L’Encyclopédie/1re édition/SPHINCTER

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
◄  SPHETTUS
SPHINX  ►

SPHINCTER, en Anatomie, est un terme dont on se sert pour signifier une espece de muscles circulaires, ou muscles en forme d’anneaux, qui servent à former & retrécir différens orifices du corps, & à empêcher l’excrétion de ce qui y est contenu. Voyez Muscle.

Ce mot est formé du grec σφιγκτήρ, strictor on constricteur, quelque chose qui bouche & tient une chose bien close ; ces muscles ont un effet à-peu-près semblable à ceux des cordons d’une bourse.

Le sphincter des levres, voyez Orbiculaire.

Le sphincter du vagin est un muscle constricteur, qui sert à empêcher le reflux du sang du clitoris, &c. pendant le coït. Voyez Vagin, Clitoris.

Sphincter de l’anus, (Anatomie.) c’est un muscle large, épais, charnu, qui borde l’anus tout autour : sa figure & la tissure de ses fibres en-dehors immédiatement sous la peau forme une espece d’ovale. Il tient par-devant à l’accélérateur de l’urine, & par derriere à l’os coccyx. A mesure qu’il avance plus loin sur le corps de l’intestin droit, ses fibres deviennent circulaires, & ont à-peu-près deux doigts de large. Il est beaucoup plus large dans les hommes que dans les animaux ; & cela, parce que l’homme ayant le corps dressé perpendiculairement, il faut beaucoup plus de force à ce muscle pour retenir les excrémens, fonction pour laquelle il est fait. (D. J.)

Sphincter de la vessie, (Anatomie.) Fallope observe que les Anatomistes de son siecle n’ont pas bien décrit la situation de ce muscle, en le plaçant au-dessous des prostates ; car si cela étoit, dit-il, la semence dans le coït ne pourroit pas être éjaculée sans urine ; observation que les auteurs modernes n’ont point faite, ou par inadvertance, ou parce qu’ils ont été trompés par une partie des levatores ani, qui restoient sur les prostates, & que Riolan appelle sphincter externus.

Le sphincter de la vesse est situé à la partie supérieure du cou de la vessie, immédiatement au-dessus des glandes prostates, où, dit Fallope, nous ne devons pas nous attendre à trouver un muscle entier, & une substance distincte de celle du canal, semblable à celle de l’anus ; mais seulement la partie la plus charnue du cou de la vessie composée de plusieurs fibres transversales, dont la contraction empêche la sortie involontaire de l’urine. Pour découvrir ces fibres transversales, l’auteur conseille de plonger la vessie dans de l’eau bouillante, en commençant par ôter les fibres droites qui sont en-dehors, au moyen de quoi les transversales paroîtront.

Les principales connexions de la vessie dans l’homme sont avec l’intestin rectum & les vésicules séminaires, & dans la femme avec le vagin, & outre cela dans l’un & l’autre sexe avec les os pubis, non seulement par plusieurs fibres ligamenteuses, mais encore par quelques petits trousseaux de fibres charnues qui en viennent & qui se portant obliquement au cou de la vessie, l’embrassent par leur entrecroisement en se confondant avec les fibres transverses de sa tunique charnue ; c’est l’entrecroisement de ces fibres charnues sur le cou de la vessie que M. Winslow soupçonne être son véritable sphincter, lequel se trouve fortifié par quelques fibres du sphincter de l’anus.

L’urine qui est déchargée dans la vessie n’en sort que dans certains tems, à cause du sphincter qui embrasse son côté, & qui, comme un ressort bandé, ferme l’ouverture qui y répond ; elle y séjourne jusqu’à ce que par les impressions vives qu’elle fait sur les parois de la vessie elle ait donné lieu à la contraction des fibres charnues de son corps ; cette contraction jointe à celle du diaphragme & des muscles de l’abdomen qui agissent en même tems, se trouvant pour-lors plus forte que celle du sphincter, l’oblige à céder, & donne à l’urine la liberté de s’échapper. (D. J.)