Le Koran (Traduction de Kazimirski)/11

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Librairie Charpentier (p. 171-181).
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CHAPITRE XI.

HOUD[1].


Donné à La Mecque. — 123 versets.


Au nom du Dieu clément et miséricordieux


  1. Elif. Lam. Ra. Le Livre dont les versets ont été d’abord établis sur une base solide, puis développés, vient du Sage, de l’Instruit.
  2. Ah ! n’adorez donc pas Dieu : moi, je suis de sa part votre avertisseur, votre apôtre.
  3. Implorez le pardon de votre Seigneur, puis revenez à lui ; il vous fera jouir d’une belle part, jusqu’au terme fixé d’avance, et il accordera ses faveurs à tout homme digne des faveurs[2]. Mais, si vous tournez le dos, en vérité, je crains pour vous le châtiment du grand jour.
  4. Vous retournerez tous à Dieu ; il est tout-puissant.
  5. Ne font-ils pas des plis à leurs cœur[3] pour cacher leurs desseins ?
  6. Et lorsqu’ils cherchent à se couvrir de leurs vêtements, Dieu ne sait-il pas ce qu’ils recèlent et ce qu’ils laissent paraitre ?
  7. Certes, il connait ce que leurs cœurs renferment.
  8. Il n’y a point de créature sur la terre à laquelle Dieu ne se charge de fournir la nourriture ; il connaît son repaire et le-lieu de sa mort[4] ; tout est inscrit dans le Livre évident.
  9. C’est lui qui a créé les cieux et la terre dans l’espace de six jours ; son trône était, avant la création, établi sur les eaux : Dieu voulait d’abord savoir qui de vous agirait le mieux[5].
  10. Quand tu leur dis : Vous serez ressuscités après votre mort, les infidèles répondent : C’est de la magie pure.
  11. Et si nous différons le châtiment jusqu’au temps déterminé, ils disent : Qu’est-ce qui l’empêche de le faire sur-le-champ ? — Croient-ils donc qu’il ne viendra pas un jour lorsque personne ne pourra plus le détourner ? Ce qui était l’objet de leurs railleries les enveloppera de toutes parts.
  12. Si nous faisons goûter à l’homme les fruits de notre miséricorde, et si nous l’en privons ensuite, le voilà qui se désespère et devient ingrat (incrédule).
  13. Lui faisons-nous goûter de nos bienfaits après l’adversité qui l’avait atteint, il dit : Les malheurs m’ont quitté enfin ; et le voilà joyeux et glorieux.
  14. Ceux qui persévèrent et font le bien, ceux-là obtiendront l’indulgence et la récompense magnifique.
  15. Il se peut que tu oublies de faire connaître une partie de ce qui t’a été révélé, et que ton cœur soit dans l’angoisse quand ils te diront : A moins qu’un trésor ne lui soit envoyé d’en haut, ou qu’un ange ne l’accompagne, nous ne croirons pas. Toi, Mohammed, tu n’es qu’un avertisseur, Dieu seul gère tout.
  16. Diront-ils : C’est lui (Mohammed) qui l’a inventé, ce Koran. Réponds-leur : Eh bien ! Apportez dix sourates pareilles[6], inventez, et appelez pour vous y aider tous ceux que vous pourrez, hormis Dieu. Faites-le, si vous êtes sincères.
  17. Si vous ne l’obtenez pas, apprenez qu’il (le Koran) est descendu avec la science de Dieu, et qu’il n’y a de Dieu que Dieu lui-même. Êtes-vous musulmans[7] ?
  18. Nous rétribuerons avec justice les œuvres de ceux qui désireront la vie de ce monde et ses plaisirs ; ils ne seront point lésés.
  19. Ce sont ceux-là qui n’auront dans la vie future que le feu pour partage ; ce qu’ils ont fait ici-bas se réduira à rien ; leurs actions seront vaines.
  20. Seront-ils les égaux des infidèles, ceux qui s’appuient sur les preuves évidentes venant de leur Seigneur, preuves que leur récite un témoin venant de la part de Dieu, précédé du livre de Moïse, lequel a été donné comme guide et comme signe de la grâce de Dieu ? Ceux-ci croient en lui ; mais quiconque n’y croit pas d’entre les partis (des Arabes), le feu sera le lieu de ralliement pour lui. Ne conserve donc aucun doute sur ce livre, il est la vérité même ; mais la plupart des hommes n’y croient pas.
