La Cathédrale de Lyon/II/5

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Henri Laurens (p. 34-35).

Les incrustations. — Au-dessus et au-dessous de cette galerie courent deux frises de marbre blanc, incrustées de ciment brun, analogues à celle du soubassement, mais d’une composition plus variée et d’un dessin plus large, en raison de la hauteur où elles se trouvent. Ce parti décoratif, d’origine orientale, importé en Italie au XIe siècle, puis au XIIe à Lyon qui avait déjà tant de relations commerciales avec la Péninsule, joue un rôle des plus importants dans l’ornementation de la partie romane de la cathédrale[1].

Chapiteaux incrustés des parois latérales du chœur

Les incrustations de la cathédrale de Lyon seraient uniques en France si elles n’avaient été copiées au XIIe siècle dans l’abside de la cathédrale voisine de Saint-Maurice de Vienne. Ce décor de couleur, tout oriental, apporte une note délicate au milieu de la sévérité de l’architecture. Les motifs répandus à profusion sur les chapiteaux, sur les tailloirs, les frises et jusque sur la marche supérieure du trône archiépiscopal sont d’une vie et d’une fantaisie étonnantes : on remarque des Janus bifrons et trifrons, des têtes de bouc, des poissons affrontés, le cheval, le hibou, le lion, une pleine lune, un évêque mitré, et enfin des masques grimaçants.

  1. Lucien Bégule, Les incrustations décoratives des cathédrales de Lyon et de Vienne, 1905.