100%.svg

L’Heptaméron des nouvelles/Indication de quelques portraits

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche

VII

INDICATION
DE QUELQUES PORTRAITS ORIGINAUX
DE LA REINE DE NAVARRE.


1. Biblioth. nationale. No 6808. Commentaire sur le livre des Échecs amoureux & Archiloge Sophie.

Nous empruntons à M. Paulin Paris, qui a donné une notice sur ce manuscrit, le passage suivant : « 1o Dans la première vignette, on voit l’écu d’Orléans (de France au lambel d’argent, dont chaque pendant est chargé d’un croissant de gueules) parti de Savoie (de gueules à la croix d’argent), surmonté d’un diadème ou cercle de couronne royale. 2o Dans la dernière miniature des Échecs amoureux, une fenêtre présente les armes d’Orléans, demi-écartelées de Milan & parties de Savoye. 3o Enfin, dans la première miniature du volume, on voit, autour d’un échiquier aux armes d’Orléans, le dos d’un jouvenceau jouant avec une dame jeune encore, &, derrière cette dame, un homme d’un âge mûr, décoré de l’Ordre du Roi & tenant un chien en laisse. Or tout porte à croire que cette première miniature représente le jeune François, Marguerite, sa sœur, depuis Reine de Navarre, & enfin Artus de Gouffier, Chevalier de l’Ordre & Gouverneur des enfants du Comte d’Angoulême. » Les Manuscrits françois de la Bibliothèque du Roi, &c., t. I, 1836, p. 279-81.


2. Biblioth. nationale. Portefeuilles Gaignières, no 98, p. 8. Marguerite d’Angoulesme (sœur de François Ier), morte en 1549. D’après l’original à mi-corps. — No 97 : Henri d’Albret, Roi de Navarre, mort en 1555, présentant une marguerite à la Princesse Marguerite, sœur de François Ier, qu’il épousa en 1527.

Cette curieuse miniature a été reproduite t. IV, pl. KK, des Momumens de la monarchie françoise de Montfaucon. La Reine y est représentée en pied, mais dans des proportions trop petites pour qu’il soit possible de bien juger de ses traits.


3. Tome Ier de la collection des crayons du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale (no 6).

Portrait de Marguerite. Elle est âgée de quarante-cinq à cinquante ans ; elle ressemble beaucoup au Roi François Ier. Au bas de ce portrait, on lit, d’une main du temps : la Royne de Navarre.

Dans le même volume se trouve aussi un joli portrait de l’Amiral Bonnivet, & un autre du Prévôt de Paris, J. de La Barre.


4. Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Recueil de portraits au crayon par Clouet, Dumonstier & quelques autres. Un volume in-fol., relié en peau verte, au dos duquel on lit : Portraits de divers auteurs.

Il y a dans ce recueil trois portraits de Marguerite, exécutés à trois époques différentes de la vie de cette princesse. Dans celui que l’on voit au folio ii, Marguerite est âgée de vingt à vingt-cinq ans. Sa mise est simple ; sa robe est surmontée d’une guimpe à deux rangs de collerette ; sa tête est couverte d’une cape à la béarnaise. Un second portrait, au folio 88, représente Marguerite à l’âge de trente-trois ou trente-quatre ans, déjà veuve de son premier mari, le duc d’Alençon, comme l’indique le voile qui tombe de son bonnet à pointe.

Dans le troisième portrait, au folio 46, Marguerite est représentée en buste & dans les dernières années de sa vie (elle mourut à cinquante-huit ans). Elle porte un petit chien entre ses bras. Sa robe, à peine indiquée, est garnie de fourrures ; elle a un bonnet de veuve. Il a été plusieurs fois gravé, mais très inexactement. Voy. pl. XLI du t. IV des Monumens de la monarchie françoise, par Montfaucon.

— C’est d’après ce dernier portrait qu’a été réduit en deux dimensions[1] le portrait, gravé en noir & en couleur par M. Adolphe-Pierre Riffaut, qui se trouve en tête de l’édition de M. Le Roux de Lincy, & c’est également d’après lui qu’a été dessiné & gravé par M. Tiburce de Mare le portrait qui figure aujourd’hui en tête de l’édition actuelle. Dans l’article de Marguerite de Navarre publié par M. Niel dans les « Portraits des personnages françois les plus célèbres du XVIe siècle », postérieurement à l’édition de M. Le Roux de Lincy, M. Niel a fait fac-similer en couleur par M. Riffaut, de la grandeur des originaux, les deux portraits indiqués ici sous le n° 3 & celui indiqué à la fin de l’article 4. — M.

Marguerite de Navarre - L’Heptaméron, éd. Lincy & Montaiglon, tome I (page 217 crop).jpg


5. Cabinet des estampes de la Bibliothèque de l’Arsenal.

Un portrait de Marguerite, fraîche encore, bien qu’elle paraisse âgée de quarante ans au moins. Elle a son costume ordinaire, c’est-à-dire la cape noire & la coiffe de même couleur. On lit au bas, d’une écriture du XVIe siècle : La R. de Navarre, sa femme (c’est-à-dire femme du Roi de Navarre), sœur de François Ier.


Depuis cette époque, le recueil de crayons de la Bibliothèque Sainte-Geneviève & le crayon de la Bibliothèque de l’Arsenal sont passés au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale.

Nous avons mis à la page précédente le fac-similé du bois du Tombeau de Marguerite, dont le dessin doit être attribué à Nicolas Denisot, comme nous l’avons dit dans notre Avertissement, p. 6. — M.


  1. Le plus grand n’a été tiré qu’à 40 épreuves pour les exemplaires des membres de la Société des Bibliophiles. — M.