  21. Qui est plus méchant que celui qui invente des mensonges sur le compte de Dieu ? Ces hommes comparaîtront un jour devant leur Seigneur, et les témoins diront : Voilà ceux qui ont accusé leur Seigneur de mensonge. La malédiction de Dieu ne tombera-t-elle pas sur les méchants ?
  22. Quels sont ceux qui détournent les autres du sentier de Dieu, et veulent le rendre tortueux ? Ceux qui n’ont point cru à la vie future. Ils ne rendront point Dieu impuissant sur la terre, et ne trouveront aucun protecteur contre lui. Le châtiment qui les attend sera porté au double. Ils ne pouvaient rien écouter, et ils ne croyaient à rien.
  23. Ce sont eux qui se sont perdus eux-mêmes, et les divinités qu’ils avaient inventées ont disparu.
  24. Nul doute qu’ils ne soient les plus malheureux dans l’autre monde.
  25. Ceux qui croient et font le bien, qui s’humilient devant leur Seigneur, seront en possession du paradis, où ils resteront éternellement.
  26. Ces deux portions des humains ressemblent à l’aveugle et au sourd, à celui qui voit et qui entend. Sont-ils égaux les uns aux autres ? N’y réfléchirez-vous pas ?
  27. Nous envoyâmes Noé vers son peuple : Je suis, leur dit-il, chargé de vous avertir clairement
  28. De n’adorer que Dieu. Je crains pour vous le châtiment du jour terrible.
  29. Les chefs du peuple incrédule lui dirent : Tu n’es qu’un homme comme nous, et nous ne voyons que la plus vile populace qui t’ait suivi sans réflexion. Vous ne possédez aucun mérite qui vous rende supérieurs à nous. Bien plus, nous vous regardons tous comme des imposteurs.
  30. O mon peuple ! Reprit Noé, qu’en pensez-vous ? Si je ne fais que suivre la révélation de Dieu et la grâce qui me vient de lui, et que vous ne voyez pas, faut-il que je vous l’impose malgré vous ?
  31. O mon peuple ! Je ne vous demande pas de richesses en retour ; ma récompense est à la charge de Dieu, et je ne puis repousser ceux qui croient qu’un jour ils reverront le Seigneur. Mais je vois que vous êtes un peuple d’ignorants.
  32. O mon peuple ! Qui est-ce qui m’assistera contre Dieu, si je repousse ceux qui croient ? N’y réfléchirez-vous pas ?
  33. Je ne vous dis pas : Les trésors de Dieu sont à ma disposition. Je ne connais pas les choses cachées. Je ne vous dis pas : Je suis un ange ; je ne dis pas a ceux que vos yeux regardent avec mépris : Dieu ne leur accordera aucun bienfait. Dieu sait le mieux ce qui est au fond de leurs âmes. Si je disais cela, je serais du nombre des méchants.
  34. Ils répondirent : Ô Noé ! Tu as déjà disputé avec nous, et tu ne fais qu’augmenter nos querelles. Fais donc arriver ce dont tu nous menaces, si tu es véridique.
  35. Sans doute Dieu le fera arriver s’il le veut, et ce n’est pas vous qui le rendrez impuissant.
  36. Si je donnais des conseils, ils ne vous serviraient à rien quand Dieu voudrait vous égarer. Il est votre Seigneur, et c’est à lui que vous retournerez.
  37. Te diront-ils : Il l’a inventé, ce Koran ; dis-leur : Si je l’ai inventé, le crime en retombera sur moi, mais je suis innocent des vôtres.
  38. Il a été ensuite révélé à Noé : Il n’y aura de croyants dans ton peuple que ceux qui ont déjà cru. Ne t’afflige point de leurs actions.
  39. Construis un vaisseau sous nos yeux et d’après notre révélation, et ne nous parle plus en faveur des méchants : Ils seront submergés.
