La sainte Bible selon la Vulgate (J.-B. Glaire)/Proverbes

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(introductions, notes complémentaires et appendices)
La sainte Bible selon la Vulgate
Traduction par Jean-Baptiste Glaire.
Texte établi par Roger et Chernoviz, Roger et Chernoviz (p. 1304-1363).
LES PROVERBES(a)
DE SALOMON

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CHAPITRE 1.

Exhortation à l’étude de la sagesse. Malheur de ceux qui la méprisent, et qui cherchent à séduire les simples.

1. Paraboles de Salomon, fils de David et roi d’Israël,[2]

2. Utiles pour connaître la sagesse et la discipline,[3]

3. Pour comprendre les paroles de la prudence, pour recevoir l’instruction de la doctrine, la justice, et le jugement et l’équité,

4. Afin que soit donnée aux tout petits la finesse, à l’adolescent la science et l’intelligence.[4]

5. Le sage, en écoutant, sera plus sage, et l’intelligent possédera les moyens de gouverner.

6. Il découvrira le proverbe et l’interprétation, les paroles des sages et leurs énigmes.

7. La crainte du Seigneur est le principe de la sagesse.[5] La sagesse[6] et la doctrine, les insensés les méprisent.[7]

8. Écoute, mon fils, la discipline de ton père, et ne rejette pas la loi de ta mère,[8]

9. Afin que soit ajouté un agrément à ta tête, et un collier à ton cou.[9]

10. Mon fils, si des pécheurs veulent l’attirer, n’y acquiesce pas.

11. S’ils disent : Viens avec nous, dressons des embûches au sang, cachons des pièges à l’innocent qui ne l’a pas mérité ;[10]

12. Comme l’enfer, engloutissons-le vivant et entier, comme celui qui descend dans la fosse.[11]

13. Nous trouverons toutes sortes de biens précieux : nous remplirons nos maisons de dépouilles.

14. Mets ta part avec nous, qu’une seule bourse soit pour nous tous.

15. Mon fils, ne marche pas avec eux, écarte ton pied de leurs sentiers.

16. Car leurs pieds courent au mal, et ils se hâtent afin de verser le sang.[12]

17. Mais en vain l’on jette le filet devant les yeux des oiseaux.[13]

18. Eux aussi à leur propre sang dressent des embûches, et

machinent des fraudes contre leurs propres âmes.

19. Ainsi sont les sentiers de tout avare, ils ravissent lame de tous ceux qui possèdent.

20. La sagesse prêche dehors ; dans les places publiques elle élève sa voix ;[14]

21. À la tête des foules elle crie, aux portes de la ville elle profère ses paroles disant :

22. Jusques à quand, tout petits enfants, aimerez-vous l’enfance, et les insensés désireront-ils ce qui leur est pernicieux, et les imprudents haïront-ils la science ?[15]

23. Convertissez-vous à mes remontrances : voici que je vous révélerai mon esprit, et que je vous ferai comprendre mes paroles.

24. Parce que j’ai appelé, et que vous avez refusé de m’entendre ; que j’ai tendu ma main, et qu’il n’y a eu personne qui m’ait regardé ;[16]

25. Que vous avez méprisé tous mes conseils, et négligé mes réprimandes :

26. Moi aussi, à votre mort, je rirai et je me moquerai, lorsque ce que vous craigniez vous sera arrivé.

27. Lorsqu’une calamité arrivera tout d’un coup, et que la mort, comme une tempête, fondra violemment sur vous ; quand, viendront sur vous la tribulation et l’angoisse :

28. Alors ils m’invoqueront, et je ne les exaucerai pas ; dès le matin ils se lèveront, et ils ne me trouveront pas ;

29. Parce qu’ils ont haï la discipline, et qu’ils n’ont pas reçu la crainte du Seigneur,

30. Qu’ils n’ont pas acquiescé à mes conseils, qu’ils ont déprécié toutes mes remontrances.

31. Aussi ils mangeront les fruits de leurs voies, et ils seront rassasiés de leurs conseils.[17]

32. L’égarement des tout petits les tuera ; et la prospérité des insensés les perdra.[18]

33. Mais celui qui m’écoute reposera sans terreur et jouira de l’abondance, la crainte des maux ayant été enlevée.[19]

CHAPITRE 2.

1. Mon fils, si tu reçois mes paroles, et si tu caches mes commandements en toi,[20]

2. En sorte que ton oreille écoute la sagesse : incline ton cœur pour connaître la prudence.

3. Car si tu invoques la sagesse, et que tu inclines ton cœur vers la prudence ;

4. Si tu la recherches comme l’argent, et que tu creuses pour la trouver, comme les trésors :[21]

5. Alors tu comprendras la crainte du Seigneur, et tu trouveras la science de Dieu.

6. Parce que c’est le Seigneur qui donne la sagesse, et que de sa bouche sortent la prudence et la science.

7. Il veillera au salut des hommes droits, et protégera ceux qui marchent dans la simplicité,

8. Conservant les sentiers de la justice, et gardant les voies des saints.

9. C’est alors que tu comprendras la justice et le jugement, et l’équité et tout bon sentier.

10. Si la sagesse entre dans ton cœur, et que la science à ton âme plaise,

11. Le conseil te gardera, et la prudence te sauvera,

12. Afin que tu sois arraché à une voie mauvaise, et à l’homme qui tient des discours pervers ;

13. À ceux qui abandonnent le droit chemin, et qui marchent par des voies ténébreuses,

14. Qui se réjouissent lorsqu’ils ont mal fait, qui tressaillent de joie dans les choses les plus mauvaises,

15. Dont les voies son perverses, et dont les démarches sont infâmes.

16. Afin que tu sois arraché à la femme d’autrui, et à l’étrangère, qui amollit ses paroles ;

17. Qui abandonne le guide de sa jeunesse,[22]

18. Et qui a oublié l’alliance de son Dieu : sa maison penche vers la mort, et ses sentiers vers les enfers ;[23]

19. Tous ceux qui entrent chez elle ne reviendront pas, et ne prendront pas les sentiers de la vie.[24]

20. Afin que tu marches dans une voie bonne, et que tu gardes les sentiers des justes.

21. Car les hommes qui sont droits habiteront sur la terre, et les simples y demeureront constamment.[25]

22. Mais les impies seront exterminés de la terre ; et les méchants en seront enlevés.[26]

CHAPITRE 3.


1. Mon fils, n’oublie pas ma loi, et que ton cœur garde mes préceptes,

2. Car ils t’apporteront la longueur des jours, des années de vie, et la paix.[27]

3. Que la miséricorde et la vérité ne t’abandonnent pas : mets-les autour de ton cou, grave-les sur les tables de ton cœur :[28]

4. Et tu trouveras grâce et une bonne discipline devant Dieu et les hommes.[29]

5. Aie confiance dans le Seigneur de tout ton cœur, et ne t’appuie pas sur ta prudence.

6. Dans toutes tes voies, pense à lui, et lui-même dirigera tes pas.[30]

7. Ne sois pas sage à tes propres yeux : crains Dieu, et éloigne-toi du mal ;[31]

8. Car ce sera la santé pour ton corps et une irrigation pour tes os.

9. Honore le Seigneur de ton bien, et donne-lui des prémices de tous tes fruits ;[32]

10. Et tes greniers seront remplis d’abondance, et tes pressoirs regorgeront de vin.[33]

11. Ne rejetteras, mon fils, la discipline du Seigneur : et ne te décourage pas, lorsque par lui tu es châtié ;[34]

12. Car le Seigneur châtie celui qu’il aime, et il se complaît en lui comme un père en son fils.

13. Bienheureux l’homme qui a trouvé la sagesse, et qui est riche en prudence :

14. L’acquisition de la sagesse vaut mieux que le commerce de l’argent, et ses fruits sont préférables à l’or le meilleur et le plus pur ;[35]

15. Elle est plus précieuse que toutes les richesses ; et tout ce qu’on désire ne peut lui être comparé.

16. La longueur des jours est dans sa droite ; et dans sa gauche sont les richesses et la gloire.[36]

17. Ses voies sont des voies belles, et tous ses sentiers sont pacifiques.[37]

18. Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent, et celui qui la tient est bienheureux.[38]

19. Le Seigneur, par la sagesse, a fondé la terre : il a affermi les cieux par la prudence.

20. Par sa sagesse ont paru tout à coup des abîmes, et les nuées se chargent de rosée.[39]

21. Mon fils, que ces choses ne s’éloignent pas de tes yeux ; garde la loi et le conseil ;

22. Et ce sera la vie pour ton âme, et un ornement à ton cou ;

23. Alors tu marcheras avec assurance dans ta voie, et ton pied ne se heurtera pas ;

24. Si tu dors, tu ne craindras pas : tu reposeras, et doux sera ton sommeil ;

25. Ne redoute pas une terreur soudaine, ni les puissances des impies fondant sur toi.

26. Car le Seigneur sera à ton côté, et il gardera ton pied, afin que tu ne sois point pris.

27. N’empêche point de bien faire celui qui le peut : si tu es en état, fais toi-même bien.[40]

28. Ne dis pas à ton ami : Va et reviens ; demain je te donnerai, lorsqu’à l’instant tu peux donner.

29. Ne machine pas de mal contre ton ami, puisque lui en toi a confiance.

30. Ne dispute pas avec un homme sans sujet, lorsque lui-même ne t’a rien fait de mal.

31. Ne porte pas envie à un homme injuste, et n’imite pas ses voies,[41]

32. Parce que c’est l’abomination du Seigneur, qu’un moqueur ; et que c’est avec les simples qu’est sa conversation.[42]

33. La détresse viendra du Seigneur dans la maison de l’impie ; mais les habitations des justes seront bénies.

34. Il se jouera lui-même des moqueurs ; et aux hommes doux il donnera sa grâce.

35. Les sages posséderont la gloire : l’élévation des insensés sera l’ignominie.

CHAPITRE 4.


1. Écoutez, mes fils, la discipline d’un père, et soyez attentifs, afin que vous connaissiez la prudence.[43][44]

2. Je vous ferai un don excellent ; n’abandonnez pas ma loi.

3. Car moi aussi j’ai été un fils chéri de mon père, et comme un fils unique devant ma mère ;[45]

4. Et il m’instruisait, et me disait : Que ton cœur reçoive mes paroles, garde mes préceptes et tu vivras.

5. Possède la sagesse, possède la prudence : n’oublie pas les paroles de ma bouche et ne t’en écarte pas.

6. Ne rejette pas la sagesse, et elle te gardera : aime-la, et elle te conservera.

7. Un principe de sagesse est : Mets-toi en possession de la sagesse ; et par tout ce que tu possèdes, acquiers la prudence ;[46]

8. Saisis-la, et elle t’exaltera ; tu seras glorifié par elle, lorsque tu l’auras embrassée ;

9. Elle mettra sur ta tête des accroissements de grâces, et elle te couvrira d’une glorieuse couronne.

10. Écoute mon fils, et reçois mes paroles, afin que se multiplient pour toi des années de vie.

11. Je te montrerai la voie de la sagesse : je te conduirai par les sentiers de l’équité ;

12. Lorsque tu y seras entré, tes pas ne seront pas resserrés ; et, courant, tu ne trouveras pas de pierre d’achoppement.[47]

13. Retiens la discipline, ne la rejette pas : garde-la, parce que c’est elle qui est ta vie.

14. Ne prends pas plaisir aux sentiers des impies, que la voie des méchants ne t’agrée point.

15. Fuis-la, n’y passe pas : détourne-toi et abandonne-la ;

16. Car ils ne dorment point, s’ils n’ont mal fait ; et le sommeil leur est ravi, s’ils n’ont supplanté quelqu’un ;[48]

17. Ils mangent du pain d’impiété, et c’est du vin d’iniquité qu’ils boivent.

18. Mais le sentier des justes, comme une lumière éclatante, s’avance et croît jusqu’au jour parfait.[49]

19. La voie des impies est ténébreuse ; ils ne savent où ils se précipitent.

20. Mon fils, écoute mes discours, et à mes paroles incline ton oreille ;

21. Qu’elles ne s’éloignent pas de tes yeux, garde-les au milieu de ton cœur ;

22. Car elles sont la vie pour ceux qui les trouvent, et la santé pour toute chair :[50]

23. Garde ton cœur en toute vigilance, parce que c’est de lui que la vie procède.

24. Écarte de toi la bouche perverse ; et que des lèvres médisantes soient loin de toi.

25. Que tes yeux voient ce qui est droit, et que tes paupières précèdent tes pas.[51]

26. Dresse un sentier pour tes pieds ; et toutes tes voies seront affermies.

27. N’incline ni à droite ni à gauche : détourne ton pied du mal ; car les voies qui sont à droite, le Seigneur les connaît : mais perverses sont celles qui sont à gauche. Or lui-même rendra droites tes marches, et fera que tes chemins seront en paix.[52]

CHAPITRE 5.


1. Mon fils, sois attentif à ma sagesse, et à ma prudence incline ton oreille,[53]

2. Afin que tu veilles sur tes pensées, et que tes lèvres conservent la discipline. Prends garde à l’artifice fallacieux de la femme ;[54]

3. Car c’est un rayon distillant le miel, que les lèvres d’une prostituée, et plus brillant que l’huile est son gosier ;[55]

4. Mais ses derniers moments sont amers comme l’absinthe, et perçants comme un glaive à deux tranchants.[56]

5. Ses pieds descendent à la mort, et jusqu’aux enfers ses pas pénètrent.

6. Ils ne marchent point par le sentier de la vie : ses pas sont incertains, et on ne peut les découvrir.

7. Maintenant donc, mon fils, écoute-moi, et ne t’écarte pas des paroles de ma bouche.

8. Eloigne d’elle ta voie, et ne t’approche pas de la porte de sa maison.

9. Ne donne pas à des étrangers ton honneur, et tes années à un cruel vengeur,[57]

10. De peur que des étrangers ne soient comblés de tes biens, et que tes travaux n’aillent dans la maison d’un autre,[58]

11. Et que tu ne gémisses à la fin, quand tu auras consumé tes chairs et ton corps ; et que tu ne dises :

12. D’où vient que j’ai déteste la discipline, et qu’aux remontrances n’a pas acquiescé mon cœur,

13. Et que je n’ai pas écouté la voix de ceux qui m’instruisaient, et qu’à mes maîtres je n’ai pas incliné mon oreille ?

14. J’ai été presque dans toute sorte de maux au milieu de l’assemblée et de la réunion.[59]

15. Bois de l’eau de ta citerne, et de l’eau vive de ton puits :

16. Que les cours de tes fontaines soient dirigés au dehors ; et dans les rues partage tes eaux.

17. Possède-les seul, et que des étrangers n’y aient point de part avec toi.

18. Que ta source soit bénie ; et réjouis-toi avec la femme de ta jeunesse ;[60]

19. Qu’elle te soit une biche très chère, un très agréable faon ; que ses charmes t’enivrent en tout temps ; et que dans son amour soit toujours ta joie.[61]

20. Pourquoi, mon fils, seras-tu séduit par une étrangère, et reposeras-tu dans le sein d’une autre ?

21. Le Seigneur regarde les voies de l’homme, et il considère tous ses pas.[62]

22. Ses iniquités saisissent l’impie, et par les liens de ses propres péchés, il est enchaîné.

23. Il mourra, parce qu’il n’a pas eu de discipline, et c’est par l’excès de sa folie qu’il sera trompé.[63]

CHAPITRE 6.


1. Mon fils, si tu t’es rendu garant pour ton ami, et que tu aies engagé à un étranger ta main,[64][65]

2. Tu t’es enlacé par les paroles de ta bouche, et tu as été pris par tes propres discours.

3. Fais donc ce que je dis, mon fils, délivre-toi toi-même, parce que tu es tombé dans la main de ton prochain. Cours de tous côtés, hâte-toi, réveille ton ami ;

4. N’accorde point de sommeil à tes yeux, et que tes paupières ne s’assoupissent point.

5. Dégage-toi, comme un petit daim qui échappe de la main, et comme un oiseau qui fuit de la main d’un oiseleur.[66]

6. Va à la fourmi, ô paresseux, et considère ses voies, et apprends la sagesse ;[67]

7. La fourmi, quoiqu’elle n’ait ni chef, ni maître, ni prince,

8. Prépare dans l’été sa nourriture, et rassemble durant la moisson ce qu’elle doit manger.

9. Jusqu’à quand, paresseux, dormiras-tu ? quand sortiras-tu de ton sommeil ?

10. Tu dormiras un peu, tu sommeilleras un peu, tu mettras un peu les mains l’une dans l’autre, afin que tu dormes :[68]

11. Et viendra à toi, comme un coureur de chemin, la détresse ; et la pauvreté comme un homme armé. Mais si tu es actif, viendra ta moisson comme une source abondante, et la détresse fuira loin de toi.[69]

12. Un homme apostat, homme inutile, va tenant des discours pervers,[70][71]

13. Fait signe des yeux, frappe du pied, parle avec un doigt,[72]

14. Avec un cœur dépravé il machine le mal, et en tout temps il sème des querelles ;

15. En un moment lui viendra sa perte, et soudain il sera brisé, et il n’aura plus de remède.

16. Il y a six choses que hait le Seigneur, et la septième, son âme la déteste :[73]

17. Des yeux altiers, une langue menteuse, des mains versant un sang innocent,

18. Un cœur formant des pensées très mauvaises, des pieds prompts à courir au mal,

19. Un témoin fallacieux proférant des mensonges, et celui qui, entre des frères, sème des discordes.

20. Conserve, mon fils, les préceptes de ton père, et ne rejette pas la loi de ta mère.[74]

21. Lie-les dans ton cœur continuellement, et mets-les autour de ton cou.[75]

22. Lorsque tu vas et viens, qu’ils marchent avec toi : lorsque tu dors, qu’ils te gardent, et te réveillant, parle avec eux ;

23. Parce qu’un commandement est un flambeau, et la loi, une lumière, et que c’est la voie de la vie qu’une remontrance de discipline ;

24. Afin qu’ils te préservent d’une femme corrompue et de la langue flatteuse d’une étrangère.[76]

25. Que ton cœur ne se passionne point pour sa beauté ; et ne sois point pris par les signes de ses yeux ;

26. Car le prix d’une prostituée est à peine d’un pain seul ; mais une femme ravit l’âme précieuse d’un homme.

27. Est-ce qu’un homme peut cacher du feu dans son sein, sans que ses vêtements s’embrasent ?

28. Ou marcher sur des charbons ardents, sans que soient brûlées les plantes de ses pieds ?

29. Ainsi celui qui s’approche de la femme de son prochain ne sera pas pur lorsqu’il l’aura touchée.

30. Ce n’est pas une grande faute, lorsque quelqu’un dérobe afin de remplir son âme affamée ;

31. Pris, il rendra même le septuple, et il livrera tout ce qu’il a dans sa maison.

32. Mais celui qui est adultère, à cause de son manque de cœur, perdra son âme ;

33. Il rassemble sur lui la turpitude et l’ignominie, et son opprobre ne sera pas effacé ;

34. Parce que la jalousie et la fureur du mari ne pardonneront pas au jour de la vengeance,

35. Et il n’acquiescera aux prières de personne, et il ne recevra pas pour satisfaction les dons les plus nombreux.

CHAPITRE 7.


1. Mon fils, garde mes paroles ; et mes préceptes, mets-les en réserve pour toi. Mon fils,[77]

2. Observe mes commandements et tu vivras ; et garde ma loi comme la pupille de ton œil :

3. Lie-la à tes doigts, écris-la sur les tables de ton cœur.[78]

4. Dis à la sagesse : Ma sœur ; et la prudence, appelle-la ton amie :

5. Afin qu’elle te préserve d’une femme du dehors, et d’une étrangère, qui rend ses paroles douces.[79]

6. Car de la fenêtre de ma maison par les barreaux, j’ai regardé,[80]

7. Et je vois les petits enfants, je considère un jeune homme sans cœur,[81]

8. Qui passe dans une rue au coin, et s’avance vers la maison de cette femme,

9. À la brume, sur le soir, dans les ténèbres de la nuit et une obscurité profonde.

10. Et voilà qu’au-devant de lui va une femme d’une parure de courtisane, prête à ravir des âmes ; causeuse et vagabonde,

11. Inquiète, ne pouvant dans sa maison se tenir sur ses pieds,

12. Tantôt dehors, tantôt dans les places publiques, tantôt aux coins des rues, tendant ses pièges.

13. Et prenant le jeune homme, elle lui donne un baiser, et, d’un visage effronté, elle le flatte, disant :

14. J’avais voué des victimes pour ton salut ; aujourd’hui j’ai acquitté mes vœux ;[82]

15. C’est pour cela que je suis sortie au-devant de toi, désirant te voir, et je t’ai rencontré.

16. J’ai entrelacé mon lit de sangles, j’y ai étendu des couvertures brodées d’Egypte ;[83]

17. J’ai parfumé ma couche de myrrhe, d’aloës et de cinnamome.[84]

18. Viens, enivrons-nous de délices, jouissons de ce que nous avons désiré, jusqu’à ce que le jour paraisse ;

19. Mon mari n’est pas à sa maison : il est parti pour un voyage très long ;

20. Il a pris avec lui le sac où est l’argent ; c’est à la pleine lune qu’il doit revenir à sa maison.[85]

21. Elle l’a enlacé par la multitude de ses paroles ; et par les flatteries de ses lèvres, elle l’a entraîné.

22. Aussitôt, il la suit comme un bœuf conduit pour servir de victime, et comme un agneau bondissant et ignorant, l’insensé, qu’on l’entraîne pour le lier,[86]

23. Jusqu’à ce qu’une flèche ait percé son foie ; comme un oiseau va précipitamment dans un filet, ignorant qu’il s’agit du danger de son âme.

24. Maintenant donc, mon fils, écoute-moi, et sois attentif aux paroles de ma bouche.

25. Que ton esprit ne soit point entraîné dans les voies de cette femme ; ne t’égare pas dans ses sentiers ;

26. Car elle a renversé beaucoup de blessés qu’elle avait faits, et les plus forts, quels qu’ils fussent, ont été tués par elle.

27. Ce sont des voies de l’enfer que sa maison ; voies pénétrant jusque dans les profondeurs de la mort.[87]

CHAPITRE 8.


1. Est-ce que la sagesse ne crie pas, et que la prudence ne fait pas entendre sa voix ?[88][89]

2. Sur les plus hauts et les plus élevés sommets, au-dessus de la voie, se tenant au milieu des sentiers,

3. Près des portes de la cité, à l’entrée même de la ville, elle parle, disant :

4. Ô hommes, c’est à vous que je crie, et ma voix s’adresse aux fils des hommes.

5. Apprenez, ô tout petits, la finesse, et vous, insensés, faites attention.[90]

6. Ecoutez, car je vais parler de grandes choses, et mes lèvres s’ouvriront pour proclamer la droiture.

7. Ma bouche s’exercera à la vérité, et mes lèvres détesteront ce qui est impie.

8. Tous mes discours sont justes, il n’y a rien de dépravé ni de pervers.

9. Ils sont droits pour ceux qui ont de l’intelligence, et équitables pour ceux qui trouvent la science.

10. Recevez ma discipline et non de l’argent : choisissez la doctrine plutôt que l’or.

11. Car mieux vaut la sagesse que toutes les choses les plus précieuses ; et tout ce qu’il y a de désirable ne peut lui être comparé.

12. Moi, sagesse, j’habite dans le conseil, et je suis présente aux savantes pensées.

13. La crainte du Seigneur hait le mal : l’arrogance et l’orgueil, une voie dépravée, et une langue double, je les déteste.

14. À moi est le conseil et l’équité : à moi est la prudence, à moi est la force.

15. Par moi les rois règnent, et les législateurs décrètent des choses justes ;

16. Par moi les princes commandent, et les puissants rendent la justice.

17. Moi, j’aime ceux qui m’aiment, et ceux qui dès le matin veillent pour me chercher me trouveront.

18. Avec moi sont les richesses et la gloire, des biens superbes, et la justice.

19. Car mieux vaut mon fruit que l’or et les pierres précieuses, et mieux valent mes produits que l’argent le meilleur.[91]

20. Je marche dans les voies de la justice, au milieu des sentiers du jugement,[92]

21. Afin d’enrichir ceux qui m’aiment, et de remplir leurs trésors.

22. Le Seigneur m’a possédée au commencement de ses voies, avant qu’il fît quelque chose dès le principe.[93][94]

23. Dès l’éternité j’ai été établie, dès les temps anciens, avant que la terre fût faite.

24. Les abîmes n’étaient pas encore, et moi déjà j’avais été conçue ; les sources des eaux n’avaient pas encore jailli :[95]

25. Les montagnes à la pesante masse n’étaient pas encore affermies, et moi, avant les collines, j’étais engendrée :

26. Il n’avait pas encore fait la terre et les fleuves, et les pôles du globe de la terre.

27. Quand il préparait les cieux, j’étais présente : quand par une loi inviolable il entourait d’un cercle les abîmes :[96][97]

28. Quand il affermissait en haut la voûte éthérée, et qu’il mettait en équilibre les sources des eaux :

29. Quand il mettait autour de la mer ses limites, et qu’il imposait une loi aux eaux, afin qu’elles n’allassent point au-delà de leurs bornes ; quand il pesait les fondements de la terre :

30. J’étais avec lui, disposant toutes choses ; et je me réjouissais chaque jour, me jouant, en tout temps, devant lui :

31. Me jouant dans le globe de la terre ; et mes délices sont d’être avec les fils des hommes.

32. Maintenant donc, mes fils, écoutez-moi : Bienheureux ceux gardent mes voies.

33. Ecoutez la discipline, et soyez sages, et n’allez pas la rejeter.[98]

34. Bienheureux l’homme qui m’écoute, et qui veille tous les jours à l’entrée de ma demeure, et se tient en observation auprès de ma porte.[99]

35. Celui qui me trouvera trouvera la vie, et puisera le salut dan ? le Seigneur :

36. Mais celui qui péchera contre moi blessera son âme. Tous ceux qui me haïssent aiment la mort.

CHAPITRE 9.


