La Loi de Lynch/5

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Amyot (p. 44-56).

V.

L’hacienda Quemada.

C’était un groupe étrange que celui formé par cette charmante créature et ce rude coureur des bois, au sommet de cette colline dévastée, troublée par la foudre et illuminée d’éclairs fulgurants.

La Gazelle blanche était retombée pâle et inanimée.

Le Blood’s Son scruta de l’œil les profondeurs de la nuit, et, rassuré par le silence, il se pencha une autre fois sur la jeune fille.

Pâle comme un beau lis abattu par la tempête, les yeux fermés, la pauvre enfant ne respirait plus.

L’inconnu la souleva dans ses bras nerveux et la transporta auprès d’un pan de mur ruiné, au pied duquel il avait étendu son zarapé ; il la posa avec précaution sur cette couche moins dure. La tête de la jeune fille se pencha, insensible, sur son épaule.

Alors il la considéra longuement.

La douleur et la pitié étaient peintes sur le visage du Blood’s Son.

Lui, dont la vie n’avait été jusqu’alors qu’un long drame, qui n’avait nulle croyance dans le cœur, qui ignorait les doux sentiments et les secrètes sympathies, lui, le vengeur, le tueur d’Indiens, il était ému et sentait quelque chose de nouveau se remuer dans ses entrailles.

Deux grosses larmes coulèrent sur ses joues bronzées.

— Ô mon Dieu ! serait-elle morte, s’écria-t-il avec découragement. Oh ! ajouta-t-il, j’ai été lâche et cruel envers cette faible créature, et Dieu me punit.

Le nom de Dieu, qui ne lui servait qu’à blasphémer, il le prononça presque avec respect.

C’était une sorte de prière, un cri de son cœur ; cet homme indomptable était enfin vaincu, il croyait.

— Comment la secourir ? se demandait-il.

L’eau, qui continuait à tomber par torrents et inondait la jeune fille, finit par la ranimer.

Elle entr’ouvrit les yeux en murmurant d’une voix éteinte :

— Où suis-je ? Que s’est-il donc passé ? Oh ! j’ai cru mourir.

— Elle parle, elle vit, elle est sauvée ! s’écria le Blood’s Son.

— Qui est là ? s’écria-t-elle en se relevant avec peine.

À la vue du brun visage du chasseur, elle eut un mouvement d’effroi, referma les yeux et retomba accablée.

Elle commençait à se souvenir.

— Rassurez-vous, mon enfant, dit le Blood’s Son en adoucissant le timbre rude de sa voix ; je suis votre ami.

— Mon ami, vous ! s’écria-t-elle ; que signifie ce mot dans votre bouche ?

— Oh ! pardonnez-moi, j’étais fou, je ne savais ce que je faisais.

— Vous pardonner ! pourquoi ? Ne suis-je pas née pour la douleur ?

— Comme elle a dû souffrir ! murmura le Blood’s Son.

— Oh ! oui, continua-t-elle, parlant comme dans un rêve, oui, j’ai bien souffert. Ma vie, quoique je sois bien jeune encore, n’a été jusqu’à présent qu’une longue souffrance… Pourtant autrefois, il y a longtemps, bien longtemps, je me souviens d’avoir été heureuse, hélas ! Mais la pire douleur en ce monde, c’est un souvenir de bonheur dans l’infortune.

Un soupir s’échappa de sa poitrine oppressée, elle laissa tomber sa tête dans ses mains et pleura.

Le Blood’s Son, comme suspendu à ses lèvres, écoutait et la contemplait.

Cette voix, ces traits, tout ce qu’il voyait et entendait faisait grandir le soupçon dans son cœur, et peu à peu le changeait en certitude.

— Oh ! parlez ! parlez encore ! reprit-il avec tendresse. Que vous rappelez-vous de vos jeunes années ?

La jeune fille le regarda, un sourire amer crispa ses lèvres.