  40. Et il construisit un vaisseau, et chaque fois que les chefs de son peuple passaient auprès de lui ils le raillaient. — ne me raillez pas, dit Noé, je vous raillerai à mon tour comme vous me raillez, et vous apprendrez
  41. Sur qui tombera le châtiment qui le couvrira d’opprobre. Ce châtiment restera perpétuellement sur sa tête.
  42. Et il en fut ainsi jusqu’au moment où notre ordre fut donné, et où la fournaise creva[8]. Nous dîmes à Noé : Emporte dans ce vaisseau un couple de chaque espèce, ainsi que ta famille, excepté celui sur qui la sentence a été prononcée [9]. Prends aussi tous ceux qui ont cru ; et il n’y eut qu’un petit nombre qui crut.
  43. Noé leur dit : Montez dans le vaisseau. Au nom de Dieu, qu’il vogue et qu’il jette l’ancre[10]. Dieu est indulgent et miséricordieux.
  44. Et le vaisseau voguait avec eux au milieu des flots soulevés comme des montagnes. Noé cria à son fils qui était à l’écart : O mon enfant ! Monte avec nous, et ne reste pas avec les incrédules !
  45. — je me retirerai, dit-il, sur une montagne qui me mettra l’abri des eaux. Noé lui dit : Nul ne sera aujourd’hui à l’abri des arrêts de Dieu, excepté celui dont il aura eu pitié. Les flots les séparèrent ; et le fils de Noé fut submergé.
  46. Et il fut dit : O terre ! Absorbe tes eaux ; O ciel ! Arrête ; et les eaux diminuèrent ; l’arrêt fut accompli. Le vaisseau s’arrêta sur la montagne Al-Djoudi[11], et il fut dit : Loin d’ici les méchants !
  47. Noé cria vers son Seigneur, et dit : O mon Seigneur ! Mon fils est des miens ; tes promesses sont véritables, et tu es le meilleur des juges.
  48. — O Noé ! Reprit Dieu, il n’est point des tiens. Ce que tu fais est une action injuste. Ne me demande point ce que tu ne sais pas. Je t’avertis, afin que tu ne sois pas du nombre des ignorants.
  49. Seigneur ! Je me réfugie auprès de toi ; dispense-moi de te demander ce que je ne sais pas, et si tu ne me pardonnes pas, si tu n’as point pitié de moi, je suis perdu.
  50. Et il lui dit : O Noé, descends du vaisseau, accompagné de notre salut et de nos bénédictions sur toi et sur les peuples qui sont avec toi. Il est des peuples que nous ferons jouir des biens du monde ; plus tard, un châtiment terrible les atteindra.
  51. Voilà une des histoires inconnues. Nous te révélons, ô Mohammed ! Cette histoire, que vous n’avez pas connue jusqu’ici, ni toi ni ton peuple. Prends patience ; la fin heureuse est pour ceux qui craignent Dieu.
  52. Nous envoyâmes aux hommes d’Ad leur frère HOUD. Il leur dit : O mon peuple ! Adorez Dieu. Vous n’avez point d’autre dieu que lui. Vous inventez vous-mêmes les autres.
  53. O mon peuple ! Je ne te demande aucun salaire ; mon salaire est à la charge de celui qui m’a créé. Ne le comprendrez-vous pas ?
  54. O mon peuple ! Implorez le pardon de votre Seigneur, et puis revenez à lui, il vous enverra du ciel une pluie abondante[12].
  55. Il fera accroître vos forces[13]. Ne vous en allez pas coupables (faites pénitence) !
  56. O Houd ! Répondirent-ils, tu ne viens point accompagné d’un signe évident ; nous n’abandonnerons point nos divinités à ta parole seule ; nous ne te croyons pas.
  57. Que dirons-nous, si ce n’est qu’un de nos dieux t’a frappé de quelque coup ? Il répondit : Je prends à témoin Dieu, et vous témoignez vous-mêmes que je suis innocent de ce que vous associez d’autres divinités
  58. À Dieu. Mettez en œuvre vos machinations, et ne me faites point attendre ;
  59. Car j’ai mis ma confiance en Dieu, qui est mon Seigneur et le votre. Il n’existe pas une seule créature qu’il ne tienne par le bout de la chevelure. Dieu est sur le sentier droit.
  60. Si vous tournez le dos, je vous ai fait connaître ma mission. Dieu mettra un autre peuple à votre place, et vous ne pourrez lui (à Dieu) causer aucun mal. Mon Seigneur contient toute chose dans ses limites.
