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Le Koran (Traduction de Kazimirski)/6

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Librairie Charpentier (p. 100-117).

CHAPITRE VI.

LE BÉTAIL.


Donné à La Mecque. — 165 versets.


Au nom du Dieu clément et miséricordieux


  1. Louange a Dieu qui a créé les cieux et la terre, qui a établi les ténèbres et la lumière ! Et cependant les infidèles donnent des égaux a leur Seigneur.
  2. C’est lui qui vous a créés de limon et a fixé un terme à votre vie. Le terme marqué d’avance est dans sa puissance, et cependant vous doutez encore.
  3. Il est Dieu dans les cieux et sur la terre ; Il connait ce que vous cachez et ce que vous dévoilez ; Il connait ce que vous gagnez par vos œuvres.
  4. Il ne leur apparait pas un seul signe d’entre les signes de Dieu, qu’ils ne s’en détournent.
  5. Ils ont traité de mensonge la vérité qui leur était venue ; bientôt il leur viendra un message concernant ce qu’ils ont pris pour objet de leurs railleries.
  6. Ne voient-ils pas combien de générations nous avons anéanties avant eux ? Nous les avions établies dans le pays plus solidement que vous : Nous fîmes tomber du ciel des pluies abondantes ; nous fîmes couler des rivières sons leurs pieds ; puis nous les anéantîmes pour leurs péchés, et nous fîmes surgir à leur place une génération nouvelle.
  7. Quand même nous ferions descendre du ciel le Livre écrit tout entier sur un rouleau, quand même les infidèles le toucheraient de leurs mains, ils diraient encore : C’est de la magie pure.
  8. Ils disent : Pourquoi donc quelque ange ne descend-il pas d’en haut ? Si nous avions envoyé un ange, leur affaire aurait été déjà décidée ; ils n’auraient pas eu un instant de répit[1].
  9. Si nous avions envoyé un ange, nous l’aurions envoyé sous la forme humaine et revêtu de vêtements semblables aux leurs.[2].
  10. Avant toi aussi, des apôtres ont été l’objet des railleries ; le châtiment dont ils se moquaient enveloppa les moqueurs.
  11. Dis leur : Parcourez la terre, et voyez quelle a été la fin de ceux qui traitaient nos apôtres de menteurs.
  12. Dis : A qui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Dis : C’est à Dieu. Il s’imposa à lui-même la miséricorde comme un devoir ; il vous rassemblera au jour de la résurrection, il n’y a point de doute là-dessus. Ceux qui se perdent eux-mêmes sont ceux qui ne croiront pas.
  13. A lui appartient tout ce qui existe dans la nuit et dans le jour ; il entend et sait tout.
  14. Dis : Prendrais-je pour protecteur un autre que Dieu, le créateur des cieux et de la terre, pendant que c’est lui qui nourrit et qu’il n’est point nourri. Dis : J’ai reçu l’ordre d’être le premier de ceux qui se résignent à la volonté de Dieu. Vous aussi, ne soyez point idolâtres.
  15. Dis : Je crains, en désobéissant à mon Seigneur, d’encourir la peine du grand jour.
  16. Si quelqu’un l’évite dans ce jour, c’est que Dieu lut aura montré sa miséricorde, et ce sera un bonheur évident.
  17. Si Dieu t’atteint d’un mal, lui seul pourra t’en délivrer ; s’il t’accorde un bien, c’est qu’il est tout-puissant.
  18. Il est le maître absolu de ses serviteurs ; il est sage et instruit de tout.
  19. Dis : Qui est-ce qui témoigne avec plus de poids ? Dis : Dieu est témoin entre vous et moi. Ce Koran-ci m’a été révélé, afin que je vous avertisse vous et ceux a qui il parviendra. Témoignerez-vous qu’il y a d’autres dieux à côté de Dieu ? Dis : Moi, je ne témoignerai pas. Dis : Certes il est le Dieu unique, et je suis innocent de ce que vous lui associez.
  20. Ceux à qui nous avons donné les Écritures connaissent le prophète comme ils connaissent leurs enfants[3] ; mais ceux qui se perdent eux-mêmes ne croiront point en lui.
  21. Qui est plus méchant que celui qui invente des mensonges qu’il met sur le compte de Dieu, que celui qui traite nos signes de mensonges ? Dieu ne fera point prospérer les méchants.
  22. Un jour nous les rassemblerons tous ; alors nous dirons à ceux qui associent : Où sont les compagnons que vous associiez à Dieu et que vous aviez imagines vous-mêmes ?
  23. Et quelle autre excuse trouveront-ils que de dire : Nous jurons, par Dieu notre Seigneur, que nous n’avons point associé (d’autres dieux à Dieu).
  24. Vois comme ils mentent contre eux-mêmes, et comme se sont dérobées les divinités qu’ils avaient inventées.
  25. Il en est parmi eux qui viennent écouter ; mais nous avons mis plus d’une enveloppe sur leurs cœurs, afin qu’ils ne comprennent pas le Koran, et de la pesanteur dans leurs oreilles. Quand même ils verraient toutes sortes de miracles, ils ne croiraient pas ; ils viendront même, ces infidèles, te quereller, et diront : Ce Koran n’est qu’un amas de fables des anciens.
  26. Ils écartent les autres du prophète et s’en éloignent eux-mêmes ; mais ils ne perdent qu’eux-mêmes, et ils ne le savent pas.
  27. Si tu les voyais au moment où, placés sur le feu de l’enfer, ils s’écrieront : Ah ! Plut à Dieu que nous fussions ramenés sur la terre ! Nous ne traiterions plus de mensonges les signes de notre Seigneur : nous serions croyants.