— Pourquoi, dans le malheur, songer aux joies passées, dit-elle ? en secouant la tête avec tristesse. À quoi bon vous raconter ces choses, à vous, à vous surtout qui vous êtes fait mon bourreau ? Est-ce donc une nouvelle torture que vous voulez m’infliger ?

— Oh ! fit-il avec horreur, pouvez-vous avoir cette pensée ! Hélas ! j’ai été bien coupable envers vous, je le reconnais, pardonnez-moi ! Pardonnez-moi, je vous en conjure ! Je donnerais ma vie pour vous épargner une douleur.

La Gazelle blanche considérait avec un étonnement mêlé de frayeur cet homme presque prosterné devant elle, et dont le rude visage ruisselait de larmes ; elle ne comprenait rien à ses paroles, après la façon dont jusqu’alors il avait agi envers elle.

— Hélas ! murmura-t-elle, mon histoire est celle de tous les infortunés ; il fut un temps où, comme les autres enfants, j’avais des chants d’oiseaux pour bercer mon sommeil, des fleurs qui, au réveil, me souriaient ; j’avais aussi une sœur qui partageait mes jeux, et une mère qui m’aimait et m’embrassait. Tout cela a fui pour toujours.

Le Blood’s Son avait relevé deux perches couvertes de peaux, afin d’abriter la jeune fille contre l’orage qui s’apaisait par degrés.

Elle le regardait faire.

— Je ne sais pourquoi, dit-elle avec mélancolie, j’éprouve le besoin de me confier à vous qui pourtant m’avez fait tant de mal ! D’où vient ce sentiment que votre vue me fait éprouver ? Je devrais vous haïr.

Elle n’acheva pas et se cacha la tête dans ses mains en sanglotant.

— C’est Dieu qui permet qu’il en soit ainsi, pauvre enfant, répondit le Blood’s Son en levant les yeux vers le ciel et en faisant le signe de la croix avec ferveur.

— Peut-être, reprit-elle doucement. Eh bien, écoutez ; je veux, quoi qu’il arrive, soulager mon cœur. Un jour, je jouais sur les genoux de ma mère, mon père était auprès de nous avec ma sœur, tout à coup un cri horrible retentit à la porte de notre hacienda : les Indiens apaches nous attaquaient ; mon père était un homme résolu, il saisit ses armes et se précipita aux murailles. Que se passa-t-il alors ? Je ne saurais le dire. J’avais cinq ans à peine à cette époque, et la scène terrible à laquelle j’assistai est enveloppée dans ma mémoire sous un voile sanglant ; je me souviens seulement que ma mère, qui pleurait en nous embrassant, tomba tout à coup entre les bras de ma sœur et de moi en nous inondant de sang : ce fut en vain que je cherchai à la ranimer par mes caresses : elle était morte.

Il y eut un silence.

Le Blood’s Son écoutait avidement ce récit, le front pâle, les sourcils froncés, serrant convulsivement le canon de son rifle et essuyant par intervalles la sueur qui coulait sur son visage.

— Continuez, enfant, murmura-t-il.

— Je ne me rappelle plus rien ; des hommes semblables à des démons s’élancèrent dans l’hacienda, s’emparèrent de ma sœur et de moi, puis ils s’éloignèrent de toute la vitesse de leurs chevaux. Hélas ! depuis cette époque je n’ai plus revu le visage si doux de ma mère, le sourire si bon de mon père ; j’étais seule désormais au milieu des bandits qui m’avaient enlevée.

— Mais votre sœur, enfant, votre sœur, que devint-elle ?

— Je ne sais ; une violente querelle s’éleva entre nos ravisseurs, il y eut du sang versé. À la suite de cette querelle, ils se séparèrent. Ma sœur fut emmenée d’un côté, moi de l’autre : jamais je ne l’ai revue.

