L’Encyclopédie/1re édition/CAPIGI

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 627).
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CAPIGI, s. m. (Hist. mod.) portier du sérail du grand-seigneur. Il y a dans le sérail environ cinq cents capigis ou portiers partagés en deux troupes : l’une de trois cents, sous un chef appellé capigi-bassa, qui a de provision trois ducats par jour ; & l’autre de deux cents appellés cuccicapigi, de leur chef cuccicapigi-bassi, qui a deux ducats d’appointement. Les capigis ont depuis sept jusqu’à quinze aspres par jour, l’un plus, l’autre moins. Leurs fonctions sont d’assister avec les Janissaires à la garde de la premiere & de la seconde porte du sérail, quelquefois tous ensemble, comme quand le Grand-seigneur tient conseil général, qu’il reçoit un ambassadeur, ou qu’il va à la mosquée ; & quelquefois ils ne gardent qu’une partie, & se rangent des deux côtés, pour empêcher que personne n’entre avec des armes, ou ne fasse du tumulte, &c.

Ce mot dans son origine signifie porte. Voyez Sérail. (G)

Capigi-Bachi, s. m. (Hist. mod.) capitaine des portes, officier du serrail du Grand-seigneur. Les capigis-bachis sont subordonnés au capi-aga ou capou-agassi, & sont au nombre de douze ; leur fonction est de monter la garde deux à deux à la troisieme porte du sérail, avec une brigade de simples capigis ou portiers. Lorsque le Grand-seigneur est à la tête de son armée ou en voyage, six capigis-bachis marchent toûjours à cheval devant lui pour reconnoître les ponts ; ils y mettent pied à terre, attendent le sultan rangés à droite & à gauche sur sa route, & lui font une profonde révérence pour marquer la sûreté du passage. A l’entrée des tentes ou du sérail ils se mettent en haie à la tête de leur brigade. (G)