. Les religieuses s’attachent à cultiver l’esprit de leurs élèves ; elles cherchent surtout à leur inspirer une piété solide et réelle qui les prépare aux grands devoirs de la famille. Chaque maison possède un pensionnat, un externat et une classe gratuite pour les enfants pauvres. Les sœurs vinrent à Lyon en 1865 et s’établirent dans le quartier de Monplaisir. En 1902, le nombre des sujets était à Lyon de vingt-deux et dans la congrégation de plus de cent. L’institut possédait dans le Dauphiné et le Sud-Est treize maisons. La maison de Lyon a disparu à la suite des lois portées récemment contre les congrégations religieuses enseignantes.

SAINT-AUGUSTIN

Lors de la promulgation du Concordat et de la réorganisation des paroisses qui en fut la suite, le territoire de la Croix-Rousse, alors limité par la ligne des remparts, le Rhône, la Saône et la commune de Caluire-et-Cuire, forma en entier la paroisse Saint-Denis. Mais l’extension de l’industrie soyeuse, dans la première moitié du dernier siècle, ayant eu pour conséquence l’établissement sur la colline d’une véritable cité ouvrière, cet énorme accroissement de population y réclama bientôt la création de nouveaux centres religieux. Le quartier de Serin, que sa situation excentrique désignait pour un premier démembrement, fut érigé en paroisse sous le vocable de Saint-Charles en 1824. Puis, en 1840, c’était Saint-Eucher qui, sur le versant opposé, englobait la partie orientale du plateau et les pentes inclinées vers le Rhône.

Intérieur de Saint-Augustin.

Dix ans après, les habitants du quartier des Tapis (réminiscence des tapis de gazon qui couvraient les talus des anciens remparts), souffrant de leur éloignement de l’église paroissiale, songeaient à leur tour à s’en édifier une. À cet effet, ils nommèrent une commission formée de MM. Jourdan, Millet, Mouchet, Cuzin et Sarsay. Celle-ci ouvrit aussitôt des souscriptions et procéda à l’acquisition, dans l’ancien clos Nesme, d’un terrain de 740 mètres de superficie, pour y bâtir la nouvelle église. Les travaux de construction occupèrent les derniers mois de l’année 1850. Le dimanche des Rameaux, 13 avril 1851, avait lieu la bénédiction solennelle de l’église Saint-Augustin par l’abbé Callot, prêtre-missionnaire de la maison des Chartreux, délégué par le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, et qui, plus lard, premier curé du Bon-Pasteur, mourut évêque d’Oran. Un nombreux concours de fidèles, dit le procès-verbal, assistaient à cette cérémonie d’inauguration de leur nouvelle paroisse à laquelle un décret du président de la République, daté du 25 février 1851, avait conféré l’existence légale et assigné ses limites. Ce vocable de Saint-Augustin ne lui fut pas donné sans motifs. Outre que c’était un hommage au grand évêque d’Hippone, à l’illustre docteur auquel aucune église n’était encore dédiée dans le diocèse de Lyon, il devait garder la mémoire des Pères Augustins Réformés qui avaient assuré les secours religieux aux habitants delà Croix-Rousse jusqu’à la Révolution.

Un chemin de la croix fut bénit le 18 avril, jour du Vendredi-Saint, par M. Callol, chargé des fonctions curiales jusqu’à la nomination d’un titulaire. Celui qu’on voit aujourd’hui est l’œuvre de Mlle Savy.

Ce fut le dimanche de Quasimodo. 27 avril, qu’eut lieu l’installation du premier curé de Saint-Augustin, M. l’abbé Jean-Claude Parrel, né en 1810, desservant de Ragnols depuis 1844. La cérémonie fut présidée par M. Antoine Bissardon, supérieur des Missionnaires de Lyon, assisté des abbés Callot, Peytel et Vacaneo.