Le Blood’s Son sembla faire un effort sur lui-même, puis, fixant ses yeux attendris sur la jeune fille :

— Mercédès ! Mercédès ! s’écria-t-il avec explosion, est-ce bien toi ? est-ce donc toi que je retrouve après tant d’années ?

La Gazelle blanche releva vivement la tête.

— Mercédès ! s’écria-t-elle ; c’est le nom que me donnait ma mère.

— C’est moi ! moi, Stefano, ton oncle, le frère de ton père ! fit le Blood’s Son, presque fou de joie en la serrant sur sa poitrine.

— Stefano ! mon oncle ! Oui ! oui ! Je me souviens ! je sais !…

Elle tomba inanimée dans les bras du Blood’s Son.

— Misérable que je suis, je l’ai tuée !… Mercédès, ma fille chérie, reviens à toi !…

La jeune fille rouvrit les yeux et se jeta au cou du Blood’s Son en pleurant de joie.

— Oh ! mon oncle ! mon oncle ! j’ai donc une famille enfin ! Mon Dieu ! merci.

Le visage du chasseur devint grave.

— Tu as raison, enfant, dit-il ; remercie Dieu, car c’est lui qui a tout fait et qui a voulu que je te retrouvasse sur la tombe même de ceux que tous deux nous pleurons depuis si longtemps.

— Que voulez-vous dire, mon oncle ? demanda-t-elle avec étonnement.

— Suis-moi, ma fille, répondit le coureur des bois, suis-moi, et tu vas le savoir.

La jeune fille se leva péniblement, s’appuya sur son bras et le suivit. À l’accent de la voix de don Stefano, Mercédès comprit que son oncle avait une révélation importante à lui faire.

Ils ne marchaient qu’avec difficulté dans les ruines obstruées par les hautes herbes et les plantes grimpantes.

Arrivés auprès de la croix, le Blood’s Son s’arrêta.

— À genoux, Mercédès, lui dit-il d’une voix triste ; c’est ici qu’il y a quinze ans ton père et ta mère ont été, dans une nuit semblable à celle-ci, ensevelis par moi.

La jeune fille se laissa tomber à genoux sans répondre ; don Stefano l’imita.

Tous deux prièrent longtemps avec des larmes et des sanglots. Enfin ils se relevèrent.

Le Blood’s Son fît signe à la jeune fille de s’asseoir au pied de la croix, prit place à ses côtés, et, après avoir passé la main sur son front comme pour rassembler ses idées, il prit la parole d’une voix sourde, avec un accent que, malgré toute sa résolution, la douleur faisait trembler.

— Écoute bien, enfant, dit-il, car ce que tu vas entendre servira peut-être à nous faire retrouver, s’ils existent encore, les meurtriers de ton père et de ta mère.

— Parlez, mon oncle, répondit la jeune fille d’une voix ferme ; oui, vous avez raison, c’est Dieu qui a voulu que notre reconnaissance s’opérât ainsi ; soyez persuadé qu’il ne permettra pas que les meurtriers demeurent impunis plus longtemps.

