La Chanson des gueux/Ballade du Rôdeur de Paris

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XI

BALLADE DU RÔDEUR DE PARIS


Bon sang d’ bon Dieu ! quel turbin !
J’ viens d’ mett’ mon pied dan’ eun’ flaque :
C’est l’hasard qui m’offre un bain.
V’lan ! v’là l’ vent qui m’ fiche eun’ claque.
Fait vraiment un froid d’attaque.
Quand j’ pens’ que j’ suis pas couvert.
Et qu’ j’ai pas d’ poils comme un braque !
C’est pas rigolo, l’hiver.

R’mouchez-moi un peu c’ larbin
Sous sa fourrure ed’ cosaque.
Comme i’ pu’ bon l’eau d’ Lubin !
I’ s’ gour’ dans son col qui craque
Comme un’ areng dans sa caque.
Oh ! la ! la ! c’t’ habillé d’vert !
Oui, mais moi, v’là que j’me plaque.
C’est pas rigolo, l’hiver.


Et ç’uilà, l’est pas lambin.
Non de nom ! comme i’ s’ détraque,
Avec son bec-ed’-corbin
Et son londrès neuf qu’i’ sacque !
Tiens ! i’ rent’ dans sa baraque.
La mienne est à ciel ouvert.
Avec un parquet d’ déflaque.
C’est pas rigolo, l’hiver.

envoi

Prince, il fait nuit ; l’ ciel s’opaque.
Viens-tu ? J’ vas poisser d’ l’auber…
Au bagn’ j’aurai eun’ casaque !
C’est pas rigolo, l’hiver.