Quant au Conseil de fabrique, il se constitua le 3 juillet suivant, en présence du nouveau curé et de M. Cabias, maire de la Croix-Rousse, membres de droit. Il se composait de MM. Fournel, Jourdan, Hugues, Mouchel, Sarsay, désignés par l’autorité diocésaine, et de MM. Auberthier, Maurier, Chaslaing et Ancel-Roi nommés par arrêté préfectoral. Sa première réunion eut lieu le dimanche 6 juillet. Le Conseil tint d’abord à payer un juste tribut d’éloges à la Commission nommée par les habitants « pour le zèle qu’elle a déployé dans la tâche difficile de la fondation de la paroisse et de la construction de l’église ». Puis il constata que la dette créée tant par l’achat du terrain que par les travaux de construction s’élevait à la somme de 20.050 francs.

Voici donc la paroisse constituée, mais elle aura à compter longtemps encore avec les difficultés budgétaires. Les paroissiens, en grande majorité ouvriers tisseurs, ne pouvaient apporter un concours efficace. Ils avaient participé avec empressement aux souscriptions de la première heure, mais qui n’avaient pas donné ce qu’on espérait. Le Conseil de fabrique adressa donc, en juillet 1853, des demandes de secours à la Chambre de commerce, ainsi qu’à MM. les fabricants de soieries ; elles restèrent sans succès. Les sollicitations aux subventions de l’État ne furent pas plus heureuses ; aussi le Conseil de fabrique, découragé, démissionne-t-il le 7 janvier 1855. Le nouveau Conseil, installé le 6 juin, était formé de MM. Chaslaing, Hugues, Fonlbonne, Vaesen, Mille, Darit, Dimbert, Compart et Reverchon.

À force de démarches, on parvint à obtenir de la municipalité une subvention de six mille francs imputable sur l’exercice 1863. La lettre du préfet qui l’annonce laisse même espérer la continuation d’une subvention sur les exercices suivants. Entre temps, la situation s’était améliorée, grâce à quelques libéralités particulières, telles que le legs testamentaire de dix mille francs de Mlle Romand, un autre analogue de l’abbé Gervais, les dons de M. Gérard, du docteur Peytel, etc. Mais ce ne fut qu’au bout de vingt ans que les dettes de la fabrique finirent par s’éteindre à l’aide des souscriptions de catholiques généreux.

Saint-Augustin, statue par Chinard.

Le concours de zélés paroissiens n’attendit pas aussi longtemps pour atténuer la nudité du temple saint. Le dimanche 1er octobre 1854, on inaugura une statue en pierre, de la Sainte Vierge, due au ciseau du sculpteur Cubizole, et donnée par M. Darit, propriétaire. Cinq ans après, le Conseil de fabrique adressait à Mme Ricard, rentière, un témoignage de gratitude pour avoir fait exécuter à ses frais, par M. Pinet, quelques peintures murales dans le rond-point de l’abside. Ajoutons, pour ne rien omettre des générosités de ce temps, que le célèbre artiste tisseur Carquillat fît don à la fabrique, en 1853, d’un portrait tissé en soie de Pie IX, avec son cadre et sa glace.

Nous avons parlé des anciens remparts qui, depuis le xvie siècle, séparaient de la ville le faubourg de la Croix-Rousse. Sans utilité pour la défense et ne constituant plus qu’une barrière gênante, l’empereur Napoléon III ordonna leur démolition, et sur leur emplacement devait s’étendre la superbe promenade du Boulevard. M. le curé Parrel pensa que l’occasion était propice pour mettre fin à l’état de situation provisoire de son église et de ses annexes. Il écrivit donc, en 1868, une lettre au préfet pour lui demander de réserver, sur le nouveau boulevard, un emplacement pour y ériger l’église définitive. Le digne pasteur appuyait sa requête d’arguments décisifs : « L’église actuelle, bâtie en quelques mois, n’a qu’un caractère essentiellement provisoire. Il a fallu l’agrandir bientôt après pour satisfaire aux besoins religieux d’une population de près de neuf mille âmes, et elle est encore trop petite. Tout le terrain disponible est occupé, impossible donc de songer à un nouvel agrandissement… Maintenant que la vie et la circulation vont être concentrées sur le boulevard et ses aboutissants immédiats, il serait d’une heureuse inspiration d’y ériger l’église, son presbytère et toutes les dépendances qu’on jugerait convenables. Les propriétaires voisins ne pourraient se plaindre, car le voisinage de l’église donnerait à leurs immeubles une plus-value appréciable… On n’aurait pas à regretter la dépense faite pour l’église actuelle, car elle est solide, bâtie en bons matériaux et pourrait changer de destination, être, par exemple, changée en école… »

Il semble que la destinée de cette église soit d’être tenue à l’écart des faveurs administratives. Quelque péremptoires que fussent les raisons alléguées par M. Parrel, on ne s’y arrêta pas et sa démarche resta sans effet.

