La besace de haine/Haines et vengeance

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Éditions Édouard Garand (p. 56-60).

— XIV —

HAINES ET VENGEANCES


Un drame allait se jouer… ce drame allait se produire si rapidement que, dans l’esprit de ses acteurs, il n’aurait que la durée d’un éclair.

Dans ce cabinet de travail du Palais de l’Intendance que nous connaissons, un entretien venait de se terminer entre l’intendant-royal et son secrétaire Deschenaux, un entretien au cours duquel on avait prononcé quelques condamnations à mort. On avait en effet décrété la mort de Flambard, celle de Vaucourt, celle du père Croquelin et, enfin, celle d’Héloïse de Maubertin. Oui, Deschenaux en était arrivé à cette extrémité, et il avait avoué lui-même :

— Je crois que vous avez raison, monsieur l’intendant, il vaut mieux qu’elle meure !

Il s’était levé et s’apprêtait à partir, quand une porte s’ouvrit doucement pour encadrer une mince silhouette humaine. Et à travers la pénombre qui régnait dans le cabinet de travail — car on n’avait pas encore allumé les bougies — cette ombre s’avança, fugitive, à peine perceptible… Puis elle fit un bond jusqu’à Deschenaux et cria :

— Ah ! scélérat, tu ne jouiras pas de ton triomphe avec celle que tu as fait évader… meurs !

Deschenaux n’était pas revenu de sa surprise que Mlle Pierrelieu — telle une furie antique — lui enfonçait dans la poitrine la lame d’une dague.

Deschenaux poussa un gémissement en portant la main à sa poitrine et balbutia avec une stupeur indéfinissable :

— C’est vous… Hortense ?

— Si c’est moi ?… Regarde !…

Deschenaux chancela et bégaya :

— Ah ! tu m’assassines, fille de satan !

Bigot, non moins surpris, s’était élancé au secours de son secrétaire qu’il aida à s’asseoir sur un fauteuil.

— Oui, je t’assassine, rugit Mlle Pierrelieu, parce que tu m’as volé ma vengeance, parce que tu as fait évader Héloïse Vaucourt, parce que tu m’a délaissée pour elle, brigand ! Meurs donc ! clama-t-elle.

Et, comme une tigresse altérée de sang, elle bondit de nouveau et atteignit Deschenaux au visage de sa lame sanglante.

Mais cette lame avait été détournée quelque peu par Bigot, elle allait pénétrer dans la gorge de Deschenaux.

Lui, perdit connaissance et sa tête roula inerte sur le dossier du fauteuil.

Mlle Pierrelieu, croyant que Deschenaux mourait, fit entendre un ricanement rauque.

— Malheureuse ! dit l’intendant en s’avançant sur elle pour la désarmer.

Mais elle leva encore sa dague toute rouge, et, riant, — elle était peut-être devenue tout à fait folle ! — elle plongea l’arme tout entière dans son propre sein et elle tomba lourdement aux pieds de l’intendant.

Bigot jeta un sonore appel de secours.

Mais le drame était consommé : Mlle Pierrelieu s’était frappée au cœur !

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Or, pendant que se déroulait cette tragédie, le vicomte de Loys avait été installé provisoirement dans une salle de malades et de blessés, en attendant qu’on lui eût préparé une chambre. Le vicomte arrivait donc à l’hôpital environ seize heures après Jean Vaucourt.

La salle où de Loys avait été conduit était située au rez-de-chaussée et elle contenait douze malades et blessés. D’un côté cette salle attenait à une antichambre voisine du parloir, de l’autre à un large corridor longeant des chambres. La première de ces chambres, à gauche, était celle de Jean Vaucourt. C’est ce que le vicomte avait appris par la conversation de deux malades non loin de lui.

Quant au vicomte, il occupait un lit à l’extrémité de la salle qui touchait à l’antichambre. Le lit du vicomte s’appuyait d’un côté contre la cloison d’une cellule qui occupait un angle de la salle, et cette cellule servait de chambre à la surveillante du service de nuit.

