L’Église chrétienne (Renan)/XXV. La lutte à Rome

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Calmann Lévy (p. 480-494).


CHAPITRE XXV.


LA LUTTE À ROME. — MARTYRE DE SAINT JUSTIN. — FRONTON.


Des scènes désolantes se passaient de tous les côtés, par suite d’une législation vicieuse, sous le règne du meilleur des souverains. Les condamnations à mort et les dénis de justice se multipliaient. Les chrétiens souvent avaient des torts. La sévérité, l’ardent amour du bien qui les animaient les entraînaient parfois hors des limites de la modération et les rendaient odieux à ceux qu’ils censuraient. Le père, le fils, le mari, l’épouse, le voisin, irrités contre ces surveillants austères, s’en vengeaient par des dénonciations[1].

D’atroces calomnies étaient la conséquence de ces haines accumulées. C’est vers ce temps que des bruits jusque-là inconsistants prennent du corps et constituent une opinion enracinée. Le mystère des réunions chrétiennes, la mutuelle affection qui régnait dans l’Église, donnèrent naissance aux imaginations les plus folles[2]. On crut à une société secrète, à des secrets connus des seuls adeptes, à une honteuse promiscuité, à des amours contre nature. Les uns parlaient de l’adoration d’un Dieu à tête d’âne, les autres d’ignobles hommages rendus au prêtre. Un récit qui avait généralement cours était celui-ci : « On présente à celui qu’on initie un enfant couvert de pâte, pour enhardir peu à peu sa main au meurtre. Le novice frappe, le sang coule, tous boivent avidement, se partagent les membres palpitants, cimentent ainsi leur alliance par la complicité et s’engagent à un silence absolu. Puis on s’enivre, les flambeaux se renversent, et, dans les ténèbres, tous se livrent à de hideux embrassements[3] ». Rome était une ville très-cancanière ; une foule de nouvellistes et de bavards étaient à l’affût des nouvelles bizarres. Ces contes ineptes se répétaient, passaient pour être de notoriété publique, se traduisaient en outrages et en caricatures[4]. Ce qu’il y eut de grave, c’est que, dans les procès auxquels ces accusations donnèrent lieu, on mit à la question quelques esclaves des maisons chrétiennes, des femmes, des jeunes garçons, qui, vaincus par les tourments, dirent tout ce que l’on voulut et prêtèrent un fondement juridique à des inventions odieuses[5].

Les calomnies, du reste, étaient réciproques, et les chrétiens rétorquaient contre leurs adversaires les mensonges inventés contre eux. Ces repas sanglants, ces orgies, c’étaient les païens qui les pratiquaient. Leurs dieux ne leur avaient-ils pas donné l’exemple de tous les vices ? Dans quelques-uns des rites les plus solennels du culte romain, dans les sacrifices à Jupiter Latiaris, ne faisait-on pas des aspersions de sang humain[6] ? Le fait était inexact ; il n’en devint pas moins une des bases de l’apologétique chrétienne[7]. L’immoralité des dieux du vieil Olympe offrait aux controversistes un facile triomphe[8]. Quand Jupiter n’était que le ciel bleu, il était immoral comme la nature, et cette immoralité était sans conséquence. Mais maintenant la morale était devenue l’essence de la religion ; on demandait aux dieux des leçons d’honnêteté bourgeoise ; des exemples comme ceux dont la mythologie était pleine paraissaient des scandales et des objections irréfutables.

C’étaient surtout les discussions publiques entre les philosophes et les apologistes qui aigrissaient les esprits et amenaient les plus graves inconvénients. On s’y insultait, et malheureusement la partie n’était pas égale. Les philosophes avaient une sorte de position officielle et de fonction d’État ; ils touchaient un traitement pour faire profession d’une sagesse qu’ils ne prêchaient pas toujours par leurs exemples[9]. Ils ne couraient aucun risque, et ils avaient le tort de faire sentir à leurs adversaires que d’un mot ils pouvaient les perdre. Les chrétiens, de leur côté, raillaient les philosophes sur le traitement qu’ils touchaient. C’étaient des plaisanteries fades, analogues à celles qu’on a vues se produire de nos jours contre les philosophes salariés. « Ne pourraient-ils pas, se disait-on, porter leur barbe gratis[10] ». On affectait de croire qu’ils roulaient sur l’or, on les traitait d’avares, de parasites ; on opposait leurs doctrines sur la nécessité de savoir se passer de tout à leur genre de vie, qui paraissait de l’opulence à des gens encore plus pauvres qu’eux[11].