Puisque la perspective de posséder un temple monumental semblait s’évanouir dans les incertitudes lointaines d un avenir problématique, l’affection des paroissiens se concentra plus vive sur la pauvre bâtisse qui abritait les cérémonies de leur culte. Rien ne fut modifié à l’extérieur, mais l’intérieur fut l’objet d’une réfection qui lui donna l’allure d’une église plus digne de l’importance du quartier. Une double rangée de colonnes divisa l’ancien parallélogramme en trois nefs qui furent recouvertes d’un simulacre de voûtes. Le tout reçut une ornementation peinte, d’un goût simple, et qui fut exécutée sous la direction et d’après les dessins de M. Sarsay, président de la fabrique.

Tous ces travaux étaient achevés au commencement de l’année 1875. Le Conseil de fabrique, réuni le dimanche i avril, exprima au curé son entière satisfaction de voir enfin terminé l’embellissement de l’église. Il ajouta que si le pasteur y a généreusement contribué, des paroissiens se sont rencontré qui ont couvert la dépense et épargné au budget fabricien une charge qu’il n’aurait pu supporter.

M. Parrel se démit en 1880 et fut remplacé par un de ses vicaires, l’abbé Déflotrière.

Prêtre d’une haute intelligence et publiciste à ses heures, M. Déflotrière sut imprimer aux manifestations de la vie paroissiale une impulsion que le temps n’a pas ralentie. Malheureusement, une mort prématurée vint interrompre, après onze ans, un ministère particulièrement fructueux.

Son successeur fit réédifier, en septembre 1891, l’humble clocher qui menaçait ruine. L’amortissement primitif de cet édicule en forme de dôme arrondi, lui donnait une physionomie quelque peu originale : on crut préférable de lui substituer une flèche banale. L’unique cloche qu’il renferme date de l’année 1834. Elle fut bénite, le dimanche 26 mars, par un vicaire général de Lyon, en présence de M. Jean-Louis Lucy, parrain, et de Mme Marie-Frédérique-Guillelmine Gérard, née Girodon, marraine, qui lui ont donné le nom de Marie-Louise. Elle pèse 317 kilogrammes, et a été fondue par Gédéon Morel, de Lyon, aux frais de la paroisse et des confréries du Saint-Sacrement et du Saint-Rosaire.

Sur le mur absidal sont peints les quatre évangélistes.

Dans le chœur sont les statues de saint Joseph et de sainte Monique, outre celles de la Sainte Vierge et de saint Augustin placées dans leurs chapelles respectives à l’extrémité des collatéraux.

Les baies sont garnies de verrières formées de marqueteries coloriées encadrant un médaillon central. Celles du chœur présentent les figures en buste du Christ, de la Vierge et de saint Augustin. Celles des basses-nefs reproduisent, d’un côté, des emblèmes eucharistiques, de l’autre, quelques images symboliques empruntées aux litanies de la Sainte Vierge.

Cette décoration porte un cachet de médiocrité qu’explique sa destination à un édifice construit en vue d’un usage temporaire, mais que le malheur des temps fait paraître définitif par la prolongation indéterminée d’une situation que n’avaient pu prévoir les fondateurs de l’œuvre.

SAINT-PIERRE DE VAISE

Le peu d’espace dont nous disposons pour les notices ne nous permet pas de donner des renseignements sur le quartier de Vaise et les anciennes communautés qui l’ont habité. Contentons-nous donc d’une description très exacte de l’église actuelle Saint-Pierre de Vaise, œuvre remarquable d’un de nos meilleurs architectes lyonnais, Tony Desjardins.