  61. Notre volonté prête à s’accomplir, nous sauvâmes, par l’effet de notre miséricorde, Houd et ceux qui ont cru avec lui ; nous les avons sauvés d’un châtiment terrible.
  62. Ce peuple d’Ad avait nié la vérité de son Seigneur ; il avait désobéi à ses envoyés et av ait suivi les ordres des hommes puissants et rebelles.
  63. La malédiction les poursuit dans ce monde. Au jour de la résurrection, on leur criera : Ad n’a-t-il point été incrédule envers son Seigneur ?
  64. Nous envoyâmes vers les Thémoudites leur frère Saleh, qui leur dit : O mon peuple ! Adorez Dieu. N’ayez point d’autres dieux que lui. Il vous a produits de la terre, et il vous l’a donnée pour l’habiter. Implorez son pardon : puis revenez à lui. Mon Seigneur est proche, il exauce ceux qui le prient.
  65. Ils répondirent : O Saleh ! Tu étais l’objet de nos espérances[14]. Nous défendras-tu maintenant d’adorer ce que nos pères adoraient ? Nous avons de grands doutes sur le culte auquel tu nous appelles.
  66. O mon peuple ! Répondit-il, songez-y. Lorsqu’une volonté manifeste de Dieu m’accompagne, lorsque sa miséricorde est descendue sur moi, qui m’assistera contre lui si je lui désobéis ? Vous ne sauriez accroitre que ma perte[15].
  67. O mon peuple ! La chamelle que voici est la chamelle de Dieu, elle sera un signe pour vous ; laissez-la paître tranquillement sur la terre de Dieu, ne lui faites aucun mal ; un châtiment terrible le suivrait de près.
  68. Ils tuèrent la chamelle. Saleh leur dit alors : Attendez trois jours dans vos maisons. C’est une promesse qui ne sera point démentie.
  69. Et des que notre arrêt fut prononcé, nous sauvâmes, par l’effet de notre miséricorde, Saleh et ceux qui avaient cru avec lui, de l’opprobre de ce jour-là. Ton Seigneur est le Fort, le Puissant.
  70. Une tempête violente surprit les méchants ; le lendemain ils furent trouves gisants morts la face contre terre, dans leurs habitations,
  71. Comme s’ils n’y avaient jamais habité. Thémoud a été incrédule envers son Seigneur. Loin d’ici, Thémoud !
  72. Nos envoyés allèrent vers Abraham, porteurs d’une heureuse nouvelle. Ils lui dirent : Paix ! — Paix ! Répondit-il ; Et il ne fut pas longtemps à apporter un veau rôti.
  73. Et lorsqu’il vit que leurs mains ne touchaient pas même le mets préparé, cela lui déplut, et il conçut de la frayeur. — N’aie pas peur, lui dirent-ils ; nous sommes envoyés vers le peuple de Loth.
  74. Sa femme (la femme d’Abraham) se tenait là debout, et elle se mit a rire[16]. Nous lui annonçâmes Isaac, et après Isaac, Jacob.
  75. Ah ! Malheureuse que je suis ! Moi, enfanter ? Lorsque je suis une vieille et mon mari un vieillard ! Certes, c’est une chose étrange !
  76. Tu t’étonneras donc de la volonté de Dieu ? Sa miséricorde et ses bénédictions sont sur vous, gens de cette maison. Dieu est digne de gloire et de louanges.
  77. Lorsque la frayeur d’Abraham se dissipa, et que l’heureuse prédiction lui fut faite, il disputa avec nous en faveur du peuple de Loth ; car Abraham était doux, compatissant, enclin à l’indulgence.
  78. — O Abraham[17] ! Car l’ordre de ton Seigneur a déjà été manifesté ; le châtiment les atteindra ; il est irrévocable.
  79. Nos envoyés allèrent vers Loth ; il s’affligea à cause d’eux et il était trop faible[18]. — C’est un jour difficile, dit-il.
  80. Des hommes de son peuple se portèrent en foule chez lui, ils commettaient des turpitudes. Il leur dit : Voici mes filles ; il serait moins impur d’abuser d’elles. Ne me déshonorez pas dans mes hôtes. N’y a-t-il pas un homme droit parmi vous ?
