L’Heptaméron des nouvelles/Tome IV/07

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LISTE CHRONOLOGIQUE
DES POÉSIES HISTORIQUES
DE LA REINE DE NAVARRE


1. Dialogue, en forme de vision nocturne, entre très noble & excellente Princesse Madame Marguerite de France, &c., & l’ame saincte de défuncte Madame Charlotte de France, fille aisnée du Roy, morte (en 1524).
(Folio 1 recto du recueil imprimé à Alençon en 1533. — Voir notre tome 1er, p 195.)
2. Rondeau, composé par Marguerite, étant à Tournon, quand il fut question de mener le Roi en Italie :

Pensant passer passaige si piteux,
A tout bon cueur si triste & despiteux…

(Ms. de l’Arsenal, B. L. F. 108, fol. 16 verso ; & ci-dessus, p. 174).
3. Rondeau de Marguerite en l’honneur de François Ier :

Saulvez le Roy, o Seigneur gratieux…

(A. Champollion, Poésies de François Ier, &c., p. 51, & ci-dessus, p. 175).
4. Complainte pour un détenu prisonnier :

S’il est ainsy, comme très bien je croy,
Que, sans le sçeu & bon vouloir de toy…

(Marguerites de la Marguerite, t. I, p. 212.— Éd. Jouaust, t. III, p. 62-83.)

Je renverrai sur cette pièce, très énigmatique & où il y a de réelles beautés, à l’analyse qu’en a faite M. Franck dans la Préface de sa réimpression des Marguerites de la Marguerite (I, LXIX-LXXII). Il a tout à fait raison de n’y pas voir une complainte de François Ier dans sa prison de Madrid, puisque le prisonnier s’adresse à lui, & probablement raison de n’y pas voir Marguerite elle-même adressant au Roi sa propre plainte. Le prisonnier est non seulement un pasteur évangélique, mais un homme que Marguerite a protégé, car il parle de sa Minerve, de sa Princesse, de celle chez qui il a été le laboureur de Dieu. Marguerite, en se déguisant sous une apparence masculine, aurait pu écrire à toute force :

.....Dira l’un : « Quel erreur
A jamais peu ce povre homme commettre ? »

Mais à quel moment aurait-elle pu se dire en parlant d’elle-même :

.....Maintenant tu es pris
Et soubs la main des Juges arresté,
Et si ne sçais comme y seras traité.

M. Franck se demande si Marguerite, qui aurait peut-être alors adressé cette pièce à son frère pour plaider la cause du prisonnier, n’a pas « prêté sa voix & sa poésie au prédicateur Gérard Roussel, un instant emprisonné, qui avait joui, grâce à elle, d’une grande faveur auprès du Roi, & qui fut, à sa requête, relâché par ordre de François Ier ».

Il est difficile d’être absolument affirmatif, mais les remarques de M. Franck sont trop justes pour ne pas être signalées, & sa supposition a pour elle au moins une réelle probabilité. — M.

5. Épître de la Reine de Navarre au Roi François Ier, son frère :

Le gros ventre, trop pesant & massif…

(A. Champollion, Poésies de François Ier, &c., p. 76.)
6. Épître de la Reine de Navarre au Roi François Ier, envoyée par Frotté avec une figure d’Abraham & douze étoiles pour étrennes, en 1543 :

Le serviteur, fidéle renommé
Des anciens, père de Foy nommé…

(Marguerites de la Marguerite, t. II, p. 18. — Éd. Jouaust, t. III, p. 201-8 — Ms. 12,485, fo 111 vo à 115 ro)
7. Épître de la Reine de Navarre au Roi François Ier, son frère, après l’advitaillement de Lendrecy ; 1543 :

Après la paour de quelque traïson,
D’une poison, de mort ou de prison…

(Marguerites de la Marguerite, t. II, p. 27. — Éd. Jonaust, t. III, p. 321-7. — Ms. 12,485, fo 108 vo à 111 vo.)
8. Réponse de la Reine de Navarre à une Épître que le Roi François Ier lui avoit envoyée avec un Crucifix pour ses étrennes :

