L’Encyclopédie/1re édition/CAMPHRÉE

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 580).
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* CAMPHRÉE, s. f. camphorata, (Hist. nat. bot.) sa racine est ligneuse, longue, de la grosseur du pouce. Ses tiges sont nombreuses, ligneuses, un peu grosses, hautes d’une coudée, branchues, un peu velues, blanchâtres, garnies de nœuds placés alternativement, de chacun desquels il sort un grand nombre de petites feuilles, qui n’ont pas plus d’un tiers de pouce de long, menues, velues, médiocrement roides ; d’une odeur aromatique, & qui approche un peu du camphre quand on les frotte entre les doigts, d’une saveur un peu acre. Ses fleurs sont sans pétales, & composées de quatre étamines garnies de sommets de couleur de rose, qui s’élevent d’un calice d’une seule piece, de couleur d’herbe, partagé tantôt en trois parties, tantôt en cinq. Le pistil se change en une petite graine noire, oblongue, arrondie, cachée dans une capsule qui étoit le calice de la fleur. Cette plante vient communément dans la Provence & dans le Languedoc : elle est d’usage en Médecine.

Lobel la dit astringente & vulnéraire : M. Burlet, Mém. de l’Acad. 1703. lui attribue la vertu d’exciter les urines, les sueurs, la transpiration, & les regles ; de lever les obstructions récentes des visceres ; d’être salutaire dans les maladies chroniques ; de soulager sur-tout dans l’asthme humide, & dans l’hydropisie où il n’y a ni chaleur ni altération : il en faut faire un long usage, & se purger de tems en tems. On la prend en décoction dans de l’eau, ou macérée dans le vin. On peut la prendre infusée comme le thé ; elle échauffe beaucoup, & il en faut user avec précaution.