L’Encyclopédie/1re édition/BITUME

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 267).

* BITUME, s. m. (Hist. nat.) matieres qui appartiennent toutes au regne minéral : elles sont inflammables, on les trouve dans la terre & dans les eaux sous diverses formes : on les divise en solides & en liquides. Les liquides sont le naphte ou pétrole, le pissasphalte ou poix minérale, &c. les solides sont le bitume de Judée, l’ambre-gris. l’ambre-jaune, le jayet, & le charbon de terre. Le pétrole & le pissasphalte se trouvent dans les eaux. Voyez Petrole & Pissasphalte. On tire les autres du sein de la terre Voy. Ambre, Jayet, Asphalte, &c. Quoiqu’ils soient tous d’une consistance assez dure, il est prouvé qu’ils ont commencé par être liquides, & qu’ils ne se sont durcis que par succession de tems. Il n’y a que les huiles qui puissent dissoudre les bitumes solides, & se mêler avec les bitumes liquides. Ils sont formés pour la plûpart naturellement, & presque sans aucun mêlange : quand il leur arrive d’être enveloppés de matieres étrangeres, il faut employer le secours de l’art pour les tirer des corps qui les contiennent. On met au rang des bitumes le soufre & les sucs arsénicaux, parce qu’ils en ont presque toutes les propriétés, & qu’ils sont d’une nature plus analogue au bitume qu’à tout autre corps. Voyez Arsenic & Asphalte.