1. La sagesse s’est bâtie une maison, elle a taillé sept colonnes.[100][101]

2. Elle a immolé ses victimes, mêlé le vin et dressé sa table.[102]

3. Elle a envoyé ses servantes pour appeler ses conviés, à la forteresse et aux murs de la cité :[103]

4. Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi. Et à des insensés elle a dit :[104]

5. Venez, mangez mon pain, et buvez le vin que je vous ai mêlé.[105]

6. Quittez l’enfance, et vivez, et marchez par les voies de la prudence.

7. Celui qui instruit un railleur se fait injure à lui-même ; et celui qui reprend un impie se crée une tache.[106]

8. Ne reprends pas un railleur, de peur qu’il ne te haïsse. Reprends un sage, et il t’aimera.

9. Donne à un sage une occasion, et il recevra un surcroît de sagesse. Enseigne un juste, et il se hâtera de recevoir l’instruction.

10. Le principe de la sagesse est la crainte du Seigneur ; et la science des saints est la prudence.[107]

11. Car par moi seront multipliés tes jours, et te seront données des années de vie.

12. Si tu es sage, c’est pour toi-même que tu le seras ; mais si tu es moqueur, seul, tu en porteras le mal.

13. Une femme insensée, criarde, pleine d’attraits et ne sachant absolument rien,[108]

14. S’est assise à la porte de sa maison, sur un siège, en un lieu élevé de la ville,[109]

15. Afin d’appeler ceux qui passent par la voie, et qui poursuivent leur chemin :[110]

16. Que celui qui est tout petit se détourne et vienne vers moi. Et elle a dit à un jeune homme sans cœur :[111]

17. Des eaux dérobées sont plus douces, et un pain caché est plus suave.[112]

18. Et il ignore que là sont des géants, et que dans les profondeurs de l’enfer sont ses convives.[113]

PARABOLES DE SALOMON[114]

CHAPITRE 10.


1. Un fils sage réjouit son père, mais un fils insensé est la tristesse de sa mère.[115]

2. Des trésors d’impiété ne serviront de rien, mais la justice délivrera de la mort.[116]

3. Le Seigneur n’affligera pas par la famine l’âme du juste, et

il renversera les pièges dressés par les impies.

4. La main relâchée a opéré la détresse ; mais la main du fort acquiert des richesses. Celui qui s’appuie sur des mensonges se repaît de vents ; et celui-là même poursuit des oiseaux qui volent.[117]

5. Celui qui amasse pendant la moisson est un fils sage ; mais celui qui ronfle pendant l’été, un fils de confusion.

6. La bénédiction du Seigneur est sur la tête du juste ; mais l’iniquité couvre la bouche des impies.[118]

7. La mémoire du juste sera accompagnée de louanges ; mais le nom des impies pourrira.

8. Le sage de cœur accueille les préceptes, l’insensé est déchiré par les lèvres.[119][120]

9. Celui qui marche simplement marche sûrement ; mais celui qui déprave ses voies sera découvert.

10. Celui qui fait signe de l’œil eau sera de la douleur ; et l’insensé de lèvres sera frappé.[121]

11. C’est une source de vie que la bouche du juste ; mais la bouche des impies couvre de l’iniquité.[122][123]

12. La haine suscite des querelles ; et la charité couvre toutes les fautes.[124]

13. Sur les lèvres du sage se trouve la sagesse ; et une verge sur le dos de celui qui manque de cœur.[125]

14. Les sages cachent la science ; mais la bouche de l’insensé est proche de la confusion.

15. Le bien du riche est sa ville forte ; la crainte des pauvres, c’est leur détresse.[126][127]

16. L’œuvre du juste conduit à la vie ; mais le fruit de l’impie, au péché.

17. La voie de la vie est à celui qui garde la discipline ; mais celui qui néglige les réprimandes s’égare.[128]

18. Les lèvres menteuses cachent de la haine : celui qui profère un outrage est un insensé.

19. Dans une multitude de paroles il n’y aura pas manque de péché ; mais celui qui modère ses lèvres est très prudent.

20. C’est un argent excellent que les lèvres du juste, mais le cœur des impies est de nul prix.[129]

21. Les lèvres du juste instruisent un grand nombre d’hommes ; mais ceux qui ne sont pas instruits, mourront par un manque de cœur.[130]

22. La bénédiction du Seigneur fait les riches, et l’affliction ne s’alliera pas à eux.[131]

23. C’est comme en se jouant qu’un insensé commet le crime ; mais la sagesse est pour l’homme la prudence.[132]

24. Ce que craint l’impie viendra sur lui : l’objet de leur désir sera accordé aux justes.

25. Comme une tempête qui passe, l’impie ne sera plus ; mais le juste est comme un fondement éternel.

26. Comme est le vinaigre aux dents, et la fumée aux yeux, ainsi est le paresseux ta ceux qui l’ont envoyé.

27. La crainte du Seigneur ajoutera des jours à la vie ; et les années des impies seront abrégées.

28. L’attente des justes, c’est la joie : mais l’espérance des impies périra.

29. C’est la force du simple que la voix du Seigneur ; mais aussi l’effroi de ceux qui opèrent le mal.

30. Le juste jamais ne sera ébranlé ; mais des impies n’habiteront pas sur la terre.

31. La bouche du juste enfantera la sagesse, la langue des dépravés périra.

32. Les lèvres du juste considèrent les choses qui plaisent, et la bouche des impies, les choses perverses.

CHAPITRE 11.


1. La balance trompeuse est une abomination auprès du Seigneur ; le poids juste est selon sa volonté.[133][134]

2. Où sera l’orgueil, là aussi sera l’outrage ; mais où est l’humilité, là aussi est la sagesse.

3. La simplicité des justes les dirigera ; et la trahison des pervers les ruinera.

4. Les richesses ne serviront pas, au jour de la vengeance ; mais la justice délivrera de la mort.[135]

5. La justice du simple dirigera sa voie ; et dans son impiété succombera l’impie.

6. La justice des hommes droits les délivrera ; et dans leurs propres embûches seront pris les iniques.

7. Un homme impie mort, il n’y aura plus aucune espérance ; et l’attente des ambitieux périra.

8. Le juste a été délivré de l’angoisse, et l’impie sera livré pour lui.

9. Un dissimulé trompe par sa bouche son ami ; mais les justes seront délivrés par la science.

10. Au bonheur des justes exultera une cité, et à la ruine des impies il y aura louange.[136]

11. Par la bénédiction des justes, sera exaltée une cité ; et par la bouche des impies elle sera renversée.

12. Celui qui méprise son ami manque de cœur ; mais un homme prudent se taira.[137]

13. Celui qui marche frauduleusement révèle les secrets ; mais celui qui est fidèle d’esprit tient cachée la confidence de son ami.[138]

14. Où il n’y a point de gouvernement, le peuple croulera ; mais le salut est là où il y a beaucoup de conseils.

15. Il sera affligé par le malheur, celui qui répond pour un étranger ; mais celui qui se garde du lacs sera en sûreté.

16. La femme gracieuse trouvera la gloire ; et les forts auront des richesses.

17. Il fait du bien à son âme, l’homme miséricordieux ; mais celui qui est cruel rejette même ses proches.

18. L’impie fait une œuvre qui n’est pas stable ; mais pour celui qui sème la justice, il y a une récompense assurée.

19. La clémence prépare la vie, et la recherche du mal, la mort.

20. Abominable est au Seigneur un cœur dépravé, et sa bienveillance est pour ceux qui marchent avec simplicité.

21. Lors même qu’une main serait dans une main, le méchant ne sera pas innocent ; mais la race des justes sera sauvée.[139]

22. C’est un anneau d’or aux naseaux d’une truie, qu’une femme belle et insensée.[140]

23. Le désir des justes est toute espèce de bien ; l’attente des impies est la fureur.

24. Les uns partagent leurs propres biens et deviennent plus riches ; les autres ravissent ce qui n’est pas à eux, et toujours ils sont dans la détresse.

25. L’âme qui bénit sera engraissée ; et celui qui enivre, lui-même aussi sera enivré.[141]

26. Celui qui cache le blé sera maudit des peuples ; mais la bénédiction viendra sur la tête de ceux qui le vendent.

27. C’est avec raison que se lève au point du jour celui qui cherche les biens ; mais celui qui recherche les maux en sera accablé.[142]

28. Celui qui se confie dans ses richesses tombera précipitamment ; mais les justes comme la feuille verdoyante germeront.

29. Celui qui trouble sa maison possédera les vents, et celui qui est insensé servira le sage.[143]

30. Le fruit du juste est un arbre de vie ; et celui qui prend soin des âmes est sage.[144]

31. Si le juste sur la terre reçoit sa punition, combien plus l’impie et le pécheur ?[145]

CHAPITRE 12.


1. Celui qui aime la discipline aime la science : mais celui qui hait les réprimandes est insensé.[146]

2. Celui qui est bon puisera la grâce dans le Seigneur ; mais celui qui se confie dans ses pensées agit en impie.

3. L’homme ne s’affermira point par l’impiété : et la racine des justes ne sera pas ébranlée.

4. Une femme diligente est une couronne pour son mari : et c’est la carie dans les os du sien qu’une femme qui fait des choses dignes de confusion.[147]

5. Les pensées des justes sont des jugements ; les conseils des impies sont frauduleux.[148]

6. Les paroles des impies dressent des embûches au sang ; la bouche des justes les délivrera.[149]

7. Renversez les impies, ils ne seront plus ; mais la maison du juste demeurera à jamais.

8. C’est par sa doctrine que sera connu un homme ; mais celui qui est vain et sans cœur sera ouvert au mépris.[150]

9. Mieux vaut un pauvre se suffisant à lui-même, qu’un glorieux qui manque de pain.[151]

10. Le juste connaît les âmes de ses bêtes ; mais les entrailles des impies sont cruelles.[152]

11. Celui qui travaille sa terre sera rassasié de pain ; mais celui qui cherche l’oisiveté est très insensé. Celui à qui il est doux de passer le temps à boire du vin laisse dans ses fortifications du déshonneur.[153]

12. Le désir d’un impie est l’appui des plus méchants ; mais la racine des justes prospérera.[154][155]

13. À cause du péché de ses lèvres, la ruine s’approche du méchant ; mais le juste échappera à l’angoisse.

14. En vertu du fruit de sa bouche, chacun sera rempli de biens, et selon les œuvres de ses mains il lui sera rendu.[156]

15. La voie d’un insensé est droite à ses yeux ; mais celui qui est sage écoute les conseils.

16. L’insensé découvre soudain sa colère : mais celui qui dissimule une injure est habile.

17. Celui qui dit ce qu’il sait rend un témoignage juste ; mais celui qui ment est un témoin frauduleux.

18. Il est tel qui promet et qui ensuite est percé comme du glaive de sa conscience ; mais la langue des sages est la santé.

19. La lèvre véridique sera ferme à perpétuité ; mais celui qui est témoin précipité se fait une langue de mensonge.[157]

20. La fraude est dans le cœur de ceux qui pensent des choses mauvaises ; mais ceux qui entrent dans des conseils de paix, la joie les suit.

21. Rien ne contristera le juste, quoi qu’il lui arrive : mais les impies seront remplis de maux.

22. C’est une abomination pour le Seigneur, que des lèvres menteuses ; mais ceux qui sincèrement agissent lui plaisent.

23. Un homme habile cache sa science ; et le cœur des insensés publie leur folie.[158]

24. La main des forts dominera ; mais celle qui est relâchée sera soumise aux tributs.[159]

25. La tristesse dans le cœur d’un homme l’humiliera ; et par une bonne parole il sera réjoui.

26. Celui qui néglige un dommage à cause d’un ami est juste ; mais le chemin des impies les trompera.

27. Le frauduleux ne trouvera pas de gain ; et la richesse d’un homme juste sera d’un prix d’or.[160]

28. Dans le sentier de la justice est la vie ; mais le chemin détourné conduit à la mort.

CHAPITRE 13.


1. Un fils sage garde la doctrine de son père : mais un moqueur n’écoute pas quand on le reprend.[161]

2. En venu du fruit de sa bouche, l’homme sera rassasié de biens ; mais l’âme des prévaricateurs est inique.[162]

3. Celui qui garde sa bouche, garde son âme ; mais celui qui est inconsidéré dans ses paroles sentira le mal.

4. Le paresseux veut et ne veut pas ; mais lame de ceux qui travaillent s’engraissera.[163]

5. La parole mensongère, le juste la détestera ; mais l’impie confond et il sera confondu.

6. La justice garde la voie de l’innocent ; mais l’impiété supplante le pécheur.

7. Il est tel qui paraît riche, quoiqu’il n’ait rien ; et il est tel qui paraît pauvre, quoiqu’il jouisse de beaucoup de richesses.

8. La rançon de l’âme d’un homme, ce sont ses richesses : mais celui qui est pauvre ne soutient pas un reproche.

9. La lumière des justes réjouit : mais la lampe des impies s’éteindra.

10. Entre les superbes, il y a toujours des querelles ; mais ceux qui font tout avec conseil sont conduits par la sagesse.

11. Le bien amassé à la hâte sera diminué ; mais celui qui est recueilli peu à peu, à la main, sera multiplié.

12. L’espérance différée afflige l’âme ; c’est un arbre de vie qu’un désir qui s’accomplit.[164]

13. Celui qui parle avec mépris de quelque chose s’engage lui-même pour l’avenir : mais celui qui craint le précepte demeurera en paix. Les âmes trompeuses s’égarent dans les péchés, mais les justes sont miséricordieux et compatissants.[165][166]

14. La loi du sage est une source de vie, pour éviter la ruine de la mort.

15. La bonne doctrine donne la grâce : sur le chemin des contempteurs est un précipice.

16. L’homme avisé fait tout avec conseil ; mais celui qui est insensé laisse voir de la folie.

17. Le messager d’un impie tombera dans le mal ; mais un envoyé fidèle est la santé.[167]

18. Détresse et ignominie à celui qui abandonne la discipline. Mais celui qui acquiesce à celui qui réprimande sera glorifié.[168]

19. Un désir, s’il s’accomplit, réjouit l’âme ; les insensés détestent ceux qui fuient les choses mauvaises.

20. Celui qui marche avec les sages sera sage ; l’ami des insensés leur deviendra semblable.

21. Le mal poursuit les pécheurs ; et aux justes seront donnés des biens en récompense.

22. L’homme vertueux laisse héritiers des fils et des petits-fils ; et est réservé pour le juste le bien du pécheur.

23. Il y a beaucoup de fruits dans les novales des pères ; et c’est pour d’autres qu’ils sont amassés sans jugement.[169]

24. Celui qui épargne la verge hait son fils ; mais celui qui l’aime le corrige fortement.

25. Le juste mange et remplit son âme ; mais le ventre des impies est insatiable.

CHAPITRE 14.


1. Une femme sage édifie sa maison ; l’insensée détruira de ses propres mains celle même qui était construite.[170][171]

2. Celui qui marche par un droit chemin, et qui craint le Seigneur, est méprisé par celui qui marche dans une voie infâme.[172]

3. Dans la bouche d’un insensé est la verge de l’orgueil ; mais les lèvres des sages les gardent.[173]

4. Où il n’y a point de bœufs, la crèche est vide ; mais où abondent les moissons, là est manifeste la force du bœuf.[174]

5. Un témoin fidèle ne ment pas, mais un témoin trompeur profère le mensonge.

6. Le railleur cherche la sagesse, et ne la trouve pas : la doctrine des prudents est facile.[175]

7. Va contre l’homme insensé, et qui ne connaît pas les lèvres de la prudence.[176]

8. La sagesse d’un homme habile est de comprendre sa voie ; et l’imprudence des insensés est errante.[177]

9. L’insensé se jouera du péché ; et c’est parmi les justes que demeurera la grâce.

10. Quant au cœur qui connaît l’amertume de son âme, un étranger ne se mêlera pas dans sa joie.

11. La maison des impies sera détruite ; mais les tabernacles des justes seront florissants.

12. Il est une voie qui paraît droite à l’homme ; mais ses issues conduisent à la mort.

13. Le rire de douleur sera mêlé, et le deuil occupe les extrémités de la joie.

14. L’insensé sera rempli de ses voies ; mais au-dessus de lui sera l’homme vertueux.[178]

15. L’innocent croit à toute parole : l’homme avisé considère ses pas. Pour un fils trompeur il n’y aura rien de bon : mais à un serviteur sage ses actes seront prospères, et sa voie sera dirigée.[179]

16. Le sage craint et se détourne du mal : l’insensé passe outre et a confiance.

17. L’impatient commettra des actions de folie ; l’homme artificieux est odieux.

18. Les tout petits posséderont la folie ; et les hommes avisés attendront la science.[180]

19. Les méchants seront couchés par terre devant les bons ; et les impies devant les portes des justes.[181]

20. Même à son prochain, le pauvre est odieux ; mais les amis des riches sont nombreux.[182]

21. Celui qui méprise son prochain pèche ; mais celui qui a pitié du pauvre sera bienheureux. Celui qui croit au Seigneur aime la miséricorde.[183]

22. Ils s’égarent, ceux qui opèrent le mal : la miséricorde et la vérité préparent des biens.[184]

23. Dans tout travail sera l’abondance : mais où il y a beaucoup de paroles, là fréquemment est la détresse.

24. La couronne des sages, ce sont leurs richesses ; la sottise des insensés, l’imprudence.

25. Un témoin fidèle délivre des âmes : et celui qui est double profère des mensonges.[185]

26. Dans la crainte du Seigneur est une confiance ferme ; et à ses enfants sera l’espérance.[186]

27. La crainte du Seigneur est une source de vie, afin qu’on évite la ruine de la mort.

28. Dans la multitude du peuple est la gloire d’un roi ; et dans le petit nombre des sujets l’ignominie d’un prince.[187]

29. Celui qui est patient se gouverne avec une grande prudence ; mais celui qui est impatient signale sa folie.

30. La vie des chairs, c’est la santé du cœur : la carie des os, l’envie.[188]

31. Celui qui opprime un indigent, outrage le créateur de cet indigent ; mais celui-là l’honore, qui a pitié d’un pauvre.[189]

32. À cause de sa malice, l’impie sera rejeté ; mais le juste espère dans sa mort même.

33. Dans le cœur de l’homme prudent repose la sagesse ; et elle instruira tous les ignorants.[190]

34. La justice élève une nation ; mais le péché fait les peuples malheureux.

35. Un ministre intelligent est bien accueilli du roi ; celui qui est inutile endurera son courroux.

CHAPITRE 15.


1. Une douce réponse brise la colère : une parole dure excite la fureur.[191][192]

2. La langue des sages embellit la science ; la bouche des insensés fait jaillir la folie.

3. En tout lieu, les yeux du Seigneur observent les bons et les méchants.

4. La langue pacifique est un arbre de vie ; mais celle qui est immodérée brisera l’esprit.[193]

5. L’insensé se moque de la discipline de son père ; mais celui qui est docile aux réprimandes deviendra plus sage. Dans une abondante justice est une très grande vertu ; mais les pensées des méchants seront déracinées.[194]

6. La maison du juste est une grande force ; et dans les fruits de l’impie il n’y a que trouble.[195]

7. Les lèvres des sages répandront la science : le cœur des insensés sera tout à fait différent.

8. Les victimes des impies sont abominables au Seigneur, les vœux des justes lui sont agréables.[196][197]

9. C’est une abomination pour le Seigneur, que la voie de l’impie : celui qui suit la justice est aimé de lui.

10. La doctrine est odieuse à celui qui abandonne la voie de la vie ; celui qui hait les réprimandes mourra.

11. L’enfer et la perdition sont à nu devant le Seigneur ; combien plus les cœurs des fils des hommes ?[198]

12. L’homme pernicieux n’aime pas celui qui le reprend, et ne va pas vers les sages.

13. Un cœur joyeux rassérène le visage ; par la tristesse de l’âme, l’esprit est abattu.[199]

14. Le cœur du sage cherche la doctrine ; et la bouche des insensés se repaît d’ignorance.

15. Tous les jours du pauvre sont mauvais ; l’âme tranquille est comme un continuel festin.

16. Mieux vaut peu avec la crainte du Seigneur que des trésors grands et inépuisables.[200][201]

17. Mieux vaut être convié à un repas d’herbes où règne la charité, qu’à manger avec de la haine un veau engraissé.[202]

18. L’homme colère excite des querelles ; celui qui est patient apaise celles qui étaient déjà suscitées.

19. Le chemin des paresseux est comme une haie d’épines ; la voie des justes est sans pierre d’achoppement.

20. Un fils sage réjouit son père ; et un homme insensé méprise sa mère.

21. La folie est joie pour l’insensé : et l’homme prudent dirige ses pas.

22. Les pensées se dissipent là où il n’y a point de conseil ; mais où il y a plusieurs conseillers, elles s’affermissent.

23. L’homme se réjouit de la sentence sortie de sa bouche ; et la parole opportune est excellente.

24. Le sentier de la vie est au-dessus de l’homme instruit, afin qu’il se détourne de l’enfer le plus profond.[203][204]

25. Le Seigneur démolira la maison des superbes ; et il affermira les bornes du champ de la veuve,

26. C’est l’abomination du Seigneur que les pensées mauvaises ; mais la parole pure, très belle, sera affermie par lui.

27. Celui-là trouble sa maison, qui court après l’avarice ; mais celui qui hait les présents vivra. Par la miséricorde et par la foi se purifient les péchés ; mais c’est par la crainte du Seigneur que chacun se détourne du mal.[205]

28. L’esprit du juste médite l’obéissance : la bouche des impies déborde en mauvais discours.

29. Le Seigneur est loin des impies ; et il exaucera les prières des justes.

30. La lumière des yeux réjouit l’âme ; la bonne réputation engraisse les os.[206]

31. L’oreille qui écoute les réprimandes de vie demeurera au milieu des sages.[207]

32. Celui qui rejette la discipline méprise son âme : mais celui qui acquiesce aux réprimandes a du cœur.

33. La crainte du Seigneur est une discipline de sagesse ; et l’humilité précède la gloire.

CHAPITRE 16.


1. C’est à l’homme de préparer son âme, et au Seigneur de gouverner la langue.[208][209]

2. Toutes les voies de l’homme sont ouvertes à ses yeux : le Seigneur pèse les esprits.[210]

3. Expose tes œuvres au Seigneur, et tes pensées seront dirigées.

4. Le Seigneur a opéré toutes choses pour lui-même, l’impie même pour le jour mauvais.[211]

5. C’est l’abomination du Seigneur que tout homme arrogant ; lors même qu’une main serait dans une main, il n’est point innocent. Le commencement de la bonne voie est de faire la justice : or elle est agréable à Dieu plus que l’immolation des hosties.[212]

6. Par la miséricorde et la vérité se rachète l’iniquité ; et c’est par la crainte du Seigneur qu’on se détourne du mal.[213]

7. Lorsque plairont au Seigneur les voies de l’homme, il convertira ses ennemis même à la paix.

8. Mieux vaut peu avec la justice que beaucoup de fruits avec l’iniquité.[214]

9. Le cœur de l’homme dispose sa voie ; mais c’est au Seigneur de diriger ses pas.

10. La divination est sur les lèvres du roi ; dans les jugements n’errera pas sa bouche.[215][216]

11. Poids et balance sont les jugements du Seigneur ; et ses œuvres sont toutes les pierres du sachet.[217]

12. Abominables au roi sont ceux qui agissent en impies ; parce que c’est par la justice que s’affermit un trône.

13. Les rois veulent des lèvres justes : celui qui parle avec droiture sera aimé d’eux.[218]

14. L’indignation du roi est un messager de mort ; et l’homme sage l’apaisera.[219]

15. Dans l’hilarité du visage du roi est la vie ; et sa clémence est comme la pluie de l’arrière-saison.[220]

16. Possède la sagesse, parce qu’elle est meilleure que l’or ; et acquiers la prudence, parce qu’elle est plus précieuse que l’argent•

17. Le sentier des justes s’écarte des maux ; celui qui garde son âme conserve sa voie.

18. L’orgueil précède l’abattement ; et avant la ruine l’esprit s’exalte.

19. Il vaut mieux être humilié avec des hommes doux que de partager des dépouilles avec des superbes.

20. Un homme habile dans la parole trouvera des biens ; et celui qui espère dans le Seigneur est bien heureux.[221]

21. Celui qui est sage de cœur sera appelé prudent : et celui qui est doux dans la parole recevra de plus grands dons.

22. C’est une source de vie que l’instruction, pour celui qui la possède ; la doctrine des insensés, c’est la folie.

23. Le cœur du sage instruit sa bouche ; et à ses lèvres il ajoutera de la grâce.

24. C’est un rayon de miel que des paroles disposées avec art ; c’est la douceur de l’âme et la santé des os.[222]

25. Il est une voie qui paraît à l’homme droite, et ses issues conduisent à la mort.

26. L’âme de celui qui travaille, travaille pour soi, parce que sa bouche l’y a contraint.[223]

27. L’homme impie creuse le mal, et sur ses lèvres un feu brûle.

28. L’homme pervers suscite des procès et le verbeux divise les princes.

29. L’homme injuste attire son ami, et le conduit par une voie non bonne.

30. Celui qui, les yeux immobiles, forme des desseins pervers, se mordant les lèvres, exécute le mal.

31. C’est une couronne de dignité, que la vieillesse qui se trouvera dans les voies de la justice.

32. Vaut mieux un homme patient qu’un homme fort ; et celui qui domine son esprit vaut mieux que celui qui prend des villes d’assaut.

