La Pièce de cabinet, dédiée aux poètes du temps

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La Pièce de cabinet, dédiée aux poètes du temps.
Étienne Carneau

1648



La Pièce de cabinet, dédiée aux poètes du temps.
À Paris, chez Jean Pasle, au Palais, à l’entrée de la
salle Dauphine, à la Pomme d’or couronnée
.
M. DC. XLVIII.
Avec permission. In-4.

À Messieurs les Poètes.

Messieurs,

Cette pièce de cabinet ne s’estime pas indigne de l’entrée des vôtres, et pretend quelque place parmy les curiositez d’esprit dont ils sont enrichis. C’est une bouteille qui parle et qui raisonne, estant pleine de ce qui fait faire raison à la santé des plus grands princes d’une manière bien plus douce que leurs canons, que l’on nomme leur dernière raison, ne la font faire à leur puissance ; et, bien qu’elle ne parle qu’en gazouillant, elle ne laisse pas d’exprimer assez adroitement son origine, et les effects de la plus digne liqueur qui luy puisse acquerir de l’estime, s’en acquittant neantmoins un peu obscurement pour cacher ses mystères au vulgaire indiscret, qui a coustume de les profaner. Elle merite singulièrement d’estre considerée, lorsque, comme une autre Semelé, elle porte dans ses flancs ce gentil dieu de la joye et de la liberté, dont il a tiré son nom, à qui les plus sevères Catons n’ont pas refusé leurs hommages, quand ils vouloient delasser leur esprit du soin des affaires publiques, ou du chagrin d’une trop profonde meditation. Elle n’a que des charmes innocens pour les honestes gens qui en usent de mesme, et n’est pas complice des excez que commettent les brutaux quand ils abusent de ses dons, que l’on compte entre les principaux lenitifs des misères humaines. L’auteur de cette pièce, qui ne vous est pas inconnu, se promet tant de vos bontez, qu’il s’asseure que l’adresse qu’il vous en fait ne vous sera pas desplaisante, et que vous agreerez la veneration qu’il voüe à vos belles qualitez par celle qu’il prend,

Messieurs,

De vostre très humble et très obeyssant serviteur,

Carneau1.

La Pièce de cabinet.
Stances énigmatiques.

Vous qui par le nectar de vos doctes merveilles
Adoucissez le fiel des plus fascheux ennuis,
Prenez le passe-temps d’entendre qui je suis,
Et prestez à ces vers le cœur et les oreilles.

Je nais d’un fort brasier et d’un soufle traitable,
Et j’enfante sans peine un fruit qui tient du feu,
Qui par de vifs attraits s’acquiert un doux aveu,
Pour forcer le donjon de l’ame raisonnable.

J’ay fort peu de beauté, quoy qu’on me treuve belle,
N’ayant rien que le ventre, et la bouche, et le cou ;
Toutesfois mon amour rend tant de monde fou,
Qu’aux plus paisibles lieux il sème la querelle.

Pour sauver des dangers le tresor que je porte,
Un art industrieux m’arme jusqu’au gosier ;
Une belle tissure, ou de jonc ou d’osier,
Compose mes habits de différente sorte.

L’on me void jusqu’au cœur quand je suis toute nue,
Et l’œil qui me regarde en moy-mesme se peint ;
Mais, si dans cet estat quelque estourdy m’atteint,
Souvent du moindre choc il me brise et me tue.

Je me plais neantmoins où je suis harcelée,
M’y voyant à la fin tout le monde soumis.
Ceux que je mets à bas sont mes meilleurs amis,
Et parfois nous tombons ensemble en la meslée.

Chez eux souvent je meurs, souvent je ressuscite,
Perdant cent fois mon sang, le recouvrant cent fois ;
En me caressant trop on se met aux abois,
Et plus je fais de mal, d’autant plus on m’excite.

Je sçay, comme Circé, l’art de metamorphose
Pour transformer l’esprit de tous mes courtisans,
Les rendant furieux, ou brutaux, ou plaisans,
Selon que le climat ou l’humeur les dispose.

J’anime l’eloquence, et n’en suis pas pourveue :
Si l’on m’entend parler, ce n’est qu’en vomissant ;
Mes trop frequens baisers rendent l’homme impuissant,
Et font errer ses pas en egarant sa veue.