  81. — Tu sais, lui dirent-ils, que nous n’avons pas besoin de tes filles ; tu sais ce que nous voulons.
  82. — Ah ! Si j’avais assez de force pour vous résister, ou si je pouvais trouver asile auprès de quelque chef puissant[19] !
  83. O Loth ! Lui dirent Les étrangers, nous sommes les envoyés de ton Seigneur ; ils ne te toucheront pas. Sors avec ta famille cette nuit même ; mais que personne d’entre vous ne se tourne pour regarder en arrière. Ta femme seule le fera ; le châtiment qui les surprendra (les coupables) tombera aussi sur elle. Ce dont ils sont menacés s’accomplira avant demain. Demain n’est pas loin.
  84. Un ordre émana de nous ; nous renversâmes cette ville de fond en comble ; nous fîmes pleuvoir des briques de terre cuite, tombant continuellement et marquées par Dieu même[20]. Elles ne sont pas loin de tous les méchants !
  85. Nous envoyâmes vers les Madianites leur frère Choaïb. O mon peuple ! Leur dit-il, adorez Dieu ; n’ayez point d’autre dieu que lui ; ne diminuez pas le boisseau et le poids. Je vous vois dans l’aisance ; mais je crains pour vous le châtiment du jour qui vous enveloppera tous.
  86. O mon peuple ! Remplissez la mesure, pesez avec justice, et ne fraudez pas les hommes dans leur avoir ; ne commettez pas des iniquités sur la terre.
  87. La plus petite quantité qui vous restera par la faveur Dieu vous sera plus avantageuse, si vous êtes croyants.
  88. Je ne suis point votre gardien.
  89. Ils lui dirent : O Cboaib, sont-ce tes dévotions[21] qui font que tu nous ordonnes d’abandonner ce qu’adoraient nos pères, ou de ne point faire avec nos biens ce qu’il nous plait ? Cependant tu es un homme doux et droit.
  90. — O mon peuple ! Répondit Choaib, dites·le-moi : si j’ai reçu de Dieu une preuve évidente, et s’il m’accorde une belle part de ses biens, dois··je ne pas m’opposer a ce qu’il m’a défendu ? Je ne veux que vous corriger, autant que je le puis ; ma seule assistance me vient de Dieu, c’est en lui que j’ai mis ma confiance, et c’est à lui que je retournerai.
  91. O mon peuple ! Puisse ma séparation d’avec vous ne pas vous valoir des maux pareils à ceux qui accablèrent le peuple de Noé, le peuple de Houd, le peuple de Saleh ! Le sort du peuple de Loth n’est pas éloigné de vous.
  92. Implorez le pardon de votre Seigneur, puis revenez à lui. Dieu est miséricordieux et plein d’amour.
  93. — O Choaïb ! Répondit le peuple, nous ne comprenons pas trop ce que tu veux dire ; tu est faible parmi nous. Si nous n’avions égard à ta famille, nous t’aurions lapidé. Tu n’aurais pas eu le dessus.
  94. — O mon peuple ! dit Choaïb, ma famille vous est-elle donc plus chère que Dieu ? Ferez-vous comme si vous le laissiez derrière vous ? Dieu embrasse de sa connaissance ce que vous faites.
  95. O mon peuple ! Agissez, faites le mal tant que vous pourrez ; j’agirai de mon côté, et vous apprendrez
  96. Sur qui tombera le châtiment ignominieux, et qui de nous est menteur. Attendez l’heure ; moi je l’attends aussi.
  97. Lorsque notre arrêt fut prononcé, nous sauvâmes, par l’effet de notre miséricorde, Choaïb et ceux qui avaient cru avec lui. Une tempête violente surprit les méchants ; le lendemain on les trouva morts gisants dans leurs demeures.
  98. Comme s’ils n’avaient jamais habité le pays. Madian ne s’est-il point éloigné du chemin droit, dont s’était éloigné Thémoud ?
  99. Nous envoyâmes Moïse, accompagné de nos signes et d’un pouvoir incontestable, vers Pharaon et ses grands. Les grands suivirent les ordres de Pharaon ; mais les ordres de Pharaon n’étaient pas justes.
