Le Capitaine Pamphile/10

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Michel Lévy frères (pp. 107-119).

Lorsque le capitaine Pamphile revint sur l’eau, le brick la Roxelane était déjà hors de la portée de la voix ; aussi ne jugea-t-il pas à propos de se fatiguer en cris inutiles : il commença par s’orienter pour voir quelle terre était la plus proche, et, ayant avisé que ce devait être le cap Breton, il se dirigea vers lui au moyen de l’étoile polaire, qu’il maintint soigneusement à sa droite.

Le capitaine Pamphile nageait comme un phoque ; cependant, au bout de quatre ou cinq heures de cet exercice, il commençait à être un peu fatigué ; d’ailleurs, le ciel se couvrait, et le fanal qui dirigeait sa marche avait disparu ; il pensa donc qu’il ne ferait pas mal de prendre quelque repos ; en conséquence, il cessa de tirer sa marinière, et commença à faire la planche.

Il resta à peu près une heure dans cette position, ne faisant que le mouvement strictement nécessaire pour se maintenir à fleur d’eau, et voyant s’effacer les unes après les autres toutes les étoiles du ciel.

De quelque philosophie que fût doué le capitaine Pamphile, on comprend que la situation était peu récréative ; il connaissait à merveille le gisement des côtes, et il savait qu’il devait être encore à trois ou quatre lieues de toute terre. Sentant ses forces revenues par le repos momentané qu’il avait pris, il venait de se remettre à nager avec une nouvelle ardeur, lorsqu’il aperçut, à quelques pas devant lui, une surface noire qu’il n’avait pu remarquer plus tôt, tant la nuit était sombre. Le capitaine Pamphile crut que c’était quelque îlot ou quelque rocher oublié par les navigateurs et les géographes, et se dirigea de ce côté. Il l’atteignit bientôt ; mais il eut peine à prendre terre, tant la surface du sol, lavée incessamment par les vagues, était devenue glissante ; il y parvint cependant après quelques efforts, et se trouva sur une petite île bombée, de vingt à vingt-cinq pas de longueur et élevée de six pieds à peu près au-dessus de la surface de l’eau ; elle était complètement inhabitée.

Le capitaine Pamphile eut bientôt fait le tour de son nouveau domaine ; il était nu et stérile, à l’exception d’une espèce d’arbre de la grosseur d’un manche à balai, long de huit à dix pieds et entièrement dépourvu de branches et de feuilles, et de quelques herbes mouillées encore, qui indiquaient que, dans les grosses mers, la vague devait couvrir entièrement le rocher. Le capitaine Pamphile attribua cette circonstance à l’oubli incroyable des géographes, et se promit bien, une fois de retour en France, d’adresser à la Société des voyages un mémoire scientifique dans lequel il relèverait l’erreur de ses devanciers.

Il en était là de ses plans et de ses projets, lorsqu’il crut entendre parler à quelque distance de lui. Il regarda de tous côtés ; mais, comme nous l’avons dit, la nuit était si sombre, qu’il ne put rien apercevoir. Il écouta de nouveau, et, cette fois, il distingua parfaitement le son de plusieurs voix ; quoique les paroles lui demeurassent inintelligibles, le capitaine Pamphile eut d’abord l’idée d’appeler à lui ; mais, ne sachant si ceux qui s’approchaient dans l’obscurité étaient amis ou ennemis, il résolut d’attendre l’événement. En tout cas, l’île où il avait abordé n’était pas tellement éloignée de la terre, que, dans le golfe si fréquenté du Saint-Laurent, il eût la crainte de mourir de faim. Il résolut donc de se tenir coi jusqu’au jour, à moins qu’il ne fût découvert lui-même ; en conséquence de cette résolution, il gagna l’extrémité de son île la plus éloignée du point où il avait cru entendre ces paroles humaines que, dans certaines circonstances, l’homme craint plus encore que le rugissement des bêtes féroces.