D’une humeur sans pareille un dieu m’emplit le ventre,
Le teignant tour à tour des aimables couleurs
De la rose et du lys, les plus belles des fleurs,
Et le rouge et le blanc sont chez moy dans leur centre.

Le pauvre, me tenant quand je suis ainsi pleine,
Ne porte point d’envie aux tresors de Crœsus,
Et, traisnant des souliers et des bas descousus,
Il marche avec orgueil comme un grand capitaine.

Avec mon elixir le plus lasche courage
Triomphe quelquesfois des plus braves guerriers ;
J’ay des foudres pour nuire aux plus dignes lauriers,
Et pour faire un affront à leur illustre ombrage.

Sans moy, ce dieu fougueux qui preside à la guerre
Verroit ses gens sans cœur errans à l’abandon,
Et ce doux assassin qu’on nomme Cupidon
Verroit ses traits sans moy plus fresles que du verre.

On void fort peu la joye aux lieux d’où je m’absente,
Et l’on void la sagesse où je n’excède pas ;
Je preste à celle-cy quelquesfois des appas,
Animant ses raisons d’une emphase puissante.

Caton, à ce qu’on dit, recherchant quelque pointe
Pour attirer les cœurs à suivre ses discours,
La faisoit mieux paroistre et de mise et de cours
Quand ma bouche s’estoit à la sienne conjoincte2.

Je me fais estimer la dixiesme des Muses,
Polissant les esprits sans beaucoup de façons ;
Et les moindres bergers font admirer leurs sons
Quand mon enthousiasme enfle leurs cornemuses.

Je montre au plus grossiers une amitié prodigue ;
M’admettant à leur table, ils joüissent de moy ;
Là je leur fais mesler tout à la bonne foy
Aux gazettes du temps cent contes de la Ligue.

Je leur fais estaler d’une grace authentique
Les guerres du passé, les siéges du present,
Et leur fais penetrer, en les subtilisant,
Les desseins du futur par esprit prophetique.

Mais les ingrats pour moy n’ont qu’une amitié feinte,
Puis qu’ayant espuisé mon sang et mes espris
Ils ne me voyent plus qu’avecques du mespris
Tant que d’un nouveau fruict je redevienne enceinte.

En effect, sans ce fruict je serois peu de chose,
Et n’aurois pas sujet de beaucoup me vanter ;
Mesmes il pourroit bien dans mes flancs se gaster
Si l’on ne m’ordonnoit d’avoir la bouche close.

Je ne suis que la gaine où ce glaive liquide
Recèle sa valeur et cache sa beauté3 :
Tant qu’il loge chez moy, j’ay de la vanité ;
Lors qu’il en sort, je pleure, et deviens toute aride.

Je porte en le portant poison et medecine,
Selon que l’abus regne ou la discretion ;
Debitant le remède et la corruption,
J’offense et je gueris la teste et la poitrine.

C’est par luy qu’on me loue et que l’on me caresse,
Luy seul fait que mon nom est par tout reveré,
Et que tant de mortels, d’un accent alteré,
M’invoquent au besoin comme quelque deesse.

Le voyageur lassé, l’artisan hors d’haleine,
Et le soldat recreu4 s’empressent pour m’avoir,
Sçachans que mon genie a l’excellent pouvoir
De resveiller la force et d’adoucir la peine.

S’il faut faire un marché, l’on veut que je m’en mesle ;
S’il s’agit d’un contrat, j’en conduis les ressors ;
Si parmi les plaideurs il se fait des accors,
Pour les mieux affermir il faut que je les scèle.

Le malade en son lict, où la fievre le mate
Et le tient attaché d’un vigoureux lien,
Souvent pour m’aborder rebute Galien,
Et prise plus mon nom que celuy d’Hipocrate.

Plusieurs, pour m’accueillir, me font des sacrifices
De langues, de jambons, de fromages pourris,
Où l’on n’oit que mots gras entremeslez de ris,
Et les plus doux encens n’y sont que des espices.

Tout ce que la debauche a pris pour ses amorces,
Ces fusils de la soif, ces ragousts parfumez,
Par qui les intestins sont enfin consumez,
Donnent à mes attraits de merveilleuses forces.