Aigneau, occis dès le commancement,
Plein de vertu & de vye fonteine…

(Génin, Lettres de Marguerite, 2e recueil, 1842, p. 281. — Ms. 12,485, fo 115 ro à 116 vo.)
9. Épître de la Reine de Navarre, envoyée au Roi François Ier par Frotté, avec un Salomon pour ses étrennes :

Durant le temps que la cruelle guerre
Menassoit fort, Monseigneur, vostre terre…

(Génin, Lettres de Marguerite, 2e recueil, 1842, p. 283. — Ms. 12,485, fo 116 à 118 vo.)
10. Épître envoyée par la Royne de Navarre, estant au Mont-de-Marsan, au Roy, par Frotté, avec ung pourpoint pour ses étrennes ; 1946 :

Cet aer marin m’a grossy le cerveau…

(A. Champollion, Poésies de François Ier, p. 177. — Ms. 12,485, fo 121 ro à 123 ro.)
11. Chançon faicte par la Royne de Navarre, dans sa litière, durant la malladye du Roy :

Si la douleur de mon esprit
Je pouvois monstrer par parolle…

(Marguerites de la Marguerite, t. I, p. 223. — A. Champollion, Poésies de Francois Ier, p. 54. — Éd. Jouaust, t. III, p. 84-90. — Ms. 12,485, fo 123 ro à 125 ro.)
12. Aultre chançon faicte par la dicte Dame ung mois après la mort du Roy, sur le chant : « Jouissance vous donneray » :

Las ! tant malheureuse je suis
Que mon malheur dire ne puys…

(Marguerites de la Marguerite, p. 336. – Éd. Jouaust, t. III, p. 91-3. — Ms. 12,485, fo 125 vo à 126 vo.)
13. Chanson spirituelle de Marguerite sur son isolement, près la mort de son frère :

Je n’ay plus ny père, ni mère,
Ni sœur, ni frère…

(Marguerites de la Marguerite, t. I, p. 241. — Éd. Jouaust, t. III, p. 120-3.)
14. Épître de la Reine de Navarre à son frère François Ier, sur leur mutuelle affection :

Non sans avoir maintes foys esprouvé
Par trop d’ennuys quel bien d’espérer vient…

(Ci-dessus, p. 763-5.)
15. Réponse de Marguerite à une Épître adressée à elle par François Ier :

Ce m’est tel bien de sentir l’amitié
Que Dieu a mise en nostre Trinité…

(A. Champollion, Poésies de François Ier, p. 80.)
16. Épître de la Reine de Navarre, adressée à la Duchesse d’Angoulême, Louise de Savoye :

Il m’est advis, Madame, que je offense
Le vray rapport de vostre conscience…

(A. Champollion, Poésies de François Ier, p. 59.)
17. Les Adieux des Dames de la Reine de Navarre, allant en Gascogne, à Jeanne d’Albret, princesse de Navarre :

L’adieu ne doit se dire tant que l’œil
Peult voir le bien qui lui oste son dueil…

(Marguerites de la Marguerite, t. II, p. 157. — Éd. Jouaust, t. IV, p. 276-81. — Voir plus loin, p. 182-6.)
18. Épître de la Reine de Navarre à son mari, le Roi de Navarre, malade :

Celle qui, pour eslongner vostre veue,
N’est point de vous, j’en suis seure, incongneue…

(Marguerites de la Marguerite, t. II, p. 33. — Éd. Jouaust, t. III, p. 235-8.)
19. Épître de la Reine de Navarre au Roi François Ier, son frère :

Puisque voz yeux rempliz d’autre lumière,
Regardant droit à la beauté première…

(Marguerites de la Marguerite, t. II, p. 30. — Éd. Jouaust, t. III, p. 228-34.)
20. Épître envoyée par la Reine de Navarre au Roy François Ier, pour ses étrennes, avec une figure de David :

David, oyant que par mer & par terre
Les Philistins vous veulent faire guerre…

(Marguerites de la Marguerite, t. II, p. 22. — Éd. Jouaust, t. III, p. 209-16. — Ms. 12,485, fo 74 vo à 78 vo.)