33. Les sorts se jettent dans le pan de la robe ; mais c’est par le Seigneur qu’ils sont dirigés.[224]

CHAPITRE 17.


1. Vaut mieux une bouchée de pain sec avec la joie, qu’une maison pleine de victimes avec la dispute.

2. Le serviteur sage dominera les fils insensés ; et il partagera l’héritage entre les frères.[225]

3. Comme par le feu est éprouvé l’argent, et l’or dans le creuset ; ainsi le Seigneur éprouve les cœurs.

4. Le méchant obéit à une langue inique, et le trompeur obtempère à une lèvre mensongère.

5. Celui qui méprise le pauvre outrage celui qui l’a fait, et celui qui se réjouit de la ruine d’un autre ne sera pas impuni.[226]

6. La couronne des vieillards sont les fils des fils ; et la gloire des fils sont leurs pères.[227]

7. Les paroles graves ne conviennent pas à un insensé ; ni à un prince une lèvre menteuse.

8. C’est une pierre précieuse très agréable, que l’attente de celui qui espère ; de quelque côté qu’il se tourne, il agit avec intelligence et prudence.[228]

9. Celui qui cache une faute recherche l’amitié : celui qui la rappelle une seconde fois sépare ceux qui étaient unis.[229]

10. Plus profite une réprimande à un homme prudent que cent coups à un insensé.

11. Toujours le méchant cherche des querelles : mais un ange cruel sera envoyé contre lui.

12. Il est plus avantageux de rencontrer une ourse à qui l’on a enlevé ses petits qu’un insensé se confiant dans sa folie.[230]

13. Celui qui rend le mal pour le bien, le malheur ne s’éloignera pas de sa maison.[231]

14. Celui qui lâche l’eau entame un procès ; mais, avant qu’il soutire un affront, il abandonne le jugement.[232]

15. Celui qui justifie l’impie et celui qui condamne le juste sont tous deux en abomination auprès de Dieu.[233]

16. Que sert à l’insensé d’avoir des richesses, puisqu’il ne peut acheter la sagesse ? Celui qui élève sa maison bien haut en cherche la ruine ; et celui qui évite d’apprendre tombera dans des maux.[234]

17. Il aime en tout temps, celui qui est ami ; et c’est dans les angoisses qu’un frère se fait connaître.

18. Un homme insensé battra des mains, lorsqu’il aura répondu pour son ami.[235]

19. Celui qui médite des discordes aime les rixes ; et celui qui élève sa porte cherche sa ruine.

20. Celui qui a un cœur pervers ne trouvera pas le bien ; et celui qui tourne la langue tombera dans le malheur.[236]

21. L’insensé est né pour son ignominie ; et un père dans un fils stupide ne mettra pas sa joie.

22. Un cœur joyeux rend la santé florissante ; une âme triste dessèche les os.[237]

23. L’impie reçoit en secret des présents, afin qu’il pervertisse les sentiers de la justice.[238]

24. Sur la face de l’homme prudent brille la sagesse ; les yeux des insensés sont à l’extrémité du monde.[239]

25. Un fils insensé est la colère de son père, et la douleur de la mère qui l’a enfanté.

26. Il n’est pas bon de causer du dommage au juste, ni de frapper le prince qui juge selon la justice.

27. Celui qui modère ses paroles est docte et prudent ; et l’homme savant est d’un esprit précieux.[240]

28. L’insensé même, s’il se tait, sera réputé pour sage, et, s’il comprime ses lèvres, pour intelligent.

CHAPITRE 18.


1. Celui qui veut rompre avec son ami en cherche les occasions ; mais il sera couvert d’opprobre en tout temps.

2. L’insensé ne reçoit pas les paroles de la prudence, à moins que tu ne lui dises les choses qui se trouvent dans son cœur.

3. L’impie, lorsqu’il est venu au fond des péchés, méprise ; mais l’ignominie le suit ainsi que l’opprobre.

4. C’est une eau profonde que les paroles qui sortent de la bouche de l’homme, et un torrent débordé que la source de la sagesse.[241]

5. Faire acception de la personne d’un impie n’est pas une bonne chose, pour que tu t’écartes de la vérité dans le jugement.[242]

6. Les lèvres de l’insensé se mêlent dans des rixes, et sa bouche provoque des querelles.

7. La bouche de l’insensé est sa destruction ; et ses lèvres sont la ruine de son âme.

8. Les paroles d’un homme à double langue paraissent simples ; et elles pénètrent jusqu’au fond des entrailles. La crainte abat le paresseux ; mais les âmes des efféminés auront faim.[243]

9. Celui qui est mou et lâche dans son ouvrage est frère de celui qui détruit les ouvrages.

10. C’est une tour très forte que le nom du Seigneur ; le juste y court, et il sera exalté.

11. Le bien du riche est sa ville forte, et comme une muraille solide qui l’environne.[244]

12. Avant qu’il soit brisé, le cœur de l’homme est exalté ; et avant d’être élevé en gloire, il est humilié.

13. Celui qui répond avant d’écouter se montre insensé et digne de confusion.[245]

14. L’esprit de l’homme soutient sa faiblesse ; mais un esprit facile à se mettre en colère, qui pourra le soutenir ?

15. Le cœur prudent possédera la science ; et l’oreille des sages cherche la doctrine.

16. Le présent d’un homme élargit sa voie, et devant les princes lui fait faire place.[246]

17. Le juste est le premier accusateur de lui-même ; vient son ami, et il l’examinera.[247][248]

18. Le sort apaise les différends ; et entre les puissants mêmes, il sert d’arbitre.

19. Un frère qui est aidé par son frère est comme une cité forte ; et leurs jugements sont comme les verrous des portes des villes.

20. Le ventre de l’homme sera rempli du fruit de sa bouche ; et les produits de ses lèvres le rassasieront.[249]

21. La mort et la vie sont au pouvoir de la langue ; ceux qui l’aiment mangeront ses fruits.[250]

22. Celui qui a trouvé une femme vertueuse a trouvé un bien ; et il puisera la joie dans le Seigneur. Celui qui chasse une femme vertueuse rejette un bien ; mais celui qui retient une adultère est insensé et impie.[251]

23. C’est avec des supplications que parlera le pauvre ; mais le riche s’énoncera sévèrement.

24. L’homme aimable à la société sera plus ami qu’un frère.

CHAPITRE 19.


1. Mieux vaut un pauvre qui marche en sa simplicité qu’un riche qui tord ses lèvres et qui est insensé.[252][253]

2. Où n’est point la science de l’âme, il n’y a pas de bien : et celui qui hâte ses pieds tombera.

3. La folie de l’homme renverse ses pas ; et contre Dieu il brûle de colère en son cœur.

4. Les richesses donnent beaucoup de nouveaux amis ; mais ceux mêmes qu’avait le pauvre se séparent de lui.

5. Un témoin faux ne sera pas impuni ; et celui qui dit des mensonges n’échappera pas.[254]

6. Beaucoup honorent la personne d’un homme puissant, et sont amis de celui qui donne des présents.

7. Les frères d’un homme pauvre le haïssent : en outre ses amis mêmes se retirent loin de lui. Celui qui court seulement après les paroles n’aura rien.

8. Mais celui qui possède de l’intelligence aime son âme, et celui qui garde la prudence trouvera des biens.

9. Un faux témoin ne sera pas impuni, et celui qui dit des mensonges périra.[255]

10. À l’insensé ne conviennent pas les délices, ni à l’esclave la domination sur les princes.

11. La doctrine d’un homme se connaît à sa patience, et sa gloire est de laisser de côté les choses iniques.

12. Comme est le rugissement du hon, ainsi est la colère du roi ; et comme la rosée qui tombe sur l’herbe, ainsi son hilarité.

13. La douleur d’un père est un fils insensé ; et ce sont des toits continuellement dégouttants qu’une femme querelleuse.[256]

14. La maison et les richesses sont données par les pères ; mais c’est par le Seigneur proprement qu’est donnée une femme prudente.

15. La paresse envoie l’assoupissement ; et l’âme indolente aura faim.[257]

16. Celui qui garde le commandement garde son âme ; mais celui qui néglige sa voie trouvera la mort.[258]

17. Celui-là prête à intérêt au Seigneur, qui a pitié du pauvre ; et il lui rendra son bienfait.

18. Corrige ton fils, n’en désespère pas ; mais à le tuer ne dispose pas ton âme.

19. Celui qui est impatient en souffrira du dommage ; et s’il prend quelque chose avec violence, il prendra encore autre chose.[259]

20. Ecoute le conseil et reçois la discipline, afin que tu sois sage dans tes derniers moments.

21. Il y a beaucoup de pensées dans le cœur de l’homme ; mais la volonté du Seigneur demeurera à jamais.

22. L’homme indigent est miséricordieux ; et mieux vaut le pauvre que l’homme menteur.

23. La crainte du Seigneur conduit à la vie : elle reposera dans l’abondance sans être visitée par le mal.[260]

24. Le paresseux cache sa main sous son aisselle ; et il ne la porte pas à sa bouche.[261]

25. L’homme pernicieux ayant été flagellé, l’insensé deviendra plus sage : mais, si tu reprends le sage, il comprendra la discipline.[262]

26. Celui qui afflige son père et met en fuite sa mère est ignominieux et malheureux.

27. Ne cesse pas mon fils, d’écouter la doctrine ; n’ignore pas les paroles de la science.

28. Un témoin inique se raille du jugement ; et la bouche des impies dévore l’iniquité.[263]

29. Les jugements sont préparés pour les railleurs ; et les marteaux pour frapper les corps des insensés.[264]

CHAPITRE 20.


1. C’est une chose luxurieuse que le vin ; et l’ivresse est tumultueuse : quiconque y met son plaisir ne sera pas sage.

2. Comme le rugissement du lion, ainsi est la terreur du roi : celui qui le provoque pèche contre son âme.

3. C’est un honneur pour l’homme, de se séparer des contestations ; mais tous les insensés s’immiscent dans des affaires ignominieuses.

4. À cause du froid, le paresseux n’a pas voulu labourer ; il mendiera donc pendant l’été, et il ne lui sera rien donné.[265]

5. Comme une eau profonde, ainsi est le conseil dans le cœur de l’homme ; mais l’homme sage l’épuisera.[266]

6. Beaucoup d’hommes sont appelés miséricordieux ; mais un homme fidèle, qui le trouvera ?

7. Le juste qui marche dans sa simplicité laissera après lui des enfants bienheureux.

8. Le roi qui est assis sur le trône de la justice dissipe tout le mal par son regard.

9. Qui peut dire : Mon cœur est pur, je suis pur de péché ?[267]

10. Un poids et un poids, une mesure et une mesure, l’un et l’autre sont abominables auprès de Dieu.[268]

11. Par ses inclinations un enfant est connu : si ses œuvres sont pures et droites.

12. L’oreille qui entend et l’œil qui voit, le Seigneur a fait l’un et l’autre.

13. N’aime pas le sommeil, de peur que la détresse ne t’accable ; ouvre les yeux et rassasie-toi de pain.

14. C’est mauvais, c’est mauvais, dit tout acheteur ; et après qu’il se sera retiré, alors il se glorifiera.

15. Il y a de l’or et une multitude de pierreries ; mais c’est un vase précieux que les lèvres savantes.[269]

16. Prends le vêtement de celui qui s’est fait caution pour un étranger ; et parce qu’il a répondu pour des étrangers, emporte un gage de lui.[270]

17. Un pain de mensonge est doux à l’homme ; mais, ensuite, sa bouche sera remplie de gravier.[271]

18. Les pensées s’affermissent par les conseils, et c’est par de sages directions que doivent être conduites les guerres.

19. Quant à celui qui révèle les secrets, qui marche frauduleusement, et qui dilate ses lèvres, ne te lie pas avec lui.

20. Celui qui maudit son père et sa mère, sa lampe s’éteindra au milieu des ténèbres.[272]

21. L’héritage vers lequel on se précipite dès le premier instant sera à la fin privé de bénédiction.[273]

22. Ne dis point : Je rendrai le mal ; attends le Seigneur, et il te délivrera.[274]

23. C’est une abomination auprès du Seigneur, qu’un poids et un poids : la balance trompeuse n’est pas bonne.[275]

24. Par le Seigneur sont dirigés les pas de l’homme ; mais qui des hommes peut comprendre sa voie ?

25. C’est une ruine pour l’homme de dévorer les saints, et après des vœux, de se rétracter.[276]

26. Un roi sage dissipe les impies, et courbe sur eux un arc de triomphe.[277]

27. Le souffle de l’homme est une lampe du Seigneur, laquelle découvre les parties intimes du corps.[278]

28. La miséricorde et la vérité gardent le roi, et par la clémence est affermi son trône.

29. La joie des jeunes hommes, c’est leur force ; et la dignité des vieillards, les cheveux blancs.

30. La lividité d’une blessure fera disparaître le mal ; et les plaies dans les parties les plus intimes du corps le feront disparaître aussi.[279]

CHAPITRE 21.


1. Comme sont les courants des eaux, ainsi est le cœur du roi dans la main du Seigneur : de quelque côté qu’il veut, il le fera tourner.[280]

2. Toute voie de l’homme lui paraît droite ; mais le Seigneur pèse les cœurs.[281]

3. Faire miséricorde et justice plaît plus au Seigneur que des victimes.

4. L’exaltation des yeux vient de la dilatation du cœur : la lampe des impies est péché.[282]

5. Les pensées d’un homme fort amènent toujours l’abondance ; mais tout paresseux est toujours dans la détresse.

6. Celui qui amasse des trésors avec une langue de mensonge est vain et sans cœur, et il s’engagera dans les lacs de la mort.[283]

7. Les rapines des impies les entraîneront à leur ruine, parce qu’ils n’ont pas voulu faire justice.

8. La voie perverse d’un homme est une voie étrangère ; mais celui qui est pur, son œuvre est droite.

9. Mieux vaut demeurer sur l’angle d’un toit qu’avec une femme querelleuse et dans une maison commune.[284]

10. L’âme de l’impie désire le mal ; il n’aura pas pitié de son prochain.

11. L’homme contagieux étant puni, le simple sera plus sage ; et s’il s’attache à un sage, il acquerra de la science.[285]

12. Le juste réfléchit à la maison de l’impie, pour retirer les impies du mal.

13. Celui qui ferme son oreille au cri du pauvre criera lui-même et ne sera pas exaucé.

14. Un présent secret éteint les colères ; et un don glissé dans le sein, l’indignation la plus grande.[286]

15. C’est une joie pour le juste que de faire justice ; mais c’est l’effroi de ceux qui opèrent l’iniquité.

16. L’homme qui s’égare de la voie de la doctrine demeurera dans l’assemblée des géants.[287]

17. Celui qui aime les festins sera dans la détresse : celui qui aime le vin et la bonne chère ne s’enrichira pas.

18. Pour le juste est livré l’impie, et pour les hommes droits l’homme inique.

19. Mieux vaut habiter dans une terre déserte qu’avec une femme querelleuse et colère.[288]

20. Il y a un trésor précieux et de l’huile dans la demeure du juste ; mais l’homme imprudent les dissipera.[289]

21. Celui qui recherche la justice et la miséricorde trouvera la vie, la justice et la gloire.

22. Le sage a escaladé la cité des forts, et a détruit la force où elle mettait sa confiance.

23. Celui qui garde sa bouche et sa langue garde son âme des angoisses.

24. L’homme superbe et arrogant est appelé ignorant, parce que dans la colère il agit avec orgueil.[290]

25. Les désirs tuent le paresseux ; car ses mains n’ont voulu rien faire.

26. Tout le jour il souhaite et il désire ; mais le juste donnera et il ne cessera de donner.[291]

27. Les hosties des impies sont abominables, parce qu’elles sont offertes comme fruit de leur crime.[292]

28. Le témoin menteur périra ; l’homme obéissant parlera victoire.[293]

29. L’homme impie affermit effrontément son visage ; mais celui qui est droit corrige sa voie.

30. Il n’y a pas de sagesse, il n’y a pas de prudence, il n’y a pas de conseil contre le Seigneur.

31. Le cheval est préparé pour le jour du combat ; mais c’est le Seigneur qui donne la victoire.[294]

CHAPITRE 22.


1. Mieux vaux une bonne renommée que beaucoup de richesses : au-dessus de l’argent et de l’or est la bonne amitié.[295]

2. Le riche et le pauvre se sont rencontrés. Le créateur de l’un et de l’autre, c’est le Seigneur.[296]

3. l’homme habile a vu le mal et s’est caché : le simple a passé outre et il a souffert du dommage.

4. La fin de la modestie est la crainte du Seigneur, les richesses, la gloire et la vie.

5. Des armes et des glaives se trouvent sur la voie du pervers ; mais celui qui garde son âme s’en retire bien loin.[297]

6. C’est un proverbe : Le jeune homme suit sa voie ; lors même qu’il sera vieux, il ne s’en écartera pas.

7. Le riche commande aux pauvres ; et celui qui emprunte est l’esclave de celui qui prête.

8. Celui qui sème l’iniquité moissonnera des maux, et par la verge de sa colère il sera détruit.

9. Celui qui est porté à la miséricorde sera béni : il a donné de son pain au pauvre. Il obtiendra la victoire et l’honneur, celui qui fait des présents ; mais il ravit l’âme de ceux qui les reçoivent.[298]

10. Chasse le railleur, et s’en ira avec lui la querelle, et cesseront les plaintes et les outrages.

11. Celui qui aime la pureté du cœur, à cause de la grâce de ses lèvres, aura pour ami le roi.

12. Les yeux du Seigneur gardent la science ; mais les paroles de l’homme inique sont confondues.

13. Le paresseux dit : Le lion est dehors, au milieu des rues je dois être tué.

14. C’est une fosse profonde que la bouche de l’étrangère ; celui contre qui le Seigneur est irrité y tombera.[299]

15. La folie est liée au cœur de l’enfant, et la verge de la discipline la fera fuir.[300]

16. Celui qui opprime le pauvre pour augmenter ses richesses donnera lui-même à un plus riche et sera dans la détresse.[301]

17. Incline ton oreille, et écoute les paroles des sages ; applique ton cœur à ma doctrine.[302]

18. Elle sera belle pour toi, lorsque tu la garderas au fond de ton cœur, et elle se répandra sur tes lèvres ;

19. Afin que ta confiance soit dans le Seigneur : c’est pour cela que je te l’ai montrée aujourd’hui,

20. Voilà que je te l’ai décrite triplement, avec réflexion et science ;[303]

21. Afin de te montrer la certitude et les paroles de la vérité, pour répondre à ceux qui t’ont envoyé.[304]

22. Ne fais point violence au pauvre, parce qu’il est pauvre : et ne brise pas l’indigent à la porte ;[305]

23. Parce que le Seigneur jugera sa cause, et il percera ceux qui ont percé son âme.

24. Ne sois pas ami d’un homme colère, et ne marche pas avec un homme furieux ;

25. De peur que tu n’apprennes ses voies, et que tu n’en retires un scandale pour ton âme.

26. Ne sois point avec ceux qui engagent leurs mains, et qui se rendent caution des dettes ;[306]

27. Car si tu n’as pas de quoi rendre, quel motif y a-t-il pour qu’il emporte la couverture de ton lit ?

28. Ne dépasse pas les anciennes bornes qu’ont posées tes pères.

29. As-tu vu un homme prompt dans son œuvre ? il se tiendra devant les rois, et il ne sera pas devant les hommes obscurs.[307]

CHAPITRE 23.


1. Quand tu seras assis pour manger avec le prince, considère attentivement ce qui est servi devant toi ;[308]

2. Mets un couteau à ta gorge, si cependant tu es maître de ton âme.

3. Ne désire pas des aliments de celui chez qui est un pain de mensonge.[309]

4. Ne travaille pas à t’enrichir ; mais à ta prudence mets des bornes.

5. Ne lève pas tes yeux vers des richesses que tu ne peux avoir ; parce qu’elles se feront des ailes comme celles d’un aigle, et s’envoleront au ciel.

6. Ne mange pas avec un homme envieux, et ne désire pas de ses mets ;

7. Parce que, semblable à un devin et à un augure, il juge de ce qu’il ignore. Mange et bois, te dira-t-il, et son cœur n’est pas avec toi.

8. Les aliments que tu avais mangés, tu les rejetteras ; et tu perdras tes sages discours.

9. Ne parle pas à l’oreille des insensés, parce qu’ils mépriseront la doctrine que tu leur auras enseignée par tes paroles.

10. Ne touche pas aux bornes des petits ; et n’entre pas dans le champ des orphelins ;

11. Car leur proche est puissant ; et lui-même jugera contre toi leur cause.[310]

12. Que ton cœur s’avance vers la doctrine, et tes oreilles vers les paroles de la science.

13. Ne soustrais pas à l’enfant la discipline ; car si tu le frappes de la verge, il ne mourra pas.[311]

14. Tu le frapperas donc de la verge ; et de l’enfer tu délivreras son âme.

15. Mon fils, si ton esprit est sage, mon cœur se réjouira avec toi ;

16. Et mes reins exulteront, lorsque tes lèvres parleront droiture.

17. Que ton cœur ne porte pas envie aux pécheurs ; mais dans la crainte du Seigneur sois tout le jour ;[312]

18. Parce que tu auras l’espérance à ton dernier moment, et que ton attente ne sera pas frustrée.

19. Ecoute, mon fils, et sois sage ; et dirige ton esprit dans la bonne voie.[313]

20. Ne te trouve pas dans les festins des buveurs, ni dans les orgies de ceux qui apportent des viandes pour manger ensemble.

21. Car ceux qui passent le temps à boire et qui payent leur écot, se ruineront, et l’assoupissement sera vêtu de haillons.[314]

22. Ecoute ton père qui t’a engendré ; et ne méprise pas ta mère, lorsqu’elle aura vieilli.

23. Achète la vérité, et ne vends pas la sagesse, la doctrine et l’intelligence.

24. Le père du juste exulte ; celui qui a engendré le sage se réjouira en lui.

25. Que ton père et ta mère se réjouissent ; et qu’elle exulte, celle qui t’a enfanté.

26. Donne-moi ton cœur, mon fils ; et que tes yeux gardent mes voies.

27. Car c’est une fosse profonde, qu’une prostituée ; et un puits étroit, qu’une étrangère.[315]

28. Elle dresse des embûches sur la voie comme un voleur ; et ceux qu’elle verra n’être pas sur leurs gardes, elle les tuera.

29. À qui malheur ? au père de qui malheur ? à qui les querelles ? à qui les fosses ? à qui les blessures sans motifs ? à qui le trouble des yeux ?

30. N’est-ce pas à ceux qui s’arrêtent à boire le vin, et qui prennent goût à vider des coupes pleines ?

31. Ne regarde pas le vin, quand il jaunit, lorsque sa couleur brille dans le verre : il entre doucement ;[316][317]

32. Mais à la fin, il mordra comme une couleuvre : et comme le basilic, il répandra son venin.

33. Tes yeux verront les étrangères, et ton cœur dira des choses perverses.

34. Et tu seras comme un homme dormant au milieu de la mer, et comme un pilote assoupi, le gouvernail ayant été perdu ;

35. Et tu diras : Ils m’ont frappé, mais je n’en ai pas souffert ; ils m’ont traîné, et moi je ne l’ai pas senti : quand me réveillerai-je, et trouverai-je encore du vin ?

CHAPITRE 24.


1. Ne porte pas envie aux hommes méchants, et ne désire pas d’être avec eux ;[318]

2. Parce que leur âme médite des rapines, et que leurs lèvres parlent fraudes.

3. C’est par la sagesse que se bâtira une maison, et par la prudence qu’elle s’affermira.

4. Par la science, les celliers se rempliront de toute sorte de biens précieux et très beaux.

5. L’homme sage est puissant, et l’homme instruit est robuste et vigoureux.

6. Parce que c’est avec réflexion que s’entreprend une guerre ; et que le salut sera où il y a beaucoup de conseils.

7. Bien élevée est pour l’insensé la sagesse à la porte de la ville, il n’ouvrira pas la bouche.[319]

8. Celui qui pense à faire le mal sera appelé insensé.[320]

9. La pensée de l’insensé est péché ; et c’est l’abomination des hommes, que le médisant.

10. Si, fatigué au jour de l’angoisse, tu désespères, ta force sera diminuée.

11. Arrache au péril ceux qui sont conduits à la mort, et, ceux que l’on traîne à la destruction, ne cesse pas de les délivrer.[321]

12. Si tu dis : Les forces me manquent ; celui qui observe le cœur le discerne lui-même, rien ne trompe le conservateur de ton âme ; et il rendra à l’homme selon ses œuvres.[322]

13. Mange, mon fils, le miel, parce qu’il est bon, et le rayon doux à ton gosier.

14. Telle est la doctrine de la sagesse à ton âme : quand tu l’auras trouvée, tu auras à tes derniers moments l’espérance et ton espérance ne périra pas.