  28. Oui, ce qu’ils cachaient autrefois a été mis au grand jour ; mais, s’ils étaient renvoyés sur la terre, ils retourneraient à ce qui leur était défendu, car ils ne sont que des menteurs.
  29. Ils disent : Il n’y a point d’autre vie que la vie d’ici-bas, et nous ne serons point ressuscités.
  30. Si tu les voyais au jour ou ils seront amenés devant leur Seigneur, il leur dira : N’était-ce pas la vérité ? — Oui, par notre Seigneur. — Goûtez donc, dira le Seigneur, le châtiment pour prix de votre incrédulité.
  31. Ceux qui traitaient de mensonge la comparution devant Dieu seront perdus lorsque l’heure[4] les surprendra inopinément. Ils diront alors : Malheur à nous pour l’avoir oublié sur la terre ! Ils porteront leurs fardeaux sur leurs dos, et quel mauvais fardeau !
  32. La vie de ce monde n’est qu’un jeu et un passe-temps ; la vie future vaut mieux pour ceux qui craignent : Ne le comprendrez-vous pas ?
  33. Nous savons, Ô Mohammed ! que leurs paroles t’affligent. Ce n’est pas toi qu’on accuse de mensonge ; les infidèles nient les signes de Dieu.
  34. Avant toi, des apôtres furent aussi traités de menteurs ; ils supportèrent avec constance les accusations et l’injustice jusqu’au moment où notre assistance vint les appuyer : Car qui pourrait changer les paroles de Dieu ? Mais tu connais l’histoire des envoyés de Dieu.
  35. L’éloignement des infidèles pour la vérité te pèse ; certes, si tu le pouvais, tu désirerais pratiquer un creux dans la terre, ou une échelle pour monter au ciel, pour en tirer quelque miracle pour eux. Si Dieu voulait, ils se réuniraient tous dans la direction du chemin droit. Ne sois donc pas du nombre des ignorants.
  36. Certes, il exaucera ceux qui écoutent ; les morts, Dieu les ressuscitera, et ils retourneront à lui.
  37. À moins qu’un miracle ne descende vers lui, nous ne croirons pas. Dis-leur : Dieu est assez puissant pour faire descendre un miracle, mais la plupart ne le savent pas.
  38. Il n’y a point de bêtes sur la terre, ni d’oiseau volant de ses ailes, qui ne forment une communauté pareille à vous[5]. Nous n’avons rien négligé dans le Livre. Toutes les créatures seront rassemblées un jour[6].
  39. Ceux qui traitent nos signes de mensonges sont sourds et muets, errants dans les ténèbres. Dieu égare celui qu’il veut, et conduit celui qu’il veut dans le sentier droit.
  40. Dis : Si le supplice était la devant vous, si l’heure arrivait, invoqueriez-vous un autre que Dieu ? Dites, si vous êtes sincères.
  41. Oui, c’est lui que vous invoqueriez : S’il voulait, il vous délivrerait des peines qui vous l’auraient fait invoquer, vous oublieriez les divinités que vous lui associez.
  42. Nous avions déjà envoyé des apôtres vers les peuples qui ont existé avant toi ; nous les avions atteints avec des maux et des adversités, afin qu’ils s’humiliassent.
  43. Notre colère les frappa, et cependant ils ne s’humilièrent point ; bien plus, leurs cœurs s’endurcirent, Satan leur prépara leurs actions[7].
  44. Et lorsqu’ils eurent oublié les avertissements qu’on leur donnait, nous ouvrîmes devant eux les portes de tous les biens, jusqu’au moment où, plongés dans la joie à cause des biens qu’ils avaient reçus, nous les saisîmes tout à coup, et les voilà dans le désespoir.
  45. Ce peuple méchant fut anéanti jusqu’au dernier. Gloire en soit à Dieu, maître de l’univers !
  46. Dis-leur : Que vous en semble ? Si Dieu vous privait de l’ouïe et de la vue, s’il mettait un sceau sur vos cœurs, quelle autre divinité que Dieu vous les rendrait ? Vois de combien de manières nous présentons les enseignements, et cependant ils se détournent.
  47. Dis-leur : Qu’en pensez-vous ? Si le châtiment vous surprend inopinément, ou s’il tombe au grand jour, précédé de quelque signe, quel autre peuple sera anéanti que le peuple des méchants ?
  48. Nos envoyés ne viennent que pour avertir et pour annoncer. Quiconque croit et fait le bien sera à l’abri de toute crainte et ne sera point attristé.
  49. Ceux qui traitent nos signes de mensonges seront atteints par le supplice, pour prix de leurs crimes.
  50. Dis-leur : Je ne vous dis pas que je possède des trésors de Dieu, que je connais les choses cachées ; je ne vous dis pas que je suis un ange : je ne fais que suivre ce qui m’a été révélé. Dis-leur : L’aveugle et celui qui voit, est-ce la même chose ? N’y réfléchirez-vous pas ?
  51. Avertis ceux qui craignent, qu’un jour ils seront rassemblés devant leur Seigneur ; ils n’auront d’autre protecteur ni d’autre intercesseur que Dieu : Peut-être le craindront-ils.
  52. Ne repousse point ceux qui invoquent le Seigneur le soir et le matin, et qui désirent ses regards. Il ne t’appartient pas de juger leurs intentions, comme il ne leur appartient pas de juger les tiennes. Si tu les repoussais, tu agirais comme les méchants.
  53. C’est ainsi que nous avons éprouvé les hommes les uns par les autres, afin qu’ils disent : Sont-ce là ceux que Dieu a comblés parmi nous de ses bienfaits ? — Dieu ne connaît-il pas ceux qui sont reconnaissants.