Cette salle de malades, durant le jour, était bien éclairées et aérée par dix fenêtres, dont cinq de chaque côté de la salle. Les douze lits étaient rangés, six sur un côté et six sur l’autre, et entre chaque lit que séparait un large passage il y avait une fenêtre. Le soir venu, on allumait quatre lampes accrochées à des colonnes qui soutenaient le plancher supérieur de la salle. Entre les colonnes et les deux rangées de lits se trouvait une spacieuse allée.

Le vicomte avait en peu de temps observé la disposition des lieux, car il voulait profiter de la première opportunité pour accomplir son affreuse besogne.

Les lampes venaient d’être allumées. Un peu plus tard, à cinq heures et demie, deux sœurs tourières vinrent faire la distribution des aliments aux malades. De Loys ne voulut rien manger.

À huit heures un médecin et un chirurgien firent leur ronde.

Le chirurgien, qui avait pansé le vicomte à son arrivée à l’hôpital, s’approcha et demanda :

— Ça va mieux, monsieur le vicomte ?

— Oui, dit de Loys.

— Oh ! ce ne sera rien, répliqua le chirurgien. Demain ou après demain vous pourrez quitter l’hôpital.

À neuf heures la surveillante de nuit fit son entrée dans la salle. De Loys tressaillit : dans cette sœur tourière il venait de reconnaître Marguerite de Loisel. La jeune fille tenait dans l’une de ses mains un petit paquet quelconque. Elle se dirigea vers la cellule destinée à la surveillante. Au moment où elle allait pousser la porte, elle jeta un regard distrait sur le lit appuyé à la cloison de la cellule, et elle tressaillit violemment en reconnaissant le vicomte de Loys… de Loys qui avait fermé les yeux pour ne pas voir les regards de Marguerite… de Loys qui feignit de dormir !

Marguerite n’avait pas seulement tressailli, elle avait pâli ! Un sentiment de haine avait aussitôt serré son cœur, mais ce sentiment elle l’avait étouffé de suite… car elle voulait pardonner ! Mais pouvait-elle oublier ?… Oublier ? ah ! non, elle en était incapable ! Ou, du moins, elle s’en sentait incapable !

Car elle n’avait pu oublier les outrages dont l’avait abreuvée le vicomte ! Elle n’avait pu oublier qu’elle l’avait, un soir, frappé d’un poignard, alors que, ivre, le vicomte avait voulu lui faire violence ! Elle n’avait pu oublier… et elle n’oublierait jamais la plus terrible scène de sa vie, cette scène honteuse où, folle qu’elle avait été à cause de narcotiques qu’on lui avait fait prendre à son insu, elle s’était montrée publiquement une dévergondée ! Ah ! non, elle n’oublierait jamais le mépris qu’elle avait lu dans le regard loyal de Jean Vaucourt, ce même soir, à cette fête du munitionnaire Cadet en sa princière demeure de la Porte Saint-Jean !

Ah !… c’est que Marguerite de Loisel avait plus souffert de toute cette honte, de tout ce mépris, que de la déchéance qu’elle avait subie par l’effondrement de la fortune et de la faveur dont jouissait le baron de Loisel, qu’elle croyait son père !

Elle avait pleuré et elle avait gémi !

Elle avait maudit ceux qui l’avaient jetée dans ce milieu infâme dont le roi était Bigot… Bigot dont on lui avait dit qu’elle était la filleule… Bigot qui, à ce titre de parrain aurait dû la protéger, l’avait laissée choir… Bigot qui avait même participé à l’odieuse comédie jouée à la fête donnée par Cadet ! Oui, elle avait maudit cet homme et tous ceux-là qui l’avaient enserrée vivante dans ce cloaque où grouillait une lèpre ignoble et gluante !