15. Ne dresse pas d’embûches, et ne cherche pas l’impiété dans la maison du juste, et ne détruis pas son repos.

16. Car le juste tombera sept fois et se relèvera ; mais les impies seront abattus dans le malheur.[323]

17. Lorsque ton ennemi sera tombé, ne Le réjouis pas : et qu’à sa ruine ton cœur n’exulte pas ;

18. De peur que le Seigneur ne le voie, et que cela ne lui déplaise ; et qu’il ne retire de lui sa colère.

19. Ne dispute pas avec les hommes très méchants ; et ne porte pas envie aux impies ;

20. Parce qu’ils n’ont pas l’espérance des choses futures, les méchants, et que la lampe des impies s’éteindra.

21. Crains, mon fils, le Seigneur et le roi, et ne te lie pas avec les médisants ;

22. Parce que tout à coup s’élèvera leur perte, et la ruine de l’un et de l’autre, qui la connaît ?

23. Voici aussi pour les sages : Faire acception de la personne dans le jugement n’est pas bon.[324][325]

24. Quant à ceux qui disent à l’impie : Tu es juste ; les peuples les maudiront et les tribus les détesteront.

25. Ceux qui le reprennent seront loués ; et sur eux viendra la bénédiction.

26. Il baisera les lèvres, celui qui répond des paroles droites.[326]

27. Prépare au dehors ton œuvre, et avec soin cultive ton champ ; afin qu’ensuite tu bâtisses ta maison.

28. Ne sois pas témoin sans raison contre ton prochain ; et ne séduis personne par tes lèvres.

29. Ne dis pas : Comme il m’a fait, ainsi je lui ferai : je rendrai à chacun selon son œuvre.

30. J’ai passé dans le champ du paresseux, et par la vigne de l’insensé :

31. Et voilà que tout était rempli d’orties ; et que les épines en avaient couvert la surface, et que la muraille de pierres était détruite.

32. Ce qu’ayant vu, je l’ai mis dans mon cœur, et par cet exemple je me suis instruit.

33. Tu dormiras un peu, dis-je, tu sommeilleras modérément, tu mettras faiblement les mains l’une dans l’autre, afin que tu reposes :[327]

34. Et viendra à toi, comme un coureur, la détresse ; et la mendicité, comme un homme armé.

CHAPITRE 25.


1. Voici encore des paraboles de Salomon, qu’ont recueillies les hommes d’Ezéchias, roi de Juda.[328][329]

2. La gloire de Dieu est de cacher la parole, la gloire des rois, de scruter le discours.[330]

3. Le ciel en haut et la terre en bas, et le cœur des rois est impénétrable.

4. Ôte la rouille de l’argent, et il en sortira un vase très pur.

5. Ôte l’impiété de devant le roi, et par la justice s’affermira son trône.

6. Ne parais pas chercher la gloire devant le roi, et ne te tiens pas parmi les grands.

7. Car il vaut mieux qu’on te dise : Monte ici, que d’être humilié devant le prince.

8. Ce que tes yeux ont vu, ne le publie pas aussitôt dans une querelle ; de peur que dans la suite, tu ne puisses réparer ton tort, lorsque tu auras déshonoré ton ami.

9. Traite ton affaire avec ton ami, et ne révèle pas un secret à un étranger ;

10. De peur qu’il ne t’insulte, lorsqu’il t’aura appris, et qu’il ne cesse de te le reprocher. La faveur et l’amitié délivrent ; conserve-les, afin que tu ne deviennes pas répréhensible.[331]

11. Comme sont les pommes d’or, sur des lits d’argent, ainsi est celui qui dit une parole en son temps.[332]

12. C’est un pendant d’oreille d’or, et une perle brillante que celui qui reprend un sage et une oreille obéissante.[333]

13. Comme la fraîcheur de la neige, au jour de la moisson, ainsi est un messager fidèle pour celui qui l’a envoyé ; il fait reposer son âme.[334]

14. Des nuages, du vent et point de pluie à la suite, tel est l’homme qui se vante et ne remplit pas ses promesses.

15. Par la patience, un prince se laissera fléchir, et une langue douce brisera la dureté.[335]

16. Tu as trouvé du miel : mange ce qui te suffit de peur que, rassasié, tu ne le vomisses.

17. Éloigne ton pied de la maison de ton prochain ; de peur qu’un jour, rassasié de toi, il ne te haïsse.[336]

18. Un trait, un glaive, une flèche acérée, tel est l’homme qui, contre son prochain, dit un faux témoignage.

19. Une dent cariée, un pied lassé, tel est celui qui espère en un infidèle au jour de l’angoisse,

20. Et qui perd son manteau au jour du froid. Il met du vinaigre dans du nitre, celui qui chante des cantiques à un cœur très mauvais. Comme la teigne au vêtement et le ver au bois, ainsi la tristesse de l’homme nuit à son cœur.[337]

21. Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger : s’il a soif, donne-lui de l’eau à boire ;[338]

22. Car tu amasseras des charbons ardents sur sa tête ; et le Seigneur te le rendra.[339]

23. Le vent d’aquilon dissipe les pluies, et le visage triste, la langue médisante.

24. Mieux vaut demeurer sur l’angle d’un toit qu’avec une femme querelleuse, et dans une maison commune.[340]

25. C’est de l’eau fraîche à une âme altérée, qu’une bonne nouvelle venant d’une terre éloignée.

26. Une fontaine troublée avec le pied, et une source corrompue, tel est le juste qui tombe devant l’impie.[341]

27. Comme manger beaucoup de miel n’est pas une bonne chose ; ainsi celui qui scrute la majesté sera accablé par la gloire.[342]

28. Comme est une ville ouverte, et sans enceinte de murailles ; ainsi est l’homme qui ne peut, en parlant, retenir son esprit.

CHAPITRE 26.

1. De même que la neige vient mal en été, et les pluies pendant la moisson, de même la gloire ne convient pas à un insensé.[343]

2. Comme l’oiseau qui passe en volant dans différents lieux, et le passereau qui va où il lui plaît ; ainsi une malédiction prononcée sans sujet par quelqu’un reviendra sur lui.

3. Le fouet est pour le cheval, le mors pour l’âne, et la verge pour le dos des imprudents.

4. Ne réponds pas à un fou selon sa folie, de peur que tu ne lui deviennes semblable.

5. Réponds à un fou selon sa folie, de peur qu’il ne lui semble qu’il est sage.

6. Celui-là est boiteux et boit l’iniquité, qui envoie ses paroles par un messager insensé.

7. De même qu’en vain un boiteux a de belles jambes ; de même une parabole sied mal dans la bouche des insensés.[344]

8. Comme celui qui jette une pierre dans le monceau de Mercure ; ainsi est celui qui rend honneur à un insensé.[345]

9. De même que serait une épine qui naîtrait dans la main d’un homme ivre ; de même est une parabole dans la bouche des insensés.[346]

10. Le jugement termine les causes ; et celui qui impose silence à l’insensé apaise les colères.

11. Comme le chien qui retourne à son vomissement, ainsi est l’imprudent qui réitère sa folie.[347]

12. As-tu vu un homme qui se croit sage ? Il y a plus à espérer d’un insensé que de lui.

13. Le paresseux dit : Un lion est dans la voie, et une lionne dans les chemins ;

14. Comme une porte tourne sur son gond, ainsi fait le paresseux dans son lit.

15. Le paresseux cache sa main sous son aisselle, et il est fatigué, s’il la porte à sa bouche.[348]

16. Le paresseux se croit plus sage que sept hommes qui prononcent des sentences.[349]

17. Comme celui qui saisit un chien par les oreilles, ainsi est celui qui, passant, s’irrite et se mêle à la rixe d’un autre.[350]

18. Comme est coupable celui qui lance des flèches et des dards pour donner la mort ;

19. Ainsi l’est un homme qui frauduleusement nuit à son ami ; et qui, lorsqu’il est surpris, dit : C’est en jouant que je l’ai fait.

20. Lorsque le bois manquera, le feu s’éteindra ; de même, les délateurs supprimés, les querelles s’apaiseront.

21. Comme les charbons donnent de la braise et le bois du feu, ainsi l’homme colère suscite des rixes.[351]

22. Les paroles d’un délateur paraissent simples ; mais elles parviennent jusqu’au fond des entrailles.[352]

23. De même que serait un vase de terre, si tu voulais l’orner d’un argent impur, de même sont des lèvres enflées, jointes à un cœur corrompu.[353]

24. À ses propres lèvres on connaît un ennemi, lorsque dans son cœur il s’occupe de tromperies.

25. Quand il abaisse sa voix, ne le crois pas, parce que sept malices sont dans son cœur.[354]

26. Quant à celui qui couvre sa haine frauduleusement, sa malice sera révélée dans une assemblée publique.

27. Celui qui creuse une fosse tombera dedans ; et celui qui roule une pierre la verra retourner sur lui.

28. Une langue trompeuse n’aime pas la vérité ; et une bouche flatteuse opère des ruines.

CHAPITRE 27.


1. Ne te glorifie pas pour le lendemain, ignorant ce que produira le jour qui doit venir.

2. Qu’un autre te loue, et non ta bouche : un étranger, et non tes lèvres.

3. Lourde est la pierre, et pesant le sable ; mais la colère de l’insensé est plus pesante que l’une et l’autre.[355]

4. La colère n’a point de miséricorde, ni la fureur qui éclate ; et le choc impétueux d’un emporté, qui pourra le soutenir.

5. Mieux vaut une correction manifeste qu’un amour caché.[356]

6. Les blessures que fait celui qui aime valent mieux que les baisers trompeurs de celui qui hait.

7. Une âme rassasiée foulera aux pieds un rayon de miel : et une âme qui a faim trouvera doux même ce qui est amer.[357]

8. Comme l’oiseau qui émigré de son nid, ainsi est l’homme qui abandonne son propre lieu.[358]

9. Dans le parfum et les odeurs variées, le cœur trouve du plaisir ; et dans les bons conseils d’un ami, l’âme trouve des douceurs.

10. Ton ami et l’ami de ton père, ne les abandonne pas ; et dans la maison de ton frère n’entre pas au jour de ton affliction. Vaut mieux un voisin qui est près, qu’un frère qui est loin.[359]

11. Applique-toi à la sagesse, mon fils, et réjouis mon cœur, afin de pouvoir répondre à celui qui te fera des reproches.

12. Un homme habile, voyant le mal, s’est caché ; les simples en passant ont souffert des dommages.[360]

13. Ôte le vêtement de celui qui a répondu pour un étranger ; et parce qu’il a répondu pour des étrangers, prends-lui un gage.[361]

14. Celui qui bénit son prochain d’une voix élevée, se levant dès la nuit pour cela, sera semblable à celui qui le maudit.[362]

15. Des toits dégouttant en un jour de froid et une femme querelleuse sont semblables ;[363]

16. Celui qui veut la retenir est comme celui qui veut arrêter le vent, et appeler l’huile qui s’écoule de sa droite.[364]

17. Le fer est aiguisé par le fer ; et l’homme aiguise la face de son ami.[365]

18. Celui qui conserve un figuier en mangera les fruits ; et celui qui est gardien de son maître sera élevé en gloire.

19. De même que dans les eaux reluisent les visages de ceux qui s’y regardent ; de même, les cœurs des hommes sont manifestes aux prudents.

20. L’enfer et la perdition ne sont jamais rassasiés : semblablement aussi les yeux de l’homme sont insatiables.[366]

21. De même que l’argent est éprouvé dans un creuset, et l’or dans une fournaise ; de même est éprouvé l’homme par la bouche de celui qui le loue. Le cœur de l’homme inique recherche les choses mauvaises ; mais le cœur droit recherche la science.[367]

22. Si tu broies l’insensé dans un mortier comme des orges, en frappant dessus avec un pilon, sa folie ne lui sera pas enlevée.

23. Connais soigneusement ton bétail, et considère tes troupeaux ;[368]

24. Car tu n’auras pas toujours la puissance ; mais une couronne te sera donnée pour toutes les générations.

25. Les prés sont ouverts, et les herbes vertes ont paru, et les foins des montagnes ont été recueillis.

26. Les agneaux sont pour ton vêtement, et les chevreaux pour le prix du champ.[369]

27. Que le lait des chèvres te suffise pour ta nourriture et pour le nécessaire de ta maison ; qu’il suffise aussi pour leur vivre, à tes servantes.[370]

CHAPITRE 28.


1. L’impie fuit, personne ne le poursuivant ; mais le juste comme un lion plein de confiance, sera sans crainte.

2. À cause des péchés d’un pays, ses princes sont en grand nombre ; mais à cause de la sagesse d’un homme et de sa connaissance des choses qui se disent, la vie du chef sera plus longue.[371]

3. Un homme pauvre qui opprime les pauvres est semblable à une pluie violente qui prépare la famine.[372]

4. Ceux qui abandonnent la loi louent l’impie ; ceux qui la gardent s’enflamment contre lui.

5. Les hommes méchants ne pensent pas à ce qui est juste ; mais ceux qui recherchent le Seigneur remarquent tout.

6. Vaut mieux un pauvre qui marche dans sa simplicité qu’un riche qui va dans des chemins tortus,[373]

7. Celui qui garde la loi est un fils sage ; mais celui qui nourrit des hommes de bonne chère couvre son père de confusion.

8. Celui qui accumule des richesses par des usures et des intérêts les amasse pour un homme libéral envers les pauvres.

9. Celui qui détourne ses oreilles pour ne pas écouter la loi, sa prière sera exécrable.

10. Celui qui trompe les justes dans une voie mauvaise succombera à sa propre destruction ; et les simples posséderont ses biens.[374]

11. Le riche se croit sage ; mais le pauvre prudent le pénétrera.

12. Dans l’exultation des justes est une grande gloire ; mais, les impies régnant, c’est la ruine des hommes.

13. Celui qui cache ses crimes ne sera pas dirigé ; mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde.

14. Bienheureux l’homme qui est toujours craintif ; mais celui qui est d’un cœur dur tombera dans le mal.

15. Un lion rugissant, un ours affamé, tel est un prince impie sur un peuple pauvre.

16. Un chef manquant de prudence opprimera un grand nombre de personnes par violence ; mais celui qui hait l’avarice prolongera ses jours.[375]

17. L’homme qui fait violence au sang d’une âme, s’il s’enfuit dans une fosse, personne ne le retient.[376]

18. Celui qui marche simplement sera sauvé ; celui qui s’avance dans des voies perverses tombera tout d’un coup.[377]

19. Celui qui travaille sa terre sera rassasié de pain : mais celui qui aspire à l’oisiveté se trouvera dans une détresse complète.[378]

20. Un homme fidèle sera beaucoup loué ; mais celui qui se hâte de s’enrichir ne sera pas innocent.[379]

21. Celui qui dans le jugement a égard à la personne ne fait pas bien : celui-là, même pour une bouchée de pain, abandonne la vérité.

22. Un homme qui se hâte de s’enrichir, et qui porte envie aux autres, ignore que la détresse lui surviendra.

23. Celui qui reprend un homme trouvera grâce ensuite auprès de lui, plus que celui qui le trompe par une langue flatteuse.

24. Celui qui soustrait quelque chose à son père et à sa mère, et qui dit que ce n’est pas un péché, est participant au crime d’un homicide.

25. Celui qui se vante et s’enfle d’orgueil excite des querelles ; mais celui qui espère dans le Seigneur sera guéri.[380]

26. Celui qui se confie en son cœur est un insensé ; mais celui qui marche sagement, celui-là sera sauvé.

27. Celui qui donne au pauvre ne manquera pas ; celui qui méprise un suppliant souffrira la pénurie.

28. Lorsque surgiront les impies, les hommes se cacheront, et, lorsqu’ils périront, les justes se multiplieront.

CHAPITRE 29.


1. À l’homme qui avec un cou roide méprise celui qui le reprend, surviendra une mort soudaine ; et la guérison ne le suivra pas.[381]

2. À la multiplication des justes tout le monde se réjouira ; lorsque les impies prendront le gouvernement, le peuple gémira.

3. L’homme qui aime la sagesse réjouit son père ; mais celui qui nourrit des prostituées perdra son bien.[382]

4. Un roi juste élève un pays ; un homme avare le détruira.

5. L’homme qui parle à son ami en des termes flatteurs et déguisés tend un filet à ses pieds.

6. L’homme inique qui pèche, un lacs l’enveloppera ; et le juste louera le Seigneur et se réjouira.

7. Le juste connaît la cause des pauvres ; l’impie ignore la science.

8. Les hommes pernicieux détruisent une cité ; mais les sages détournent la fureur.

9. Un homme sage, s’il dispute avec un insensé, soit qu’il s’irrite, soit qu’il rie, ne trouvera pas de repos.

10. Les hommes de sang haïssent le simple ; mais les justes cherchent son âme.[383]

11. L’insensé met tout de suite en avant son esprit ; mais le sage diffère et réserve pour l’avenir.

12. Le prince qui écoute volontiers des paroles de mensonge a tous ses ministres impies.

13. Le pauvre et le créancier se sont rencontrés ; celui qui éclaire l’un et l’autre, c’est le Seigneur.[384]

14. Le roi qui juge selon la vérité les pauvres, son trône sera à jamais affermi.

15. La verge et la correction donnent la sagesse ; mais l’enfant, abandonné à sa volonté, couvre de confusion sa mère.

16. Par la multiplication des impies se multiplieront les crimes ; et les justes verront leur ruine.

17. Forme ton fils, et il te consolera, et il fera les délices de ton âme.

18. Lorsque la prophétie cessera, le peuple sera dissipé ; mais celui qui garde la loi est bienheureux.

19. L’esclave, par des paroles, ne peut être formé ; parce qu’il comprend ce que tu dis, et il dédaigne de répondre.

20. As-tu vu un homme prompt à parler ? Il faut en attendre de la folie plutôt que son amendement.

21. Celui qui, dès l’enfance, nourrit délicatement son esclave le trouvera dans la suite rebelle.

22. L’homme colère provoque des rixes ; et celui qui est facile à s’indigner sera plus enclin à pécher.

23. L’humiliation suit le superbe ; et la gloire accueillera l’humble d’esprit.[385]

24. Celui qui avec un voleur s’associe hait sa propre âme ; il entend celui qui l’adjure, et il ne décèle pas le voleur.[386]

25. Celui qui craint l’homme tombera promptement ; celui qui espère dans le Seigneur sera élevé.

26. Beaucoup recherchent la face du prince ; mais c’est du Seigneur que procède le jugement de chacun.

27. Les justes abominent l’homme impie ; et les impies abominent ceux qui sont dans la droite voie. Le fils qui garde la parole sera hors de perdition.[387]

CHAPITRE 30.


1. Paroles de celui qui assemble, du fils de celui qui répand les vérités. Vision qu’a racontée l’homme avec qui est Dieu, et qui, fortifié par Dieu demeurant avec lui, a dit :[388][389]

2. Je suis le plus insensé des hommes, et la sagesse des hommes n’est pas avec moi.[390]

3. Je n’ai pas appris la sagesse ; et je ne connais pas la science des saints.

4. Qui est monté au ciel et en est descendu ? qui a retenu le vent dans ses mains ? qui a lié les eaux comme dans un vêtement ? qui a établi toutes les bornes de la terre ? quel est son nom et quel est le nom de son fils, si tu le sais ?

5. Toute parole de Dieu est de feu ; il est un bouclier pour tous ceux qui espèrent en lui ;[391]

6. N’ajoute rien à ses paroles, pour que tu ne sois pas repris et trouvé menteur.[392]

7. Je vous ai demandé deux choses, ne me les refusez pas avant que je meure.

8. Éloignez de moi la vanité et les paroles mensongères. Ne me donnez ni la mendicité ni les richesses ; accordez-moi seulement les choses nécessaires à ma vie ;

9. De peur que, rassasié, je ne sois tenté de vous renier, et que je ne dise : Qui est le Seigneur ? ou que, poussé par la détresse, je ne dérobe et ne parjure le nom de mon Dieu.

10. N’accuse pas l’esclave auprès de son maître, de peur qu’il ne te maudisse, et que tu ne succombes.

11. Il est une race qui maudit son père, et qui ne bénit pas sa mère.[393]

12. Il est une race qui se croit pure, et qui cependant n’a pas été lavée de ses souillures.

13. Il est une race dont les yeux sont altiers, et les paupières relevées.

14. Il est une race qui au lieu de dents a des glaives, et qui mâche avec ses molaires, afin de dévorer ceux qui sont sans ressources sur la terre, et les pauvres d’entre les hommes.

15. À la sangsue sont deux filles qui disent : Apporte, apporte. Il y a trois choses insatiables, et une quatrième qui jamais ne dit : C’est assez.[394]

16. L’enfer, l’impudique, la terre qui ne se rassasie pas d’eau, et le feu qui jamais ne dit : C’est assez.

17. L’œil qui insulte son père, et qui méprise l’enfantement de sa mère, que les corbeaux des torrents le percent, et que les fils de l’aigle le dévorent.

18. Trois choses sont difficiles pour moi, et la quatrième, je l’ignore entièrement :[395]

19. La voie de l’aigle dans le ciel, la voie du serpent sur un rocher, la voie du vaisseau au milieu de la mer, et la voie de l’homme dans son adolescence.[396]

20. Et telle est aussi la voie de la femme adultère, qui mange, essuie sa bouche, et dit : Je n’ai pas fait le mal.

21. Par trois choses est troublée la terre, et la quatrième elle ne peut la supporter :[397]

22. Par un esclave, lorsqu’il règne ; par un insensé, lorsqu’il est rassasié de nourriture ;

23. Par une femme odieuse, lorsqu’elle a été prise en mariage ; et par une servante, lorsqu’elle est devenue héritière de sa maîtresse.

24. Quatre choses sont les plus petites de la terre, et ces mêmes choses sont plus sages que les sages :[398]

25. Les fourmis, peuple faible qui prépare, dans la moisson, sa nourriture ;[399]

26. Le levraut, peuple sans force, qui établit dans un rocher son lit ;[400]

27. Les sauterelles qui n’ont pas de roi et sortent toutes par bandes ;[401]

28. Le lézard qui s’appuie sur ses mains, et demeure dans le palais des rois.[402]

29. il y a trois choses qui marchent bien, et une quatrième qui s’avance avec succès :[403]

30. Le lion, le plus fort des animaux, qui n’a peur de la rencontre de personne ;

31. Le coq qui a les reins ceints ; le bélier, et le roi à qui nul ne résiste.[404]

32. Tel a paru insensé après qu’il a été élevé à un rang sublime ; car s’il avait eu de l’intelligence, il aurait mis la main sur sa bouche.

33. Celui qui presse fort les mamelles pour en tirer le lait en fait sortir du beurre ; et celui qui se mouche trop fort tire du sang : et celui qui provoque les colères produit des discordes.[405]

CHAPITRE 31.


1. Paroles de Lamuel roi. Vision par laquelle l’a instruit sa mère.[406] [407]

2. Que te dirai-je, mon bien aimé, que te dirai-je, bien aimé de mon sein, que te dirai-je, bien-aimé de mes vœux ?[408]

3. Ne donne pas aux femmes ton bien, et tes richesses pour perdre des rois.

4. Non aux rois, ô Lamuel, non aux rois, ne donne pas de vin, parce qu’il n’est nul secret où règne l’ivresse :

5. Et de peur qu’ils ne boivent et qu’ils n’oublient les jugements, et qu’ils ne changent la cause des fils du pauvre.[409]

6. Donnez de la cervoise à ceux qui sont affligés, et du vin à ceux qui ont le cœur dans l’amertume ;

7. Qu’ils boivent et qu’ils oublient leur détresse, et que de leur douleur ils ne se souviennent plus.

8. Ouvre ta bouche pour le muet, et pour les causes de tous les fils qui passent ;[410]

9. Ouvre ta bouche, décrète ce qui est juste, et juge l’homme qui est sans ressources, et le pauvre.

10. Une femme forte, qui la trouvera ? au-dessus de ce qui vient de loin et des derniers confins du monde est son prix.[411][412]

11. Le cœur de son mari se confie en elle ; et il ne manquera pas de dépouilles.

12. Elle lui rendra le bien et non le mal, tous les jours de sa vie.

13. Elle a cherché la laine et le lin, et elle a travaillé par le conseil de ses mains.[413]

14. Elle est devenue comme le vaisseau d’un marchand, portant de loin son pain.[414]

15. Et de nuit elle s’est levée, et elle a donné de la nourriture aux personnes de sa maison, et des vivres à ses servantes.

16. Elle a considéré un champ et l’a acheté : du fruit de ses mains, elle a planté une vigne.

17. Elle a ceint de force ses reins, et elle a affermi son bras.

18. Elle a goûté et elle a vu que son commerce est bon : pendant la nuit, sa lampe ne s’éteindra pas.

19. Elle a mis sa main à des choses fortes ; et ses doigts ont pris le fuseau.[415]

20. Elle a ouvert sa main à l’homme sans ressources, et ses paumes, elles les a détendues vers le pauvre.

21. Elle ne craindra pas pour sa maison le froid de la neige, car toutes les personnes de sa maison ont un double vêtement.