  54. Lorsque ceux qui auront cru à nos signes viendront à toi, dis-leur : La paix soit avec vous ! Dieu s’est imposé la miséricorde comme un devoir. Si quelqu’un d’entre vous commet une mauvaise action par ignorance, et s’en repent ensuite, certes Dieu est indulgent et miséricordieux.
  55. C’est ainsi que nous expliquons nos enseignements, afin que le sentier des criminels soit connu.
  56. Dis-leur : Il m’a été défendu d’adorer ceux que vous adorez à côté de Dieu. Dis : Si je suivais vos désirs, je m’écarterais du chemin droit et je ne serais point dirigé.
  57. Dis : Si je m’en tiens à l’enseignement évident de mon Seigneur, vous le traitez de mensonge. Ce que vous voulez hâter n’est pas dans mon pouvoir[8] ; le pouvoir n’appartient qu’à Dieu. Il fera connaître la vérité ; il est le plus habile à trancher les débats.
  58. Dis-leur : S’il était dans mon pouvoir de hâter ce que vous voulez hâter, le différend entre vous et moi serait bientôt terminé. Dieu connaît les méchants.
  59. Il a les clefs des choses cachées, lui seul les connaît. Il sait ce qui est sur la terre et au fond des mers. Il ne tombe pas une feuille qu’il n’en ait connaissance. Il n’y a pas un seul grain dans les ténèbres de la terre, un brin vert ou desséché qui ne soit inscrit dans le Livre évident[9].
  60. Il vous fait jouir du sommeil pendant la nuit, et sait ce que vous avez fait pendant le jour ; il vous ressuscitera un jour, afin que le terme fixé d’avance soit accompli ; vous retournerez ensuite à lui, et alors il vous redira ce que vous avez fait.
  61. Il est le maître absolu de ses serviteurs ; il envoie des gardiens qui veillent sur vous[10] jusqu’au moment ou la mort vous surprend, alors nos envoyés reçoivent l’homme mourant, et ils n’y font pas défaut[11].
  62. Ensuite vous êtes rendus à votre véritable maitre. N’est-ce pas à lui qu’appartient le jugement, à lui qui est le plus prompt à régler les comptes ?
  63. Dis-leur : Quel est celui qui vous délivre des ténèbres de la terre et de la mer, quand vous l’invoquez humblement et en secret, disant : Si tu nous délivres de cette infortune, nous te serons reconnaissants ?
  64. Dis : C’est Dieu qui vous délivre de cette infortune et de toute affliction, et néanmoins vous lui associez d’autres divinités.
  65. Dis-leur : C’est lui qui peut envoyer le supplice sur vos têtes ou le faire surgir sous vos pieds, jeter parmi vous la discorde et faire éprouver aux uns les violences des autres. Voilà comment nous savons tourner les enseignements, tourner, retourner, manier, et les appliquer à propos pour qu’ils comprennent à la fin.
  66. Ton peuple accuse le Koran de mensonge. Dis-leur : Je ne suis point chargé de vos affaires. Chaque prophète a sa place, et certes vous le saurez.
  67. Lorsque tu vois les infidèles entamer la conversation sur nos signes, éloigne-toi d’eux jusqu’à ce qu’ils entament une autre matière. Satan peut te faire oublier ce précepte. Aussitôt que tu t’en ressouviendras, ne reste pas avec les méchants.
  68. On n’en demandera pas compte à ceux qui craignent Dieu ; mais ils doivent se le rappeler afin qu’ils craignent Dieu[12].
  69. Éloigne-toi de ceux qui regardent leur religion comme un jeu et un passe-temps. La vie de ce monde les a aveuglés. Avertis-les que toute âme sera perdue par ses œuvres. Il n’y aura pour elle aucun autre protecteur ni intercesseur, hormis Dieu. Quand même elle offrirait toute sorte de compensation, elle sera refusée. Ceux qui seront voués à la perte éternelle en rétribution de leurs œuvres auront pour boisson l’eau bouillante, et un supplice cruel sera le prix de leur infidélité.
  70. Dis : Invoquerons-nous, a coté de Dieu, ceux qui ne peuvent ni nous être utiles ni nous nuire ? Retournerons-nous sur nos pas après que Dieu nous a dirigés dans le chemin droit, pareils à celui que les démons égarent dans le désert, pendant que ses compagnons l’appellent a la route droite, et lui crient : Viens à nous ? Dis : La direction de Dieu, voilà la direction ! Nous avons reçu l’ordre de nous résigner à la volonté de Dieu, maitre de l’univers.
  71. Accomplissez exactement la prière, et craignez Dieu ; c’est devant lui que vous serez rassemblés.
  72. C’est lui qui a créé les cieux et la terre d’une création vraie, le jour ou il dit : Sois, et il fut.
  73. Sa parole est la vérité. A lui seul appartiendra le pouvoir au jour où l’on embouchera la trompette. Il connaît ce qui est invisible et ce qui est visible ; il est le savant, l’instruit.
  74. Abraham dit à son père Azar : Prendras-tu des idoles pour dieux ? Toi et ton peuple vous êtes dans un égarement évident.
  75. Voici comment nous fîmes voir à Abraham le royaume des cieux et de la terre, afin qu’il sut de science certaine.
  76. Quand la nuit l’eut environné de ses ombres, il vit une étoile, et s’écria : Voilà mon maître ! L’étoile disparut. Il dit alors : Je n’aime point ceux qui disparaissent.
  77. Il vit la lune se lever, et il dit : Voilà mon maître ! Et, lorsqu’elle se coucha, il s’écria : Si mon vrai Seigneur ne m’avait dirigé, je me serais égaré.