Intérieur de Saint-Pierre de Vaise.

Saint-Pierre est de style roman. Sur la façade, en-dessous de trois vitraux, se trouvent les statues des douze apôtres présidés par leur chef Pierre. Plus bas, dans le tympan du porche, le sculpteur a représenté le Christ assis dans une gloire que soutiennent deux anges ; il est accompagné des symboles des quatre évangélistes. Le maître-autel est de marbre blanc ; sur le devant, un bas-relief représente le Christ et quatre personnages sur fond or, placés sous des arcades et séparés par des colonnettes de marbre gris.

Le mur entier de l’abside est recouvert d’une immense et belle fresque, dont voici le sujet : Notre-Seigneur est accompagné de deux anges ; la Vierge Marie se tient près de lui, ainsi qu’une foule de saints dans des attitudes diverses et portant leurs symboles caractéristiques ; on y voit, notamment, de gauche à droite les saints : Luc, Barnabé, Étienne, Marc, Mathias, Thomas, Siméon, Jacques le majeur, Philippe, Matthieu, Barthélemy, Jacques le mineur, André portant sa croix, Paul, Pierre, Jean, Polycarpe, Pothin, Pontique, Blandine, Sanctus, Attale, Alexandre, Épagathe, Épipode, Zacharie et Irénée. Le sanctuaire et le chœur sont fermés par deux barrières ou tables de communion, de marbre blanc avec colonnettes et symboles eucharistiques : épis et raisins.

À droite s’ouvre la chapelle de la Sainte Vierge avec un bel autel de marbre blanc, dont le bas-relief de la face représente l’adoration des mages. Au-dessus de l’autel est placée, dans une niche, une belle statue de la Mère de Dieu. La chapelle de gauche est sous le vocable du Sacré-Cœur ; l’autel est de pierre blanche et, sur le devant, sont sculptées trois scènes de la vie du Christ : Jésus rencontre sa mère, la Crucifixion, le Christ au milieu des disciples d’Emmaüs. Au bas de la petite nef de droite on a placé sur un piédestal la statue de saint Antoine de Padoue.

Portail de Saint-Pierre de Vaise.

L’église est abondamment éclairée par de nombreux vitraux, grisailles sans sujet, sauf les verrières suivantes. Dans les transepts se trouvent deux rosaces. L’une représente des scènes de la vie de la Sainte Vierge : Marie enfant, la Vierge au Temple, son Mariage, l’Annonciation, la Visitation, la Fuite en Égypte, l’Assomption et le Couronnement de la Vierge. La seconde rosace offre des scènes de la vie de Notre-Seigneur : la Cène, le Crucifiement, le Sacré-Cœur et l’Apparition à Marguerite-Marie. Au fond des petites nefs deux autres vitraux : saint Michel terrassant le dragon et le Baptême du Christ par saint Jean-Baptiste.

Dans le transept se trouvent deux œuvres d’art qu’il importe de signaler. À droite, la Visitation, peinture d’Adrien Dassier, datant de 1667. Au centre, la Vierge, de profil à droite, en tunique rouge, manteau bleu et voile jaune, est reçue par sainte Élisabeth qui descend un perron, vêtue d’une tunique bleue, d’un manteau rose et d’un voile blanc et qui pose la main gauche sur la Vierge. À gauche, au second plan, Zacharie en tunique bleue et manteau rose, barbe et cheveux blancs, se retourne vers la gauche et donne la main à saint Joseph, vêtu de violet avec un manteau rouge, la barbe et les cheveux châtains. Dans le ciel, trois anges volent sur les nuages, celui du centre répand des fleurs. Dans l’autre transept beau tableau, xviie siècle, de la Crucifixion. Le Christ est fixé à la croix ; la Vierge est debout vue de profil les mains jointes, vêtue d’une tunique jaunâtre et d’un manteau bleu cachant un voile blanc ; saint Jean est également debout, la tête penchée, en tunique verte et manteau rouge. Au fond, les édifices d’une ville se détachent sur un coucher de soleil.

