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La Vie nouvelle/Commentaires/Chapitre XXV

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La Vita Nuova (La Vie nouvelle) (1292)
Traduction par Maxime Durand-Fardel.
Fasquelle (p. 180-181).


CHAPITRE XXV


Est-ce pour satisfaire aux règles qu’il vient d’établir qu’il exprimera plus tard en strophes amoureuses les louanges de la philosophie dans Il Convito ? (Fraticelli.) Et, s’il a transformé la Philosophie en une femme douée de tous les attraits de son sexe, est-ce afin de pouvoir la célébrer ainsi, et la louer dans un langage approprié ? Et, chose assez singulière, les expressions symboliques qu’il adresse à la Philosophie ont un caractère de sensualité que nous ne rencontrons dans aucune des invocations dont Béatrice est l’objet.

On est très embarrassé avec le poète de la Vita nuova et de la Divine Comédie. S’il a bien établi la distinction dans le discours du sens littéral et du sens allégorique[1], il ne nous aide pas souvent à faire la part de l’un et de l’autre. Il fait penser, si l’on ne trouve pas un tel rapprochement un peu irrespectueux, à ces personnes que nous rencontrons dans le monde, quelquefois très intelligentes ou très spirituelles, mais d’un esprit ainsi fait qu’on ne sait jamais si elles parlent sérieusement, ou si elles ne pensent pas le contraire de ce qu’elles disent.



  1. Il Convito, Tratt. II.