  78. Il vit le soleil se lever, et il dit : Celui-ci est mon maître, celui-ci est bien plus grand ! Mais lorsque le soleil se coucha, il s’écria : O mon peuple ! Je suis innocent du culte idolâtre que vous professez.
  79. Je tourne mon visage vers celui qui a formé les cieux et la terre ; je suis vrai croyant, et nullement du nombre de ceux qui associent.
  80. Son peuple disputa avec lui. — Disputerez-vous, leur dit-il avec moi au sujet de Dieu ? Il m’a dirigé vers le chemin droit, et je ne crains point ceux que vous lui associez, à moins que Dieu ne veuille quelque chose, car il embrasse tout avec sa science ? N’y réfléchirez-vous pas ?
  81. Et comment craindrais-je ceux que vous lui associez, quand vous ne craignez pas de lui associer des divinités, sans que lui, Dieu, vous ait donné quelque pouvoir la-dessus ? Lequel des deux partis est le plus sûr ? Dites, si vous le savez.
  82. Ceux qui croient et qui ne revêtent point leur foi de la robe de l’injustice, ceux-là jouiront de la sécurité, ceux-là sont sur le chemin droit.
  83. Tels sont les arguments de l’unité de Dieu que nous fournîmes à Abraham contre son peuple. Nous élevons ceux qu’il nous plait. Ton Seigneur est sage et savant.
  84. Nous lui avons donné Isaac et Jacob, et nous les avons dirigés tous deux. Antérieurement nous avions déjà dirigé Noé. Parmi les descendants d’Abraham nous avons dirigé aussi David et Salomon, et Job et Joseph, et Moïse et Aaron. C’est ainsi que nous récompensons ceux qui font le bien.
  85. Zacharie, Yahia (saint Jean), Jésus et Elie, tous ils étaient justes.
  86. Ismaël, Elisée, Jonas et Loth, nous les avons élevés au-dessus de tous les humains.
  87. De même, parmi leurs pères et leurs enfants, parmi leurs frères, nous en avons élu un grand nombre et conduit dans le chemin droit.
  88. Telle est la direction de Dieu ; il dirige celui qu’il veut d’entre ses serviteurs. Si les hommes lui associent d’autres dieux, il est certain que leurs œuvres seront en pure perte.
  89. Ceux-là sont les hommes à qui nous avons donné les Écritures et la sagesse, et la prophétie. Si leur postérité n’y croit pas, nous les confions à ceux qui y croiront.
  90. Ceux-là ont été dirigés par Dieu lui-même dans le chemin droit. Suis donc leur direction. Dis-leur : Je ne vous demande point de salaire pour le Koran il n’est qu’une instruction pour l’univers.
  91. Ils n’apprécient point Dieu comme il le mérite, quand ils disent : Il n’a jamais rien révélé à l’homme. Dis-leur : Qui donc a révélé le Livre que Moïse apporta pour en faire la lumière et le guide des hommes ; ce Livre (le Pentateuque) que vous écrivez sur des feuillets, le livre que vous montrez, et dont cependant vous cachez une grande partie, vous avez été instruits de ce que vous ne saviez pas, non plus que vos pères. Dis-leur : C’est Dieu, et puis laisse-les se divertir par leurs frivoles discours.
  92. C’est un livre que nous avons envoyé d’en haut, un livre béni, corroborant les Écritures antérieures, afin que tu avertisses la mère des cités (la Mecque) et ceux qui habitent ses environs. Ceux qui croient à la vie future croiront à ce livre et seront exacts observateurs de la prière.
  93. Qui est plus méchant que celui qui invente des mensonges sur le compte de Dieu, et qui dit : J’ai reçu une révélation, lorsque rien ne lui a été révélé ; qui dit : Je ferai descendre un livre pareil à celui que Dieu a fait descendre[13] ? Oh ! Si tu voyais les méchants dans les angoisses de la mort, lorsque les anges, étendant leurs bras sur eux, prononceront ces mots : Dépouillez-vous de vos personnes (de vous-mêmes) ; aujourd’hui vous allez subir un supplice ignominieux pour prix de vos discours mensongers au sujet de Dieu et de vos dédains pour ses miracles.
  94. Vous revenez à nous, dépouillés de tout, tels que nous vous créâmes la première fois ; vous laissez derrière vous les biens que nous vous avions accordés, et nous ne voyons pas avec vous vos intercesseurs que vous aviez regardes comme compagnons de Dieu. Les liens qui vous unissaient sont rompus, et ceux que vous imaginiez être les égaux de Dieu ont disparu.
  95. C’est Dieu qui sépare le fruit du noyau ; il fait sortir la vie de ce qui est mort, et la mort de ce qui est vivant. Tel est Dieu : Pourquoi donc vous détournez-vous de lui ?
  96. Il fait poindre l’aurore ; il a établi la nuit pour le repos, et le soleil et la lune pour le comput des temps. Tel est l’arrêt du Sage, du Savant. `
  97. C’est lui qui a placé pour vous les étoiles (dans le ciel) afin que vous soyez dirigés dans les ténèbres sur la terre et sur les mers. Nous avons partout fait briller des signes pour ceux qui comprennent.
  98. C’est lui qui vous a produits d’un seul individu ; vous avez un réceptacle[14] dans les reins de vos pères, et un dépôt dans le Sein de vos mères. Nous avons fait briller des signes pour ceux qui comprennent.
  99. C’est lui qui fait descendre l’eau du ciel. Par elle nous faisons pousser les germes de toutes les plantes ; par elle nous produisons la verdure d’où sortent les grains disposés par séries, et les palmiers dont les branches donnent des grappes suspendues, et les jardins plantés de vignes, et les olives et les grenades qui se ressemblent et qui diffèrent les unes des autres. Jetez vos regards sur leurs fruits, considérez leur fructification et leur maturité. Certes ; dans tout ceci, il y a des signes pour ceux qui comprennent.