L’ardent Justin était à la tête de ces bruyantes batailles, où nous le voyons secondé vers la fin de sa vie par un disciple encore plus violent que lui, l’Assyrien Tatianus, âme sombre, pleine de haine contre l’hellénisme. Né païen, il fit des études littéraires assez étendues, et tint école publique de philosophie, non sans y obtenir une certaine réputation[12]. Doué d’une imagination maladive, Tatien voulait avoir des idées claires sur des choses que la destinée de l’homme lui interdit de savoir. Il parcourut, comme son maître Justin, le cercle des religions et des philosophies existantes, fit des voyages, voulut être initié à tous les prétendus secrets religieux, écouta les diverses écoles. L’hellénisme le blessa par son apparente légèreté morale. Dénué de tout sentiment littéraire, il était incapable d’en comprendre la divine beauté. Les Écritures des Hébreux eurent seules le privilège de le satisfaire. Elles lui plurent par leur sévère moralité, leur ton simple, assuré, par leur caractère monothéiste et par la façon péremptoire dont elles écartent, au moyen du dogme de la création, les curiosités inquiètes de la physique et de la métaphysique[13]. Son esprit étroit et lourd avait trouvé ce qu’il lui fallait. Devenu chrétien, il rencontra dans saint Justin le docteur le mieux fait pour comprendre sa philosophie passionnée[14] ; il s’attacha profondément à lui, et fut en quelque sorte son second dans les luttes qu’il soutenait contre les sophistes et les rhéteurs.

Leur contradicteur ordinaire était un philosophe cynique nommé Crescent[15], personnage, ce semble, assez méprisable, qui s’était fait une position à Rome par son apparence ascétique et par sa longue barbe. Ses déclamations contre la crainte de la mort ne l’empêchaient pas de menacer souvent Justin et Tatien de les dénoncer : « Ah ! tu avoues donc que la mort est un mal ! » lui disaient-ils alors assez spirituellement. Certes, Crescent avait tort d’abuser ainsi de la protection de l’État contre ses adversaires. Mais il faut avouer que Justin n’y mettait pas les égards désirables. Il traitait ses adversaires de goinfres et d’imposteurs[16] ; il avait tort surtout de leur reprocher le traitement qu’ils touchaient. On peut être pensionné, sans être pour cela un homme avare et intéressé. Un fait qui se passa vers le même temps à Rome montra combien il est dangereux d’opposer la persécution au fanatisme, même quand le fanatisme est agressif et taquin[17].

Il y avait à Rome un très-mauvais ménage, où le mari et la femme semblaient rivaliser d’infamie. La femme fut convertie au christianisme par un certain Ptolémée, abandonna ses désordres, fit tous ses efforts pour convertir son mari, et, n’y réussissant pas, songea au divorce. Elle craignait d’être complice des impiétés de celui à qui elle demeurait unie par la société d’une même table et d’un même lit. Malgré les conseils de sa famille, elle lui envoya les significations voulues par la loi, et quitta la maison conjugale. Le mari protesta, intenta une action, alléguant que sa femme était chrétienne. La femme obtint des délais. Le mari irrité tourna, comme il était naturel, toute sa colère contre Ptolémée.

Il réussit à le faire arrêter par un centurion de ses amis, à qui il persuada de lui demander simplement s’il était chrétien. Ptolémée en convint et fut mis en prison. Après une très-dure détention, il fut conduit devant Quintus Lollius Urbicus, préfet de Rome. Nouvel interrogatoire, nouvel aveu. Ptolémée est condamné à mort. Un chrétien nommé Lucius, présent à l’auditoire, interpelle Urbicus : « Comment peux-tu condamner un homme qui n’est ni adultère, ni voleur, ni homicide, qui n’a d’autre crime que de s’avouer chrétien ? Ton jugement est bien peu d’accord avec la piété de notre empereur et avec les sentiments du Philosophe, fils de César[18]. ». Lucius s’étant avoué chrétien, Urbicus le condamna également à mort. « Merci, répondit Lucius ; grâce à toi, je vais échanger des maîtres méchants pour un père, le roi du ciel. » Un troisième assistant fut saisi de la même fureur contagieuse de martyre. Il se proclama chrétien et fut joint pour le supplice aux deux précédents[19].