J’ay par tout du renom, hormis chez les infames
Dont l’orgueil s’est armé des cornes du croissant,
Qui, pour me tesmoigner un cœur mesconnoissant,
Sont traistres à leurs corps aussi bien qu’à leurs ames.

Je triomphe en ces jours qui rameinent les festes
De ce folastre Dieu que l’on feint deux fois né,
Qui, ne portant qu’un dard de pampre environné,
Fit voir aux Indiens ses premières conquestes.

Je n’ay pas moins d’honneur lors que la canicule,
Respandant ses brasiers jusqu’aux lieux plus secrets,
Fait que Diane sue aux plus fraisches forests,
Et craint que Cupidon, s’y glissant, ne la brûle.

Alors mes bons amis prennent beaucoup de peines
Pour eloigner de moy les rayons du soleil,
Et, pensans m’obliger d’un plaisir nonpareil,
Ils me font un beau lict du cristal des fonteines.

Flotant autour de moy, cet element m’agrée,
Mais je souffre à regret qu’il penetre au dedans,
Parce qu’il rompt la pointe à mes bouillons ardans,
Dont un cœur abatu s’eveille et se recrée.

Sa froideur, me privant de chaleur naturelle,
Prive mes nourrissons de mes riches douceurs,
Qui ravissent la gloire au ruisseau des neuf sœurs
En eschauffant l’esprit d’une fureur plus belle.

Mais, quand les intestins, debiles ou malades,
Se sentent menacez de quelques maux sanglans,
Pour moderer le dieu que je porte en mes flancs,
On me contraint par fois d’admettre les nayades.

Je ne sçaurois pourtant treuver bon ce meslange,
Aimant mieux tenir seul ce dieu, qui me cherit
Et fait qu’en tant de lieux tout le monde me rit,
Que tous les flots dorez du Pactole et du Gange.

Son odeur, preferable au doux parfum des roses,
Sçait donner à ma bouche un baume precieux,
Pour qui les dieux d’Ovide abandonnent les cieux,
Et font de meilleurs tours qu’en ses Metamorphoses.

Ils quittent le nectar que verse Ganymède,
Pour celuy que l’on gouste en mes baisers charmans ;
Mesmes ce Jupiter, le plus chaud des amans,
Contre le mal d’amour cherche en moy du remède.

Apollon, degousté des liqueurs du Parnasse,
Qui n’eurent qu’un cheval pour premier eschanson,
M’appelle quand il fait quelque bonne chanson,
Et pour bien entonner ardemment il m’embrasse.

Cette eau de Castalie où l’on devient poète
N’inspire à ses poumons qu’un accent enrumé ;
Mais quand il me courtise il se sent animé
D’un air qui rend sa voix plus divine et plus nette.

Les mignons de ce dieu font par moy des miracles
Et me doivent l’honneur de leurs plus beaux desseins ;
Ma feconde vertu les produit par esseins,
Et mon gazouillement leur dicte des oracles.

C’est erreur de penser que dans la poesie
L’on puisse reussir à moins que de m’aymer ;
Tous ceux que mes appas ne peuvent enflammer
N’ont jamais qu’une veine infertile et moisie.

Ce lyrique excellent de la muse romaine
Que Mecène appelloit le Pindare latin,
Eust-il pourveu ses vers d’un si fameux destin
Si ma douce fureur n’eust enrichy sa veine ?

Sitost que son esprit sentait la pituite
Offusquer tant soit peu ses nobles fonctions,
J’accourois au secours de ses conceptions,
Dont il m’attribuoit la gloire et le merite.

Fuyant la medecine et ses plus sçavans maistres,
Qui m’esloignoient de luy pour conserver ses yeux5,
Il jugeoit leurs avis sots et pernicieux,
De nuire au bastiment pour sauver les fenestres6.

Le copieux Ronsard, l’industrieux Jodele,
Le grave du Bellay, l’agreable Baïf,
Le tragique Garnier, et Belleau le naïf,
Me consultoient souvent comme oracle fidele.

Desportes m’invitoit à ses mignards ouvrages ;
J’entretenois Bertaud dans ses divins élans,
Et, pour faire des vers plus forts et plus coulans,
Du Perron me mandoit par quelqu’un de ses pages.