  100. Ils ont associé les génies a Dieu, pendant que c’est lui qui les a créés ; dans leur ignorance, ils lui inventent des fils et des filles. Gloire à lui ! Il est trop au-dessus de ce qu’ils lui attribuent.
  101. Créateur du ciel et de la terre, comment aurait-il des enfants, lui qui n’a point de compagne, qui a créé toutes choses et qui connait toutes choses ?
  102. Celui-là est Dieu, votre Seigneur ; il n’y a point d’autre dieu que lui. Créateur de toutes choses, adorez-le ; Il veille sur toutes choses.
  103. Les regards des hommes ne sauraient l’atteindre ; lui il atteint tous les regards : Le Subtil, l’Instruit.
  104. L’évidence vous est venue de la part de votre Seigneur. Quiconque voit, voit à son propre profit ; quiconque est aveugle, l’est à son propre détriment. Moi, je ne suis point votre gardien.
  105. C’est ainsi que nous nous servons de nos signes (versets), afin qu’ils te disent : Tu as de l’instruction ; et afin que nous en instruisions ceux qui comprennent.
  106. Suis ce qui t’a été révélé par ton Seigneur. Il n’y a point d’autre dieu que lui, et éloigne-toi de ceux qui lui associent (d’autres dieux).
  107. Si Dieu voulait, ils ne lui en associeraient point. Nous ne t’avons point chargé d’être leur gardien, ni de veiller à leurs intérêts.
  108. N’injurie point les divinités qu’ils invoquent à coté de Dieu ; ils pourraient à leur tour dans leur extravagance injurier Dieu. C’est ainsi que nous avons tracé à chaque peuple ses actions. Plus tard ils retourneront à leur Seigneur, qui leur redira ce qu’ils faisaient.
  109. Ils ont juré devant Dieu, par le serment le plus solennel, que s’il leur fait voir un miracle, ils y croiront. Dis : Les miracles sont au pouvoir de Dieu, et qu’est-ce qui pourrait vous faire comprendre que lorsque le miracle éclatera ils n’y croiront pas[15] ?
  110. Nous détournerons leurs cœurs et leurs yeux de la vérité, puisqu’ils n’ont point cru la première fois, et nous les laisserons errer confus dans leur égarement.
  111. Quand même nous ferions descendre les anges, quand même les morts leur parleraient, quand même nous rassemblerions devant leurs yeux tout ce qui existe, ils ne croiraient pas sans la volonté de Dieu ; mais la plupart d’entre eux ignorent cette vérité.
  112. C’est ainsi que nous avons suscité un ennemi à chaque prophète, des tentateurs parmi les génies et parmi les hommes[16], suggérant dans leur aveuglement les uns aux autres le clinquant des discours[17]. Si Dieu avait voulu, ils ne l’auraient pas fait. Éloigne-toi d’eux et de ce qu’ils inventent.
  113. Laisse les cœurs de ceux qui ne croient pas à la vie future s’arrêter sur ce sentiment et s’y complaire ; laisse-les gagner ce qu’ils gagnent.
  114. Chercherai-je un autre juge que Dieu, ce Dieu qui vous a fait descendre le Koran par parties ? Ceux à qui nous avons donné les Écritures savent bien qu’il a été véritablement envoyé de Dieu. Ne sois donc point de ceux qui doutent.
  115. Les paroles de ton Seigneur sont le comble de la vérité et de la justice. Nul ne peut changer ses paroles. Il entend et sait tout,
  116. Si tu obéis au plus grand nombre de ceux qui habitent ce pays-ci, ils s’écarteront du sentier de Dieu ; ils ne suivent que des opinions et ne sont que des menteurs.
  117. Dieu, ton Seigneur, connaît le mieux celui qui s’égare dans sa route ; il connaît le mieux ceux qui sont dans la droite voie.
  118. Mangez toute nourriture sur laquelle a été prononce-le nom de Dieu, si vous croyez à ses signes[18].
  119. Et pourquoi ne mangeriez-vous pas la nourriture sur laquelle a été prononcé le nom de Dieu, quand Dieu vous a déjà énuméré les aliments qu’il vous interdit, sauf les cas où vous êtes forcés à le faire ? Le plus grand nombre des hommes égarent les autres par leurs passions et sans avoir aucune connaissance à l’appui de ce qu’ils font, mais Dieu connait les transgresseurs.
  120. Abandonnez le dehors et le dedans du péché, car ceux qui travaillent au péché seront rétribués selon leurs œuvres[19].
  121. Ne mangez point de choses sur lesquelles le nom de Dieu n’a pas été prononcé : C’est un crime. Les tentateurs exciteront leurs clients à disputer avec vous là-dessus. Si vous les écoutez, vous deviendrez idolâtres.
  122. Celui qui était mort et à qui nous avons donné la vie, a qui nous avons donné la lumière pour marcher au milieu des hommes, sera-t-il semblable a celui qui marche dans les ténèbres et qui n’en sortira point ? C’est ainsi que les actions des infidèles ont été préparées d’avance.
  123. C’est ainsi que dans chaque cité nous avons fait que les grands en sont les hommes criminels, afin qu’ils y tendent des piéges ; mais ils n’auront tendu de pièges qu’à eux-mêmes[20].
  124. Lorsqu’un miracle leur apparait, ils disent : Nous ne croirons pas, tant que nous ne verrons pas un miracle pareil a ceux qui ont été accordés aux envoyés de Dieu, — Dieu sait le mieux où il doit placer sa mission. La honte devant Dieu et le châtiment terrible atteindront les criminels pour prix de leurs fourberies.