  100. Pharaon marchera à la tête de son peuple au jour de la résurrection ; il le fera descendre dans le feu. Quelle affreuse descente !
  101. La malédiction les suit dans ce monde ; et au jour de la résurrection quel affreux présent leur sera fait !
  102. Voilà de l’histoire des cités que nous te racontons : Il y en a qui sont encore debout et d’autres comme moissonnées.
  103. Ce n’est pas nous qui avons agi avec iniquité envers eux, ce sont eux-mêmes. Les divinités qu’ils invoquaient à côté de Dieu ne leur ont servi de rien au moment où l’arrêt de Dieu fut prononcé. Elles n’ont fait qu’accroître leur défaite.
  104. Quand Dieu s’empare des cités criminelles, c’est ainsi qu’il s’en empare. Il s’en empare terriblement, avec violence.
  105. Certes il y a dans ceci des signes pour celui qui craint le supplice de l’autre monde. Ce sera le jour ou tous les hommes seront rassemblés, ce sera le jour qui sera vu par les cieux et la terre.
  106. Nous ne le différons qu’à un terme fixé d’avance.
  107. Ce jour-là, aucune âme n’élèvera la parole qu’avec la permission de Dieu. Parmi les hommes, tel sera reprouvé, tel autre bienheureux.
  108. Les reprouvés seront précipitée dans le feu ; ils y pousseront des soupirs et des sanglots.
  109. Ils y demeureront tant que dureront les cieux et la terre, à moins que Dieu ne le veuille autrement. Ton Seigneur fait bien ce qu’il veut.
  110. Les bienheureux seront dans le paradis ; ils y séjourneront tant que dureront les cieux et la terre, sauf si ton Seigneur ne veut ajouter quelque bienfait qui ne saurait discontinuer.
  111. Ne sois point dans le doute sur ce qu’ils (les infidèles) adorent. Ces hommes adorent ce qu’adoraient avant eux leurs pères. Nous leur payerons leur part sans diminution aucune.
  112. Nous donnâmes le livre à Moïse ; on se mit a disputer sur ce livre. Si la parole de Dieu (différant le châtiment) n’avait pas été prononcée, certes leurs différends auraient été bientôt terminés. Ton peuple aussi, ô Mohammed ! est dans le doute là-dessus.
  113. Dieu payera à tous le prix de leurs œuvres, car il est instruit de tout ce que vous faites. ’
  114. Suis le chemin droit, comme tu en as reçu l’ordre ; que ceux qui se convertissent avec toi ne commettent plus d’iniquités, Car Dieu voit vos actions.
  115. Ne vous appuyez pas sur les méchants, de peur que le feu ne Vous atteigne ; vous n’aurez point de protecteur contre Dieu, vous ne serez point secourus.
  116. Fais la prière aux deux extrémités du jour et a l’entrée de la nuit ; les bonnes actions éloignent les mauvaises. Avis à ceux qui pensent.
  117. Persévère, car Dieu ne laissera point périr la récompense de ceux qui font le bien ;
  118. Parmi les générations qui vous ont précédés, ceux qui pratiquaient la vertu et défendaient de commettre des iniquités sur la terre n’étaient qu’en petit nombre. Nous les avons sauvés ; mais les méchants suivirent leurs appétits, et furent coupables.
  119. Ton Seigneur n’anéantit point injustement les cités dont les habitants sont justes.
  120. Si Dieu avait voulu, il n’aurait fait de tous les hommes qu’un seul peuple. Mais ils ne cesseront de différer entre eux, excepté ceux à qui Dieu aura accordé sa miséricorde. Il les a créés pour cela, afin que la parole de Dieu s’accomplisse quand il a dit : Je remplirai l’enfer de génies et d’hommes à la fois.
  121. Nous te racontons ces histoires de nos envoyés, pour affermir ton cœur. Par elles la vérité descend sur toi, ainsi que l’admonition et l’avertissement pour les croyants.
  122. Dis à ceux qui ne croient pas : — Agissez autant qu’il est en votre pouvoir, nous agirons aussi ; mais attendez la fin, nous l’attendrons aussi.
  123. A Dieu appartiennent les choses cachées des cieux et de la terre ; tout retourne à lui. Adore-le et mets ta confiance en lui. Ton Seigneur n’est point inattentif à ce qu’ils font.