BIBLIOGRAPHIE DU CHAPITRE XI

GRANDS-CARMES ET SAINT-MARCEL

Relation de ce qui s’est passé à Lyon, dans l’église des r.r. p.p. Carmes déchavssez, au sujet de la solennité de la béatification du p. Jean de la Croix, premier Carme déchaussé et coadjuteur de s. Térèse dans la réforme de son ordre, déclaré bienheureux le 26 d’avril de l’année 1675, par n. s. p. le pape Clément X, avec l’abrégé de huit panégyriques prononcez pendant cette solennité. Lyon, Gauthepin, in-8°, 53 p., portr.

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VERBE-INCARNÉ, RECLUSERIE SAINTE-MADELEINE ET CHAPELLE DE LORETTE

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Boissieu, jésuite. La vie de la vénérable mère Jeanne-Marie Chezard de Matel, fondatrice et institutrice de la congrégation du Verbe-incarné et du Saint-Sacrement, par un p*** de la compagnie de Jésus. À Avignon, chez Girard et Seguin, 1743, in-8°, xxi-541 p.

Collombet (F.-Z.), Les Ursulines et le Verbe-Incarné, dans : Revue du Lyonnais, 1841, série I, t. XIX, p. 412-7.

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La vénérable mère Jeanne de Matel, fondatrice de l’ordre du Verbe-Incarné et du Très-Saint-Sacrement, sa vie, son esprit, ses œuvres ; par l’abbé P. G. Penaud, chanoine honoraire, supérieur du petit séminaire de Pelletin (Creuse) et du couvent du Verbe-Incarné d’Évaux. Paris, Lecoffre, 1883, in-8°, 2 vol., 4 f.-474 p., 3 f.-485 p.-1 f.

Circulaire du couvent du Verbe-Incarné de Lyon aux autres maisons, datée de Lyon, 27 mai 1888, relatant le décès et la biographie de l’abbé Antoine Galtier, fondateur du couvent. Lyon, Vitte et Perrussel, 1888, in-4°, 18 p.

ANCIENS CIMETIÈRES, SAINTE-MADELEINE DE LA GUILLOTIÈRE, LÉPROSERIE SAINT-LAZARE

Recueil de documents sur les cimetières de la ville de Lyon, publié par la voirie municipale. Lyon, Bellon, 1872, in-4°.

Extrait du Lyon médical, nos des 2, 9, 16 et 23 septembre 1906. Les anciens hôpitaux de Lyon, léproserie de la Madeleine, synonymes : maladrerie de la Madeleine, léproserie, maladrerie de la Guillotière, Saint-Lazare ; par le docteur Jules Drivon, médecin honoraire des hôpitaux. Lyon, F. Plan, 1906, in-8, 46 p.

Ancien cimetière des hospices de Lyon, dit cimetière de la Madeleine, 1695-1866, par le docteur J. Birot, dans : Bulletin historique du diocèse de Lyon, mars 1907, t. VI, p. 39-50. — Tirage à part : Lyon, E. Vitte, 1907, in-8, 12 p.

ADORATION PERPÉTUELLE DU SACRÉ-CŒUR OU SACRÉ-CŒUR DES CHARTREUX

Règles et constitutions des religieuses de l’Adoration perpétuelle du Sacré-Cœur de Jésus. L’ordre a été fondé en 1820 par le révérend père Léonard Furnion, missionnaire de Lyon et Madame veuve Choussy de Grand-Pré. — Manuscrit, xixe siècle, 207 p.-2 f.

Règles et constitutions des religieuses de l’Adoration perpétuelle du Sacré-Cœur de Jésus. Lyon, Vingtrinier, sans date, in-12, xii-209 p.

Chants latins à l’usage des élèves de l’Adoration perpétuelle du Sacré-Cœur. Lyon, Pitrat, 1877, in-16.

ŒUVRE DE LA CROIX

Œuvre de la Croix, pour les hommes atteints de plaies incurables, rapport présenté par les directrices de l’Hospice aux bienfaiteurs de l’œuvre. Lyon, A. Nouvellet, 1902, in-8, 11 p.