  125. Dieu ouvrira pour l’islam le cœur de celui qu’il voudra diriger ; il resserre, il rend étroit et comme cherchant à s’élever en l’air le cœur de celui qu’il voudra égarer[21]. Telle est la punition dont Dieu atteindra ceux qui ne croient pas.
  126. C’est le chemin de Dieu, il est droit. Nous avons déjà expliqué en détail les enseignements à ceux qui réfléchissent.
  127. Une demeure de paix leur est réservée près de Dieu ; il sera leur protecteur en récompense de leurs œuvres.
  128. Au jour où il les rassemblera tous, il dira aux génies : Assemblée de génies ! Vous avez trop abusé des hommes. Seigneur, diront leurs clients parmi les hommes, nous nous rendions les uns aux autres des services réciproques. Nous voici parvenus au terme que tu nous as fixé. — Le feu sera votre demeure, répondra Dieu ; vous y resterez éternellement, à moins qu’il ne plaise autrement à Dieu ; car il est sage et savant.
  129. C’est ainsi que parmi les méchants nous donnons les uns comme chefs aux autres, pour prix de leurs œuvres.
  130. O assemblée d’hommes et de génies ! N’avez-vous pas eu des apôtres choisis parmi vous qui vous répétaient nos enseignements, qui vous avertissaient de la comparution de ce jour ? Ils répondront : Nous le reconnaissons à notre perte. La vie de ce monde les a aveuglés, et ils reconnaîtront à leur perte qu’ils avaient été infidèles.
  131. Et cela fut ainsi[22], parce que Dieu n’est point le destructeur des cités qui les anéantit par méchanceté, et sans qu’elles s’y attendent.
  132. Toute âme occupera un degré correspondant à ses œuvres. Ton Seigneur n’est point inattentif à ce qu’elles font.
  133. Ton Seigneur est riche, plein de pitié ; S’il voulait, il vous-ferait disparaitre, et vous remplacerait par tels autres peuples qu’il voudrait, de même qu’il vous a fait sortir des générations passées.
  134. Ce dont on vous menace aura lieu, et ce n’est pas vous qui infirmerez les arrêts de Dieu.
  135. Dis-leur : O mon peuple ! Agis selon tes forces, moi j’agirai ainsi. — Vous apprendrez
  136. A qui échera la demeure éternelle du paradis. Dieu ne fera point prospérer les méchants.
  137. Ils destinent à Dieu une portion de ce qu’il a fait naître dans leurs récoltes et dans leur bétail, et disent : Ceci est à Dieu (à Dieu selon leur invention), et ceci aux compagnons que nous lui donnons. Mais ce qui était destiné à leurs compagnons n’arrivera jamais à Dieu, et ce qui était destiné à Dieu arrivera à leurs compagnons[23]. Que leurs opinions sont fausses[24].
  138. C’est ainsi que parmi un grand nombre d’idolâtres, les fausses divinités leur ont suggéré l’idée de tuer leurs propres enfants, et c’est pour les perdre et embrouiller leur culte. Si Dieu l’avait voulu, ils n’auraient jamais agi ainsi ? Mais laisse-les faire, et éloigne-toi de ce qu’ils inventent.
  139. Ils disent : Tels animaux et telles récoltes sont défendus ; nul autre que ceux que nous voulons (c’est ainsi qu’ils l’ont imaginé) ne doit s’en nourrir. Tels animaux doivent être exempts de porter des fardeaux. Ils ne prononcent pas le nom de Dieu sur eux ; ils inventent tout cela sur le compte de Dieu. Il les rétribuera pour leurs inventions.
  140. Ils disent ; le petit de tels animaux sera licite pour nos enfants mâles ; il sera défendu à nos femmes. Mais, si le fœtus est avorté, ils sont tous de compagnie à le manger. Dieu les récompensera de leurs distinctions. Il est savant et sage.
  141. Ils sont perdus ceux qui tuent leurs enfants par folle, par ignorance, ceux qui défendent les aliments que Dieu a donnés aux hommes par pure invention sur son compte. Ils sont égarés, ils ne sont point sur le chemin droit.
  142. C’est lui qui a créé les jardins de vignes supportés par des treillis et ceux qui ne le sont pas, qui a créé les palmiers et les blés de tant d’espèces, les olives et les grenades qui se ressemblent et diffèrent entre elles, Il a dit : Nourrissez-vous de leurs fruits, et acquittez ce qui est du au jour de la moisson ; évitez la prodigalité. Car Dieu n’aime point les prodigues.
  143. Parmi les animaux, les uns sont faits pour porter des fardeaux, les autres pour être égorgés. Nourrissez-vous de ce que Dieu vous a accordé, et ne suivez pas les traces de Satan, car il est votre ennemi déclaré.
  144. Il y a huit articles de bétail formant des couples, savoir : Deux de race ovine (bélier et brebis) et deux de race caprine (bouc et chèvre). Demande-leur : Est-ce les mâles que Dieu vous a interdits ou bien les femelles, ou bien ce que renferment les entrailles des femelles ? Instruisez-moi, si vous êtes sincères.
  145. De plus, deux articles de race cameline (chameau et chamelle) et deux de race bovine (taureau et vache). Demande-leur : Est-ce les mâles que Dieu vous a interdits ou bien les femelles. Ou bien ce que renferment les entrailles des femelles ? Etiez-vous présents quand Dieu vous a prescrit tout cela ? Et qui est plus méchant que celui qui, ignorant qu’il est, invente un mensonge, sur le compte de Dieu pour égarer les hommes ? Dieu ne dirige point les méchants.