  1. Houd est le nom d’un prophète envoyé auprès du peuple d’Ad ; il est question de lui non-seulement dans ce chapitre mais dans plusieurs autres.
  2. Ou bien : ses faveurs à tout possesseur de mérite. Il est difficile de rendre autrement les paroles du texte, ou le mot fadhl veut dire également faveur, appliqué à Dieu, et mérite, appliqué à l’homme.
  3. Le Koran représente la poitrine, comme un morceau d’étoffe que l’on ploie pour y cacher quelque chose.
  4. Ou bien, d’après un autre sens de deux mots du texte, il connait sa place dans les reins et dans le ventre de ses parents.
  5. C’est-à-dire, laquelle des choses créées sera la plus apte à se charger de ses commandements, des hommes, ou de la terre et des cieux.
  6. Sourat, sourate, chapitre du Koran. Ce passage mérite d’être remarqué, il prouve que les dix premiers chapitres existaient déjà à cette époque.
  7. C’est-à-dire : êtes-vous résignés à la volonté de Dieu (moslimin) ?
  8. On peut traduire encore : et la fournaise déborda. Les commentateurs ne sont pas d’accord sur le sens du mot fournaise, ni sur l’endroit où elle était. On suppose que cette fournaise n’était qu’un réservoir d’eau comprimée, et qui crève pour opérer l’inondation. On le place tantôt dans l’Irak arabique, à l’endroit ou était la ville de Koufa, tantôt dans la Mésopotamie, et tantôt dans l’Inde. Peut-être l’expression : La fournaise creva, n’est-elle qu’une locution métaphorique correspondante à cette autre : les cataractes du ciel s’ouvrirent. Le mot du texte tannour, dont on a fait aujourd’hui, dans le langage usuel, tandour, est un trou circulaire pratiqué ordinairement en milieu d’une chambre, se rétrécissant vers sa base. Il a deux pieds de profondeur ; on y allume le feu, et, quand il est éteint, on applique sur les parois ardentes du four la pâte ronde et mince, seule espèce de pain connue en Orient. Quelques commentateurs, prenant le mot tannour du Koran pour un four de ce genre, se sont plu à débiter des contes ridicules, en rapportant que la fournaise qui a causé l’inondation était celle où Ève faisait le pain.
  9. Un des fils de Noé que la tradition représente comme infidèle.
  10. Mot à mot : que sa course et son mouillage au nom de Dieu !
  11. La tradition mahométane désigne cette montagne comme l’endroit où l’arche de Noé s’arrêta. Djoudi est le nom donné à une des hauteurs peu élevées et ne méritant pas le nom de montagne, dans la partie septentrionale de la Mésopotamie, et qui la séparent de l’Arménie. Elles sont à peu de distance de la ville actuelle de Djezireh. Nous ferons observer ici que cette tradition n’est pas seulement celle des mahométans, elle s’est toujours maintenue chez les Chaldéens. Le nom de Djoudi répond au Djordi, montes Gordyai, et n’en est peut-être qu’une altération.
  12. Les peuples d’Ad souffraient de la sécheresse.
  13. Les peuples d’Ad sont représentés, par la tradition populaire, combattue d’ailleurs par les historiens arabes judicieux, tels qu’lbn Khaldoun, comme remarquables par leur taille gigantesque et leur force. Voy. VII, 67, note.
  14. Nous avions l`intention de te proclamer notre roi.
  15. Vous qui aviez le projet de m’élire roi et d’augmenter ainsi ma considération.
  16. Le mot que nous traduisons ici par rire est susceptible d’une autre interprétation ; il veut dire : memtrua passa est, ce qui lui présageait la possibilité d’enfanter.
  17. Mots mot : Détourne-toi de cela, c’est-à-dire brisons là-dessus, laisse cela là.
  18. Voyant que c’étaient des jeunes gens et que lui n’était pas assez fort pour les protéger.
  19. Mot à mot : Si je pouvais trouver refuge auprès d’une colonne puissante. Le mot rokn veut dire pilastre, et métaphoriquement chef, grand.
  20. On croit que le sens de ces mots est que sur chaque brique étant gravé le nom de l’individu qu’elle devait frapper.
  21. Choaïb était très pieux et dévot.