22. Elle s’est fait une couverture : le fin lin et la pourpre forment son vêtement.

23. Illustre sera son mari aux portes de la ville, quand il siégera avec les sénateurs de la terre.[416]

24. Elle a fait un fin tissu, et elle l’a vendu ; et elle a livré une ceinture au Chananéen.[417]

25. La force et la beauté sont son vêtement, et elle rira au jour dernier.

26. Elle a ouvert sa bouche à la sagesse, et la loi de la clémence est sur sa langue.

27. Elle a considéré les sentiers de sa maison, et elle n’a pas mangé de pain dans l’oisiveté.

28. Ses fils se sont levés et l’ont proclamée très heureuse ; son mari s’est levé, et l’a louée.

29. Beaucoup de filles ont amassé des richesses : mais toi, tu les as toutes surpassées.

30. Trompeuse est la grâce, et vaine est la beauté : la femme qui craint le Seigneur est celle qui sera louée.

31. Donnez-lui le fruit de ses mains, et que ses œuvres la louent aux portes de la ville.

  1. (a) Le mot Proverbes se prend ici dans le sens de sentences, maximes, leçons courtes et instructives, écrites d’un style concis et sentencieux. Les Grecs lui ont donné le nom de Paraboles (Paroïmiaï) ; nom qui convient d’autant mieux que la plupart des sentences de ce recueil sont écrites d’un style parabolique et figuré. Les anciens Pères ont appelé ce livre Panarelos, d’un mot grec qui signifie trésor de toute vertu, ou recueil de toutes sortes d’instructions qui conduisent à la vertu.
  2. Prov. 1,1-6 : * Préface des livres des Proverbes. Salomon a un double but : celui d’apprendre la sagesse à ceux qui ne la connaissent pas encore et celui d’en donner une connaissance plus parfaite à ceux qui la connaissent déjà.
  3. Prov. 1,2 : La discipline. Ce mot, qui est souvent répété dans les Proverbes, signifie principalement les connaissances spéculatives, les instructions propres à former l’esprit et le cœur de la jeunesse, la correction des défauts. Le contexte seul suffit souvent pour faire saisir dans chaque passage la nuance de la signification.
  4. Prov. 1,4 : Aux tout-petits (parvulis) ; c’est-à-dire selon l’hébreu, aux simples, qui se laissent facilement persuader et séduire ; qui manquent d’expérience, et, par là même, de prudence. ― La finesse se prend ici, en bonne part, pour la sagesse, la prudence, la discrétion.
  5. Prov. 1,7 : Voir Psaumes, 110, 10 ; Ecclésiastique, 1, 16. ― Les insensés (stulli) ; sous ce nom, l’Écriture désigne assez souvent les méchants, les impies. ― La crainte du Seigneur est le principe de la sagesse. « Dans cette parole d’or, dit Umbreit, la philosophie de l’Orient se sépare nettement de l’Occident. Le sage [juif] parvient par la religion à la sagesse, tandis que le sage de l’Occident cherche à arriver par la sagesse à la religion. On peut expliquer ainsi ces paroles : L’homme religieux peut seul devenir véritablement sage. »
  6. Prov. 1,7 et suivants : La première partie des Proverbes de Salomon va du chapitre 1, verset 7 au chapitre 9. Elle diffère des deux autres parties de la collection en ce qu’elle ne se compose pas seulement de pensées détachées, roulant sur des objets divers : le sujet est unique ; l’auteur fait l’éloge de la sagesse et exhorte les jeunes gens à travailler à l’acquérir. On peut considérer, à certains égards, cette première partie comme une introduction aux proverbes proprement dits, destinés à en faire sentir l’utilité et l’importance. La connexion entre les divers chapitres n’est pas d’ailleurs très rigoureuse. Plusieurs, chapitres 2 ; 5 ; 7 ; 8 ; 9, forment un tout régulier ; quelquefois, il n’y a de véritable suite que pendant quelques versets : voir Proverbes, 3, 1-10 ; 13-26 ; 4, 14-19 ; 6, vv. 1-5, 6-11, d’où la difficulté de marquer les subdivisions de cette première section avec certitude. On peut y distinguer, néanmoins, trois parties différant par le contenu, du chapitre 1, verset 8 au chapitre 3 ; du chapitre 4 au chapitre 6, verset 19 ; du chapitre 6, verset 20 au chapitre 9. Le style des Proverbes est en général le style poétique le plus simple : mais il n’est pas partout le même. C’est surtout entre le premier et le second recueil que la différence de composition est sensible. Dans les chapitres 1 à 9, malgré un peu de diffusion, quelques répétitions et l’absence, en certains endroits, d’un développement régulier, le langage est plus noble, le ton plus élevé ; ils abondent en images vivantes et en prosopopées hardies ; les deux derniers chapitres, le 8 et le 9, comptent parmi les pages les plus sublimes de la Bible. Quant à la forme proprement dite, la structure des morceaux est peu régulière. Une pensée est quelquefois développée en deux ou trois versets, voir Proverbes, 1, 8-9 ; 3, 11-12 ; 6, vv. 1-5, 12-15, 16-19 ; d’autres fois elle embrasse une longue suite de versets ou même un chapitre tout entier, voir Proverbes, 2, 1-22 ; 5, 1-20 ; 6, 20-35 ; 7 ; 8 ; 9.
  7. Prov. 1,7 : ― Les insensés (stulli) ; sous ce nom, l’Ecriture désigne assez souvent les méchants, les impies. ― * La crainte du Seigneur est le principe de la sagesse. « Dans cette parole d’or, dit Umbreit, la philosophie de l’Orient se sépare nettement de l’Occident. Le sage [juif] parvient par la religion à la sagesse, tandis que le sage de l’Occident cherche à arriver par la sagesse à la religion. On peut expliquer ainsi ces paroles : L’homme religieux peut seul devenir véritablement sage. »
  8. Prov. 1,8 : * Ici commence une subdivision qui embrasse la fin de ce chapitre et les chapitres 2 et 3 entiers. Elle contient une exhortation générale à s’adonner à la poursuite de la sagesse, et elle se termine par des détails divers. Cette première subdivision, comme les suivantes, est indiquée par les mots, Écoute, mon fils, ou expressions analogues, voir Proverbes, 4, 1 ; 6, 20.
  9. Prov. 1,9 : Un agrément (gratia) ; un ornement, une couronne. ― * Les Orientaux comparent souvent les paroles des sages à des perles et à des ornements de prix, parce qu’elles ornent l’homme moral comme une parure.
  10. Prov. 1,11 : Au sang ; c’est-à-dire pour verser le sang. Compar. au vers. 16.
  11. Prov. 1,12 : Dans la fosse ; dans le tombeau. ― * Comme l’enfer, le scheôl, le lieu où étaient les âmes des morts.
  12. Prov. 1,16 : Voir Isaïe, 59, 7.
  13. Prov. 1,17-18 : De même que l’oiseleur tend inutilement son filet sous les yeux des oiseaux, parce que, lorsque les oiseaux le voient tendre, ils l’évitent, de même aussi les pécheurs manqueront leur but ; bien plus, ils tomberont eux-mêmes dans les pièges qu’ils tendent aux autres.
  14. Prov. 1,20 : Dans les places publiques. On peut voir ici une allusion à la coutume orientale de mettre les préceptes de morale en vers, que des chanteurs ou des orateurs chantent ou déclament dans les rues et sur les places publiques.
  15. Prov. 1,22 : Très petits. Voir le verset 4. ― Les insensés. Voir le verset 7. ― Salomon énumère trois classes de gens qui repoussent la sagesse : les enfants ou les simples, les insensés ou les esprits légers et frivoles et les imprudents ou les sots. Voir la parabole de la semence, Matthieu, 13, verset 3 et suivants.
  16. Prov. 1,24 : Voir Isaïe, 65, 12 ; 66, 4 ; Jérémie, 7, 13.
  17. Prov. 1,31 : Ils seront rassasiés, etc. ; c’est-à-dire ils recevront la récompense pleine et entière de leurs desseins, de leurs projets.
  18. Prov. 1,32 : L’égarement ; littéralement l’éloignement (aversio) de la droite voie, de la sagesse, de la vertu. C’est le même sens en hébreu. Jérémie se sert plusieurs fois de ce mot pour exprimer l’éloignement de Dieu (voir Jérémie, 2, 12 (?) ; 3, 22 ; 5, 6 ; 14, 7). ― Tout petits. Voir le verset 4.
  19. Prov. 1,33 : La crainte, etc. ; sans avoir à craindre aucun mal.
  20. Prov. 2,1 : Si tu caches, etc. ; c’est-à-dire si tu les tiens renfermés dans ton cœur, comme on tient un trésor à l’abri de toute atteinte.
  21. Prov. 2,4 : Si tu la recherches, etc. L’image de cette recherche diligente est empruntée au travail des mines, décrit longuement à Job, 28, 1-11.
  22. Prov. 2,17 : Le guide de sa jeunesse ; littéralement de sa puberté ; c’est-à-dire celui qu’elle avait épousé étant à l’âge de puberté, étant encore vierge. Comparer à Jérémie, 3, 4.
  23. Prov. 2,18 : Qui a oublié l’alliance de son Dieu, la loi de Dieu qu’elle viole. ― Vers les enfers, en hébreu, vers les rephaïm ou habitants du scheôl. Voir Proverbes, 9, 18.
  24. Prov. 2,19 : Ne reviendront pas au monde supérieur, à la vie tranquille, heureuse et pure.
  25. Prov. 2,21 : Les hommes qui sont droits ; selon l’hébreu, les intègres, les parfaits. ― Sur la terre (in terrâ) ; c’est-à-dire dans leur patrie, jouissant d’une sécurité et d’une prospérité durables, comme Moïse l’a promis à ceux qui observeraient les préceptes divins (voir Exode, 20,12 ; Lévitique, 25, 18 ; 26, 15, etc.), et Jésus-Christ à ceux qui sont doux (voir Matthieu, 5, 4). Mais de cette première idée d’une félicité temporelle et d’une vie paisible dans le monde, l’Ecriture nous élève à une autre terre et à une autre vie, qui ne finira pas, à la terre des vivants, à la félicité éternelle, au ciel.
  26. Prov. 2,22 : Voir Job, 18, 17. ― La sagesse promet ici à ses sectateurs un des biens qui étaient le plus désirés des Hébreux, le bonheur de vivre et de mourir en paix dans sa patrie.
  27. Prov. 3,2 : Ils t’apporteront, etc. Comparer à Lévitique, 20, 22 ; Deutéronome, 4, 10 ; 22, 7.
  28. Prov. 3,3 : Mets-les autour, etc. Comparer à Exode, 13, 9 ; Deutéronome, 6, 8. ― Grave, etc. ; allusion aux Tables de la loi. Voir Exode, 24, 12.
  29. Prov. 3,4 : Discipline. Voir Proverbes, 1, 2.
  30. Prov. 3,6 : Lui-même dirigera tes pas, aplanira tes sentiers, rendra ta vie heureuse et sainte. Voir Psaumes, 26, 12.
  31. Prov. 3,7 : Voir Romains, 12, 16.
  32. Prov. 3,9 : Voir Tobie, 4, 7 ; Luc, 14, 13 (?).
  33. Prov. 3,10 : Tes pressoirs. Le mot hébreu ainsi traduit désigne une sorte d’auge creusée dans la terre ou taillée dans le roc, à côté du pressoir proprement dit et dans laquelle se déverse le vin qui coule du pressoir. Voir Isaïe, 5, 2.
  34. Prov. 3,11 : Voir Hébreux, 12, 5 ; Apocalypse, 3, 19.
  35. Prov. 3,14-15 : Toutes les richesses. En hébreu, les perles. Il y a une gradation ascendante ; d’abord l’argent, puis l’or, plus précieux que l’argent, et enfin les perles plus rares encore et de plus grand prix. Voir Proverbes, 8, 11 et Job, 28, 18.
  36. Prov. 3,16 : La longueur, etc. ; c’est-à-dire que la sagesse donne, d’un côté, une longue et heureuse vie ; et de l’autre, des biens et des honneurs. ― L’excellence de la sagesse a été montrée jusqu’ici par des comparaisons. Dans ce verset, elle nous apparaît comme une reine dont les mains sont remplies de présents que les Hébreux considèrent comme les plus désirables, et elle les offre à ceux qui obéissent à ses lois. Les dons qu’offre ici la sagesse sont ceux que Dieu promit à Salomon quand il lui apparut à Gabaon, voir 3 Rois, 3, 11-14.
  37. Prov. 3,17 : Pacifiques. La sagesse donne la paix de l’âme que tous les hommes désirent et que les impies, qui ne recherchent pas la sagesse, ne trouvent pas.
  38. Prov. 3,18 : Un arbre de vie. Allusion à l’arbre de vie du paradis terrestre, voir Genèse, 2, 9 ; 3, 22.
  39. Prov. 3,20 : Des nuées se chargent de rosées (nubes rore concrescunt) ; selon l’hébreu : Des nuées distillent la rosée. ― Les abîmes, les eaux de mers. Ce verset, comme les deux précédents, rappellent les premiers chapitres de la Genèse.
  40. Prov. 3,27-35 : Exhortation à la charité fraternelle.
  41. Prov. 3,31 : Voir Psaumes, 36, 1.
  42. Prov. 3,32 : Moqueur (illusor) ; selon l’hébreu, pervers, dépravé.
  43. Prov. 4,1 e : t suivants Ecoutez, mes fils. Commencement de la seconde subdivision de la première partie. Elle comprend les chapitres 4 et 5 jusqu’au chapitre 6, verset 19 et revient sur des points particuliers de l’exhortation contenue dans la première subdivision. ― Salomon reproduit ici les instructions qu’il avait reçues dans sa jeunesse de David, son père. Il rappelle souvent qu’il ne donne pas ses enseignements comme les siens propres, mais comme ceux de l’expérience des vieillards et de ses aïeux.
  44. Prov. 4,1 : La discipline. Voir Proverbes, 1, 2.
  45. Prov. 4,3 : Chéri (tenellus) ; le grec porte obéissant, docile. ― Comme ; particule qui se sous-entend très souvent dans le style biblique, et qui est évidemment sous-entendue ici, puisque Salomon eut trois frères (voir 1 Paralipomènes, 3, 5) ; à moins qu’on ne prenne fils unique dans le sens de fils chéri, le bien-aimé, comme l’ont fait les Septante. On sait, d’ailleurs, que les écrivains grecs et latins désignaient quelquefois par bien-aimés les fils uniques ou premiers-nés.
  46. Prov. 4,7 : Un principe de sagesse, etc. ; c’est-à-dire c’est déjà être sage, que de chercher la sagesse, que de travailler pour l’obtenir. ― Par tout ce que tu possèdes ; c’est-à-dire emploie, si c’est nécessaire, tout ce que tu possèdes pour acquérir la prudence.
  47. Prov. 4,12 : La vie de l’homme est souvent comparée dans l’Ecriture à une marche ou à un voyage, parce que nous n’avons pas ici de demeure permanente et que notre véritable patrie est ailleurs, voir Genèse, 47, 9 ; Psaumes, 39, 14-15. Les pas resserrés indiquent les embarras qui surviennent à l’homme dans le cours de la vie. La course est la prompte exécution de ce que nous avons à faire pour remplir le but de la vie ; la pierre d’achoppement ou la chute est l’issue malheureuse d’une affaire, l’échec d’un plan ou d’une entreprise. Celui qui possède la sagesse n’a pas de difficultés dans l’exécution de ses plans, il peut les mener promptement à bonne fin, sans courir aucun danger de manquer son but.
  48. Prov. 4,16 : Le sommeil, etc. ; les méchants ne prennent pas de sommeil, ils ne se livrent pas au sommeil.
  49. Prov. 4,18 : S’avance et croît en éclat jusqu’au plein midi. Notre-Seigneur a souvent comparé aussi la vie du juste à la lumière et celle du pécheur aux ténèbres, voir Jean, 11, 9-10, etc.
  50. Prov. 4,22 : Toute chair, dans le langage de l’Ecriture, signifie tous les hommes.
  51. Prov. 4,25 : Que tes yeux, etc.; c’est-à-dire regarde droit devant toi, sans porter inconsidérément tes yeux de côté et d’autre. ― Que tes paupières, etc. ; c’est la même pensée que la précédente, mais exprimée en des termes différents.
  52. Prov. 4,27 : Ici finit l’exhortation du père à ses fils.
  53. Prov. 5,1 : Tout le chapitre 5 est une exhortation à la chasteté.
  54. Prov. 5,2 : Discipline. Voir, pour le sens de ce mot, qui est reproduit dans ce chapitre, Proverbes, 1, 2.
  55. Prov. 5,3 : Le miel est très commun en Palestine, c’est la terre où coule le miel, comme le dit l’Ecriture, voir Exode, 3, 8. Les abeilles y sont très nombreuses, même dans les parties désertes, où elles déposent leur miel dans les fentes des rochers et dans le creux des arbres. De là la fréquence de la comparaison du miel.
  56. Prov. 5,4 : Comme l’absinthe ; l’amertume proverbiale de cette plante est opposée au miel du verset 3. L’absinthe est commune en Palestine, on la trouve en particulier en abondance dans les environs de Bethléem. Elle a environ un mètre de hauteur, est vivace et pousse sans culture dans les terrains secs et un peu chauds. Les Orientaux en faisaient grand usage, malgré son amertume et quoiqu’ils semblent l’avoir considéré comme un poison.
  57. Prov. 5,9 : À un cruel (crudeli). Le mot cruel étant au masculin en hébreu, et ne pouvant par là même se rapporter à la femme adultère, nous avons supposés qu’il désignait le mari, ou un frère, ou un parent quelconque, naturellement intéressé à venger le déshonneur fait à sa famille. C’est ainsi que Siméon et Lévi vengèrent, par un massacre, le viol commis par Sichem sur la personne de Dina, leur sœur (voir Genèse, chapitre 34).
  58. Prov. 5,10 : De tes biens ; littéralement de tes forces (viribus) ; mais outre que le mot hébreu rendu dans la Vulgate par forces, signifie également les biens de la fortune, le parallélisme exige ce sens.
  59. Prov. 5,14 : Au milieu, etc.; c’est-à-dire devant tout le peuple.
  60. Prov. 5,18 : Ta source ; c’est le sens de l’hébreu et du grec, Vulgate, littéralement veine (vena). ― La femme de ta jeunesse ; que tu as épousée dans ta jeunesse. Comparer à Proverbes, 2, 17.
  61. Prov. 5,19 : Une biche ou une gazelle. « Dans tout l’Orient, la gazelle, à cause de sa timidité, de la douceur de son regard et de l’élégance de ses mouvements et de ses formes, est le symbole de la beauté. » (Mgr MISLIN.)
  62. Prov. 5,21 : Voir Job, 14, 16 ; 31, 4 ; 34, 21.
  63. Prov. 5,23 : Il n’a pas eu de discipline. Voir Proverbes, 1, 2.
  64. Prov. 6,1-5 : Il ne faut pas engager témérairement sa parole en se portant caution.
  65. Prov. 6,1 : Et que tu aies, etc. C’est une très ancienne coutume parmi les Orientaux de confirmer leurs promesses et leurs engagements, en se donnant mutuellement la main. On en voit beaucoup d’exemple dans la Bible (voir Proverbes, 17, 18 ; 22, 26 ; Isaïe, 62, verset 8 et suivants, etc.). Xénophon parle de cette pratique très commune parmi les Perses (Anabase, l. II, III, et alibi passim).
  66. Prov. 6,5 : De la main. Toutes les versions anciennes autres que la Vulgate traduisent : Des filets, au lieu de la main.
  67. Prov. 6,6-8 : Ce que le Sage dit de la fourmi, voir Proverbes, 6, 6-8 et 30, 25, a donné lieu à des objections. D’après les Proverbes, les fourmis font des provisions au temps de la moisson. C’est ce qu’on a cru, en effet, partout jusqu’au siècle dernier, et ce que nous lisons dans les fables de La Fontaine ; mais, dit-on, en réalité, la fourmi est carnivore ; elle vit d’insectes et de pucerons, qu’elle élève pour les traire et se nourrir de leur lait ; en fait de matières non animales, elle n’aime que celles qui sont sucrées. Pendant l’hiver, en Occident, elle ne mange pas ; elle s’engourdit, et se réveille au même degré de température que les pucerons dont elle se nourrit. ― De tout cela, on ne peut rien conclure contre l’inspiration de l’auteur sacré. Salomon propose surtout, et à bon droit, les fourmis comme un modèle d’activité. « On a célébré avec raison, dit Latreille, la prévoyance de ces insectes et leur amour insatiable pour leur travail. » Quant à leur approvisionnements, un savant naturaliste anglais, sir John Lubbock, l’un des derniers qui aient étudié leurs mœurs, dit à leur sujet : « Nos fourmis anglaises ne font pas de provisions pour l’hiver ; leur genre de nourriture ne le permet pas ; mais quelques espèces des pays méridionaux font des amas de grain, quelquefois en quantité considérable. » Le D Lortet dit expressément que les fourmis de Syrie ramassent dans leurs greniers « une quantité de blé souvent très considérable. » ― Et il ajoute : « Des milliers de travailleurs sont activement occupés à chercher des grains de blés tombés sur le sol et à les rentrer dans leurs vastes greniers souterrains. Les greniers de ces fourmilières, très vastes, très profonds, forment plusieurs étages réunis par des galeries superposées les unes aux autres… Lorsque la moisson n’est pas abondante, les fellahs ont toujours la précaution d’aller reprendre à ces laborieux insectes les provisions qu’ils ont faites pour la saison d’hiver. »
  68. Prov. 6,10 : Voir Proverbes, 24, 33. ― Tu dormiras, etc. C’est une imitation des gestes d’un paresseux, ou une concession, en sorte que le sens soit : Dors donc, etc. ; ou bien enfin, c’est une prosopopée du paresseux qui dit, lorsqu’on l’éveille : Laissez-moi dormir encore un peu, etc. ― Ce tableau de la paresse du dormeur est complet dans sa brièveté : il y a une gradation bien marquée : au sommeil succède l’assoupissement ; puis, avant de se décider à se lever, le paresseux étire longtemps les bras.
  69. Prov. 6,11 : Un coureur de chemins (viator), qui tombe inopinément sur les passants. Comparer à Proverbes, 24, 34. ― Un homme armé ; auquel on ne peut résister.
  70. Prov. 6,12-15 : Contre la fourberie.
  71. Prov. 6,12 : Va tenant, etc. ; littéralement marche avec une bouche perverse. ― L’homme apostat, d’après l’original signifie le méchant.
  72. Prov. 6,13 : Fait signe, etc. ; peinture exacte d’un homme inconstant et fourbe. ― Le fourbe se sert de signes, des yeux, des pieds et des mains pour dissimuler et tromper.
  73. Prov. 6,16-19 : Les sept vices que Dieu déteste.
  74. Prov. 6,20 : Conserve, mon fils. Commencement de la troisième subdivision de la première partie qui s’étend jusqu’au chapitre 9 inclusivement. Le discours du Sage croît graduellement en force et en grandeur, et il s’élève jusqu’à la plus haute poésie pour faire l’éloge de la sagesse incréée.
  75. Prov. 6,21 : Lie-les ; allusion à ce que dit Moïse dans Deutéronome, 6, 6-8. Comparer à Proverbes, 7, 3.
  76. Prov. 6,24-35 : Sur la chasteté. Après une exhortation générale à suivre ses avis paternels (versets 20 à 23), le Sage exhorte à fuir l’impureté (versets 24 à 35).
  77. Prov. 7,1-27 : Contre l’impureté.
  78. Prov. 7,3 : Lie-la, etc. Comparer à Exode, 13, 16 (?) ; Deutéronome, 6, 8.
  79. Prov. 7,5 : D’une femme, etc. Par les versets 19 et 20, on voit qu’il est question ici d’une femme mariée, mais déréglée dans ses mœurs.
  80. Prov. 7,6 : Par les barreaux. Dans la Palestine, il n’y avait pas de vitres aux fenêtres, à cause de la grande chaleur ; on les fermait par des jalousies et des rideaux.
  81. Prov. 7,7 : Sans cœur (vecors), ou sans intelligence ; c’est-à-dire insensé ; car le terme hébreu, qui signifie proprement cœur, se prend souvent pour intelligence, sagesse.
  82. Prov. 7,14 : J’avais voué, etc. Elle engage hypocritement le jeune homme à manger avec elle la partie des victimes qui, d’après la loi mosaïque (voir Lévitique, 7, verset 15 et suivants ; 19, 6 ; 22, 29-30), lui revenait de son sacrifice.
  83. Prov. 7,16 : J’ai entrelacé, etc. ; hypallage, pour j’ai entrelacé des sangles pour mon lit ; au lieu de le placer sur des planches dures. ― Des couvertures brodées d’Egypte ou des tapis. Les tapis fabriqués en Egypte étaient renommés dans l’antiquité. Voir Ezéchiel, 27, 7.
  84. Prov. 7,17 : Enumération des parfums avec lesquels on parfumait les appartements et les lits.
  85. Prov. 7,20 : À la pleine lune, dans une quinzaine environ, car d’après le verset 9, l’obscurité est profonde ; on est donc au dernier quartier de la lune ou à la nouvelle lune.