  146. Dis-leur : Je ne trouve, dans ce qui m’a été révélé, d’autre défense, pour celui qui vent se nourrir, que les animaux morts, le sang qui a coulé et la chair du porc[25] : car c’est une abomination. Il y a défense de manger, par pure prévarication, ce qui a été tué sous l’invocation d’un autre nom que celui de Dieu, sauf si l’on y est forcé, et qu’on ne le mange pas par désobéissance et intention de pécher ; et certes Dieu est indulgent et miséricordieux.
  147. Pour les juifs, nous leur avons interdit tous les animaux qui n’ont pas la corne du pied fendue ; nous leur avons également défendu la graisse des bœufs et des moutons, excepté celle du dos et des entrailles, et celle qui est attachée aux os. C’est pour les punir de leurs iniquités. Nous sommes équitables.
  148. S’ils t’accusent d’imposture, dis-leur : Votre Seigneur est d’une miséricorde immense, mais sa colère ne saurait être détournée des criminels.
  149. Ceux qui associent (d’autres divinités à Dieu) diront : Si Dieu l’avait voulu, ni nous ni nos pères ne lui aurions associé (d’autres divinités) ; nous n’aurions point interdit l’usage d’aucune chose. C’est ainsi que ceux qui les ont précédés accusaient d’imposture d’autres apôtres, jusqu’au moment ou ils éprouvèrent notre colère. Dis-leur : Si vous en avez quelque connaissance, faites-la voir ; mais vous ne suivez que des opinions, et vous n’êtes que des menteurs !
  150. Dis : A Dieu seul appartient l’argument péremptoire. S’il avait voulu, il vous aurait dirigés tous dans le chemin droit.
  151. Dis-leur : Faites venir vos témoins qui attestent que Dieu à défendu ces animaux. S’ils prêtent ce témoignage, toi, ne témoigne pas avec eux, et ne recherche point l’affection de ceux qui traitent nos signes de mensonges, qui ne croient pas à la vie future, et qui donnent des égaux à leur Seigneur.
  152. Dis-leur : Venez, et je vais vous lire ce que votre Seigneur vous a défendu : Ne lui associe : aucun être ; traitez vos pères et mères avec générosité ; ne tuez pas vos enfants à cause de l’indigence[26] : Nous vous donnerons de quoi vivre ainsi qu’à eux ; soyez éloignés aussi bien du dehors que de l’intérieur des turpitudes ; ne tuez point les hommes, car Dieu vous l’a défendu, excepté si la justice l’exige. Voila ce que Dieu vous recommande, pour que vous compreniez enfin.
  153. Ne touchez point au bien de l’orphelin, si ce n’est en bien[27], ce, jusqu’à l’âge de puberté. Donnez la mesure et le poids justes. Nous t’imposerons à aucune âme que la charge qu’elle peut porter. Quand vous prononcez un jugement, prononcez-le avec justice, dut-ce être à l’égard d’un parent. Soyez fidèles a l’alliance du Seigneur. Voilà ce que Dieu vous a recommandé, peut-être y réfléchirez-vous.
  154. Voilà mon sentier ; il est droit. Suivez-le, et ne suivez point plusieurs sentiers, de peur que vous ne soyez détournés de celui de Dieu. Voilà ce que Dieu vous recommande, afin que vous le craigniez.
  155. Nous avons donné le Livre a Moise, livre complet, pour celui qui fait le bien, une distinction détaillée en toute matière, livre destiné à servir de direction et de preuve de la miséricorde, afin qu’ils (les juifs) croient à la comparution devant leur Seigneur.
  156. Et ce Koran que nous avons fait descendre, est un livre béni ; suivez-le et craignez Dieu, afin que vous éprouviez sa miséricorde.
  157. Vous ne direz plus : Le Livre (les Écritures) a été envoyé d’en-haut à deux nations (aux juifs et aux chrétiens) ; quant-à nous, nous n’avions aucune connaissance de leurs études.
  158. Vous ne direz plus : Si l’on nous eût envoyé un livre, nous aurions été mieux dirigés qu’eux. Une déclaration patente est cependant venue vers vous de la part de votre Seigneur ; elle est la direction et la preuve de la miséricorde divine. Et qui est plus méchant que celui qui traite de mensonges les signes de Dieu, et qui s’en détourne ? Nous punirons ceux qui se détournent de nos signes d’un supplice douloureux, parce qu’ils se sont détournés de nos signes.
  159. Attendent—ils que les anges viennent, ou que Dieu vienne lui-même, ou qu’un signe d’entre les signes de ton Seigneur les surprenne ? Le jour où un signe d’entre les signes de ton Seigneur viendra vers eux, la foi ne profitera plus à l’âme qui n’aura pas cru auparavant, ou qui, avec la foi, n’aura fait aucune bonne œuvre. Dis-leur : Si vous attendez, nous attendrons aussi.
  160. Tu ne seras point de ceux qui scindent leur foi et qui se partagent en sectes. Leur affaire concernera Dieu, qui leur rappellera ce qu’ils ont fait.
  161. Quiconque a fait une bonne œuvre en recevra la récompense décuple ; celui qui a commis une mauvaise action en recevra un prix équivalent[28]. Ils ne seront point opprimés.
  162. Dis-leur : Le Seigneur m’a conduit dans le sentier droit, dans une religion droite, dans la croyance d’Abraham, qui était un vrai croyant et qui n’associait point (d’autres divinités à Dieu).
  163. Dis : Ma prière et mes actes de dévotion, ma vie et ma mort, appartiennent à Dieu, maître de l’univers, qui n’a point de compagnon. Ceci m’a été ordonné, et je suis le premier des musulmans (de ceux qui se résignent à la volonté de Dieu).
