L’Encyclopédie/1re édition/ALLIAIRE

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 284).
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* ALLIAIRE, s. f. plante dont la racine menue, ligneuse, blanche, sent l’ail. Ses tiges sont d’une coudée & demie, grêles, un peu velues, cylindriques, cannelées, solides. Ses feuilles sont d’abord arrondies comme celles du lierre terrestre : mais elles sont bien plus amples. Bien-tôt après, elles deviennent pointues. Elles sont crenelées tout autour, d’un verd pâle, lisses, portées sur de longues queues fort écartées l’une de l’autre, placées alternativement & sans aucun ordre ; elles ont l’odeur & la saveur de l’ail. Ses fleurs sont nombreuses, placées à l’extrémité des tiges & des ramaux, en forme de croix, composées de quatre pétales blancs. Le pistil qui s’éleve du calice se change en un fruit membraneux, cylindrique, en siliques partagées intérieurement en deux loges par une cloison mitoyenne, à laquelle sont attachés deux panneaux voutés. Ces loges sont pleines de graines oblongues, arrondies, noires, nichées dans les fosses de la cloison mitoyenne. Toute la plante pilée a l’odeur d’ail. Elle naît dans les buissons & sur le bord des fossés, aux environs de Paris. Toutes ses parties sont d’usage.

Elle ronge un peu le papier bleu, ce qui prouve qu’elle contient un sel qui tient de l’ammoniac, mêlé avec beaucoup de soufre & de terre. Elle donne par l’analyse chimique, outre le phlegme acide, un sel volatil concret, du sel fixe très-lixiviel, beaucoup d’huile & de terre. On dit qu’elle est diurétique ; que sa graine est bonne pour les vapeurs, & que la poudre de ses feuilles guérit les ulceres carcinomateux.