SAINT-GEORGES

L’esprit et règlemens de l’association des dames de Sainte-Françoise établie pour le soulagement des pauvres malades des paroisses de Sainte-Croix, Saint-Pierre-le-Vieux et Saint-Georges qui n’ont pas qualité à être revus à l’Hôtel-Dieu, et pour l’éducation des pauvres filles des trois paroisses. Lyon, Chabanne, 1716, in-12.

Pardon et indulgence à perpétuité concédée à la dévote confrérie de S. Claude, nouvellement rétablie dans l’église paroissiale, régulière et commenderie de S. George de Lyon, en l’année 1735. Lyon. Faucheux, 1772, in-12, grav.

Lyon ancien et moderne : par les collaborateurs de la Revue du Lyonnais, sous la direction de Léon Boitel, avec des gravures à l’eau-forte et des vignettes sur bois par H. Leymare. Lyon, Boitel, 1838-53, in-4°, 2 vol. — T. II, p. 73 et suiv., article de F.-Z. Collombet et Jouve sur Saint-Georges.

[Savy (C.)], De l’architecture religieuse à Lyon, d’après quelques constructions modernes ; église de la Demi-Lune, église de Saint-Georges. Extrait de la Revue du Lyonnais de juillet 1860. [Signé :] C. Vays. Lyon, Vingtrinier, in-8, 20 p.

Confrérie de la Bonne-Mort, établie dans l’église paroissiale de Saint-Georges de Lyon, sous le patronage de saint Joseph, de saint Roch et de saint Claude, ou association de fidèles réunis dans le but d’obtenir la préservation des maladies pestilentielles, des grâces pour les agonisants et les fidèles décédés et le bonheur de faire une sainte mort. Lyon, Nicolle, 1868, in-12, 12 p.

Vachet (abbé), Commanderie de Saint-Georges dans Revue du diocèse de Lyon, 1881, t. II, p. 53, 107, 190, 283.

BON-SECOURS

Manuel des sœurs de la congrégation de Notre-Dame de Bon-Secours. Lyon, J.-B. Pélagaud, 1852, in-32, 2 f.-460 p.

Histoire de la congrégation des sœurs de Notre-Dame de Bon-Secours de Lyon, gardes-malades, et de leur fondatrice ; par le p. Jobert, S. M. Bourg, Villefranche, 1888, in-16, xv-265 p., portr.

HOSPITALIERS-VEILLEURS

Règlements des hospitaliers de la ville de Lyon. Lyon, 1790, in-8. — Autres éditions en 1839, 1843, 1S50.

Association des hospitaliers, coutumier de l’œuvre des vieillards et adultes, réunis sous le vocable de saint Joseph et de saint Nicolas. Lyon, Nigon, 1844. in-8, 30 p.

Rapport fait à la société des Hospitaliers sur ses œuvres, année 1856, présidence de monseigneur l’archevêque de Turin. Lyon, Nigon, 1856, in-8°, 15 p. — Compte rendu annuel, 1856 à 1907.

SAINT-SÉBASTIEN

saint-Olive (P.), Donation de la chapelle Saint-Sébastien aux religieuses du couvent des Colinettes, dans : Revue du Lyonnais (1875), série III, t. XX, p. 134.

PETITES-SŒURS DES PAUVRES

Histoire des petites sœurs des pauvres, extrait de l’ouvrage intitulé : Les serviteurs de Dieu ; par Léon Aubineau. Lille, Lefort, sans date, in-12, 102 p.

Les petites sœurs des pauvres à Lyon. Novembre 1853. [Signé :] l’abbé Aug. Coudour. Lyon, Perrin, in-12, 46 p.

CINQ-PLAIES

Des cinq plaies sacrées de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; manuel de l’association des cœurs dévoués. Lyon, Perrin et Marinet, 1877, in-l8, 201 p.-1 f., grav.

Fournier (L.), Sœurs de France et de Pologne, ouvrage orné de sceaux et de blasons. Lyon, Paquet, 1905-6, in-8, 3 vol., xii-204 p.-2 f.,2 f.-108-l f.-xii pl.-3 f., 34 p.-4 f., blasons. — Traite aussi des Cinq-Plaies.