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L’École de la paix sociale/16

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Alfred Mame et fils (p. 55-58).


§ 16

PRÉCIS DE LA BIBLIOTHÈQUE SOCIALE
L’histoire, l’enseignement et la pratique de l’École.


Arrivé au terme de cette brochure, je crois pouvoir comme conclusion en présenter le résumé suivant :

Depuis les premiers âges de l’humanité, le bien-être fondé sur la paix a été seulement acquis à deux sortes de races humaines.

Les premières constituent les sociétés heureuses et simples où le Décalogue est enseigné

aux enfants et pratiqué dans la famille, sous l’autorité du père et de la mère.

Les secondes constituent les sociétés prospères et compliquées, où les deux époux, en raison même de la complication du travail qui procure la subsistance, deviennent, pour la plupart, incapables de remplir leur double devoir d’enseignement et de contrainte. Ce devoir est alors confié à deux corps publics. Le premier comprend « les ministres de la religion », chargés d’enseigner le Décalogue aux enfants et aux hommes faits. Le second est formé par « les ministres de la souveraineté », chargés de punir les attentats qui violent les prescriptions du Décalogue et déchaînent la discorde entre les individus et les familles.

Au fond, ces deux organisations sociales ont pour base principale l’obéissance au pouvoir suprême, formulé par les trois premiers commandements du Décalogue. En d’autres termes, la paix sociale a été toujours dans le passé assurée par la croyance en Dieu et par le culte qui lui est rendu, soit seulement dans les foyers domestiques, soit en outre dans les établissements publics, institués pour cet usage.

En ce qui me concerne, je m’explique par la nature exceptionnelle de l’homme l’origine de ce régime traditionnel des sociétés. Au contraire, certains savants, qui admirent la prospérité que procurent à plusieurs sociétés contemporaines les récentes découvertes des sciences physiques, ne voient plus dans cette tradition qu’un fait momentané. Ils continuent toutefois à affirmer la nécessité de la loi morale ; mais ils réduisent cette loi aux six derniers commandements du Décalogue et, en conséquence, voient exclusivement dans le pouvoir de l’État le principe de la souveraineté, Ils concluent donc que les sociétés prospéreront dans revenir, sans le concours de Dieu et de l’autorité paternelle.

Cette conclusion est aujourd’hui en Europe la principale cause de discorde. L’École de la paix en démontre l’erreur et le danger. Sans doute la nature divine, étant de l’ordre immatériel, ne peut être constatée par la méthode d’observation propre aux sciences physiques ; mais l’efficacité de la part faite à Dieu dans les affaires humaines reste démontrée par tous les faits de l’histoire, et elle s’explique clairement par les défaillances de l’homme. Notre École reconnaît, à la vérité, que l’utilité de la religion a été souvent compromise dans le passé par la défaillance de ses ministres ; mais elle l’a été plus encore par la corruption des ministres de la souveraineté et des agents préposés au contrôle des affaires de l’État.

Dans cette situation, l’École conclut à la conservation du régime traditionnel de l’humanité. Toutefois elle réunit, dès à présent, en un corps spécial les savants de bonne volonté qui se vouent à la culture des sciences d’observation et en appliquent la méthode à la science sociale. Ce corps ne prétend point remplacer les deux corps publics qui, dans les sociétés compliquées, président à l’enseignement et à la pratique de la loi morale. Loin de là, il constitue, devant ces derniers, un auxiliaire respectueux pour la propagation des vérités mises en lumière par l’observation des faits sociaux, et pour la réfutation des erreurs contemporaines affirmées au nom d’une science fausse ou incomplète.

Un de nos moyens les plus efficaces pour convaincre les esprits sincères est de les convier à chercher avec nous si le présent ou le passé nous montrent une race d’hommes qui ait su être heureuse ou prospère sans le concours de Dieu et de son délégué, le père de famille.

Tant qu’elle n’aura pas trouvé une telle race, l’École de la paix sociale restera attachée aux traditions qui, jusqu’à l’époque actuelle, ont assuré aux sociétés humaines le bonheur et la prospérité.