Journal d’un bibliophile/La Collection Lambert

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Imprimerie « La Parole » limitée (p. 119-122).


LA COLLECTION LAMBERT[1]

Une œuvre à enrichir et à conserver.


La Collection Lambert comprend environ 4,000 ouvrages écrits par des Canadiens français, des Français, des Anglais ou des Américains, sur des sujets ayant uniquement trait à la race française en Amérique.

Les plus anciens volumes de la collection remontent au XVIe siècle.

On y trouve de tout : histoire, littérature, roman, revues et illustrations. Plusieurs de ces ouvrages, très précieux pour la documentation historique, s’achètent aujourd’hui à prix d’or ou sont pratiquement introuvables.

Le fait d’avoir réuni une semblable collection est déjà quelque chose de très considérable en soi, mais il y a mieux.

Tous ces ouvrages furent, en effet, collectionnés par un simple artisan franco-américain, ne possédant en fait de lettres que celles de la petite école primaire, mais doué par contre d’une rare intuition pour la valeur livresque et historique des pièces qu’il acquérait au prix des plus grands sacrifices.

Les volumes de la Collection Lambert dormaient donc au domicile de leur propriétaire, ignorés de tous, exposés au feu, enfouis dans des caisses et des armoires, lorsqu’il vint à l’idée des directeurs de l’Association Canado-Américaine de les tirer de l’ombre pour les offrir à la curiosité des chercheurs, à l’esprit des historiens et des journalistes, à la connaissance des membres de la Société eux-mêmes.

Désireux de son côté de faire profiter ses compatriotes de ses recherches, M. Lambert consentit à engager des pourparlers en vue de la vente de sa bibliothèque, à sacrifice.

La transaction ne traîna guère et la Collection Lambert est maintenant la propriété de l’Association Canado-Américaine, à l’abri dans ses voûtes de sûreté.

Un premier classement a été opéré en attendant le catalogue définitif ; une salle de lecture a été aménagée dont les murs s’ornent des compositions de Massicotte, bref, la Collection Lambert est maintenant à la disposition de quiconque veut la consulter. M. Henri d’Arles, officier d’Académie, auteur du savant ouvrage sur l’Acadie, et M. l’abbé Georges Courchesne, docteur en théologie, principal de l’École Normale de Nicolet, ont exprimé leur opinion sur la valeur intrinsèque de la Collection Lambert. Leur jugement équivaut à celui d’experts.

Quantité d’autres ont tenu un langage non moins élogieux.

C’est l’intention des directeurs de l’Association Canado-Américaine de continuer à enrichir cette bibliothèque non seulement par l’achat des volumes qui paraissent au jour le jour et par l’abonnement aux revues, mais par l’acquisition de tout ouvrage, correspondance, manuscrit de quelque valeur historique.

On fera relier les collections à mesure qu’elles se compléteront.

Ceci, on le conçoit, ne va pas sans finances. Et celles dont dispose l’Association Canado-Américaine pour des œuvres de ce genre sont limitées.

Aussi, le Comité chargé de la conservation de la Collection Lambert a-t-il décidé de demander quelques souscriptions à nos compatriotes du Canada et des États-Unis.

Quiconque fera une offrande aura son nom inscrit au Livre d’Or de la Collection Lambert, recevra le catalogue dès son apparition et sera libre de consulter les ouvrages de la bibliothèque soit personnellement, soit par l’intermédiaire du conservateur, en lui écrivant.

Dans l’espoir que cet appel sera entendu, parce qu’il s’agit en somme d’une oeuvre de conservation historique et quasi nationale, nous demeurons,


Vos tous dévoués,

Pour l’Association Canado-Américaine,
LE COMITÉ DE LA COLLECTION LAMBERT :
J.-E. Lachance.
Henri Langelier.
Adolphe Robert.


Lambert - Journal d'un bibliophile, 1927, page 111.jpg
LA COLLECTION LAMBERT
  1. Extrait du « Canado-Américain » de Manchester. 25 novembre 1919.
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