Elle n’avait cessé de maudire cet homme sans foi ni loi, ce Lardinet, dont la paternité à son égard lui était en doute, ce prévaricateur, cet assassin qui l’avait menée, elle, par la main dans cet assemblage monstrueux d’êtres vils et hideux, scorpions rampants dont les gueules distillaient sans cesse un poison mortel !

Elle n’avait donc pu oublier le vicomte ! L’oublier ?… Ah ! comme elle l’avait méprisé… haï !

Elle l’avait haï, même quand on lui avait dit de pardonner ! Elle l’avait haï et, chose curieuse, elle avait voulu pardonner en même temps ! Elle l’avait haï, et, à la fin, elle avait pardonné ! Elle l’avait haï, et, pourtant, il lui avait semblé qu’elle ne le haïssait pas ! Mais alors ce n’était donc pas la haine qui l’animait ? Peut-être voulait-elle seulement haïr, sans y arriver !…

Puis, le temps avait marché… deux ans s’étaient écoulés.

Marguerite n’avait plus revu le vicomte.

Elle avait à peine entendu parler de lui.

Et voilà qu’elle le revoyait tout à coup, elle le revoyait, pâle, blessé d’un coup d’épée, couché sur un lit d’hôpital !

De cette seconde même tout le passé était revenu brusquement à son esprit apaisé, ce passé terrible qu’elle avait essayé d’oublier.

Oui, elle retrouvait soudain devant elle un acteur effrayant de son passé, elle le retrouvait blessé… mais non blessé à la guerre, sur le champ d’honneur, puisque, comme elle le savait, le vicomte était demeuré en la cité de Québec durant cette belle campagne.

Elle pensa de suite qu’il avait été blessé dans une bagarre quelconque !

Quoi ! se jetait-il encore dans les bagarres ?

N’avait-il pas changé de vie ?

C’était donc toujours ce même jeune seigneur fat, libertin, et batailleur ?

Et quel crime pouvait-il avoir commis encore ? Combien d’autres folies n’avait-il pas commises depuis ce soir affreux du 30 septembre 1756 ?

Alors, pour échapper à toutes ces pensées qui venaient trop brutalement assaillir sa mémoire, elle entra vivement dans la cellule, y déposa le petit paquet qu’elle avait apporté, et revint dans la salle où une à une elle éteignit les lampes. Il était neuf heures.

Elle ne laissa brûler qu’une veilleuse posée sur une table au centre de l’allée qui séparait les deux rangées de lits.

Puis, tout étant tranquille, elle regagna sa cellule.

Le vicomte avait observé tous ses mouvements, et lorsqu’elle revint vers sa cellule, dans la demi-nuit qui régnait sur la salle, il osa la regarder, croyant que Marguerite ignorait sa présence si près d’elle. Or, il frémit malgré tout son courage quand son regard se choqua aux rayons qui s’échappaient des prunelles sombres de Marguerite : elle l’avait encore regardé comme malgré elle !

Elle pénétra hâtivement dans sa cellule.

La cellule était meublée uniquement d’un petit lit et d’une petite table. Sur cette table était une veilleuse à abat-jour. Marguerite s’assit sur le bord du lit et ouvrit d’une main légèrement tremblante le petit paquet qu’elle avait apporté. C’était la liasse des documents relatifs à sa naissance que lui avait remis, la nuit précédente, Flambard. Elle n’avait pas eu le temps durant toute cette journée de prendre connaissance de ces documents. Elle avait attendu avec hâte que vînt le soir, et maintenant dans le silence et le calme de la nuit elle pouvait satisfaire sa juste curiosité.