Le silence s’était rétabli, et le capitaine Pamphile commençait à croire que tout se passerait sans encombre, lorsqu’il sentit le sol se mouvoir sous ses pieds. Sa première idée fut celle d’un tremblement de terre ; mais, dans toute l’étendue de son île, il n’avait point aperçu la moindre montagne ayant l’apparence d’un volcan ; il se rappela alors ce qu’il avait entendu souvent raconter de ces formations sous-marines qui apparaissent tout à coup à la surface de l’eau, y demeuraient quelquefois des jours, des mois, des années, donnaient à des colonies le temps de s’y établir, d’y semer leurs moissons, d’y bâtir leurs cabanes, puis qui, à un moment, à une heure donnés, détruites comme elles s’étaient formées, sans cause apparente, disparaissaient tout à coup, entraînant avec elles la trop confiante population qui s’était établie sur elles. En tous cas, comme le capitaine Pamphile n’avait eu le temps ni de semer ni de bâtir, et qu’il n’avait à regretter ni son blé ni ses maisons, il se prépara à continuer son excursion à la nage, trop heureux encore que son île miraculeuse eût apparu à la surface de la mer assez de temps pour qu’il s’y reposât. Il était donc parfaitement résigné à la volonté de Dieu, lorsqu’à son grand étonnement, il s’aperçut que le terrain, au lieu de s’enfoncer, semblait marcher en avant traçant derrière lui un sillage à la manière de la poupe d’un vaisseau. Le capitaine Pamphile était sur une île flottante ; le prodige de Latone se renouvelait pour lui et il voguait, sur quelque Délos inconnue, vers les rivages du nouveau monde.

Le capitaine Pamphile avait vu tant de choses dans le cours de sa vie nomade si aventureuse, qu’il n’était pas homme à s’étonner de si peu ; il remarqua seulement que son île, avec une intelligence qu’il n’aurait pas osé exiger d’elle, se dirigeait directement vers la pointe septentrionale du cap Breton. Comme il n’avait pas de prédilection pour un point plutôt que pour un autre, il résolut de ne pas la contrarier et de la laisser aller tranquillement où elle avait affaire, et de profiter de la circonstance pour cheminer avec elle. Mais, comme la nature glissante du terrain était rendue plus dangereuse encore par le mouvement, le capitaine Pamphile, quoiqu’il eût le pied marin, n’en remonta pas moins vers la région élevée de son île ; et, se soutenant à l’arbre isolé et sans feuillage qui semblait en marquer le centre, il attendit les événements avec patience et résignation.

Cependant le capitaine Pamphile, qui était, comme on le comprendra facilement, devenu tout yeux et tout oreilles, dans les intervalles moins sombres où le vent chassant un nuage laissait briller quelque étoile comme un diamant de la parure céleste, croyait apercevoir, pareille à un point noir, une petite île qui servait de guide à la grande, marchant à la distance de cinquante pas d’elle, à peu près ; et, quand la vague qui venait battre les flancs de son domaine était moins bruyante, ces mêmes voix qu’il avait entendues passaient de nouveau à ses oreilles emportées sur un souffle de brise, incertaines et inintelligibles comme le murmure des esprits de la mer.

Ce fut lorsque le crépuscule commença de paraître à l’orient, que le capitaine Pamphile parvint à s’orienter complètement, et s’étonna, avec l’intelligence qu’il s’accordait à lui-même, de ne s’être pas rendu compte plus tôt de sa situation. La petite île qui marchait la première était une barque montée par six sauvages canadiens ; la grande île où il se trouvait, une baleine que les anciens alliés de la France traînaient à la remorque ; et l’arbre privé de branches et de feuilles contre lequel il était appuyé, le harpon qui avait donné la mort au géant de la mer, et qui entré dans la blessure à la profondeur de quatre ou cinq pieds, en sortait encore de huit ou neuf.

