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Le Laurier noir/III/Soir à Nancy

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Société de la Revue Le Feu (p. 45-46).

SOIR À NANCY


La tendre ferveur de la nuit
Disperse les cris de l’orage.
La ville dort ; sur son visage
La lune est posée comme un fruit.

Les canons du plateau d’Amance
Veillent sur la gloire des camps.
La Meurthe coule mollement.
Des cloches bercent le silence.


Apaisement ! on peut rêver…
Des pavillons et des fontaines,
La place Royale… Ô Lorraine
Sur ton jardin se sont levés

Les lys éclatants de ta race :
Princes de Bar, de Commercy,
De Sion-Vaudémont !… Nancy
Est une rose dans l’espace,

Une rose de bouclier.
Jean Lamour forge des guirlandes ;
Les étoiles qui se répandent
À l’horizon sont les lauriers

De René II qui ressuscite.
Les chevaliers sont au combat ;
La ville dort et dans ses bras
Chantent les jets d’eau d’Amphitrite.