Justin fut extrêmement ému de ce drame sanglant. Tant que Lollius Urbicus fut préfet de Rome, il ne put protester ; mais, dès que cette fonction fut passée à un autre, Justin adressa au sénat une nouvelle apologie. Sa position à lui-même devenait difficile. Il sentait le danger d’avoir pour ennemi un homme comme Crescent, qui, d’un mot, pouvait le perdre. C’est avec le pressentiment d’une mort prochaine qu’il rédigea cet éloquent plaidoyer contre la situation exceptionnelle faite aux chrétiens[20].

Il y a quelque chose de hardi dans l’attitude que prend un philosophe obscur devant le corps puissant que les provinciaux n’appelaient jamais autrement que hiéra synclétos, « la sainte assemblée ». Justin rappelle ces orgueilleux au sentiment de la justice et de la vérité. L’éclat de leur prétendue dignité peut leur faire illusion ; mais, qu’ils le veuillent ou ne le veuillent pas, ils sont les frères et les semblables de ceux qu’ils persécutent[21]. Cette persécution est la preuve de la vérité du christianisme. Les meilleurs parmi les païens ont de même été persécutés, par exemple, Musonius ; mais quelle différence ! Tandis que Socrate n’a pas eu un seul disciple qui se soit fait tuer pour lui, Jésus a une foule de témoins, artisans, gens du peuple, aussi bien que philosophes et gens de lettres, qui pour lui s’offrent à la mort[22].

On doit regretter que quelques-uns des hommes éclairés dont se composait alors le sénat n’aient pas médité ces belles pages. Peut-être en furent-ils détournés par d’autres passages moins philosophiques, en particulier par l’absurde démonomanie qui éclate à chaque page. Justin provoque ses lecteurs à constater un fait notoire, c’est qu’on apporte aux chrétiens les possédés que les exorcistes païens n’ont pu guérir[23]. Il tient cela pour une preuve décisive des feux éternels, où les démons seront un jour punis avec les hommes qui les auront adorés. Une page qui dut choquer tout à fait ceux que Justin voulait convertir est celle où, après avoir établi que les mesures violentes de la législation romaine contre le christianisme sont l’œuvre des démons, il annonce que Dieu va bientôt venger le sang de ses serviteurs, en anéantissant le pouvoir des génies du mal et en consumant tout le monde par le feu (idée que les pires des scélérats exploitaient pour le désordre et le pillage[24]). Si Dieu diffère, dit-il, c’est uniquement pour attendre que le nombre des élus soit complet. Jusque-là, il souffrira que les démons et les hommes méchants fassent tout le mal qu’ils veulent[25].

Ce qui montre bien quelle dose de simplicité d’esprit Justin joignait à sa rare sincérité, c’est la requête par laquelle il finit son apologie. Il demande qu’on donne à son écrit une approbation officielle, afin de redresser l’opinion en ce qui concerne les chrétiens[26]. « Au moins, dit-il, une telle publicité aurait-elle moins d’inconvénients que celle que reçoivent tous les jours les farces sotadiennes, philéniennes[27], les ballets, les livres épicuriens et autres compositions du même genre, qui se représentent ou se lisent avec une entière liberté. » On sent déjà combien le christianisme se montrera favorable à l’exercice le plus immodéré de l’autorité, quand cette autorité lui sera dévouée.

Justin nous touche davantage, quand il regarde la mort avec impassibilité.


Je m’attends bien, dit-il, à me voir quelque jour dénoncé et mis aux ceps par les gens que j’ai dits, au moins par ce Crescent, plus digne d’être appelé ami du bruit et du faste qu’ami de la sagesse, qui s’en va chaque jour attestant de nous ce qu’il ignore, nous accusant en public d’athéisme et d’impiété, pour gagner la faveur d’une multitude abusée. Il faut qu’il ait l’âme bien méchante pour nous décrier ainsi, puisque même l’homme d’une moralité ordinaire se fait conscience de porter un jugement sur les choses qu’il ne sait pas. S’il prétend qu’il est parfaitement instruit de notre doctrine, il faut que la bassesse de son esprit l’ait empêché d’en comprendre la majesté. S’il l’a bien entendue, rien ne peut l’obliger à la décrier si ce n’est la peur de passer lui-même pour chrétien… Sachez, en effet, que, lui ayant proposé quelques questions sur ce sujet, j’ai reconnu clairement et je l’ai même convaincu qu’il n’y entendait rien. Et, pour montrer à tout le monde que ce que je dis est véritable, je déclare que, si vous n’avez pas encore eu connaissance de cette dispute, je suis prêt à la recommencer en votre présence. Ce serait là une œuvre vraiment royale[28]. Que si vous avez vu les questions que je lui ai proposées et les réponses qu’il y a faites, vous ne pourrez douter de son ignorance ou de son peu d’amour de la vérité[29].


