L’Encyclopédie/1re édition/CAPUCHON

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Texte établi par D’Alembert - Diderot,  (Tome 2p. 640).
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* CAPUCHON, s. m. (Hist. ecclés.) espece de vêtement à l’usage des Bernardins, des Bénédictins. &c. Il y a deux sortes de capuchons ; l’un blanc, fort ample, que l’on porte dans les occasions de cérémonie : l’autre noir, qui est une partie de l’habit ordinaire.

Le P. Mabillon prétend que le capuchon étoit dans son origine, la même chose que le scapulaire. Mais l’auteur de l’apologie pour l’empereur Henri IV. distingue deux especes de capuchon ; l’une étoit une robe qui descendoit de la tête jusqu’aux piés, qui avoit des manches, & dont on se couvroit dans les jours & les occasions remarquables ; l’autre, une sorte de camail pour les autres jours : c’est ce dernier qu’on appelloit proprement scapulaire, parce qu’il n’enveloppoit que la tête & les épaules. V. Scapulaire.

Capuchon, se dit plus communément d’une piece d’étoffe grossiere, taillée & cousue en cone, ou arrondie par le bout, dont les Capucins, les Récolets, les Cordeliers, & d’autres religieux mendians, se couvrent la tête.

Le capuchon fut autrefois l’occasion d’une grande guerre entre les Cordeliers. L’ordre fut divisé en deux factions, les freres spirituels, & les freres de communauté. Les uns vouloient le capuchon étroit, les autres le vouloient large. La dispute dura plus d’un siecle avec beaucoup de chaleur & d’animosité, & fut à peine terminée par les bulles de quatre papes, Nicolas IV, Clément V, Jean XXII, & Benoît XII. Les religieux de cet ordre ne se rappellent à présent cette contestation qu’avec le dernier mépris.

Cependant si quelqu’un s’avisoit aujourd’hui de traiter le Scotisme comme il le mérite, quoique les futilités du docteur subtil soient un objet moins important encore que la forme du coqueluchon de ses disciples, je ne doute point que l’agresseur n’eût une querelle fort vive à soûtenir, & qu’il ne s’attirât bien des injures.

Mais un Cordelier qui auroit du bon sens ne pourroit-il pas dire aux autres avec raison : « Il me semble, mes peres, que nous faisons trop de bruit pour rien : les injures qui nous échapperont ne rendront pas meilleur l’ergotisme de Scot. Si nous attendions que la saine philosophie, dont les lumieres se répandent partout, eût pénétré un peu plus avant dans nos cloîtres, peut-être trouverions-nous alors les rêveries de notre docteur aussi ridicules que l’entêtement de nos prédécesseurs sur la mesure de notre capuchon ». Voyez les articles Cordeliers & Scotisme.