L’Encyclopédie/1re édition/PROLATION

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PROLATION, s. f. est dans nos anciennes musiques, une maniere de déterminer la valeur des notes semi-breves sur celle de la breve, ou la valeur des minimes sur celle de la semi-breve. Cette prolation se marquoit après la clé, & quelquefois après le signe du mode (voyez Mode.) par un cercle ou un demi-cercle ponctué, ou sans point, selon les regles suivantes.

Regardant toujours la division soû-triple comme la plus excellente, ils divisoient la prolation en parfaite & imparfaite ; & l’une & l’autre, en majeure & mineure, de même que pour le mode.

La prolation parfaite étoit pour la mesure ternaire, & se marquoit par un point dans un cercle quand elle étoit majeure, c’est-à-dire quand elle indiquoit le rapport de la breve à la semi-breve, ou par un point dans un demi-cercle quand elle étoit mineure, c’est-à-dire quand elle indiquoit le rapport de la semi-breve à la minime. Voyez les Pl.

La prolation imparfaite étoit pour la mesure binaire, & se marquoit comme le tems, par un simple cercle quand elle étoit majeure, ou par un demi-cercle quand elle étoit mineure. Voyez les Pl.

Depuis, on ajouta quelques autres signes à la prolation parfaite ; outre le cercle & le demi-cercle, on se servit du chiffre pour exprimer la valeur de trois rondes ou semi-breves, pour celle de la breve ou quarrée, & du chiffre pour exprimer la valeur de trois minimes ou blanches pour la ronde ou semi-breve. Voyez les Fig.

Aujourd’hui toutes les prolations sont abolies ; la division double l’a emporté, & il faut avoir recours à des exceptions & à des signes particuliers, pour exprimer le partage d’une note quelconque en trois autres notes égales. Voyez Valeur des notes. (S)