  86. Prov. 7,22 : Conduit pour servir de victime (ad victimam) ; ou plutôt selon l’hébreu et le grec : Conduit à la tuerie ; sans aucune mention de sacrifice, ce qui est le contraire du verset 14, où les termes du texte original et de la version des Septante signifient de véritables victimes de sacrifice.
  87. Prov. 7,27 : Ce sont des voies, etc. Comparer à Proverbes, 2, 18 ; 5, 5.
  88. Prov. 8,1-36 : Ce chapitre est une prosopopée. La Sagesse y parle comme une reine. Il y a trois séries de pensées : 1o richesse des dons que prodigue la Sagesse, versets 1 à 21 ; 2o son origine divine et éternelle, versets 22 à 31 ; 3o bienfaits qu’elle répand sur ceux qui la possèdent, versets 31 à 36. Ce chapitre développe ainsi deux idées déjà indiquées dans les chapitres précédents : la description de la sagesse 1o comme prêchant aux hommes, voir Proverbes, 1, 20-30 ; 2o comme médiateur et instrument divin dans la création du monde, voir Proverbes, 3, 19-26.
  89. Prov. 8,1 : La sagesse. La plupart des Pères entendent ici par ce mot la sagesse divine et éternelle, en tant que seconde personne de la très sainte Trinité ; en sorte, néanmoins, qu’une partie des attributs de cette divine sagesse s’applique à la divinité, et une autre partie à l’humanité du Fils de Dieu.
  90. Prov. 8,5 : O tout petits. Voir Proverbes, 1, 4.
  91. Prov. 8,19 : L’argent le meilleur ; excellent : littéralement choisi (electo).
  92. Prov. 8,20 : Du jugement ; c’est-à-dire du droit, de ce qui est juste et légitime. Cette explication, conforme d’ailleurs au parallélisme et au texte hébreu, nous a paru préférable à celle des interprètes, qui traduisent le judicium de la Vulgate par prudence ou sagesse. Les Septante ont rendu par justice, ce qui revient à notre explication.
  93. Prov. 8,22-26 : Origine divine de la Sagesse.
  94. Prov. 8,22 : Le Seigneur m’a possédée. Ce verset est célèbre dans l’histoire des discussions dogmatiques, parce que les Ariens en faussaient le sens et prétendaient en conclure que le Verbe n’était pas incréé, mais ce passage signifie que la Sagesse ou le Verbe est coéternel et consubstantiel au Père.
  95. Prov. 8,24 : Les abîmes ; les mers.
  96. Prov. 8,27-31 : Coopération de la sagesse divine à la création du monde.
  97. Prov. 8,27 : D’un cercle, de la voûte céleste qui, à l’horizon, a l’apparence d’un cercle. ― Les abîmes ; les eaux de la mer.
  98. Prov. 8,33 : La discipline. Voir, sur le sens de ce mot, Proverbes, 1, 2.
  99. Prov. 8,34 : Auprès de ma porte ; littéralement aux poteaux, aux jambages de ma porte.
  100. Prov. 9,1-18 : Peinture de la vocation des hommes à la possession et à la jouissance de la vraie sagesse, sous la figure d’une invitation à un double banquet, celui de la sagesse, versets 1 à 12, et celui de la folie, versets 13 à 18. Il faut se rendre au premier et fuir le second.
  101. Prov. 9,1 : La sagesse, etc. C’est la suite de la parabole commencée au chapitre précédent, où l’auteur a représenté la sagesse comme une femme vénérable, dont il oppose les beautés réelles et les solides promesses aux faux attraits de la volupté dépeinte au chapitre 7, sous l’image d’une femme débauchée et impudente. ― La maison de la sagesse est, selon les Pères, l’humanité sainte de Jésus-Christ et l’Eglise chrétienne, qui réunissent, mais d’une manière plus excellente, les avantages décrits par Salomon. ― Sept colonnes. Le nombre sept a toujours été considéré, non seulement chez les Hébreux, mais encore chez les Arabes et les peuples de la Perse, comme le nombre parfait et, en conséquence, mystérieux et sacré. Dans la religion chrétienne, les sept colonnes figurent les sept sacrements et les sept dons du Saint-Esprit. ― Tailler des colonnes indique la magnificence des constructions.
  102. Prov. 9,2 : Elle a immolé ses victimes ; ou selon l’hébreu, elle a tué, égorgé ses animaux, qu’elle avait engraissés pour un festin, en dehors de tout sacrifice. Voyez ce que vous avons dit à ce sujet, voir Proverbes, 7, 22. ― Mêlé le vin ; c’est-à-dire préparé. Dans les contrées de l’Orient, les vins étant épais et forts, on les tempère toujours, en y mêlant de l’eau, à proportion de leur force, et quelquefois des aromates.
  103. Prov. 9,3 : Ses servantes. Les servantes de la sagesse représentent les Apôtres, les docteurs de l’Eglise et, en général, les prédicateurs, qui vont partout annoncer l’Evangile, publier la foi chrétienne. ― Ces servantes envoyées pour chercher les convives correspondent aux serviteurs de l’Evangile qui vont appeler les convives au festin de noces, voir Matthieu, 22, verset 1 et suivants ; Luc, 14, verset 16 et suivants.
  104. Prov. 9,4 ; 9.16 : Tout petit (parvulis). Voir Proverbes, 1, 4.
  105. Prov. 9,5 : Le vin que je vous ai mêlé. Voir le verset 2. ― Mon pain, dans le sens d’aliments de toute espèce, mais ce mot n’est ici qu’une expression figurée, indiquant la doctrine de la sagesse, de même que le vin.
  106. Prov. 9,7 ; : 9.8 ; 9.12 Railleur ; selon l’hébreu, qui méprise ce qu’il y a de plus saint et de plus sacré, impie.
  107. Prov. 9,10 : Voir Psaumes, 110, 10 ; Proverbes, 1, 7 ; Ecclésiastique, 1, 16. ― La science des saints est celle qui est propre aux saints et qui rend saints. Les saints sont ceux qui se distinguent entre les hommes par leur piété.
  108. Prov. 9,13-18 : La folie est maintenant personnifiée pour être mise en opposition avec la Sagesse vivante.
  109. Prov. 9,14 : Elle s’est assise à la porte de sa maison pour attirer les imprudents. ― Elle va aussi çà et là, en un lieu élevé de la ville, pour chercher des victimes.
  110. Prov. 9,15 : Afin d’appeler elle-même. La Folie est toujours inférieure à la Sagesse. Celle-ci faisait inviter à son banquet par ses servantes, voir Proverbes, 9, 3 ; la Folie doit faire les invitations elle-même.
  111. Prov. 9,16 : À un jeune homme sans cœur (vecordi). Voir Proverbes, 7, 7. ― Ce verset est la répétition du verset 4, mais la Folie le répète dans un sens ironique, appelant petit ou simple celui qui suit les voies de la Sagesse.
  112. Prov. 9,17 : Un pain caché ; c’est-à-dire un pain pris en cachette, ou qu’on est obligé de manger en se cachant. ― La Folie invite à un banquet qui n’est pas somptueux mais qui a l’attrait du fruit défendu.
  113. Prov. 9,18 : Là ; chez la femme insensée du verset 13 ; c’est-à-dire que la maison de cette femme est pour le jeune homme qui se laisse séduire un vrai sépulcre ; c’est le lieu où sont les anciens géants morts depuis des siècles. Job, en effet (voir Job, 26, 5), Isaïe (voir Isaïe, 14, 9) ; Ezéchiel (voir Ezéchiel, 32, vv. 21, 27, 29), nous dépeignent l’enfer comme un lieu ténébreux, où demeurent les anciens géants, et où ils gémissent sous les eaux. Comparer de plus à Proverbes, 2, 18-19 ; 5, 5. ― Le mot traduit par géants, en hébreu rephaïm, désigne proprement les âmes des morts, qui sont dans le scheôl et doit être distingué du mot semblable Rephaïm, qui est le nom d’une race de géants. Plus haut, voir Proverbes, 2, 18, saint Jérôme a traduit le mot Rephaïm par enfer, qui, d’ailleurs comme ici, rend l’expression hébraïque scheôl. ― Ce verset est la conclusion brève, mais forte de Salomon. Quel terrible banquet ! La maison de la Folie est comme un soupirail de l’enfer et ses convives se voient tout d’un coup plongés au milieu même de l’enfer, avec les habitants de l’abîme.
  114. * Ce titre ne se lit ni dans les éditions des Septante, ni dans celle de Ja Vulgate par Sixte V; mais il est dans le texte hébreu, dans la Paraphrase chaldaique ct dans les exemplaires imprimés et manuscrits de la Version de saint Jérome. C'est ici que commence proprement lec corps de l'ouvrage; les chapitres précédents ne sont qu'une sorte de préface ou d’introduction.
  115. Prov. 10, 1-32 : Comparaison générale entre le bon et le méchant. C’est le sujet principal des chapitres 10 à 15.
    1. * Seconde partie des Proverbes, x-xx1v. Les proverbes proprement dits ou sen- tences de Salomon qui commencent au chapitre x, sont divisés en deux recueils particuliers, dont le premier n’a pas d‘autre titre que celui qu’on lit ici, mais dont le second, xxv, 1, a un titre qui lui est propre ct indique que la collection est de date postéricure à celle qui forme Ja seconde partie du livre. La section x-xxiv se subdivise elle-même de la manière suivante : 4° x-xxu, 16. C’est un assemblage de pensées détachées, composées ordinairement d'un seul distique, sans autre lien de rapprochement entre elles que le sujet genéral, qui est la morale et la prudence. — 20 xxu, 17-xxiv, 22. Au vers. 47 du chapitre xxu, commence une série de préccptes, sur la justice et la prudence, qui ne sont plus exprimés sculement en deux vers, mais avec quelques développements. Ils sont nommés paroles des sages, xxu, 17, et peut-être est-ce 1a les maximes des sages annoncées, 1, 6. — 3° xxiv, 23-34. Les douze derniers versets de la seconde partie forment un petit groupe 4 part, qui porte l'inscription, xxiv, 23: « ce sont encore les paroles des sages, » ou, d'aprés quelques- uns, « proverbes pour les sages. » On doit rejeter cette derniére interprétation comme peu vraisemblable, parce que ce ne sont point les sages qui ont besoin de conseils de ce genre. Ces sentences paraissent former un suppléinent au premier recueil. Suivant quelques critiques, celles ne sont pas de Salomon, a cause du titre qu'elles portent; suivant d'autres, elles sont de sa composition. L'opinion la plus vraisemblable est qu’elles ont pour auteurs d’anciens Sages, mais qu’elles ont été adoptées par Salomon lui-même qui les a fait insérer dans le recueil de ses propres maxinies. La seconde partie du livre, contenant le premier recueil des Proverbes et formant véritablement le corps de l’ouvrage, offre une régularité de structure frappante, dans toute la première subdivision, x-xxu, 16. Chaque proverbe est généralement exprimé en deux vers ou deux membres paralléliques, indépendants l'un de l'autre, sans liaison nécessaire avec ce qui précède et avec ce qui suit. Le parallélisme dans les premiers chapitres est d’ordinaire andithélique, }e second vers exprimant le contraire du premier, comme xiv, 30. Aprés le milieu du chapitre xv, ce trait caractéristique s‘ellace peu & peu et disparait complètement dans Ies derniers chapitres. Partout Vélocution est simple, élé¢gante. La maxime est exprimée avec briéveté; elle est aussi fréquemment enveloppée comme d'un voile transparent. C'est un des caractères de
  116. Prov. 10,2 : Voir Proverbes, 11, 4.
  117. Prov. 10,4 : Celui qui s’appuie…, qui volent. Ce passage n’est ni dans l’hébreu, ni dans le grec, ni dans un grand nombre de manuscrits latins.
  118. Prov. 10,6 : L’iniquité ; probablement pour la peine, le châtiment de l’iniquité ; sens qu’a ce mot ici comme en plusieurs endroits. ― Couvre la bouche ; c’est-à-dire ferme la bouche ; en sorte que les impies ne peuvent rien dire pour leur justification. Quelques-uns lisent, comme on lit au verset 11 : La bouche des impies couvre (cache) de l’iniquité.
  119. Prov. 10,8-10 : Trois sentences pour expliquer la différence entre le sage et l’insensé.
  120. Prov. 10,8 : L’insensé, etc. ; c’est la traduction littérale de la Vulgate : Stultus cæditur labiis ; l’hébreu porte : Un insensé de lèvres tombera précipitamment. Or un insensé de lèvres est un homme qui parle d’une manière inconsidérée et imprudente. Ajoutons qu’au verset 10, la Vulgate a rendu la même phrase hébraïque par : Un insensé de lèvres ou par lèvres, sera frappé (stultus labiis verberabitur).
  121. Prov. 10,10 : Voir Ecclésiastique, 27, 25. ― Qui fait signe, etc. Voir Proverbes, 6, 13. ― Un insensé, etc., voir le verset 8.
  122. Prov. 10,11-14 : Différence entre le bon et le méchant, entre la sagesse et la folie.
  123. Prov. 10,11 : Une source (vena). Voir Proverbes, 5, 18. ― Couvre ; c’est-à-dire cache.
  124. Prov. 10,12 : Voir 1 Corinthiens, 13, 4 ; 1 Pierre, 4, 8.
  125. Prov. 10,13 : Qui manque de cœur. Voir Proverbes, 7, 7.
  126. Prov. 10,15-21 : Sept sentences se rapportant presque toutes aux biens de la terre, richesse, honneurs, réputation, à leur valeur et aux moyens de les acquérir.
  127. Prov. 10,15 : Ville forte ; littéralement et par hébraïsme, ville de force.
  128. Prov. 10,17 : La discipline. Voir Proverbes, 1, 2.
  129. Prov. 10,20 : L’argent excellent ; le meilleur ; littéralement choisi (electum).
  130. Prov. 10,21 : Par un manque de cœur ; c’est-à-dire par un manque d’intelligence, de sagesse. Comparer à Proverbes, 7, 7.
  131. Prov. 10,22-25 : Sort différent du juste et du pécheur. Le verset 23 en donne en quelque sorte la raison.
  132. Prov. 10,23 : C’est comme, etc. L’insensé qui ne connaît pas l’énormité du péché le commet comme en riant ; tandis que la sagesse rend l’homme attentif, prudent, circonspect.
  133. Prov. 11,1-11 : Onze sentences sur la récompense de la bonne conduite envers le prochain et sur la punition de l’injuste.
  134. Prov. 11,1 : La balance trompeuse, etc. Voir Lévitique, 19, 36.
  135. Prov. 11,4 : Les richesses, etc. Comparer à Proverbes, 10, 2.
  136. Prov. 11,10 : Il y aura louange à Dieu ; on louera la justice et la providence de Dieu.
  137. Prov. 11,12 : Manque de cœur. Voir Proverbes, 7, 7.
  138. Prov. 11,13 : Fidèle d’esprit ; c’est-à-dire sincèrement fidèle.
  139. Prov. 11,21 : Lors même, etc. ; littéralement une main dans une main ; expression évidemment elliptique, pour : quand même une main serait dans une main (etiam si manus ad manum fuerit), comme on lit au chapitre 21, verset 5 ; ce qui signifie : Quand il aurait une main dans l’autre ; c’est-à-dire quand il ne ferait rien, quand il serait dans un repos complet de ses mains, comme il a toujours le cœur au mal, Dieu ne le traitera pas comme un innocent.
  140. Prov. 11,22 : Un anneau d’or aux naseaux. « C’est l’usage dans presque tout l’Orient, dit Hammer, que les femmes portent des anneaux au nez, à la narine gauche, qui est percée au milieu. Ces anneaux consistent en un fil d’or où il y a souvent une perle. »
  141. Prov. 11,25 : L’âme ; par hébraïsme, la personne. ― Qui bénit ; autre hébraïsme, pour qui fait du bien, qui est bienfaisante.
  142. Prov. 11,27-31 : Cinq proverbes sur le contraste entre le bon et le méchant et leur récompense.
  143. Prov. 11,29 : Celui qui trouble sa maison ; c’est-à-dire qui dissipe ses biens, qui se ruine par son inconduite, ou qui sème dans sa maison la division et la discorde. ― Possèdera des vents ; rien que du vent ; il se verra bientôt dans la pauvreté. ― Servira ; sera esclave ; c’est le vrai sens de la Vulgate aussi bien que du texte hébreu.
  144. Prov. 11,30 : Est un arbre de vie. Comparer à Genèse, 2, 9 ; 3, 22.
  145. Prov. 11,31 : Voir 1 Pierre, 4, 18.
  146. Prov. 12,1-3 : Trois sentences sur l’opposition qui existe entre le bien et le mal en général.
  147. Prov. 12,4-11 : Huit proverbes sur les bénédictions et les malédictions de la vie domestique et leurs causes.
  148. Prov. 12,5 : Les pensées des justes, etc. ; c’est-à-dire que les justes ne cherchent que la justice.
  149. Prov. 12,6 : Au sang ; pour verser le sang.
  150. Prov. 12,8 : Sans cœur (excors) ; a le même sens que vecors. Voir Proverbes, 7, 7. ― Ouvert ; entièrement exposé.
  151. Prov. 12,9 : Voir Ecclésiastique, 10, 30.
  152. Prov. 12,10 : Connaît ; c’est-à-dire a soin ; c’est le sens de l’hébreu. ― Des âmes ; de la vie. ― Le juste a de la sollicitude même pour ses animaux qui le servent. Celui qui est cruel envers les animaux le devient facilement envers ses semblables, tandis que celui qui est humain à l’égard des bêtes l’est à plus forte raison à l’égard des hommes.
  153. Prov. 12,11 : Voir Ecclésiastique, 20, 30. ― Celui à qui, etc. Ce passage, qui n’existe pas dans l’hébreu et qui est pris dans les Septante, signifie que le soldat qui, chargé de la garde des fortifications, s’occupe à boire du vin, les laisse exposées à l’ennemi ; ce qui est un déshonneur.
  154. Prov. 12,12-22 : Onze proverbes sur les vertus et les défauts dans la vie civile, et spécialement des péchés de la langue.
  155. Prov. 12,12 : Est l’appui de plus méchants ; est de trouver un appui dans les plus méchants ; de s’en faire un rempart (munimen), afin que, joint à eux, il n’en devienne que plus formidable.
  156. Prov. 12,14 : En vertu du fruit, etc. ; c’est-à-dire en vertu des sages discours sortis de sa bouche, chacun sera comblé de biens.
  157. Prov. 12,19 : Sera ferme à perpétuité ; ne se démentira jamais.
  158. Prov. 12,23-28 : Six sentences mettent sous les yeux l’opposition qui existe entre le sage et l’insensé, l’homme actif et le paresseux.
  159. Prov. 12,24 : Sera soumise aux tributs, à la corvée, à des travaux imposés.
  160. Prov. 12,27 : Sera d’un prix d’or ; vaudra de l’or, sera précieuse comme l’or.
  161. Prov. 13,1 : Garde ou reproduit, représente ; littéralement est. ― Moqueur. Voir Proverbes, 9, 7.
  162. Prov. 13,2 : En vertu, etc. Voir Proverbes, 12, 14.
  163. Prov. 13,4-12 : Neuf maximes se rapportant la plupart au bon emploi des biens temporels.
  164. Prov. 13,12 : Un arbre de vie ; allusion à l’arbre de vie du paradis terrestre, voir Genèse, 2, 9 ; 3, 22.
  165. Prov. 13,13-17 : Avantage de la bonne doctrine.
  166. Prov. 13,13 : Les âmes trompeuses… Compatissants. Ce passage ne se trouve ni dans l’hébreu, ni dans plusieurs éditions latines, ni dans quelques exemplaires grecs. Dans ceux des Grecs et des Latins qui le lisent, il est placé après les versets 9 ou 11.
  167. Prov. 13,17 : Est la santé ; une source de santé et de prospérité, tant pour lui-même que pour celui qui l’envoie.
  168. Prov. 13,18-25 : Récompenses qui sont le fruit de la sagesse.
  169. Prov. 13,23 : De fruits ; littéralement d’aliments, de nourriture. ― Pour d’autres ; pour des étrangers. ― Qu’ils sont amassés sans jugement ; c’est-à-dire que ceux qui en cultivant les champs de leurs pères manquent de jugement et d’esprit de conduite perdront tous les fruits de leur travail, qui iront à des étrangers. ― Dans les novales, terres nouvellement défrichées et profondément défoncées.
  170. Prov. 14,1-7 : De la sagesse et de la folie en général.
  171. Prov. 14,1 : Edifie sa maison. Dans le langage de l’Ecriture, édifier ou bâtir sa maison, lorsqu’on parle d’une femme, signifie proprement avoir des enfants, et les bien élever.
  172. Prov. 14,2 : Voir Job, 12, 4.
  173. Prov. 14,3 : Dans la bouche, etc. ; c’est-à-dire la langue d’un insensé est comme une verge d’orgueil et d’insolence, qui frappe, meurtrit les autres, en le blessant lui-même. Au contraire, les lèvres sages ne blessent personne, et elles les conservent eux-mêmes dans une parfaite tranquillité, en ne donnant pas de prise à la critique et à la malignité.
  174. Prov. 14,4 : Où il n’y a pas, etc. L’auteur semble vouloir dire en général que, quand on ne travaille pas, on n’a rien à attendre.
  175. Prov. 14,6 : Railleur. Voir Proverbes, 9, 7. ― La doctrine, etc. ; c’est-à-dire que les hommes prudents s’instruiront sans peine ; comme ils cherchent la sagesse sérieusement et véritablement, elle vient au-devant d’eux (voir Sagesse, 6, 14).
  176. Prov. 14,7 : Va contre ; résiste, oppose-toi à lui.
  177. Prov. 14,8-1 : 9 Comparaison du sage et de l’insensé, par rapport surtout à leurs destinées diverses.
  178. Prov. 14,14 : L’insensé, etc. l’insensé est entièrement satisfait de sa propre conduite, il s’y plaît, il y trouve son contentement et sa joie. ― Au-dessus de lui sera l’homme vertueux ; c’est-à-dire l’homme vertueux le dominera ; ou bien, l’homme vertueux sera encore plus rempli de ses voies que l’insensé ; il s’y plaira davantage, parce qu’elles sont meilleures.
  179. Prov. 14,15 : Pour un fils trompeur… sera dirigée. Ce passage ne se trouve ni dans l’hébreu, ni dans le chaldéen, ni dans les Septante de Complute et de Rome, ni dans les manuscrits latins, ni dans quelques éditions de la Vulgate.
  180. Prov. 14,18 : Les tout petits (parvuli). Voir Proverbes, 1, 4. ― Attendront la science ; comme un héritage qui lui est dû.
  181. Prov. 14,19 : Couchés par terre. Image tirée des vaincus, prosternés et étendus par terre devant leur vainqueur, comme nous les représentent les bas-reliefs antiques de l’Assyrie.
  182. Prov. 14,20-27 : De la richesse et de la pauvreté dans leurs rapports avec la sagesse et avec la folie.
  183. Prov. 14,21 : Celui qui croit… miséricorde. Ce passage n’est ni dans l’hébreu, ni dans le grec, ni dans les anciens manuscrits latins.
  184. Prov. 14,22 : Préparent ; c’est-à-dire nous acquièrent.
  185. Prov. 14,25 : Des âmes ; littéralement et par hébraïsme, pour des personnes, des individus.
  186. Prov. 14,26 : Dans la crainte, etc. Quand on a la crainte du Seigneur, on est dans une confiance ferme ; littéralement et par hébraïsme, une confiance de force.
  187. Prov. 14,28-35 : Parallèle entre le sage et l’insensé, le riche et le pauvre, le prince et le sujet.
  188. Prov. 14,30 : La vie, etc. Un cœur sain donne la santé à tout le reste des chairs, c’est-à-dire du corps.
  189. Prov. 14,31 : Voir Proverbes, 17, 5. ― Qui opprime ; outrage, traite injustement et avec violence. Tel est le sens qu’a partout le verbe hébreu que la Vulgate rend par calomnier (calumniari). C’est ainsi que calumnia signifie le plus ordinairement oppression, violence, injustice criante.
  190. Prov. 14,33 : Elle ; c’est-à-dire la sagesse. Si le latin erudiet est amphibologique, l’hébreu ne l’est nullement, le verbe y étant au féminin, et ne pouvant avoir pour sujet que le mot sagesse, nom du genre féminin.
  191. Prov. 15,1-7 : Contre les différentes espèces de péchés de la langue.
  192. Prov. 15,1 : Voir Proverbes, 25, 15.
  193. Prov. 15,4 : Un arbre de vie, comme celui du paradis terrestre. Voir Proverbes, 13, 12.
  194. Prov. 15,5 ; 15.32 ; 15.35 : Discipline. Voir Proverbes, 1, 2. ― Dans une… déracinées. Ce passage n’est ni dans l’hébreu, ni dans le chaldéen, ni dans divers exemplaires grecs et latins.
  195. Prov. 15,6 : La maison, etc. La maison du juste est un grand amas de toutes sortes de biens et de provisions ; tandis que les revenus de l’impie ne lui donnent que du trouble, à cause des maux de différentes sortes dont Dieu le frappe en punition de son impiété.
