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La Vie nouvelle/Commentaires/Chapitre XXIII

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La Vita Nuova (La Vie nouvelle) (1292)
Traduction par Maxime Durand-Fardel.
Fasquelle (p. 175-176).


CHAPITRE XXIII


Donna pietosa e di novella etate

Cette canzone a deux parties : dans la première, je dis en parlant à une personne indéterminée comment je fus tiré d’une imagination délirante par certaines femmes, et comment je leur promis de la leur raconter. Dans la seconde, je dis comment je l’ai fait. La seconde commence à : tandis que je pensais… La première partie se divise en deux : dans la première, je dis ce que certaines femmes, et une en particulier, dirent et firent au sujet de mon délire avant que j’eusse repris ma connaissance. Dans la seconde, je dis ce que ces femmes me dirent après que j’eus cessé de divaguer, et elle commence à : ma voix était… Ensuite, quand je dis : tandis que je pensais… je dis comment je leur ai raconté mon imagination. Et relativement à ceci, je fais deux parties : dans la première, je les raconte dans l’ordre. Dans la seconde, en disant à quelle heure ces femmes m’ont appelé, je les remercie intérieurement ; et cette partie commence à : vous m’avez appelé…


La femme jeune et compatissante (donna pietosa e di novella etate) qui se trouve à la tête de la canzone est la même que la femme jeune et gentille qui n’a fait que passer dans le récit. C’est celle qui se tenait près de son lit, et que les autres femmes en avaient écartée, à cause sans doute de ses frayeurs et de ses bruyantes lamentations.

Il a suffi au poète de quelques mots à peine pour donner la vie à une image gracieuse, mais toute fugitive. Celle-ci était sa plus proche parente (era meco di propinquissima sanguinità), c’est-à-dire sa sœur, mariée depuis à un Léone Poggi (Fraticelli).