L’Encyclopédie/1re édition/SABELLIENS

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SABELLIENS, s. m. pl. (Hist. ecclés.) secte d’hérétiques qui parurent en Orient dans le iij. siecle ; ils réduisoient les trois personnes de la sainte Trinité, à trois relations, ou plutôt ils les confondoient, reduisant la Trinité à la seule personne du Pere, dont ils disoient que le Fils & le S. Esprit n’étoient que les vertus, les émanations, ou les fonctions. Voyez Trinité & Personne.

Sabellius, leur chef, natif de Ptolémaïde ville de Lybie, y sema ses erreurs vers l’an 260, confondant la trinité des personnes ; il enseignoit qu’il n’y avoit point de distinction entr’elles, mais qu’elles étoient une, comme le corps, l’ame & l’esprit ne font qu’un homme ; il ajoutoit que le pere de toutes choses étoit dans les cieux, que c’étoit lui qui étoit descendu dans le sein de la vierge, qu’il en étoit né, & qu’ayant accompli le mystere de notre rédemption, il s’étoit lui-même répandu sur les apôtres en forme de langues de feu, d’où on l’avoit appellé le Saint-Esprit.

S. Epiphane dit que le dieu des Sabelliens, qu’ils appelloient le Pere, ressembloit selon eux, au soleil, & étoit un pur substratum, dont le Fils étoit la vertu, ou la qualité illuminative, & le S. Esprit, la vertu échauffante ; que le Verbe en avoit été tiré ou dardé comme un rayon divin, pour accomplir l’ouvrage de la rédemption, & qu’étant remonté aux cieux, comme un rayon remonte à sa source, la vertu échauffante du Pere, avoit ensuite été communiquée aux apôtres.

Cette hérésie trouva des partisans parmi les évêques en Afrique, en Asie, & jusqu’à Rome ; mais elle fut condamnée en 319 dans le concile d’Alexandrie ; elle étoit au fond la même que celle de Praxeas, aussi donna-t-on aux Sabelliens en Occident le nom de Patripassiens ou Patropassiens. Voyez Patripassiens.

Les Sociniens ont renouvellé dans ces derniers siecles, le sabellianisme, en ne reconnoissant le S. Esprit que comme une vertu, ou une efficace de la divinité. Voyez Sociniens.