  196. Prov. 15,8-15 : Horreur de Dieu pour l’impie.
  197. Prov. 15,8 : Voir Proverbes, 21, 27 ; Ecclésiastique, 34, 21.
  198. Prov. 15,11 : L’enfer ; veut dire ici le séjour de toutes les âmes après la mort, même de celles des justes qui attendaient le Rédempteur ; et la perdition, le lieu particulier où sont renfermées et tourmentées les âmes des méchants.
  199. Prov. 15,13 : Voir Proverbes, 17, 22.
  200. Prov. 15,16-23 : De différentes espèces de vertus et de vices.
  201. Prov. 15,16 : Mieux vaut, etc. Il semble que c’est de ce passage que saint Paul a emprunté la sentence : C’est un grand gain que la piété avec ce qui suffit (voir1 Timothée, 6, 6).
  202. Prov. 15,17 : Un veau engraissé. On engraissait des veaux pour les solennités où on devait offrir des sacrifices et où on devait faire quelque fête, quelques noces, quelque festin de famille (voir 1 Rois, 17, 29 (?) ; Jérémie, 26, 21 (?) ; Luc, 15, 23).
  203. Prov. 15,24-33 : De diverses vertus, en particulier de la vie pieuse.
  204. Prov. 15,24 : Le sentier, etc. ; ou mieux, selon l’hébreu : Le sentier de la vie est pour l’homme intelligent en haut ; c’est-à-dire au ciel.
  205. Prov. 15,27 : Voir Proverbes, 16, 6. ― Par la miséricorde… du mal. Ce passage, que les Septante ont mis ici, ne se trouve dans l’hébreu qu’au chapitre 16, verset 6, où la Vulgate le répète, et où les Septante ne l’ont pas mis.
  206. Prov. 15,30 : Engraisse les os ; contribue à la santé du corps par le plaisir qu’elle cause.
  207. Prov. 15,31 : De vie ; qui donnent la vie, en nous garantissant du péché, et, par conséquent, de la mort de l’âme.
  208. Prov. 16,1-3 : Les chapitres 16 à 22, verset 16, sont principalement une exhortation à la crainte de Dieu et à l’obéissance. Le chapitre 16 exhorte à la confiance en Dieu, parce qu’il est l’ordonnateur et le régulateur du monde. Les trois premiers versets nous montrent Dieu comme le maître de toutes choses en général.
  209. Prov. 16,1 : De préparer son âme ; en l’élevant à Dieu, afin qu’il en règle tous les mouvements et tous les désirs. Comparer à Psaumes, 38, 2 (?).
  210. Prov. 16,2 : Voir Proverbes, 20, 24 ; 21, 2.
  211. Prov. 16,4-9 : Sagesse de la Providence divine dans la récompense donnée aux bons et dans les punitions infligées aux méchants.
  212. Prov. 16,5 : Lors même qu’une main serait dans une main. Voir Proverbes, 11, 21. ― Le commencement… hosties. Ce passage manque ici dans l’hébreu et dans toutes les Bibles grecques, excepté celle du Vatican.
  213. Prov. 16,6 : Voir Proverbes, 15, 27.
  214. Prov. 16,8 : Mieux vaut, etc. Voir Proverbes, 15, 16. ― Beaucoup de fruits ; c’est-à-dire beaucoup de revenus, de biens, de richesses.
  215. Prov. 16,10-15 : Les rois considérés comme médiateurs ou instruments de la Providence.
  216. Prov. 16,10 : Divination ; n’est pas pris ici en mauvaise part ; il signifie oracle divinement inspiré ; car le roi était le représentant de Dieu.
  217. Prov. 16,11 : Poids et balance, etc. ; c’est-à-dire infiniment justes, infiniment équitables. ― Toutes les pierres du sachet ; c’est la même idée exprimée en d’autres termes. Les anciens Hébreux, n’ayant pas d’argent monnayé pour leur commerce, divisaient l’or et l’argent en lingots, plus ou moins forts, qu’ils mettaient dans une balance, et qu’ils pesaient avec des pierres renfermées dans un sachet. Le vendeur et l’acheteur portaient toujours à leur ceinture une balance et un sachet. ― Les pierres étaient choisies de préférence comme poids, parce qu’on peut difficilement les altérer et qu’elles échappent à la rouille.
  218. Prov. 16,13 : Des lèvres justes ; un langage vrai, sincère.
  219. Prov. 16,14 : L’indignation, etc. un prince colère et emporté inspire la crainte de la mort à tous ceux qui le voient irrité contre eux.
  220. Prov. 16,15 : Comme la pluie, etc. Voir Job, 29, 23.
  221. Prov. 16,20 : Un homme habile dans la parole. C’est le sens exact et rigoureux de la Vulgate ; mais, comme le terme hébreu rendu dans cette version par parole (verbo), signifie aussi chose, affaire, et qu’il a été traduit dans les Septante par choses, affaires, bien des traducteurs lui ont donné ce dernier sens.
  222. Prov. 16,24 : Voir Proverbes, 15, 13 ; 17, 22. ― La santé des os ; du corps ; figure grammaticale, par laquelle la partie se prend pour le tout. ― C’est un rayon de miel, etc. Allusion à la nature et à l’emploi du miel, très usité en médecine et qui tenait autrefois lieu de sucre.
  223. Prov. 16,26 : Sa bouche ; la nécessité de manger.
  224. Prov. 16,33 : Les sorts ; c’est-à-dire les billets du sort. ― Mais c’est, etc. C’est uniquement le Seigneur qui dispose de ces billets en faisant que le premier tombe à telle personne, le second à telle autre, et ainsi de suite. ― Ce chapitre se termine par la grande pensée par laquelle il avait commencé : Dieu gouverne toutes choses, et rien n’arrive sur la terre que par sa volonté.
  225. Prov. 17,2 : Voir Ecclésiastique, 10, 28.
  226. Prov. 17,5 : Voir Proverbes, 14, 31.
  227. Prov. 17,6 : Les fils des fils ; ses petits-neveux ; une belle et nombreuse postérité.
  228. Prov. 17,8 : Une pierre précieuse est un cadeau très agréable pour celui qui la reçoit ; aussi partout où ce cadeau se dirige, il fait réussir les desseins du donateur.
  229. Prov. 17,9 : Celui qui cache, etc. ; qui garde le silence sur une faute commise contre lui, recherche et gagne par là même l’amitié de celui qui l’a commise ; tandis que s’il la rappelle deux fois seulement (altero sermone repetit), il met la division entre l’offenseur et lui. On peut aussi étendre cette maxime à tous ceux qui par leurs rapports inconsidérés sèment la division parmi leurs semblables.
  230. Prov. 17,12 : L’ours était autrefois commun en Syrie, jusqu’à l’époque des croisades.
  231. Prov. 17,13 : Voir Romains, 12, 17 ; 1 Thessaloniciens, 5, 15 ; 1 Pierre, 3, 9.
  232. Prov. 17,14 : Celui qui lâche, etc. Dans la Palestine les eaux, n’étant pas fort communes, donnaient par là même des occasions de dispute. Lâcher, par exemple, celles de son voisin ou de tout autre, était un cas de procès, dont l’issue ne pouvait qu’être défavorable à l’auteur du délit. Il était donc tout naturel que celui-ci se désistât, avant la sentence du juge, pour éviter un affront. Au lieu de il abandonne (deserit), l’hébreu porte l’impératif laisse. Comparer à Matthieu, 5, vv. 25, 40.
  233. Prov. 17,15 : Voir Isaïe, 5, 23.
  234. Prov. 17,16 : Celui qui élève sa maison… maux. Ce passage n’est pas dans l’hébreu, mais il se trouve dans les Septante, ainsi que dans la Vulgate. On lit au verset 19 quelque chose de semblable dans l’hébreu et dans la Vulgate, mais non dans le grec.
  235. Prov. 17,18 : Battra des mains, etc. Voir Proverbes, 6, 1.
  236. Prov. 17,20 : Qui tourne la langue ; c’est-à-dire selon l’hébreu, qui a la langue tournée ; c’est-à-dire artificieuse, fourbe.
  237. Prov. 17,22 : Voir Proverbes, 15, 13 ; 16, 24.
  238. Prov. 17,23 : En secret ; littéralement du sein. Les Hébreux portaient dans le sein ce qu’ils avaient de plus précieux.
  239. Prov. 17,24 : Voir Ecclésiaste, 2, 14 ; 8, 1. ― Sont à l’extrémité du monde ; c’est-à-dire très éloignés d’eux ; et, par conséquent, ne pouvant pas les éclairer suffisamment.
  240. Prov. 17,27 : Voir Jacques, 1, 19.
  241. Prov. 18,4 : Voir Proverbes, 20, 5.
  242. Prov. 18,5 : Dans le jugement ; littéralement du jugement. ― Faire acception, etc. Il ne faut pas être partial envers le méchant, en faisant perdre son procès au juste.
  243. Prov. 18,8 : La crainte… faim. Ce passage manque dans l’hébreu ; mais il se trouve dans les Septante, qui d’ailleurs, ne contiennent pas la partie précédente de ce verset 8.
  244. Prov. 18,11 : Sa ville forte ; littéralement et par hébraïsme, la ville de sa force.
  245. Prov. 18,13 : Voir Ecclésiastique, 11, 8.
  246. Prov. 18,16 : Le présent, etc. Dans l’Orient, on ne paraît devant les rois et les princes qu’avec des présents ; c’est une marque de respect et de dépendance de la part de celui qui vient faire sa cour. Comparer à 1 Rois, 9, 7.
  247. Prov. 18,17-21 : Contre l’amour de la dispute et le mauvais usage de la langue.
  248. Prov. 18,17 : Le juste, etc. Lorsque le juste a commis une faute, il est le premier à l’avouer et à reconnaître son tort. Si son ami vient, il sonde avec lui le fond de son cœur.
  249. Prov. 18,20 : Le ventre, etc. Voir Proverbes, 12, 14.
  250. Prov. 18,21 : Au pouvoir ; littéralement et par hébraïsme, dans la main. Le sens de ce verset est que ceux qui aiment à beaucoup parler recevront pour fruits la vie ou la mort, suivant l’usage qu’ils auront fait de leur langue.
  251. Prov. 18,22 : Celui qui chasse… impie. Ce passage, qui se trouve dans les Septante et dans l’arabe, manque dans l’hébreu, dans le chaldéen, dans divers manuscrits latins et dans plusieurs éditions latines, comme celles de Complute, de Sixte V, etc.
  252. Prov. 19,1-29 : Exhortation à l’humilité, à la douceur et à la longanimité.
  253. Prov. 19,1 : Qui tord ses lèvres ; c’est-à-dire, selon l’hébreu, dont les discours sont trompeurs.
  254. Prov. 19,5 : Voir Daniel, 13, 61.
  255. Prov. 19,9 : Un faux témoin. Comparer au verset 5.
  256. Prov. 19,13 : Ce sont des toits, etc. Comme on ne peut demeurer dans une maison dont les toits dégouttent continuellement, c’est-à-dire sont mal couverts, ainsi on ne peut vivre avec une femme querelleuse. Comparer à Proverbes, 21, 9 ; 27, 15.
  257. Prov. 19,15 : Envoie ; produit.
  258. Prov. 19,16 : Le commandement ; nom collectif qui signifie les commandements, c’est-à-dire la loi divine.
  259. Prov. 19,19 : Qui est impatient ; c’est-à-dire qui ne sait pas se contenir, qui n’est pas maître de lui-même. ― Il prendra encore ; littéralement il ajoutera ; sous-entendu, à prendre ; ou il prendra encore, de nouveau. C’est le vrai sens de la Vulgate, expliquée par l’hébreu, sens que réclame, d’ailleurs, le commencement du verset.
  260. Prov. 19,23 : Sans être, etc. ; littéralement sans une visite très mauvaise.
  261. Prov. 19,24 : Voir Proverbes, 26, 15.
  262. Prov. 19,25 : Voir Proverbes, 21, 11. ― La discipline. Voir Proverbes, 1, 2.
  263. Prov. 19,28 : Du jugement ; c’est-à-dire de la justice.
  264. Prov. 19,29 : Les railleurs. Voir Proverbes, 9, 7.
  265. Prov. 20,4 : À cause du froid, etc. Dans la Palestine, les semailles se font en novembre et en décembre, mois pendant lesquels soufflent ordinairement les vents du nord.
  266. Prov. 20,5 : Comme une eau, etc. Le cœur de l’homme dans ses desseins est aussi impénétrable qu’une eau profonde ; mais le sage qui a la connaissance des hommes lit jusqu’au fond du cœur humain, en sonde les abîmes et en découvre ce qu’il a de plus secret.
  267. Prov. 20,9 : Voir 3 Rois, 8, 46 ; 2 Paralipomènes, 6, 36 ; Ecclésiaste, 7, 21 ; 1 Jean, 1, 8.
  268. Prov. 20,10 : Voir Proverbes, 11, 1. ― Un poids et un poids, etc. ; c’est-à-dire divers poids et diverses mesures. Dieu défend dans sa loi d’avoir divers poids et diverses mesures. Voir Deutéronome, 25, 13-16.
  269. Prov. 20,15 : Savantes ; littéralement et par hébraïsme, de la science.
  270. Prov. 20,16 : Voir Proverbes, 27, 13.
  271. Prov. 20,17 : Un pain de mensonge ; un faux pain, un pain qui paraît bon, mais qui est réellement mauvais.
  272. Prov. 20,20 : Voir Exode, 21, 17 ; Lévitique, 20, 9 ; Matthieu, 15, 4.
  273. Prov. 20,21 : L’héritage, etc. Le sage veut dire qu’il est moralement impossible qu’on acquière légitimement de grands biens en un moment. Comparer à Proverbes, 13, 11.
  274. Prov. 20,22 : Voir Romains, 12, 17 ; 1 Thessaloniciens, 5, 15 ; 1 Pierre, 3, 9.
  275. Prov. 20,23 : C’est une abomination, etc. Voir le verset 10.
  276. Prov. 20,25 : Dévorer les saints ; les attaquer, les persécuter. Dieu prend la défense des saints, ses amis persécutés, en faisant périr leurs persécuteurs : témoin Pharaon, Antiochus Epiphane, etc.
  277. Prov. 20,26 : Courbe sur eux un arc de triomphe ; c’est la traduction littérale de la Vulgate : Incurvat super eos fornicem ; texte que l’on explique ainsi : Il les fait passer sous l’arc de son triomphe. L’hébreu dit : Et il ramena sur eux une roue ; et les Septante : Et il jettera (ou passera sur eux une roue.) Après avoir vaincu les Ammonites, David fit passer sur eux des chariots armés de fer (voir 2 Rois, 12, 31). L’Ecriture fait assez souvent allusion à ce genre de supplice. On faisait passer sur le corps des condamnés des chariots avec des roues armées de fer, roues très basses et très lourdes et qui en faisaient des espèces de traîneaux propres à battre le grain.
  278. Prov. 20,27 : Le souffle ; c’est-à-dire l’esprit. ― Une lampe du Seigneur ; allumée par le Seigneur lui-même. ― Découvre, etc. Nul, selon saint Paul, ne sait ce qui est au-dedans de l’homme, que l’esprit de l’homme qui est en lui (voir 1 Corinthiens, 2, 11). ― Corps ; littéralement ventre ; c’est la partie pour le tout : figure de rhétorique assez usitée dans le style biblique.
  279. Prov. 20,30 : La lividité, etc. Le sens de ce passage est que les méchants ne se guérissent ou ne se corrigent que par des châtiments corporels qui se font sentir. ― Corps ; littéralement ventre. Voir le verset 27.
  280. Prov. 21,1 : Comme sont, etc. De même qu’un jardinier réduit les divers courants des eaux pour les faire couler où il veut, dans les jardins, de même le Seigneur conduit le cœur du roi et en dispose selon sa volonté.
  281. Prov. 21,2 : Voir Proverbes, 16, 2.
  282. Prov. 21,4 : L’exaltation des yeux ; c’est-à-dire le regard altier, hautain. ― La dilatation ; l’enflure, l’orgueil.
  283. Prov. 21,6 : Sans cœur (excors). Voir Proverbes, 7, 7.
  284. Prov. 21,9 : Voir Proverbes, 25, 24. ― D’un toit (domatis). Le toit des maisons chez les Hébreux était en plate-forme. Le sens du verset est qu’il vaut mieux demeurer sur le haut de la maison, exposé aux injures de l’air, que de vivre avec une femme querelleuse, et habiter dans la même maison. Comparer à Proverbes, 19, 13 ; 27, 15.
  285. Prov. 21,11 : Le simple (parvulus). Voir, pour l’explication de ce mot, Proverbes, 1, 4.
  286. Prov. 21,14 : Glissé dans le sein. Voir Proverbes, 17, 23.
  287. Prov. 21,16 : Dans l’assemblée, etc. ; c’est-à-dire dans l’enfer avec ces anciens géants, qui se sont rendus si fameux par leurs violences et leurs crimes. Voir Proverbes, 9, 18, où nous avons cité plusieurs autres écrivains sacrés, qui ont parlé de la même manière de ces géants.
  288. Prov. 21,19 : Voir Ecclésiastique, 25, 24.
  289. Prov. 21,20 : Trésor ; ce mot ne désigne, pour l’ordinaire, chez les Hébreux, que des amas de provisions et des fruits de la terre. ― Mais l’homme, etc. Tandis que le juste administre ses biens avec une sage économie, l’imprudent prodigue les siens. ― Les dissipera ; littéralement le (illud) au neutre. En hébreu, le pronom, qui se rapporte à plusieurs noms antécédents, peut ne concorder qu’avec le dernier ; ce qui a lieu ici. C’est pour cela que la Vulgate, qui se conforme assez ordinairement aux idiotismes de la langue sainte, a mis le singulier, qui est dans le texte original. Seulement, comme le dernier antécédent, huile (oleum), est en latin du genre neutre (genre qui manque en hébreu), elle a employé illud au lieu du pluriel les (illa), qui représenterait grammaticalement les deux antécédents trésor et huile.
  290. Prov. 21,24 : Est appelé ; c’est-à-dire est regardé, est considéré, ou simplement, en vertu d’un hébraïsme est.
  291. Prov. 21,26 : Il souhaite et il désire ; dans le style biblique, la réunion de synonymes a pour but de donner de l’énergie à l’expression. Ainsi le sens est : souhaiter avec la plus grande ardeur.
  292. Prov. 21,27 : Voir Proverbes, 15, 8 ; Ecclésiastique, 34, 21. ― Elles sont offertes, etc. ; c’est-à-dire que ces hosties sont des choses injustement acquises, le fruit des rapines des impies qui les offrent en sacrifice.
  293. Prov. 21,28 : L’homme obéissant ; à Dieu, à la loi, à sa raison, etc. ― Parlera victoire ; c’est-à-dire victorieusement, sera victorieux dans ses paroles.
  294. Prov. 21,31 : Le cheval, etc. Les Hébreux et les Orientaux en général ne se servaient du cheval que pour la guerre. Le bœuf était destiné à labourer et à conduire les chariots ordinaires ; l’âne et le chameau portaient les charges et les fardeaux ; on s’en servait même pour la monture dans les voyages. ― Victoire ; littéralement salut, délivrance ; mot qui, en hébreu, se prend pour une victoire remportée par un secours extraordinaire de Dieu.
  295. Prov. 22,1 : Voir Ecclésiaste, 7, 2.
  296. Prov. 22,2 : Voir Proverbes, 29, 13.
  297. Prov. 22,5 : Ame ; ce mot, comme on l’a souvent remarqué, se prend en hébreu, comme en arabe, pour la personne elle-même, pour l’individu.
  298. Prov. 22,9 : Voir Ecclésiastique, 31, 28. ― Il obtiendra… reçoivent. Ce passage, qui manque dans l’hébreu et même dans quelques éditions latines, est dans les Septante.
  299. Prov. 22,14 : Fosse profonde ; abîme. Le mot fosse se prend aussi dans l’Ecriture pour pièges, embûches.
  300. Prov. 22,15 : La folie ; c’est-à-dire l’ignorance, la faiblesse, le penchant au mal.
  301. Prov. 22,16 : Qui opprime, etc. Voir Proverbes, 14, 31.
  302. Prov. 22,17 : Ici commencent les paroles des sages, contenues dans les chapitres 22, verset 17 à 24, verset 22. C’est une série de préceptes sur la justice et la prudence.
  303. Prov. 22,20 : Triplement ; ou trois fois ; c’est-à-dire diverses fois, souvent.
  304. Prov. 22,21 : La certitude et les paroles ; hébraïsme, pour la certitude des paroles.
  305. Prov. 22,22 : À la porte de la ville ; c’est-à-dire en jugement. Chez les Hébreux, les tribunaux siégeaient aux portes de la ville.
  306. Prov. 22,26 : Engagent leurs mains. Voir Proverbes, 6, 1.
  307. Prov. 22,29 : Il se tiendra, etc. Un homme diligent et actif s’insinuera à la cour des rois et ne s’attachera pas à des gens vils et obscurs.
  308. Prov. 23,1-2 : Il y a deux grands défauts à éviter à la table des grands : le premier, de trop parler ; le second, de trop manger. Salomon engage son disciple à éviter l’un et l’autre, en lui disant de mettre un couteau à sa gorge, si toutefois il est assez maître de lui-même pour modérer son appétit et sa sensualité. Par la table du prince, saint Augustin entend le banquer eucharistique, et, selon saint Jérôme, l’expression mets un couteau à ta gorge, signifie, qu’en faisant la sainte communion, nous devons égorger en nous tout ce qui est contraire à la foi et à la charité, et détruire le vieil homme par le glaive de l’esprit, afin que le nouveau vive seul en nous.
  309. Prov. 23,3 : Un pain de mensonge ; une nourriture trompeuse, qui flatte le goût, mais qui est malsaine, ou qui ne soutient pas, qui n’est pas substantielle. Nous l’avons déjà remarqué, le mot hébreu, rendu dans la Vulgate par pain (panis), se prend souvent pour nourriture, aliment, en général, et quelquefois pour chair, viande, en particulier, ce que signifie aussi le terme arabe correspondant.
  310. Prov. 23,11 : Leur proche ; c’est-à-dire, suivant le terme de l’original hébreu, celui qui a droit de rachat sur un champ aliéné de sa famille.
  311. Prov. 23,13 : Voir Proverbes, 13, 24 ; Ecclésiastique, 30, 1.
  312. Prov. 23,17 : Voir Proverbes, 24, 1.
  313. Prov. 23,19 : Bonne ; ce mot est renfermé dans le terme hébreu, rendu simplement par dirige (dirige) dans la Vulgate.
  314. Prov. 23,21 : L’assoupissement ; c’est-à-dire le paresseux qui est toujours assoupi.
  315. Prov. 23,27 ; 23.29 : Fosse, fosses. Comparer à Proverbes, 22, 14.
  316. Prov. 23,31-35 : La peinture de l’ivrognerie, contenue dans ces cinq versets, est d’une beauté remarquable.
  317. Prov. 23,31 : Quand il jaunit (flavescit) ; prend une couleur d’or ; mais on assure assez généralement qu’il n’y avait que du vin rouge dans la Palestine ; il est certain que le texte hébreu porte quand il est rouge.
  318. Prov. 24,1 : Voir Proverbes, 23, 17.
  319. Prov. 24,7 : À la porte de la ville ; au lieu des assemblées publiques ; c’est-à-dire que l’insensé sera réduit au silence dans toutes les délibérations, et qu’il sera même incapable de se défendre contre ses accusateurs, d’accuser ses ennemis, d’instruire ses juges de son bon droit, etc.
  320. Prov. 24,8 : Sera appelé insensé ; c’est-à-dire sera insensé. Voir Proverbes, 21, 24.
  321. Prov. 24,11 : Voir Psaumes, 81, 4.
  322. Prov. 24,12 : Le discerne lui-même ; sait parfaitement discerner si cette excuse alléguée : Les forces me manquent, est réellement fondée ou non.
  323. Prov. 24,16 : Tombera ; non dans le péché, comme plusieurs l’entendent ; mais dans le malheur, la disgrâce, les épreuves, les afflictions. C’est le sens le plus conforme au contexte.
  324. Prov. 24,23-34 : Ces versets, qui terminent la seconde partie, semblent être un supplément du premier recueil des Proverbes.
  325. Prov. 24,23 : Voici, etc. ; ce que je vais dire ou ce qui suit est aussi pour les sages. ― Faire acception, etc. Comparer à Lévitique, 19, 15 ; Deutéronome, 1, 17 ; 16, 19 ; Ecclésiastique, 42, 1.
  326. Prov. 24,26 : Il baisera, etc. Répondre avec droiture à quelqu’un, c’est lui donner un baiser, c’est-à-dire lui prouver une grande et tendre amitié.
  327. Prov. 24,33-34 : Tu dormiras un peu, etc. Au chapitre 6, versets 10 et 11, l’auteur sacré met dans la bouche du paresseux des paroles semblables à celles qu’il lui adresse lui-même. ― Dis-je ; ces mots ne se trouvent ni dans le texte hébreu, ni dans les Septante.
  328. Prov. 25,1 et suivants : Troisième partie des Proverbes, du chapitre 25 au chapitre 29. Le premier recueil des Proverbes est suivi d’un second dont le titre se lit au verset 1. Cette inscription prouve que cette seconde collection a été faite vers 725 avant Jésus-Christ, pour servir de supplément à une autre déjà existante. Elle se commence comme celle du chapitre 10 au chapitre 22, de pensées embrassant un certain nombre de sujets divers, la plupart moraux. Pour la caractériser, on lui a donné le nom de livre du peuple, tandis qu’on a appelé la précédente, du chapitre 10 au chapitre 24, livre de la jeunesse. ― Ce second recueil est généralement semblable à celui des chapitres 10 à 22, à part quelques légères différences : le parallélisme antithétique y est assez rare : la forme allégorique revient assez souvent, voir Proverbes, 25, 11, etc. ; les deux membres de la comparaison sont parfois simplement juxtaposés, sans être unis, voir Proverbes, 25, 12, ou liés seulement par et ou ainsi, de même, voir Proverbes, 26, vv. 1-2, 18-19 ; 27, 8, etc. Nous ne rencontrons plus ici au même degré la concision sentencieuse du premier recueil ; la construction est plus lâche ; il y a des séries de proverbes liés entre eux, voir Proverbes, 26, 23-25 ; 27, vv. 15-16, 23-27 ; plusieurs ont un mot dominant qui en est comme la clef et est répété plusieurs fois, voir Proverbes, 5, 8-10 ; 26, vv. 3-12, 13-16. Ces observations s’appliquent surtout aux chapitres 25 à 27, verset 5.