  164. Désirerais-je avoir pour maitre un autre que Dieu, qui est le maître de toutes choses ? Toute âme ne fait des œuvres que pour son propre compte : aucune ne portera le fardeau d’une autre[29]. Vous retournerez à votre Seigneur, qui vous déclarera ce sur quoi vous étiez en désaccord les uns avec les autres.
  165. C’est lui qui vous a établis sur la terre, pour remplacer vos devanciers ; Il assigna aux uns des degrés plus élevés qu’aux autres, afin de vous éprouver par cela même qu’il vous donne. Votre Seigneur est prompt dans ses châtiments, mais il est indulgent et miséricordieux.

  1. Car alors il n’aurait plus été question d’avertissement, mais d’un châtiment ; les apôtres et les prophètes avertissent, mais les anges sont les exécuteurs des menaces.
  2. . Car les hommes ne sauraient soutenir l’éclat éblouissant d’un ange. Mahomet lui-même, disent les commentateurs, ne pouvait regarder linge Gabriel en face ; c’est pourquoi Dieu l’envoyait sous la forme humaine.
  3. C’est-à-dire, ils savent parfaitement bien que Mahomet est l’envoyé de Dieu.
  4. L’heure, c’est le jour du jugement dernier.
  5. C’est-à-dire, les animaux sont tout aussi bien sous le contrôle de Dieu, que le genre humain ; Dieu s’en occupe.
  6. Non seulement les hommes, mais les animaux et tous les êtres créés, comparaîtront au jour du jugement dernier pour rendre compte de leurs actions. Le livre dont il est parlé ici est le livre des arrêts éternels.
  7. Les mots du texte peuvent être traduits soit par : ’’Satan leur a embelli leurs actions’’ ; soit par : ’’Satan leur a préparé (disposé, arrangé comme il lui convenait) leurs actions’’.
  8. Le châtiment. Les infidèles défiaient Mahomet de hâter le châtiment dont il les menaçait sans cesse.
  9. Le livre évident, appelé autrement Table conservée, est le livre des arrêts éternels, où se trouve inscrit tout ce qui à été, qui est et qui sera.
  10. Des anges qui vous gardent et épient vos actions.
  11. Mot à mot : Nos envoyés, les anges, recueillent chacun de vous, reçoivent son souffle, son âme. Cet ange s’appelle Israfil.
  12. Les musulmans objectèrent que, s’il fallait s’éloigner des infidèles toutes les fois qu’ils raillent la nouvelle religion, on ne pourrait rester nulle part un seul instant. Mahomet complète le précepte du verset précédent par celui-ci.
  13. Ceci se rapporte à quelques faux prophètes du temps même de Mahomet, tels que Moçaïlama, El-Aswad et autres.
  14. Le mot réceptacle est employé ici dans un sens analogue à celui qu’il a en botanique.
  15. C’est-à-dire : Ah ! Que je voudrais vous faire comprendre qu’ils (les infidèles) n’y croient pas !
  16. Selon les croyances des Arabes et des mahométans en général, il existe des génies croyants et des génies rebelles, infidèles, malfaisants.
  17. Le clinquant des discours sont des paroles vaines dont l’apparence séduit et égare.
  18. C’est-à-dire, vous pouvez manger de tout animal qui a été égorgé sous l’invocation du nom de Dieu ; ce qui exclut les animaux morts, etc.
  19. Le dehors et le dedans du péché, ce sont le péché et les apparences.
  20. Ce verset s’applique aux grands, aux hommes riches de la Mecque les plus hostiles à Mahomet ; ils entrainaient contre lui les faibles, le peuple.
  21. Ici, comme chez les poètes arabes anciens, le cœur agité par quelque trouble, est comparé à un oiseau qui s’agite et bat des ailes.
  22. C’est-à-dire, que Dieu, avant de punir une cité, envoyait des apôtres chargés d’y porter ses avertissements.
  23. Nous avons traduit leurs compagnons pour suivre le texte ; nous ferons cependant observer que le pronom relatif leurs ne veut pas dire que les autres dieux soient des compagnons des hommes ; Il signifie les compagnons du Dieu de leur invention. Nous nous servons aussi quelquefois du mot associant, qui est le vrai sens du mot arabe mouchrik, traduit généralement par idolâtre.
  24. Ce verset a trait à quelques pratiques religieuses en usage chez les Arabes idolâtres, telles que le partage des terrains, des fruits et des récoltes en deux portions, dont l’une était celle du Dieu suprême, l’autre consacrée aux divinités subalternes représentées par les idoles. La portion de Dieu servait à nourrir les pauvres, les voyageurs ; celle des idoles était affectée aux offrandes et à la rétribution des prêtres. Si un fruit tombait de la portion destinée à Dieu sur le terrain consacré aux idoles, on le donnait aux idoles, mais on n’agissait pas ainsi dans le cas contraire ; car Dieu, disaient les idolâtres, étant riche, pouvait se passer de tout.
  25. Le texte précise le sang fluide ; car le foie et le mou, que les Arabes regardaient comme le sang à l’état solide, n’étaient pas défendus.
  26. Les Arabes païens avaient l’habitude de tuer leurs enfants en temps de disette.
  27. C’est-à-dire, si ce n’est pour accroître le patrimoine de l’orphelin.
  28. C’est le caractère général de la Théodicée mahométane, que la bonté et la miséricorde de Dieu l’emportent sur sa sévérité. Ainsi les degrés de l’enfer sont moins nombreux que ceux du paradis, et la récompense réservée aux justes plus grande que le châtiment des criminels n’est rigoureux.
  29. Mot à mot : aucune porteuse de fardeau ne sera chargée du fardeau d’un autre.