Pour louer un vainqueur tout couvert de trophées,
Pour descrire un amant nageant dans les plaisirs,
Et pour sonder un cœur jusqu’aux moindres desirs,
Mon odeur seulement les rendoit des Orphées.

Malherbe fut après des premiers de la liste
De ceux que j’ay placez parmy les demi-dieux,
Et si je ne poussois mon charme dans ses yeuz,
Il n’en voyoit aucun dans les yeux de Caliste7.

Racan, Maynard, Gombault, Saint-Amant, Theophile,
Corneille, Scudery, Tristan, Metel8, Rotrou,
Ont plus puisé chez moy de tresors par un trou
Qu’Ilion n’en perdit cessant d’estre une ville.

Par moy Faret, Beys9, Colletet, Bensserade,
Desmarets, Mareschal10, Sainct-Alexis, du Rier,
L’Estoile, Maistre Adam, Robinet11, Pelletier12,
Avoisinent les cieux d’un autre air qu’Encelade.

Ce malade plaisant, dont la folastre verve
Dispute le laurier aux plus sages autheurs,
Cet aimable Scaron est de mes amateurs13,
Et pour me courtiser il quitteroit Minerve.

Lysis, quoyque prelat, et Carneau, quoyque moine14,
Lorsque leur veine cède à quelque infirmité,
Cherchent plustost en moy la perle de santé,
Qu’aux bouëtes de sené, de casse et d’antimoine.

Tous ces heros du temps, dont les rares genies
Tiennent ce que les arts ont de riche et de beau,
Ne pourroient pas sauver leurs œuvres du tombeau,
Si je ne gouvernois leurs doctes harmonies.

Je suis une des clefs du temple de Memoire ;
Je l’ouvre aux bons esprits qui m’aiment sobrement,
Et le ferme aux bruteaux qui vivent salement,
Comblant ceux-cy de honte, et les autres de gloire.

Je declare la guerre à la melancolie,
Et fais lever le siege à ses illusions,
Pour remplir le cerveau de belles visions
Qui donnent de l’esclat à ma douce folie.

Que je suis obligée à cette illustre plante
Qui me fait renommer par son fruict savoureux,
Et que je veux de bien à ce pilote heureux
Qui logea tout le monde en sa maison flotante !

Ce vieillard fut prudent de le mettre en usage,
Descouvrant le secret d’en faire une liqueur,
Pour se vanger des maux d’un element vainqueur
Et dissiper l’ennuy d’un general naufrage.

Sans ce fruict, je serois ainsi qu’un corps sans ame,
Qu’une ame sans esprit, qu’un esprit sans raison,
Qu’un debile arbrisseau planté hors de saison,
Et qu’un fidele amant eloigné de sa dame.

C’est par luy que je règne et regis les puissances
De l’homme, qui se dit le roy des animaux ;
Par luy je suis l’arbitre et des biens et des maux,
Des noises et des ris, des combats et des danses15.

Sonnet sur le mesme sujet.

Quand, par un double effort d’adresse et de courage,
Promethée enleva du haut du firmament
Ce qu’avoit de plus pur le plus noble element
Afin de donner vie à sa nouvelle image,

Il vid proche d’un muid plein de fort bon breuvage
Bacchus, tout jeune encore, estendu plaisamment,
Assoupy de vapeurs, ronflant profondément,
Sans seucy des mortels et sans crainte d’outrage.

Luy, voyant qu’il pourroit, sans troubler son repos,
Le prendre adroitement, l’emporta sur son dos ;
Et, pour luy preparer un sejour qui fust leste,

Il façonna mon corps comme un ciel portatif,
Clair, poly, transparent ainsi qu’un corps celeste,
Pour y garder chez luy cet illustre captif.