Longtemps elle demeura plongée dans cette lecture qui lui révélait ce qu’elle était. Elle lut surtout avec avidité l’acte de sa naissance et celui de son baptême. Ce dernier l’avait fait frémir : elle était bien véritablement la filleule de l’intendant Bigot. Elle avait été baptisée trois ans après sa naissance à Versailles, au cours d’un voyage que son père, le véritable baron de Loisel, avait fait des Indes en France, et elle avait eu pour parrain le sieur François Bigot, et, pour marraine, une cousine de ce dernier, Mlle Virginie de Puysieulx. On lui avait donné les noms de Virginie-Françoise-Marguerite. Ce nom qu’elle portait lui venait de sa mère, une demoiselle Marguerite de Chabannes. Si Marguerite se sentit mal de se voir la filleule de Bigot, par contre elle se réjouit intérieurement de n’être pas fille de roture, comme le lui avait reproché le vicomte de Loys. Elle était de petite noblesse, mais de noblesse tout de même. Si les barons de Loisel avaient acquis peu de gloire, par contre les Chabannes occupaient une belle place dans l’histoire de la noblesse française. En effet, un Chabannes n’avait-il pas été l’un des lieutenants de Jeanne d’Arc au siège d’Orléans ? C’était donc pour Marguerite une révélation précieuse et qui la sortait de la déchéance où l’avait jetée l’infâme Lardinet.

Pendant un moment Marguerite essaya de se rappeler l’image de son père et celui de sa mère. De son père, oui, maintenant qu’elle savait, elle se souvenait vaguement d’un homme jeune encore qui se penchait sur son front et y posait tendrement ses lèvres ; et cet homme, le vrai baron de Loisel, lui semblait avoir quelque ressemblance de traits avec ce Lardinet ! Mais de sa mère, de cette Marguerite de Chabannes, elle ne pouvait rassembler aucun souvenir. Ah ! non… elle était trop jeune, elle venait à peine de naître. Mais elle n’oubliait pas l’image douce, souffreteuse, de celle qui avait été sa seconde mère, l’épouse de Lardinet. Durant une heure Marguerite se laissa emporter dans les sphères du rêve, et elle subissait une si douce émotion à revivre avec des êtres qu’elle n’avait pas connus, comme son père et sa mère, que des larmes roulaient lentement de ses yeux.

Puis, quittant le rêve, elle reprit la lecture des autres pièces recueillies par le comte de Maubertin.

La nuit avançait. Le silence était devenu solennel, et l’on n’entendait que la respiration affaiblie des malades de la salle.

Tout dormait.

Tout ?… Non !… Un homme veillait, un homme qui guettait le moment opportun pour accomplir un crime monstrueux, un sacrilège, dans cette maison sainte, un crime de haine et de vengeance. Il s’était dit qu’il attendrait deux heures pour être certain que les autres malades et la surveillante dormiraient.

Mais cette surveillante ne semblait pas dormir, le vicomte l’entendait remuer des papiers, il l’entendait parfois soupirer, et cette surveillante, c’était Marguerite de Loisel dont la vue l’avait excessivement troublé, dont le regard perçant l’avait traversé comme un fer rougi au feu !

À cette pensée le vicomte exprima un sourire de dédain.

Bah ! que lui importait Marguerite de Loisel, ou plutôt cette fille de roture, cette Lardinet qui n’était qu’un rebut de l’espèce humaine, et que de pieuses femmes charitables avaient recueillie dans la boue pour l’abriter sous leur toit hospitalier !

Non, cette Lardinet ne valait pas qu’on s’occupât d’elle, il la méprisait !

Il repoussait son image, il n’avait pas le temps ou de s’émouvoir ou de s’attendrir ; il était venu là pour accomplir une vengeance, une vengeance qu’il avait longtemps méditée, qu’il avait savourée en secret. Cette vengeance, c’était de tuer Jean Vaucourt et de sa jeune et belle femme faire sa maîtresse, son esclave. Que lui importait le reste du monde !

Et cette vengeance, enfin, il la tenait : Vaucourt était là, non loin de lui, dans une chambre voisine de la salle… il était là blessé, endormi peut-être, mais sûrement à demi mort ! Oui, Jean Vaucourt était là à la portée de sa main criminelle !…

Et, pas bien loin de l’Hôpital-Général, dans une belle demeure et sous la surveillance d’une jeune fille en qui il pouvait avoir confiance, était la femme de Vaucourt ; et cette femme, exquise par sa jeunesse, sa beauté et sa vertu, serait à lui dès qu’il jugerait le moment venu !

