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La Tunique de Nessus/5

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Un journaliste du siècle dernier, alias Le Nismois, alias
G. Lewis & Co (p. 80-89).

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V


Stanislas, toutes les après-midi, vers les trois heures, partait à cheval avec sa belle-sœur Gabrielle. Ils s’habituaient l’un à l’autre.

Le premier jour ils galopèrent franchement ; le deuxième, ils ralentirent leur allure pour échanger quelques paroles sympathiques ; le troisième, ils chevauchèrent au petit trot, côte à côte et Stanislas put s’extasier sur les grâces de sa compagne, sur la pureté de son teint, sur un je ne sais quoi qui parlait au cœur ; Gabrielle lui fournit une réplique coquette et aimable.

Le quatrième jour, les mains se rencontrèrent souvent et le cinquième, s’étant arrêtés à une métairie pour prendre du lait, les chevaux attachés à un arbre, Gabrielle dit :

— Stanislas, explique-moi comment tu as fait si vite fortune ? Papa prétend qu’il y a un mystère, que même avec une grande chance à la bourse, on ne peut aussi vite devenir millionnaire, archi-millionnaire.

— Archi-millionnaires, nous ne le sommes pas tant que ça !

— Irène a une fortune personnelle qu’elle ne possédait pas ; vous êtes séparés de biens : il y a une raison, papa l’affirme.

— Pourquoi ne me le demande-t-il pas ?

— Parce que cela ne le regarde pas, à ce qu’il dit, moi, j’ai des idées.

— Quelles idées, Gabrielle ?

Elle se pencha et lui murmura :

— Irène t’a aidé pour ta fortune : elle a eu des galants et, comme elle est très belle, on lui a donné beaucoup d’argent qui, joint à tes affaires de bourse, vous ont enrichis.

Il était très pâle et s’inquiétait sur ce qui se passait dans l’esprit de cette jeune fille : elle posa la main sur la sienne, et avec des yeux voilés, reprit presque bas :

— Ça te fait-il de la peine que je pense ainsi ! Tu as tort, Stanislas, si c’est vrai ! À sa place j’eusse agi de même et si nous nous réunissons un jour tous les trois, que tu veuilles encore davantage de la fortune, je me vendrais… comme elle s’est vendue.

Son cœur battait très fort, et il balbutia :

— M’aimes-tu ?

— Oui.

— Gabrielle !

— Parlons bas, sois franc, est-ce la vérité ?

— En partie.

— Je l’avais deviné et je devine aussi qu’Irène a des arrière-pensées. Elle s’est avancée avec moi, puis elle a reculé. Peut-être nourrissait-elle l’intention de m’apprendre.

— Quoi ?

— Ce qu’est le plaisir.

Ces quelques paroles suffisaient à bien préciser ce qui s’accomplissait en eux ; ils n’allèrent pas plus avant dans leur conversation ; ils se sentaient unis et alliés, ils révèrent à la façon dont se réaliserait leur entente.

Ce jour-là, Stanislas de retour au château, ne put contenir plus longtemps ses sens : profitant de ce qu’on dînait sur la terrasse, il monta à son cabinet de travail sous prétexte d’une lettre pressée à écrire et, sachant qu’Annina s’occupait de babioles dans la chambre de sa femme, il l’appela.

Elle le rejoignit de suite et comme il poussait la porte, elle comprit ce dont il s’agissait, se mit rapidement à cheval sur ses genoux à son simple signe ; il l’enconna avec ardeur et lui murmura :

— On ne fait plus ce qu’on veut ici, trouve-toi sur mon chemin, j’ai souvent soif de la chose.

— Tu n’as qu’à me regarder dans les yeux, Stani, je te rejoindrai immédiatement.

Le lendemain, avec sa belle-sœur, ils s’arrêtèrent devant quatre murs en ruines, au milieu d’une plaine, d’où on voyait au loin ; ils descendirent de cheval et les chevaux attachés à un tronc rabougri, ils s’assirent au bord du chemin, sur une énorme pierre plate.

Il l’enlaça, ils se regardèrent, et leurs lèvres s’agrippèrent.

— C’est un aveu, Gabrielle, dit-il.

— Aveu provoqué, Stanislas : quand tu voudras tu me prendras, tu me feras femme.

— Es-tu instruite ?

— On parle entre élèves, je suis novice.

Ils étaient assis tout l’un contre l’autre, la main du bras avec lequel il l’enlaçait vint toucher la poitrine : elle sourit, et dit :

— Je ne les ai pas encore aussi beaux que ma sœur, mais ils sont ce qu’il faut et ils le deviendront.

Leurs yeux ne se quittaient pas ; il avait pris sa main et la pressait contre son cœur ; d’elle-même elle la descendit vers la culotte, toucha la queue qui bandait, et murmura :

— C’est avec ça, eh !

— Oui.

Elle la manipula par dessus la culotte, sans pudibonderie et il crut qu’il allait jouir à ce seul attouchement.

— Je crois que j’aimerai la vie de plaisir, Stanislas, tu n’as pas été jaloux de ma sœur qui est ta femme, tu ne le seras pas de moi.

— Qu’entends-tu par la vie de plaisir ?

— Être une grande cocotte. Je connais les noms de quelques demi-mondaines citées dans les journaux. Il y en a un qui m’a frappée plus que tous les autres, c’est celui de Léna de Mauregard.

— Tu dis ?

— L’as-tu connue, et Irène aussi ?

Il hésita, mais elle approcha la bouche de la sienne, déjà sirène séductrice et ajouta :

— Irène a été une grande cocotte, dis, elle était l’amie de Léna de Mauregard et elle aussi avait un nom de guerre : apprends-moi ce nom, tu ne peux rien me refuser.

