L’Ennemie intime/2/5

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Édition de l’Illustration (p. 45).


V

La lampe se ralluma près du rideau qui versait au lit dévasté son ombre ardente. Des feux pourpres coururent sur le damas des tentures.

Bertrand murmura :

— Comme tu aimes l’amour !

— Non. C’est toi que j’aime. Tu le sais bien. Toi !

Il se souleva sur le coude.

— Laisse-moi te regarder. Tu es si belle ! Pourquoi fermes-tu les yeux ? Cela te fait une figure triste. Cela nous sépare… Ne pensons qu’à nous deux, ma chérie. Je voudrais mettre ma tête au creux de ton épaule et dormir ainsi, là, une longue nuit.

Elle dit, d’une voix où tremblaient des larmes :

— La nuit est passée.