1. Étienne Carneau, né à Chartres en 1610, entré dans l’ordre des Célestins en 1630, mort en 1671. Ayant été guéri de la fièvre par le vin émétique d’antimoine, il composa en faveur de cette panacée, et contre ses ennemis, la Stimmimachie, ou le grand combat des médecins modernes touchant l’usage de l’antimoine, poème histori-comique, dédié à Messieurs les médecins de la faculté de Paris, par le sieur C. C. Paris, Jean Paslé, 1656, in-8. M. Viollet-Leduc possédoit un exemplaire de la Stimmimachie. Il en a parlé dans sa Bibliothèque poétique, p. 545 ; mais il ne semble pas avoir connu la pièce reproduite ici, et qui est une preuve que le goût du bon Célestin pour le vin ne s’arrêtoit pas au vin émétique. Quand il mourut, le P. Carneau étoit revenu aux idées pieuses. On le voit par l’épitaphe qu’il se composa lui-même en latin et en françois. Nous ne l’avons trouvée que dans le petit volume de Bordelon : le Livre à la mode, ou Diversitez nouvelles, Paris, 1696, in-8, p. 241, ou elle est donnée d’après une histoire manuscrite des Célestins. Voici l’épitaphe françoise ; nous vous ferons grâce de la latine, dont celle-ci, du reste, n’est que la traduction :

Ci-gît qui, s’occupant et de vers et de prose,
A pu quelque renom dans le monde acquérir :
Il aima les beaux-arts ; mais, sur toute autre chose,
Il médita de plus celui de bien mourir.

2. ——————-—–—————Narratur et prisci Catonis

Sæpe mero caluisse virtus.
Sæpe mero caluiss(Horat.)

Ce que J.-B. Rousseau paraphrase ainsi, dans son ode à l’abbé Courtin :

La vertu du vieux Caton,
Par les Romains tant prônée,
Etoit souvent, nous dit-on,
De salerne enluminée.

3. Cette métaphore nous rappelle un amusant lazzi d’Arlequin. « Mezetin vient sur le théâtre, portant quelque chose sous son manteau. Arlequin lui demande : Que portes-tu ? — Un poignard, dit Mezetin. Arlequin cherche, et voit que c’est une bouteille ; il la boit, et la rend ensuite à Mezetin en lui disant : Je te fais grâce du fourreau… » (Biblioth. de cour, 1746, in-8, t. 2, p. 177.)

4. Pour fatigué, harassé. Ce mot commençoit à vieillir. Racine l’a souligné comme suranné dans l’exemplaire du Quinte-Curce de Vaugelas (1653, in-4, p. 248) qu’il possédoit, et qui est aujourd’hui à la Bibliothèque impériale.

5. On sait qu’Horace avoit les yeux malades, lippi oculi.

6. Ce trait a peut-être été inspiré par cette jolie épigramme de Marot :

Le vin, qui trop cher m’est vendu,
M’a la force des yeux ravie ;
Pour autant il m’est défendu,
Dont tous les jours m’en croist l’envie ;
Mais, puisque luy seul est ma vie,
Maugré des fortunes senestres !
Les yeux ne seront pas les maistres :
J’aime mieux perdre les fenêtres
Que perdre toute la maison.

7. Plusieurs stances et sonnets de Malherbe sont adressés à cette Caliste, qui n’étoît autre que la vicomtesse d’Auchy. V. Tallemant, édit. in-12, t. 1er, p. 169 ; et notre t. 1er, p. 128.

8. Le fameux Metel de Boisrobert, le poète et le bouffon de Richelieu.

9. Charles Beys, le poète ami de Molière.

10. Antoine Maréchal, de qui l’on a un grand nombre d’œuvres dramatiques données de 1638 à 1645. V. Catal. de la bibliothèque de M. de Soleinne, nos 1045–1048.

11. Ch. Robinet, auteur de Momus et le nouvelliste, et continuateur de la Muse historique de Loret.

12. Pierre Le Pelletier, dont s’est tant moqué Boileau.

13. Scarron buvoit bien, en effet. On trouve dans ses œuvres un grand nombre de vers de remercîments pour les vins fins dont on lui faisoit envoi. Aucun présent ne lui agréoit davantage. V., dans notre Paris démoli, le chapitre les Maisons de Scarron, p. 338–339.

14. L’auteur, du moins, y met de la franchise. Il ne dissimule rien, ni son goût bachique, ni son état. Plus loin il médit de son cher antimoine, et dément sa Stimmimachie.

15. Nous dirons, pour en finir avec ce livret, qu’il a été mis en prose, sous le titre de la Pièce charmante du cabinet découverte. (Moreau, Bibliographie des Mazarinades, t. 1, p. 15.)