— Ainsi soit-il ! fit don Stefano ; il y a quinze ans que j’attends patiemment l’heure de la vengeance. Dieu me soutiendra, je l’espère, jusqu’au moment où elle sonnera. Ton père et moi, nous habitions au lieu où nous sommes en ce moment ; cette colline était occupée par une vaste hacienda que nous avions fait construire ; les champs environnants nous appartenaient et étaient défrichés par deux cents peones à notre solde. Dieu bénissait notre travail, qui prospérait ; tout le monde nous aimait et nous respectait dans la contrée, car notre habitation était toujours ouverte à ceux que frappait le malheur. Mais si nos compatriotes nous estimaient et applaudissaient à nos efforts, les maîtres d’une hacienda voisine nous avaient, en revanche, voué une haine implacable. Pour quelle raison ? Voilà ce que je ne pus jamais parvenir à savoir. Était-ce jalousie, basse envie ? Toujours est-il que ces gens nous haïssaient. Ces hommes, ils étaient trois, n’étaient pas nos compatriotes, ils n’appartenaient pas à la race espagnole ; c’étaient des Américains du Nord, ou du moins, car jamais je ne me suis trouvé en rapport avec eux, et je ne puis l’affirmer, l’un d’eux au moins était réellement Américain du Nord et se nommait Wilke. Cependant, bien que la haine qui nous séparait fût vive, elle était sourde, et rien ne portait à supposer qu’elle dût jamais éclater au grand jour. Sur ces entrefaites, des affaires importantes m’obligèrent à un voyage de quelques jours. Ton père et moi, pauvre enfant, nous ne pouvions nous séparer, un secret pressentiment semblait nous avertir. Je partis. Lorsque je revins, l’hacienda était détruite de fond en comble, quelques pans de murs seuls fumaient encore. Mon frère et toute notre famille, ainsi que nos serviteurs, avaient été massacrés.

Le Blood’s Son s’arrêta.

— Terminez ce triste récit, mon oncle, dit la jeune fille d’une voix brève ; il faut que je sache bien tout afin de prendre la moitié de votre vengeance.

— C’est juste, répondit don Stefano ; mais je n’ai presque plus rien à dire et je serai bref : pendant une nuit tout entière je parcourus ces ruines fumantes cherchant les cadavres de ceux que j’avais aimés, puis, lorsqu’après des peines infinies je fus parvenu à les retrouver, je les enterrai pieusement, et sur leur tombe je fis le serment de les venger. Ce serment, je l’ai religieusement tenu depuis quinze ans ; malheureusement, si j’ai frappé bien des coupables, jusqu’à présent, par une fatalité inouïe, les chefs m’ont toujours échappé ; car, malgré tous mes efforts, jamais je n’ai pu les atteindre. Ton père, que j’avais recueilli mourant, avait expiré entre mes bras sans pouvoir me nommer ses assassins, et si j’ai de fortes raisons d’accuser Wilke et ses compagnons, aucune preuve n’est encore venue corroborer mes doutes, et les noms des coupables me sont inconnus. Avant-hier seulement, lorsque tomba ce misérable Saudoval, je crus avoir enfin découvert l’un d’eux.

— Vous ne vous êtes pas trompé, mon oncle, cet homme était en effet un de nos ravisseurs, répondit Mercédès d’une voix ferme.

— Et les autres ? demanda vivement don Stefano.

— Les autres ! je les connais, mon oncle.

À cette révélation, don Stefano poussa un cri qui ressemblait à un rugissement de bête fauve.

— Enfin ! s’écria-t-il avec une telle explosion de joie que la jeune fille en fut presque effrayée.

— Maintenant, mon oncle, reprit-elle, permettez-moi de vous adresser une question ; puis après je répondrai aux vôtres, si vous avez à m’en faire.

— Parle, enfant.

— Pourquoi vous êtes-vous emparé de moi et m’avez-vous amenée ici ?

— Parce que je te croyais la fille de ce Sandoval, et que je voulais t’immoler sur la tombe de ses victimes, répondit le Blood’s Son d’une voix tremblante.

— Vous n’aviez donc pas entendu ce que cet homme me disait ?

— Non ; en te voyant penchée sur lui, je croyais que tu l’aidais à mourir. Ton évanouissement que j’attribuai à la douleur n’a fait qu’augmenter ma certitude ; voilà pourquoi je m’élançai vers toi dès que je te vis tomber…

— Mais cette lettre que vous m’avez prise, cette lettre vous aurait tout révélé.

— Eh ! penses-tu donc, enfant, que je me suis donné la peine de la lire ? Non, je ne t’ai reconnue qu’à ce rosaire pendu à ton cou.

— Allons ! allons ! fit la jeune fille d’un accent convaincu, le doigt de Dieu est dans tout ceci ; c’est bien réellement lui qui a tout dirigé.