Les Hurons, de leur côté, en voyant la double capture qu’ils avaient faite, laissèrent échapper une exclamation de surprise. Mais, jugeant aussitôt qu’il était au-dessous de la dignité de l’homme de paraître étonné de quelque chose, ils continuèrent à ramer silencieusement vers la terre sans s’occuper davantage du capitaine Pamphile, qui, voyant que les sauvages, malgré leur insouciance apparente, ne le perdaient pas de vue, affecta la plus grande tranquillité d’esprit, quelle que fût la préoccupation réelle que lui inspirait son étrange situation.

Lorsque la baleine fut arrivée à un quart de lieue à peu près de l’extrémité nord du cap Breton, la chaloupe s’arrêta ; mais l’énorme cétacé, continuant à suivre le mouvement d’impulsion qui lui était donné, s’approcha insensiblement du petit bateau, qu’il finit par joindre. Alors celui qui paraissait le maître de l’équipage, grand gaillard de cinq pieds huit pouces, peint en bleu et en rouge, avec un serpent noir tatoué sur la poitrine, et qui portait sur sa tête rasée une queue d’oiseau de paradis, implantée dans la seule mèche qu’il eût conservée de sa chevelure, passa un grand couteau dans son pagne, prit son tomahawk dans sa main droite, et s’avança lentement et avec dignité vers le capitaine Pamphile.

Le capitaine Pamphile, qui de son côté avait vu tous les sauvages du monde connu, depuis ceux qui descendent de la Courtille le matin du mercredi des cendres, jusqu’à ceux des îles Sandwich, qui tuèrent traîtreusement le capitaine Cook, le laissa tranquillement approcher sans paraître faire la moindre attention à lui.

Arrivé à trois pas de distance de l’Européen, le Huron s’arrêta et regarda le capitaine Pamphile ; le capitaine Pamphile, décidé à ne pas reculer d’une semelle, regarda alors le Huron avec le même calme et la même tranquillité que celui-ci affectait ; enfin, après dix minutes d’inspection réciproque :

— Le Serpent-Noir est un grand chef, dit le Huron.

— Pamphile, de Marseille, est un grand capitaine, dit le Provençal.

— Et pourquoi mon frère, continua le Huron, a-t-il quitté son vaisseau pour s’embarquer sur la baleine du Serpent-Noir ?

— Parce que, répondit le capitaine Pamphile, son équipage l’a jeté à la mer, et que, fatigué de nager, il s’est reposé sur le premier objet venu sans s’inquiéter de savoir à qui il appartenait.

— C’est bien, dit le Huron ; le Serpent-Noir est un grand chef, et le capitaine Pamphile sera son serviteur.

— Répète un peu ce que tu dis là, interrompit le capitaine d’un air goguenard.

— Je dis, reprit le Huron, que le capitaine Pamphile ramera dans la barque du Serpent-Noir quand il sera sur l’eau, portera sa tente d’écorce de bouleau lorsqu’il voyagera par terre, allumera son feu quand il fera froid, chassera les mouches quand il fera chaud, et raccommodera ses mocassins quand ils seront usés ; en échange de quoi, le Serpent-Noir donnera au capitaine Pamphile les restes de son dîner et les vieilles peaux de castor dont il ne pourrait pas se servir.

— Ah ! ah ! fit le capitaine ; et, si ces conventions ne plaisent pas à Pamphile et que Pamphile les refuse ?

— Alors le Serpent-Noir enlèvera la chevelure de Pamphile et la pendra devant sa porte, avec celles de sept Anglais, de neuf Espagnols et de onze Français qui y sont déjà.

— C’est bien, dit le capitaine, qui vit qu’il n’était pas le plus fort : le Serpent Noir est un grand chef et Pamphile sera son serviteur.

À ces mots, le Serpent-Noir fit un signe à son équipage, qui débarqua à son tour sur la baleine et entoura le capitaine Pamphile. Le chef dit quelques mots à ses hommes, qui transportèrent aussitôt sur l’animal plusieurs petites caisses, un castor, deux ou trois oiseaux qu’ils avaient tués à coup de flèche, et tout ce qu’il fallait pour faire du feu. Alors le Serpent-Noir descendit dans la pirogue, prit une pagaie de chaque main, et se mit à ramer dans la direction de la terre.

