L’Encyclopédie/1re édition/CERVELET

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 865).
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CERVELET, s. m. terme d’Anatomie, est la partie postérieure du cerveau. Voyez nos Planc. d’Anat. & leur explic. Voyez aussi l’article Cerveau.

Le cervelet est en quelque façon une sorte de petit cerveau lui-même, comme l’exprime son nom, qui est un diminutif du mot cerveau.

Il est logé dans la partie postérieure & inférieure du crane, au-dessous de la partie postérieure du cerveau. Il y communique par en bas : mais par en haut il en est séparé par le replis de la dure-mere. Sa figure ressemble à une boule applatie, plus large que longue.

Sa substance est plus dure, plus seche, & plus solide que celle du cerveau : mais elle est cependant de même nature, étant composée de même, d’une substance corticale & glanduleuse, & d’une médullaire ; les branches de cette derniere substance sont disposées à-peu-près comme celles d’un arbre, se rencontrant au milieu, & formant une espece de tige qui regne tout du long. La couleur du cervelet est jaunâtre, au lieu que celle du cerveau est plus blanche.

Sa surface est inégale & sillonnée, mais moins que celle du cerveau : il semble plûtôt qu’elle soit divisée par lames ou par écailles. Les cercles du milieu sont plus larges & plus profonds ; & dans les entre-deux des lames, entrent les replis de la pie-mere. Le devant & le derriere du cervelet sont terminés par des apophyses qu’on appelle vermiformes, parce qu’elles ont la figure d’un ver. Il se joint à la moelle allongée par deux procès, que Willis appelle peduncules ou cuisses du cervelet. Voy. Peduncules & Cuisses.

Outre ces deux peduncules, il y a deux ou trois autres avances médullaires, qui passant en travers de la moelle allongée, forment une arche ou arcade, qu’on a appellée du nom de celui qui l’a découverte, pont de Varole. Voyez Pont de Varole.

Les vaisseaux sanguins du cerveau sont les mêmes que ceux du cervelet ; & son usage est le même aussi, savoir de séparer le suc nerveux du sang, & de le porter dans les différentes parties du corps.

Willis met cependant de la différence entre les fonctions du cerveau & celles du cervelet ; voulant que le premier soit le principe des mouvemens & des actions volontaires ; & l’autre, le principe des actions involontaires, telles que sont la respiration, le mouvement du cœur, &c. Voyez Mouvement.

Il passe pour constant que la moindre lésion à la substance corticale ou à la moelle du cervelet, est mortelle ; ce qui n’est pas de même au cerveau, dont on a quelquefois retranché une partie sans qu’il en soit arrivé d’accident. Il est pourtant vrai qu’il y a des exemples de gens qui ont vécu non-seulement sans cerveau, mais même sans cervelet. Voyez Cerveau. (L)