— Maintenant à ton tour, Mercédès, nomme-moi les assassins.

— Donnez-moi d’abord la lettre, mon oncle.

— La voilà, dit-il en la lui remettant.

La jeune fille la prit vivement et la déchira en parcelles imperceptibles.

Le Blood’s Son la regardait faire sans rien comprendre à son action ; lorsque le dernier morceau de papier eut disparu enlevé par la brise, la jeune fille se tourna vers son oncle.

— Vous voulez savoir les noms des assassins de mon père, mon oncle, n’est-ce pas ?

— Oui.

— Vous tenez à ce que la vengeance, que depuis si longtemps vous poursuivez, ne vous échappe pas maintenant que vous êtes sur le point de l’atteindre ?

— Oui.

— Enfin, vous voulez accomplir votre serment jusqu’au bout ?

— Oui ; mais pourquoi toutes ces questions ? demanda-t-il avec impatience.

— Je vais vous le dire, mon oncle, répondit-elle en redressant la tête avec une résolution étrange, c’est que moi aussi j’ai fait un serment, et je ne veux pas le fausser.

— Et ce serment ?

— C’est celui de venger mon père et ma mère ; pour que je l’accomplisse, il faut que je sois libre d’agir à ma guise ; voilà pourquoi je ne vous révélerai ces noms que lorsqu’il en sera temps ; aujourd’hui, je ne puis le faire.

Une telle résolution brillait dans l’œil noir de la jeune fille, que le Blood’s Son renonça à l’amener à faire ce qu’il désirait ; il comprit que toute instance de sa part serait inutile.

— C’est bien, répondit-il ; qu’il en soit donc ainsi, mais tu me jures…

— Que vous saurez tout quand l’instant sera venu ! fît-elle en étendant la main droite vers la croix.

— Cette parole me suffît ; mais puis-je au moins savoir ce que tu comptes faire ?

— Jusqu’à un certain point, oui.

— J’écoute.

— Vous avez un cheval.

— Il est au bas de la colline.

— Amenez-le-moi, mon oncle, et laissez-moi partir ; surtout que tout le monde ignore les liens qui nous unissent.

— Je serai muet.

— Quoique vous voyiez, quoique vous entendiez, quelque chose qu’on vous rapporte sur mon compte, ne croyez rien, ne vous étonnez de rien ; dites-vous que j’agis dans l’intérêt de notre commune vengeance, car cela seulement sera vrai.

Don Stefano secoua la tête.

— Tu es bien jeune, enfant, pour une si rude tâche, dit-il.

— Dieu m’aidera, mon oncle, répondit-elle avec un éclair dans le regard ; cette tâche est juste et sainte, car je veux la punition des assassins de mon père.

— Enfin, reprit-il, que ta volonté soit faite ! Tu l’as dit, cette tâche est juste et sainte, et je ne me reconnais pas le droit de t’empêcher de l’accomplir.

— Merci, mon oncle, fit la jeune fille avec sentiment ; et maintenant, tandis que je prierai sur la tombe de mon père, amenez-moi votre cheval afin que je me mette en route sans retard.

Le Blood’s Son s’éloigna sans répondre.

La jeune fille tomba à genoux au pied de la croix.

Une demi-heure plus tard, après avoir tendrement embrassé don Stefano, elle montait à cheval et s’élançait au galop dans la direction du Far West.

Le Blood’s Son la suivit des yeux tant qu’il lui fut possible de l’apercevoir dans les ténèbres ; puis, lorsqu’elle eut enfin disparu, il se laissa à son tour glisser sur la tombe, en murmurant d’une voix sourde :

— Réussira-t-elle ?… qui sait ? ajouta-t-il avec un accent impossible à rendre.

Il pria jusqu’au jour.

Aux premiers rayons du soleil le Blood’s Son rejoignit ses compagnons, et regagna, lui aussi, le Far West.