  329. Prov. 25,1 : Les hommes d’Ezéchias ; ce sont sans doute les personnages du temps de ce roi, les plus distingués par leur sagesse et leur savoir, tels qu’Isaïe, Eliacin, Joahé, Sobna.
  330. Prov. 25,2 : La parole ; c’est-à-dire sa parole, qu’il est de sa gloire de nous cacher sous de voiles mystérieux, tandis qu’il est de la gloire des rois d’étudier cette même parole divine (investigare sermonem), et de rechercher à la bien connaître, pour en faire la règle de leur conduite.
  331. Prov. 25,10 : La faveur… répréhensible. Ce passage, qui manque dans l’hébreu, se trouve dans les Septante, mais avec quelques différences.
  332. Prov. 25,11 : Des pommes d’or, etc. Ces pommes, fixées sur les colonnes du lit, ou suspendues, ou attachées au lit même, étaient un ornement aussi beau que précieux.
  333. Prov. 25,12 : C’est un pendant d’oreille, etc. ; comparaison analogue à la précédente, et que l’on retrouve fréquemment dans les auteurs arabes.
  334. Prov. 25,13 : La fraîcheur de la neige. À l’époque de la moisson, c’est-à-dire vers le mois de juin et de juillet, les chaleurs étant très grandes dans la Judée, les Hébreux se servaient de neige pour rafraîchir les boissons. Le Liban leur en fournissait en abondance. Le même usage existait chez les Grecs et les Latins.
  335. Prov. 25,15 : Voir Proverbes, 15, 1. ― La dureté ; hébraïsme, pour ce qu’il y a de plus dur.
  336. Prov. 25,17 : Eloigne, etc. ; ne fréquente pas trop la maison. ― De ton prochain ; suivant l’hébreu et les Septante, de ton ami.
  337. Prov. 25,20 : Il met du vinaigre dans, etc. ; littéralement : Du vinaigre dans, etc. ― À un cœur très mauvais (cordi pessimo) ; le terme hébreu signifie aussi malade, affligé ; et c’est dans ce sens que les Septante l’ont rendu. Quant à l’ensemble du verset, les uns l’expliquent ainsi : De même que le vinaigre mêlé avec le nitre dissout le sel et augmente sa force détersive, en ôtant davantage les taches du visage, etc., de même aussi le chant des cantiques dissipe le chagrin et la mélancolie d’un cœur triste ; les autres, au contraire, l’interprètent de cette manière : De même que le vinaigre, quand on le mêle avec le nitre, altère sa vertu d’enlever les taches, de même aussi le chant des cantiques, loin de calmer les douleurs d’un cœur affligé, ne fait que l’aigrir et l’augmenter. Les comparaisons précédentes, dont celle-ci paraît être une suite, donnent beaucoup de poids à cette dernière interprétation. ― Comme la teigne… cœur. Ce passage est dans les Septante, mais non pas dans l’hébreu. ― Dans le nitre. Le nitre servait de savon aux anciens. « On lave les vêtements, dit Aristote, avec de l’eau et du nitre. Mais si l’on verse du vinaigre sur le nitre, il se fond et est perdu. » Il exhale de plus une mauvaise odeur.
  338. Prov. 25,21 : Voir Romains, 12, 20.
  339. Prov. 25,22 : Car tu amasseras, etc. Voir, sur le sens de ce verset, cité par saint Paul, Romains, 12, 20.
  340. Prov. 25,24 : Mieux vaut, etc. Voir Proverbes, 21, 9.
  341. Prov. 25,26 : Une source ; littéralement veine (vena). Comparer à Proverbes, 5, 18.
  342. Prov. 25,27 : Voir Ecclésiastique, 3, 22. ― Comme manger, etc. Le miel est agréable au goût, mais celui qui en mange trop s’en trouve mal. Pareillement, il est très agréable de se livrer à l’étude des choses divines, mais il n’est pas permis à notre intelligence bornée de vouloir, par curiosité et par présomption, scruter la majesté du Très-Haut. Si nous avons la témérité de le faire, nous serons éblouis par l’éclat même de cette majesté, accablés du poids de sa gloire, et nous nous perdrons dans les profondeurs de ses secrets.
  343. Prov. 26,1 : Saint Jérôme remarque dans son commentaire sur Amos, 4, 7, qu’il ne tombe jamais de neige en Palestine, en été, et qu’il n’a jamais vue de pluie à la fin de juin ni en juillet. Dans les années ordinaires, depuis la cessation des pluies du printemps jusqu’en octobre ou en novembre, le ciel de la Terre Sainte est toujours serein.
  344. Prov. 26,7 ; 26.9 : Une parabole ; une sentence grave, une maxime de sagesse.
  345. Prov. 26,8 : Comme celui, etc. ; c’est-à-dire rendre honneur à un insensé est une chose aussi inutile et aussi peu raisonnable que de jeter une pierre, comme faisaient les païens, par superstition, dans le monceau qui était au pied de la statue de Mercure. ― Dans ce verset, saint Jérôme emploie une expression figurée, usitée chez les Latins. Le texte hébreu porte : « C’est lier une pierre à la fronde que de rendre hommage à un insensé, » parce que la pierre liée à la fronde ne peut être lancée ni atteindre le but.
  346. Prov. 26,9 : De même, etc. l’homme ivre qui a une épine dans la main ne la sent pas, son ivresse lui ayant fait perdre tout sentiment. De même l’insensé qui prononce des maximes de sagesse n’en comprend ni le sens ni la valeur.
  347. Prov. 26,11 : Voir 2 Pierre, 2, 22.
  348. Prov. 26,15 : Voir Proverbes, 19, 24.
  349. Prov. 26,16 : Sept se met pour plusieurs, un certain nombre, beaucoup ― Qui prononcent des sentences ; c’est-à-dire des sages. Anciennement, le langage ordinaire des sages était les paraboles, les proverbes, les discours sentencieux.
  350. Prov. 26,17 : Comme celui, etc. Prendre un chien par les oreilles, c’est s’exposer à être mordu ; s’immiscer imprudemment dans une querelle qui ne regarde pas, c’est risquer d’être maltraité.
  351. Prov. 26,21 : Voir Proverbes, 15, 18.
  352. Prov. 26,22 : Les paroles, etc. Voir la même sentence, Proverbes, 18, 8.
  353. Prov. 26,23 : Un argent impur ne va pas moins bien avec un vase de terre, que des lèvres enflées, c’est-à-dire superbes, orgueilleuses, avec un très mauvais cœur.
  354. Prov. 26,25 : Sept. Voir le verset 16.
  355. Prov. 27,3 : Voir Ecclésiastique, 22, 18.
  356. Prov. 27,5 : Mieux vaut, etc. une correction que l’on reçoit est utile ; on peut en tirer quelque avantage, tandis qu’une amitié cachée et secrète ne sert de rien à celui qui en est l’objet.
  357. Prov. 27,7 : Voir Job, 6, 7.
  358. Prov. 27,8 : En quittant son lieu, c’est-à-dire sa patrie, sa demeure, un homme est comme un oiseau qui abandonne son nid, exposé à mille dangers et à mille traverses. Les anciens Hébreux étaient très attachés à leur patrie, et n’aimaient pas voyager ; ils y étaient retenus, d’abord par le motif de leur religion, dont l’exercice parfait était concentré dans la Palestine ; en second lieu, par le danger de l’idolâtrie, qui était répandue dans l’univers entier ; et enfin par la nature même de leur sol, qui était un des meilleurs du monde.
  359. Prov. 27,10 : Dans la maison, etc. Tu trouveras plus de consolation auprès d’un ami sincère qu’auprès de ton propre frère. Comparer à Proverbes, 18, 24. ― Vaut mieux… moins. Ce passage, qui manque dans l’hébreu, se trouve dans les Septante.
  360. Prov. 27,12 : L’homme habile, etc. Voir Proverbes, 22, 3.
  361. Prov. 27,13 : Prends-lui (aufer ei). Au lieu de ei, la Vulgate porte ab eo, un peu plus haut, voir Proverbes, 20, 16, où se lit la même sentence.
  362. Prov. 27,14 : Celui qui, etc. C’est la peinture fidèle d’un faux ami, qui comble à contretemps de louanges outrées et excessives.
  363. Prov. 27,15 : Des toits, etc. Voir l’explication de ce verset, Proverbes, 19, 13.
  364. Prov. 27,16 : Qui veut la retenir ; littéralement qui la retient (qui retinet eam). Le verbe retinet et les suivants, teneat, vocabit, sont ce qu’on appelle en termes de grammaire hébraïque des verbes de désir et d’effort ; c’est-à-dire des verbes qui, au lieu d’exprimer une action, n’expriment que le simple désir de la faire, ou que les efforts que l’on fait pour la réaliser. On trouve de ces verbes, non seulement dans l’Ancien testament, mais encore dans le Nouveau.
  365. Prov. 27,17 : Face. Ce mot signifiant en hébreu colère et personne, les uns traduisent : L’homme excite la colère de son ami, et les autres : L’homme instruit la personne de son ami ; cette seconde traduction nous semble plus simple et plus naturelle. Quant au mot hébreu rêhé, rendu dans la Vulgate par ami, il se prend souvent pour compagnon, semblable.
  366. Prov. 27,20 : Voir Ecclésiastique, 14, 9. ― L’enfer et la perdition. Voir, pour ces deux mots, Proverbes, 15, 11.
  367. Prov. 27,21 : Voir Proverbes, 17, 3. ― Les louanges sont la pierre de touche des sentiments. Si l’homme qui les reçoit en conçoit de la vanité, de l’orgueil, de la présomption, elles prouvent que c’est un insensé ; si, au contraire, il les souffre avec peine et n’en devient pas plus fier, elles montrent sa sagesse. ― Le cœur… la science. Ce passage se lit dans les Septante, mais non dans l’hébreu.
  368. Prov. 27,23 : Connais, etc. Une des qualités du bon pasteur, c’est de bien connaître ses brebis. Comparer à Jean, 10, 14. ― Bétail ; dans la Vulgate, pecus, mot dont le correspondant hébreu tsôn signifie le plus ordinairement le menu bétail, c’est-à-dire les brebis et les chèvres.
  369. Prov. 27,26 : Voir1 Timothée, 6, 8.
  370. Prov. 27,27 : À tes servantes (ancillis tuis), est au datif, comme second complément du verbe suffise (sufficiat) exprimé au commencement du verset. ― Le lait de chèvre est à peu près le seul et en tout cas le meilleur qu’on ait en Palestine en été.
  371. Prov. 28,2 : À cause, etc. Les prétendants à la souveraine autorité étant nombreux dans un pays, chacun d’eux, pour y arriver, n’épargne ordinairement ni les concussions, ni les violences, ni même les meurtres. De plus, ils se succèdent rapidement les uns aux autres, ce qui est une source perpétuelle de troubles et de maux pour le pays, qui subit ainsi la peine de ses péchés. Il en est autrement quand il n’y a qu’un seul chef, homme sage, parfaitement éclairé : Dieu prolonge ses jours.
  372. Prov. 28,3 : Qui opprime ; littéralement calomniant. Voir Proverbes, 14, 31.
  373. Prov. 28,6 : Voir Proverbes, 19, 1.
  374. Prov. 28,10 : Dans une voie mauvaise ; c’est-à-dire en les poussant dans, etc.
  375. Prov. 28,16 : Par violence. Voir le verset suivant.
  376. Prov. 28,17 : Qui fait violence ; littéralement qui calomnie. Voir Proverbes, 14, 31. ― Sang ; mot qui se prend souvent dans l’Ecriture pour le principe vital, la vie. ― Ame ; c’est-à-dire personne, individu. D’où il suit que le sens de cette première partie du verset est : celui qui porte injustement et violemment atteinte à la vie de quelqu’un.
  377. Prov. 28,18 : Tout d’un coup ; c’est le vrai sens du semel de la Vulgate et du tcéhâth (littéralement en une) du texte hébreu.
  378. Prov. 28,19 : Voir Proverbes, 12, 11 ; Ecclésiastique, 20, 30.
  379. Prov. 28,20 : Voir Proverbes, 13, 11 ; 20, 21.
  380. Prov. 28,25 : Guéri ; hébreu engraissé ; c’est-à-dire comblé de biens.
  381. Prov. 29,1 : Cou roide ; inflexible, qui ne peut supporter le joug, indomptable. Ainsi, mépriser avec un cou roide, veut dire mépriser en se révoltant.
  382. Prov. 29,3 : Voir Luc, 15, 13.
  383. Prov. 29,10 : Hommes de sang ; littéralement de sangs (sanguinum). Voir Psaumes, 5, 7. ― Cherchant son âme. L’expression chercher l’âme de quelqu’un signifie, le plus ordinairement, en vouloir à la vie de quelqu’un, chercher à tuer quelqu’un ; mais ici, comme dans Psaumes, 141, 5, elle veut dire, au contraire, chercher à conserver la vie.
  384. Prov. 29,13 : Voir Proverbes, 22, 2.
  385. Prov. 29,23 : Voir Job, 22, 29. ― L’humiliation, etc. ; sentence souvent répétée, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament.
  386. Prov. 29,24 : Hait son âme ; c’est-à-dire sa vie, puisqu’il s’expose à la perdre. Suivant la loi mosaïque, le complice d’un voleur était conduit devant le juge, qui l’adjurait par le Dieu vivant de déclarer l’auteur du vol ; s’il ne le faisait pas, il méritait par cela même, la peine de mort. Comparer à Lévitique, 5, 1.
  387. Prov. 29,27 : Le fils… perdition. Ce passage, qui manque ici dans le grec et dans l’hébreu, se trouve après le verset 22 du chapitre 24, où il est conçu en ces termes : Fils conservant parole ou discours (logon), hors de perdition sera. Or, par le mot parole, les uns entendent les promesses du fils, et les autres, la loi, les ordonnances du Seigneur.
  388. Prov. 30,1-33 : Le livre des Proverbes se termine par trois appendices (chapitres 30 et 31), contenant les proverbes d’Agur, de Lamuel et l’éloge de la femme forte. Les paroles d’Agur sont une collection de sentences, en partie exprimées simplement, en partie enveloppées sous une forme énigmatique. D’après saint Jérôme et la plupart des commentateurs juifs et catholiques, Agur est un nom symbolique, signifiant collectionneur et pris par Salomon comme celui de Qohéleth ou Ecclésiaste, voir Ecclésiaste, 1, 1. D’après un grand nombre de critiques modernes, Agur était un sage hébreu, de Massa, qui avait pour élèves Ithiel et Ukal, à qui il s’adresse, voir Proverbes, 30, 1-6. Le texte du verset 1 du chapitre 30 est traduit par la Vulgate, en rendant les noms propres par des noms communs. L’hébreu porte : « Paroles d’Agur (celui qui assemble), fils de Yaqê (de celui qui répand les vérités) ; poème que cet homme (Agur) adressa à Ithiel et à Ukal. » Ce passage est, du reste, obscur et diversement interprété. Plusieurs prennent pour un nom de lieu le mot massâh, que saint Jérôme traduit par vision. Dans le reste du chapitre, versets 7 à 33, Agur parle à tout le monde en général.
  389. Prov. 30,1 : De Celui qui assemble (Congregantis), du fils de Celui qui répand les vérités (Vomentis). La plupart des Pères et des commentateurs catholiques pensent que les mots hébreux Agour et Iâke ou Yâqé, parfaitement rendus dans la Vulgate par Congregans et Vomens, conviennent très bien : le premier, à Salomon, qui dans le titre de l’Ecclésiaste s’appelle lui-même Qôhéleth ou Ecclésiaste, c’est-à-dire le maître de l’assemblée ou celui qui y préside et qui harangue ; et le second, à David, qui a été rempli de l’Esprit de Dieu et a répandu de sa bouche un grand nombre de vérités dans ses saints cantiques.
  390. Prov. 30,2 : Je suis, etc. ; par moi-même, abandonné à mes seules lumières, indépendamment de Dieu.
  391. Prov. 30,5 : Voir Psaumes, 11, 7.
  392. Prov. 30,6 : Voir Deutéronome, 4, 2 ; 12, 32.
  393. Prov. 30,11-14 : Les quatre races perverses.
  394. Prov. 30,15-16 : Les quatre choses insatiables.
  395. Prov. 30,18-20 : Les quatre choses inscrutables, qui ne laissent pas de trace de leur passage.
  396. Prov. 30,19 : La voie de l’homme, etc. ; c’est-à-dire la voie par laquelle il est arrivé à l’âge viril : comment de faible, de muet, de stupide, d’ignorant, de simple, il est devenu fort, parlant, prudent, habile, entreprenant, attaché à ses plaisirs et à ses intérêts.
  397. Prov. 30,21-23 : Les quatre choses insupportables.
  398. Prov. 30,24-28 : Les quatre choses petites et cependant sages.
  399. Prov. 30,25 : Les fourmis. Voir Proverbes, 6, 6.
  400. Prov. 30,26 : Le levraut, en hébreu, schaphan. On admet généralement aujourd’hui que l’animal ici désigné est le daman de Syrie. Il ressemble au lapin, avec lequel les anciennes versions l’ont communément confondu. Les damans vivent en troupes, dans les trous des rochers, en Palestine. Ils sont timides, la faiblesse de leurs pattes en fait un peuple sans force, mais ils sont sages, s’éloignant peu de leurs rochers, ne marchant qu’avec précaution et s’enfuyant dès qu’ils aperçoivent un des oiseaux de proie qui font leur chasse.
  401. Prov. 30,27 : Les sauterelles… sortent par bandes souvent innombrables, et l’on sait qu’elles dévorent quelquefois complètement les récoltes.
  402. Prov. 30,28 : Le lézard abonde en Palestine. « Dans les gorges qui descendent vers la mer Morte, des voyageurs ont trouvé des lézards [très grands], notamment une espèce propre à l’Egypte. Une autre espèce, appelée dhab, a été trouvée dans la vallée du Jourdain, près de la montagne de la Quarantaine ; les Arabes la mangent et se servent de sa peau pour en faire des fourreaux de sabre, des sacs à tabac et aussi des sacs pour y conserver le beurre. » (Mgr MISLIN.) La loi mosaïque range le lézard parmi les animaux impurs, voir Lévitique, 11, 30. Il habite dans les murs des maisons comme dans les rochers, et « peut être pris avec la main », comme le dit le texte hébreu.
  403. Prov. 30,29-31 : Les quatre créatures fières.
  404. Prov. 30,31 : Qui a les reins ceints. Comme nous l’avons déjà remarqué (voir Job, 38, 3), chez les anciens Hébreux, ceindre ses reins se disait d’un homme qui entreprenait un voyage ou qui allait au combat. Or on sait que le coq est un animal toujours prêt à se battre. ― Et le roi, etc. Nous avons suivi dans cette phrase l’édition latine de Sixte V, qui porte : Et rex, nec est qui resistat ei ; littéralement et le roi, et il n’est pas qui lui résiste ; leçon qui est plus est conforme à l’hébreu et au contexte que celle de notre Vulgate commune : Et il n’est roi qui lui résiste (nec est rex qui resistat ei) : ce qui signifierait qu’il n’y a pas de roi qui résiste au bélier. Ajoutons que le mot rien, qu’on lit dans plusieurs traductions françaises, forme un vrai contresens.
  405. Prov. 30,33 : Du beurre (butyrum) ; c’est le mot de la Vulgate ; mais nous devons faire observer qu’il s’agit tout au plus de crème faite avec du lait de vache ; car le beurre proprement dit n’était employé chez les anciens Hébreux, de même encore aujourd’hui chez les Orientaux, que comme médicament. Ajoutons que le terme hébreu traduit par beurre signifie généralement du lait de vache, c’est-à-dire du lait moins gras que celui de brebis et de chèvre, et qu’ici il désigne du lait clairet, petit lait ; en sorte que le sens de ce verset, selon le texte original, est : La pression du lait épais fait sortir un lait clair ; c’est-à-dire en pressant un lait gras, épais, on n’en fait couler du lait clairet, du petit lait. On peut voir les preuves de cette interprétation dans notre Pentateuque avec une traduction française, etc., cf. la Genèse.
  406. Prov. 31,1-9 : Le second appendice, chapitre 31, versets 1 à 9, porte pour inscription : « Paroles du roi Lamuel. » Ce court morceau est écrit en vers d’un parallélisme synonymique et très régulier.
  407. Prov. 31,1 : Lamuel, roi. La plupart des interprètes conviennent que ce Lamuel, dont le nom en hébreu signifie qui est à Dieu, ou qui a Dieu avec lui, ou consacré à Dieu, ou enfin consacré de Dieu, n’est autre que Salomon, d’autant plus qu’il n’y a jamais eu de roi d’Israël ou de Juda qui ait porté ce nom, et que jamais on n’aurait inséré dans le canon des Ecritures sacrées l’ouvrage d’un prince païen.
  408. Prov. 31,2 : Bien-aimé de mes vœux ; c’est-à-dire que j’ai souhaité par tant de vœux les plus ardents.
  409. Prov. 31,5 : Les jugements ; la justice, l’équité dans les jugements, ou bien les lois, les ordonnances. ― Qu’ils ne changent, etc. ; qu’ils ne donnent de fausses décisions dans la cause des pauvres.
  410. Prov. 31,8 : De tous les fils, etc. ; de tous les mortels dont la vie n’est qu’un voyage et un passage ; ou bien de tous les étrangers qui ne font que passer dans les pays et qui n’ont d’autre protection que la justice des princes et des juges.
  411. Prov. 31,10-31 : Le livre des Proverbes se termine par une pièce alphabétique, composée d’autant de versets ou de distiques qu’il existe de lettres dans l’alphabet hébreu, c’est-à-dire de 22, chacun d’eux commençant par une de ces lettres, placée selon l’ordre ordinaire. C’est l’éloge de la femme forte, un portrait idéal tel que le conçoit le sage, inspiré par l’Esprit-Saint. « Salomon ne prend pas la femme forte sur un trône, ni dans un somptueux palais, ni dans les conseils des rois, ni au milieu des assemblées humaines ; il va plutôt la chercher dans la condition commune et ordinaire où Dieu a voulu placer la femme, c’est-à-dire dans son rôle d’épouse, de mère, de maîtresse de maison, de femme même des champs, car ce n’est que dans ce rôle simple et modeste que la femme est appelée à se montrer forte, ce qui veut dire intelligente, active, soigneuse, prévoyante, ordonnée en toutes choses, uniquement occupée de ses devoirs et accomplie dans la vertu. Le portrait que Salomon a fait de cette femme est admirable ; il montre, suivant la pensée de Herder, « l’hommage qu’on rendait chez les Juifs à une femme laborieuse, et sachant rester dans le cercle domestique et champêtre où la renfermait la constitution du pays, qui, elle aussi, était toute domestique et toute champêtre. » Les nations païennes, qui avaient assigné l’épouse un rang subalterne et un rôle presque effacé dans la maison de l’époux, n’ont jamais eu pour elle des éloges semblables ; il appartenait à la religion de Moïse et finalement au Christianisme de relever la femme avilie. » (H. LAURENS.) de la sainte Vierge et de l’Eglise de Jésus-Christ. Ils ont expliqué en ce sens tout le reste du chapitre.
  412. Prov. 31,10 : Une femme forte. Les Pères ont considéré cette femme forte comme la figure
  413. Prov. 31,13 : Elle a travaillé, etc. ; elle n’a pas acheté les toiles et les étoffes toutes faites, mais elle les a travaillées elle-même de ses propres mains.
  414. Prov. 31,14 : Son pain. Nous avons déjà remarque que le terme hébreu, rendu dans la Vulgate par pain, s’applique à toutes sortes d’aliments.
  415. Prov. 31,19 : À des choses fortes ; à des travaux pénibles.
  416. Prov. 31,23 : Aux portes de la ville, là où l’on se rassemble et où se rend la justice. ― Les sénateurs, en hébreu, les vieillards, les chefs du peuple.
  417. Prov. 31,24 : Au Chananéen. Les Chananéens étaient célèbres dans l’antiquité par leur commerce. C’est pour cela que Chananéen est devenu synonyme de marchand, commerçant.