Or, ce moment venu, ce serait après la disparition de l’homme, du mari… Jean Vaucourt !

— Allons ! se dit soudain de Loys, l’heure est venue !

Il se glissa doucement hors de son lit, se mit à quatre sur le plancher et lentement rampa vers l’allée. Il y avait juste assez de lumière répandue par la veilleuse pour lui permettre de se guider. Toujours rampant et rasant le pied des lits, il traversa l’allée dans sa longueur vers la porte ouverte du corridor. Il avait estimé qu’il faudrait en tout dix minutes pour atteindre la chambre du capitaine canadien, accomplir son œuvre de mort, et revenir à son lit.

Il atteignit le corridor, et à sa gauche se trouvait la chambre de Jean Vaucourt dont la porte était légèrement entre-bâillée. Dans la chambre il y avait également une veilleuse allumée et posée sur une table au chevet du lit. La pâle clarté de la veilleuse lui permit de voir un être humain couché sur le lit, enveloppé jusqu’au menton. Le visage de cet homme était encadré d’une courte barbe noire, mais le vicomte reconnut Jean Vaucourt.

Le capitaine paraissait plongé dans un profond sommeil.

De Loys poussa un peu la porte, et il rampa dans la chambre. Au pied du lit il s’arrêta un instant pour assujettir dans sa main droite le poignard qu’il avait dissimulé sous ses vêtements. Puis, de nouveau, il avança vers le chevet. Là, il se dressa sur les genoux, leva le poignard… Mais il ne frappa pas tout de suite. De sa main gauche qui ne tremblait pas, il écarta doucement les couvertures pour découvrir la poitrine. Le blessé fit un mouvement, et de Loys croyant qu’il s’éveillait, plongea rapidement son arme dans le sein du capitaine.

Un long gémissement s’échappa de la bouche du blessé… et au même instant sa main droite se crispa avec une force prodigieuse sur la main du vicomte. Mais brusquement de Loys abandonna le manche de l’arme et dégagea sa main de celle du capitaine. Les paupières de Jean Vaucourt avaient vivement papilloté, puis tout son être était demeuré immobile et comme mort. De Loys, à cette seconde, sentit une sueur froide inonder sa nuque. Puis il tressaillit fortement en entendant une porte grincer légèrement du côté de la salle des malades.

Abandonnant son arme dans la poitrine de Jean Vaucourt, le vicomte rampa rapidement vers le corridor, puis dans la salle… Là, il se glissa sous le premier lit, terrifié presque par l’apparition qu’il venait de voir : debout, devant la porte de sa cellule, se tenait Marguerite de Loisel. Elle avait entendu le gémissement du capitaine dans le grand silence qui planait de toutes parts, et croyant qu’un de ses malades l’appelait ou demandait quelque assistance, elle était sortie de sa chambre. Mais le même silence solennel régnait encore.

Marguerite, après avoir promené son regard sur la salle, ne découvrant rien de particulier ou d’anormal, rentra dans sa chambre.

Au moment où elle refermait sa porte, le vicomte entendit partir de la chambre du capitaine un nouveau gémissement.

Il frissonna.

Quoi ! Jean Vaucourt n’était-il pas mort ?

Il trembla ! Car il avait songé à retourner dans la chambre pour y reprendre son poignard, ce poignard gravé des lettres F. L. !

Rentrer dans cette chambre ?… Le vicomte n’osa pas… il eut peur !

Et, suant, tremblant, il regagna son lit. Doucement encore il se glissa sous ses couvertures, puis il demeura inerte, exténué, mais plus encore épouvanté par la pensée qu’il avait abandonné dans le sein de Jean Vaucourt son arme ! Un témoin qui pourrait le compromettre !

Le vicomte de Loys plongea dans un cauchemar terrible…