Le capitaine était occupé à regarder avec la plus grande attention s’éloigner le grand chef, admirant avec quelle rapidité la petite barque glissait sur l’eau, lorsque trois Hurons s’approchèrent de lui ; l’un lui détacha sa cravate, l’autre lui enleva sa chemise et le troisième le débarrassa de son pantalon, dans lequel était sa montre ; puis deux autres lui succédèrent, dont l’un tenait un rasoir, et l’autre une espèce de palette composée de petites coquilles remplies de couleur jaune, rouge et bleue ; ils firent signe au capitaine Pamphile de se coucher, et, tandis que le reste de l’équipage allumait le feu comme il aurait pu le faire sur une île véritable, plumait les oiseaux et dépouillait le castor, ils procédèrent à la toilette de leur nouveau camarade : l’un lui rasa la tête, à l’exception de la mèche que les sauvages ont l’habitude de conserver ; l’autre lui promena son pinceau imprégné de différentes couleurs par tout le corps et le peignit à la dernière mode adoptée par les fashionables de la rivière Outava et du lac Huron.

Cette première préparation terminée, les deux valets de chambre du capitaine Pamphile allèrent ramasser, l’un un bouquet de plumes arraché à la queue du wipp-poor-will que l’on flambait en ce moment, et l’autre la peau de castor qui commençait à rôtir, et revinrent à leur victime ; ils lui fixèrent le bouquet de plumes à l’unique mèche qui restait de son ancienne chevelure, et lui attachèrent la peau de castor autour des reins. Cette opération terminée, un des Hurons présenta un miroir au capitaine Pamphile : il était hideux !

Pendant ce temps, le Serpent-Noir avait gagné la terre et s’était acheminé vers une habitation assez considérable que l’on voyait de loin s’élever blanchissante au bord de la mer ; puis bientôt il en était sorti accompagné d’un homme vêtu à l’européenne, et l’on avait pu juger à ses gestes que l’enfant du désert montrait à l’homme de la civilisation la capture qu’il avait faite en pleine mer et amenée pendant la nuit à la vue des côtes.

Au bout d’un instant, l’habitant du cap Breton monta à son tour dans une barque avec deux esclaves, rama vers la baleine, en fit le tour afin de la reconnaître, mais sans cependant y aborder ; puis, après avoir probablement reconnu que le Huron lui avait dit la vérité, il reprit le chemin du cap, où le chef l’avait attendu assis et immobile.

Un instant après, les esclaves de l’homme blanc portèrent différents objets que le capitaine Pamphile ne put distinguer, à cause de la distance, dans la pirogue de l’homme rouge, le chef huron reprit ses pagaies et se mit à ramer de nouveau vers l’île provisoire où l’attendaient son équipage et le capitaine Pamphile.

Il y aborda au moment où le castor et les wipp-poor-will étaient cuits à point, mangea la queue du castor et les ailes des wipp-poor-will, et, selon les conventions arrêtées, donna le reste de son repas à ses serviteurs au nombre desquels il parut enchanté de retrouver le capitaine Pamphile.

Alors les Hurons apportèrent le butin fait sur leur prisonnier, afin qu’il choisît comme chef, parmi les dépouilles opimes, celles qui lui plairaient le mieux.

