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Histoires incroyables (Palephate)/20

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CHAP. XX.

Cottus, Briarée et Gygès. (1).

On a dit que c’étaient des hommes dont chacun avait cent bras. Mais qui ne sent que c’est une folie ? Voici ce qu’il y a de vrai dans ce conte. Cent-bras était le nom de la ville qu’ils habitaient dans le canton nommé aujourd’hui l’Orestiade (2), et de là vint que l’on dit d’eux : « Cottus, Briarée et Gygès aux-cent-bras (ou des cent-bras) ont secouru les dieux et chassé les Titans de l’Olympe. »

(1) Le Scholiaste d’Apollonius de Rhodes (sur le v. 1165 du 1er livre des Argonautes, tom. 2, p. 96 de l’édit. de Schaëfer) nomme Aegæon au lieu de Cottus et en parle comme ne faisant qu’un avec Gygès et Briarée. Virgile (liv. X, v. 565) compare à cet Aegæon aux Cent-bras, Énée portant à la fois, de toutes parts, de terribles coups dans la mêlée Gygès est appelé Gyès dans Apollodore, comme on lisait dans la plupart des anciennes éditions d’Horace Centimanus Cyas (liv. 2, ode 17 v. 16) mais Lemaire a rétabli Gygès dans son édition d’Horace, comme on le lit aussi dans Hyginus (pr. p. 3, mythogr. lat. Van Staveren).

(2) Canton de l’Épire qui touche à la Macédoine. Strabon dit que c’est la contrée où se réfugia Oreste après avoir tué sa mère (lib. VII, p. 326, édit. in-fol. de Xylander. et Casaub., Par. 1620, fo) Tite-Live (liv. 33, chap. 34, tom. 6, p. 307, édit. de Lemaire) cite l’Orestiade, parmi les cantons de la Macédoine qui avaient les premiers abandonné la cause du roi et auxquels, par cette raison, Quinctius Flaminius permit de se régir par leurs propres lois. Pline, l’ancien (lib. IV, cap. X, tom. 2, pag. 270, de l’édit. de Lemaire) le cite aussi parmi les peuples de la Macédoine. Étienne de Byzance, au mot (Orestai) les rattache aux Molosses, peuplade de l’Épire. Quant à la ville de Cent-bras je ne l’ai trouvée dans aucun géographe.