Les prévisions de saint Justin ne se justifièrent que trop. Crescent dénonça celui qu’il devait se borner à réfuter, et le courageux docteur fut mis à mort[30]. Tatien échappa aux embûches du cynique. On ne peut assez regretter, pour la mémoire d’Antonin (ou, si l’on veut, de Marc-Aurèle), que l’avocat courageux d’une cause qui était alors celle de la liberté de conscience ait souffert le martyre sous son règne. Si Justin appela son rival « imposteur » ou « écornifleur », comme nous l’apprend Tatien, il méritait la peine correctionnelle qu’entraîne le délit d’injures proférées en public. Mais Crescent ne fut peut-être pas moins injurieux, et le fut impunément. Justin se vit donc frappé comme chrétien. La loi était formelle et les conservateurs de la chose romaine hésitaient à l’abroger. Combien de précurseurs de l’avenir ont souffert également sous le règne du juste et pieux saint Louis !

Les attaques de Crescent n’étaient pas un fait isolé. Au ier siècle, des hommes très-instruits purent ignorer le christianisme ; maintenant, cela n’est plus possible. Tout le monde a un avis dans la question. Le premier rhéteur du temps, L. Cornélius Fronton, écrivit certainement une invective contre les chrétiens[31]. Ce discours est perdu ; nous ignorons dans quelles circonstances il fut composé ; mais on peut s’en faire quelque idée par celui que Minucius Félix met dans la bouche de son Cæcilius. L’ouvrage n’était pas, comme celui de Celse, consacré à la discussion exégétique ; ce n’était pas non plus un écrit de philosophie. C’étaient des considérations d’homme du monde et de politique[32]. Fronton admettait sans examen les bruits les plus calomnieux contre les chrétiens, il croyait ou affectait de croire ce que l’on racontait de leurs mystères nocturnes, de leurs repas sanglants[33]. Très-honnête homme, mais homme officiel, il avait horreur d’une secte de déclassés. Satisfait d’une sorte de croyance vague à la Providence, qu’il associait bizarrement à une dévotion polythéiste[34], il était pour la religion établie, non qu’il la prétendît vraie, mais parce qu’elle était ancienne et faisait partie des préjugés d’un vrai Romain. Nul doute que, dans sa déclamation, il ne se plaçât au point de vue du patriotisme, pour prêcher le respect dû aux institutions nationales, et qu’il ne s’élevât, en conservateur zélé, contre la folle prétention de gens illettrés et de petite condition, aspirant à réformer les croyances. Peut-être terminait-il par une ironie contre l’impuissance de ce Dieu unique, qui, trop occupé pour bien gouverner toute chose, abandonnait ses adorateurs aux supplices, et par quelques railleries sur la résurrection de la chair[35].

Le discours de Fronton n’alla qu’aux lettrés ; Fronton rendit un bien plus mauvais service au christianisme en inculquant ses idées à l’élève illustre qu’il formait avec tant de soin et qui devait s’appeler Marc-Aurèle.