Le Serpent-Noir examina avec assez de dédain la cravate, la chemise et le pantalon du capitaine ; en revanche, il donna une attention toute particulière à la montre, dont il est évident qu’il ne connaissait pas l’usage ; cependant, après l’avoir tournée et retournée en tous sens, suspendue par la petite chaîne, balancée par la grande, convaincu qu’il avait affaire à un être animé, il la porta à son oreille, écouta avec attention le mouvement, la tourna et la retourna encore pour tâcher d’en découvrir le mécanisme, mit une main sur son cœur, tandis que, de l’autre, il reportait une seconde fois le chronomètre à son oreille ; et, convaincu que c’était un animal, puisqu’il avait un pouls qui battait à l’instar du sien, il la coucha avec le plus grand soin auprès d’une petite tortue large comme une pièce de cinq francs et grosse comme la moitié d’une noix, qu’il conservait précieusement dans une boîte qu’à la richesse de son incrustation en coquillages, on devinait facilement avoir fait partie de son trésor particulier ; puis, comme satisfait de la part qu’il s’était appropriée, il poussa du pied la cravate, la chemise et le pantalon, les laissant généreusement à la disposition de son équipage.

Le déjeuner terminé, le Serpent-Noir, les Hurons et le prisonnier passèrent de la baleine sur la pirogue. Le capitaine Pamphile vit alors que les objets apportés par les Hurons étaient deux carabines anglaises, quatre bouteilles d’eau-de-vie et un baril de poudre : le Serpent-Noir, jugeant au-dessous de sa dignité d’exploiter lui-même la baleine qu’il avait tuée, l’avait troquée avec un colon contre de l’alcool, des munitions et des armes.

En ce moment, l’habitant du cap Breton reparut sur le rivage, accompagné de cinq ou six esclaves, descendit dans un canot plus grand que celui qu’il avait choisi pour sa première course, et se mit de nouveau en mer. Au moment où il quittait le rivage, le Serpent-Noir, de son côté, donna l’ordre de quitter la baleine, afin de n’inspirer aucune crainte à son nouveau propriétaire. Alors commença l’apprentissage du capitaine Pamphile. Un Huron, croyant l’embarrasser, lui mit une pagaie entre les mains ; mais, comme il avait passé par tous les grades, depuis celui de mousse jusqu’à celui de capitaine, il se servit de l’instrument avec tant de force, de précision et d’adresse, que le Serpent-Noir, pour lui témoigner toute sa satisfaction, lui donna son coude à baiser.

Le même soir, le chef huron et son équipage s’arrêtèrent sur un grand rocher qui s’étend à quelque distance d’un plus petit, au milieu du golfe Saint-Laurent. Les uns s’occupèrent aussitôt à dresser la tente d’écorce de bouleau que les sauvages de l’Amérique septentrionale portent presque constamment avec eux lorsqu’ils vont en voyage ou en chasse ; les autres se répandirent autour du roc et se mirent à chercher, dans les anfractuosités, des huîtres, des moules, des oursins et autres fruits de mer, dont ils apportèrent une telle quantité, que, le Grand-Serpent rassasié, il en resta encore pour tout le monde.

Le souper fini, le Grand-Serpent se fit apporter la boîte où il avait renfermé la montre, afin de voir s’il ne lui était arrivé aucun accident. Il la prit, comme le matin, avec la plus grande délicatesse ; mais à peine l’eût-il entre les mains, qu’il s’aperçut que son cœur avait cessé de battre ; il la porta à son oreille, et n’entendit aucun mouvement ; alors il essaya de la réchauffer avec son souffle ; mais, voyant que toute tentative était inutile :

— Tiens, dit-il la rendant à son propriétaire avec une expression de profond dédain, voilà ta bête, elle est morte.

Le capitaine Pamphile, qui tenait beaucoup à sa montre, attendu que c’était un cadeau de son épouse, ne se le fit pas dire deux fois, et passa la chaîne à son cou, enchanté de rentrer en possession de son bréguet, qu’il se garda bien de remonter.

Au jour naissant, ils repartirent, continuant de s’avancer vers l’occident ; le soir, ils débarquèrent dans une petite anse isolée de l’île Anticoste, et, le lendemain, vers quatre heures de l’après-midi, après avoir doublé le cap Gasoée, ils s’engagèrent dans le fleuve Saint-Laurent, qu’ils devaient remonter jusqu’au lac Ontario, d’où le grand chef comptait gagner le lac Huron, sur les rives duquel était situé sonwigwam.