— Irène s’appelait Léna de Mauregard.

— Elle, elle ! Ah, Stanislas, je saisis tout ! Moi aussi j’aurai un nom de guerre et je dépenserai des fortunes comme Léna de Mauregard ; Léna, ma sœur, Léna, la plus jolie femme de Paris, je le serai aussi.

En ce moment un coup de tonnerre retentit dans le lointain ; ils remarquèrent que le ciel se couvrait, ils se relevèrent promptement, détachèrent les chevaux, sautèrent dessus, et Stanislas dit ;

— Nous sommes trop loin du château, il y a un village à une demie-lieue, gagnons-le, nous y attendrons la fin de l’orage.

Une demie-lieue, il y avait bien une lieue, et un premier nuage creva comme ils commençaient à peine à apercevoir les maisons. Heureusement pour eux qu’une belle auberge, une hôtellerie se trouvait avant et ils purent s’y réfugier, évitant la pluie torrentielle.

Néanmoins, comme ils étaient mouillés, Stanislas, en entrant, dit à la maîtresse de l’auberge, qui les saluait :

— Une chambre, un bon feu, du Malaga et des biscuits.

— Ce sera prêt dans une seconde, Monsieur mais entrez dans la salle, Madame séchera son corsage.

Gabrielle, à cheval, portait un costume ordinaire, sauf la jupe un peu plus longue.

Elle était assez mouillée : la maîtresse d’auberge lui conseilla d’ôter son corsage, pour ne pas prendre mal, et de revêtir une camisole qu’elle lui prêterait.

La jeune fille, appelée Madame, ne fit pas de manières, passa derrière un paravent pour revêtir la camisole à la place du corsage, qu’on approcha du feu pour sécher.

Le temps de cette petite opération, et une bonne accorte annonça que tout était prêt dans la chambre de Monsieur et Madame.

Ils se trouvèrent seuls dans cette chambre d’auberge, pas trop mal meublée, mais dépourvue du luxe auquel ils étaient habitués.

Seuls, debout, se chauffant les pieds à la flambée d’un grand feu de bois, Stanislas jeta un regard sur sa compagne, qui lui sourit.

Il s’approcha, lui retira la camisole, sans qu’elle s’y opposât et plaqua un gros baiser sur le gras des bras et aux épaules.

Un bout de ruban attachait la chemise au cou ; il dénoua le ruban et vit alors tout le buste de Gabrielle jusqu’au nombril, avec les seins mignonnets et attirants, jolies petites pommes qu’elle lui laissa contempler et embrasser.

Il y avait en elle une résolution extraordinaire ; il lui dégrafa jupes et pantalon, la mit en chemise devant lui, elle ne ressentit aucun embarras.

Elle sentit qu’il saisissait ses fesses avec les deux mains, alors seulement elle éprouva un léger trouble, se cacha le visage sur sa poitrine.

Il le lui souleva, la fixa dans les yeux et demanda :

— Veux-tu que je te prenne, le ciel semble te pousser dans mes bras.

L’ouragan faisait rage : les éclairs et les coups de tonnerre se succédaient, le jour s’assombrissait de plus en plus, ils ne s’en occupaient pas, elle remit les lèvres sur les siennes, et répondit :

— Prends-moi.

Il l’emporta sur le lit, comme on porte un bébé, en un rien de temps il fut dévêtu et étendu à son côté.

Ils avaient gardé leur chemise ; il lui guida la main sur sa queue, la lui fit manipuler, ainsi que les couilles, tandis qu’il lui pelotait le cul et le clitoris. Les ventres se rapprochèrent, il s’arrêta dans sa fièvre, il voulut embrasser la chapelle d’amour dont il allait ravir la virginité : elle ne le repoussa pas et, sous son impulsion, entrouvrit les cuisses. Il la contempla dans son duvet très roux, dans son conin, missel fermé et baisa ardemment cette arche sainte, créée pour le bonheur et la félicité.

Elle était pucelle ; pour goûter à la volupté, il importait qu’elle ne le fût plus ; il la saisit à une contraction nerveuse qui l’agita, grimpa sur elle et l’attaqua

C’était la seconde pucelle qu’il pressait dans ses bras depuis son installation à S… Gabrielle offrit un dépucelage plus pénible que celui d’Annina ; elle ne faiblit pas. Ses dents claquaient, elle versait des larmes, elle-même l’obligeait à persévérer quand il reculait devant la souffrance qu’elle éprouvait. Elle se rassérénait et, comme il avait l’habitude de la femme, il se modérait, avançait peu à peu pour ne pas la mettre en sang, pour ne pas l’épouvanter.

Oh, ce premier pas, il faillit lui-même s’y estropier, en appuyant un peu trop sur son gland en forte érection. Il murmura :

— Écarte, écarte les cuisses, tire tes jambes à toi.

Elle essaya de les soutenir dans les mains, de les relever en l’air, présentant dans son complet épanouissement l’entrecroisure ; elle fut obligée de les rallonger, ressentant vivement l’écorchure qui s’accentuait.

Enfin, il enfonça, enfonça et les larmes se séchèrent, une béatitude infinie se répandit dans l’être de Gabrielle, elle souffrait encore, mais ce n’était plus la même chose, l’homme la possédait, l’amant choisi pénétrait dans le vagin, elle se sentait rattachée à lui par ce morceau de chair qui disparaissait dans son conin et ses lèvres, s’entrouvrant pour appeler une dernière caresse, murmurèrent :

— Mon amant, mon amant, tu es mon amant, Stanislas. Il ne faudra pas encore l’avouer à Irène.

L’éjaculation suivit, la terre comptait une pucelle de moins.