L’Antoniade/Le Repos contemplatif

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Le Repos Contemplatif.

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Chanter, c’est servir Dieu ; c’est animer son frère
Dans l’exil et la lutte. — Adorer, contempler,
C’est faire ce que font les élus dans la sphère,
Où notre âme affranchie un jour doit s’envoler.

Le repos est fertile à qui dort dans le temple,
À qui médite en paix sous l’aile du Seigneur ;
Le repos est fertile à qui veille et contemple,
Dans l’ombre où vient pleurer l’Ange de la douleur !

Le repos est fertile à qui prie et se voile,
Dans ce siècle de bruit, de tumulte et d’éclat ;
À qui brille à l’écart, comme une chaste étoile,
Sauvé de son atteinte et de son souffle ingrat !

Dans ce siècle agité, le repos est fertile
À qui s’endort en paix sous l’aile du Seigneur ;
À qui puise l’amour au céleste Évangile,
Dans l’ombre où vient pleurer l’Ange de la douleur !


Le repos est fertile à qui s’isole et prie ;
À qui jeûne au désert, à qui souffre à l’écart ;
Le repos dans l’amour, c’est la part de Marie,
Et la part de Marie est la meilleure part !

Le repos est fertile… et cependant, qu’entends-je ?
Un reproche du monde, aveugle et sans merci ;
Un reproche insultant, dont s’étonne mon Ange,
Comme si de son front l’astre était obscurci !

Un reproche qui vient troubler la solitude,
Où j’achève sans bruit mon Poème sacré,
Où dans l’ardent repos, la prière et l’étude,
À cette œuvre d’amour je me suis préparé !

Ô monde accusateur ! apprends à me connaître ;
Avant de m’accuser, interroge mes pleurs ;
En mon asile étroit que ton regard pénètre ;
Qu’il contemple les fruits, éclos de mes douleurs !

Chanter, c’est servir Dieu ; c’est animer son frère
Dans l’exil et la lutte. — Adorer, contempler,
C’est faire ce que font les élus dans la sphère,
Où notre âme affranchie un jour doit s’envoler !


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