  1. Justin, Apol. II, 1. Comparez ci-dessus, p. 406, 417.
  2. « Latebrosa et lucifuga natio, in publicum muta, in angulis garrula. » Min. Fel., 8. V. ci-dessus, p. 307, 373 et suiv.
  3. Justin, Apol. II, 12, 14 ; Athénagore, 4 ; Min. Félix, 9, 28, 31. Comp. Lettre des Églises de Lyon et de Vienne, 14.
  4. V. l’Antechrist, p. 39 et suiv.
  5. Justin, Apol. II, 12 ; Lettre des Égl., 14.
  6. Justin, Apol. II, 12.
  7. Minucius Félix, 21, 30 ; Tertullien, Apol., 9 ; Scorp., 7 ; Tatien, 29 ; Théophile, III, 8 ; Saint Cyprien (?), De spect., 6 ; Lactance, Inst., I, xi, 3 ; Firmicus Maternus, 26 ; Prudence, Contre Symm., I, 396. Ce fait n’est mentionné par aucun écrivain païen, si ce n’est par Porphyre (De abstin., II, 56), qui semble le répeter d’après les chrétiens.
  8. Justin, Apol. II, 12, 14.
  9. Tatien, Adv. Gr., 19 ; Dig., XXVII, i, 8 ; Capit., Ant., 11.
  10. Comp. Lucien, Eunuch., 8, 9.
  11. Tatien, l. c. Cf. Arrien, Epict., III, xxii, 80, 98.
  12. Tatien, Adv. Gr., 1 : Eusèbe, H. E., IV, 16.
  13. Tatien, Adv. Gr., 1, 28, 29.
  14. Tatien, 18, 19.
  15. Justin, Apol. II, 3 ; Tatien, Adv. Gr., 19 ; Eusèbe, H. E., IV, 16 ; Chron., année 15 ou 17 d’Ant., en observant qu’un homme aussi haineux que Tatien n’a pas dû s’interdire la calomnie contre un tel adversaire.
  16. Λίχνους καὶ ἀπατεῶνας. Tatien, Adv. Gr., 19.
  17. Justin, Apol. II. L’authenticité de cet ouvrage a été mise en doute pour des raisons insuffisantes. On a généralement admis, sur l’autorité d’Eusèbe, que la seconde apologie fut écrite sous Marc-Aurèle. Mais les §§ 2 et 15 se rapportent mieux à Antonin (cf. Apol. I, 1). Lollius Urbicus devint préfet de Rome vers 155 et garda cette fonction jusqu’en 160. Il ne l’occupait plus à l’avènement de Marc-Aurèle et de Lucius Verus (Noël Desvergers, Essai sur Marc-Aurèle, p. 54, et dans Aubé, saint Justin, p. 30-33, 68 et suiv. ; Cavedoni, Cenni, Modène, 1855 et 1858, Sentenza diffinitiva, ibid., 1856 ; Borghesi, Œuvres, VIII, p. 585 et suiv. (cf. 503 et suiv.) Les deux ἐπὶ Οὐρϐίκου du § 1 portent à croire que Urbicus n’était plus préfet de Rome quand Justin écrivit.
  18. C’est-à-dire de Marc-Aurèle qui était associé à l’empire depuis 147. Il y a ici quelque difficulté. Voir ci-dessus, p. 368, la suscription de la première apologie. Nous croyons que l’exclamation de Lucius ne doit pas être prise trop à la lettre. Peut-être faut-il répéter οὐδέ avant Καίσαρος παιδί.
  19. Justin, Apol. II, 2. Comp. Acta Pauli et Theclæ, 16.
  20. Apol. II. Comp. Eus., H. E., IV, 16, 17, 18.
  21. Apol. II, 1.
  22. Apol. II, 8, 10.
  23. Ibid., 6.
  24. Jules Capitolin, Marc-Aurèle, 13.
  25. Apol. II, 7, 8.
  26. Apol. II, 14.
  27. Écrits obscènes.
  28. Justin s’adresse aux empereurs en même temps qu’au sénat. Cf. § 15, les derniers mots. Voyez Eusèbe, H. E., IV, ch. 17.
  29. Apol. II, 3.
  30. Apol. II, 3, 11 ; Tatien, Adv. Græc., 19 ; Irénée, I, xxviii, 1 ; Eusèbe, H. E., IV, 16 ; Chronique, p. 170, 171, Schœne ; Chronique d’Alex., à l’an 165. Tatien, Irénée, Tertullien nous assurent que Justin mourut martyr. Quant aux Actes de son martyre, ils sont de seconde main et sans valeur. Il est même douteux s’ils s’appliquent à notre docteur. Junius Rusticus n’est mêlé à cette affaire que par les Actes et par saint Épiphane (xlvi, 1), qui copie en cela les Actes. La mort de Justin dut suivre de près la dispute avec Crescent et la composition de la deuxième apologie. (Apol. II, 3 ; Eusèbe, l. c.) On ignore si ce fut dans les derniers mois d’Antonin ou dans les premiers de Marc-Aurèle. Voir Pearson, cité ci-dessus, p. 453, note. Nous avons vu, à propos de Polycarpe, qu’Eusèbe a une certaine tendance à placer sous Marc-Aurèle des martyres qui eurent lieu sous Antonin.
  31. Minucius Félix, 9, 31. C’est lui qui est désigné par l’expression Cirthensis noster. Fronton était né à Thibilis. De nombreuses inscriptions attestent encore aujourd’hui l’importance que la famille des Frontons eut dans la région de Cirtha. L. Renier, Journal officiel, 26 juin 1878 ; Inscr. rom. de l’Alg., n° 2717 ; Orelli, n° 1176.
  32. Ut Orator. Min. Fél., 31.
  33. Minucius Félix, endroits cités.
  34. Lettres de Fronton, V, 25, etc.
  35. Discours de Cæcilius, précité.