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Le Mahâbhârata (traduction Ballin)/Volume 1/Chap28

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Traduction par Ballin, L..
Paris E. Leroux (1p. 178-183).


CHAPITRE XXVIII


MORT DE SOUÇARMAN


Argument : Colloque de Khrishna et d’Arjouna. Combat de Douryodhana contre Sahadeva, de Soudarçana contre Bhîma, de Souçarman et Çakouni contre Arjouna. Mort de Satyakarman, de Souçarman et de Soudarçana.


1443. Sañjaya dit : Tes fils Douryodhana et Dourdharsha, les autres étant tués, s’étaient retirés au milieu des chevaux, ô grand roi.

1444. Alors, en voyant Douryodhana retiré au milieu des chevaux, (Krishna) fils de Devakî, dit à Dhanañjaya, fils de Kountî :

1445. Nos ennemis, (qui sont nos) parents, tués pour la plupart, sont enveloppés, et le taureau de Çini est revenu, ayant fait Sañjaya prisonnier.

1446. Ô Bharatide, Nakoula et Sahadeva sont épuisés (de fatigue), pour avoir combattu dans la bataille les guerriers Dhritarâshtrides avec leurs suivants.

1447. Kripa, Kritavarman et même le grand guerrier fils de Drona sont partis, abandonnant Douryodhana là où (il est).

1448. Le Pâñcâla, au comble de la félicité, ayant tué l’armée de Douryodhana, tient ferme avec tous les Prabhadrakas 20.

1449. Ô fils de Prithâ, ce Douryodhana se tient au milieu de ses chevaux, avec le parasol porté (sur sa tête), regardant incessamment (de tous côtés),

1450. Ayant rangé (en ordre) toute l’armée, (et) se tenant au milieu du combat. Tu auras fait ce qu’il convenait de faire, quand tu l’auras tué avec des flèches aiguës.

1451. Triomphe de Souyodhana, tant que ces (Kourouides) ne s’enfuiront pas à la vue de la destruction de l’armée des éléphants, et de l’arrivée d’un dompteur des ennemis (tel que) toi.

1452. Mais que quelqu’un aille vers le Pâñcâlas en lui disant de venir vite, afin que le méchant (Douryodhana) ne soit pas sauvé .

1453. Ayant tué ton armée dans la bataille, pensant les fils de Pândou vaincus, le Dhritarâshtride est dans une haute situation,

1454. (Mais), à la vue de sa propre armée écrasée et tuée par les Pândouides, il est certain qu’il ira au combat pour se faire tuer lui-même.

1455. Or, Phâlgouna, ainsi exhorté par Krishna, lui répondit : Ô Madhavide, tous les fils de Dhritarâshtra (ont été) tués par Bhîma

1456. Ces deux qui sont (encore) là, n’y seront plus aujourd’hui. Bhîshma est tué, Drona est tué, Karna, fils du soleil, aussi.

1457. Çalya, roi de Madra, est tué, ô Krishna, Jayadratha est tué. Les chevaux qui restent au Soubalide Çakouni sont (au nombre de) cinq cents.

1458. Deux cents chars seulement, une centaine entière d’éléphants et trois mille fantassins sont restés, ô tourmenteur des hommes,

1459. Ainsi qu’Açvatthâman, Kripa, le roi des Trigarfes, Ouloûka, Çakouni, et le Satvatide Kritavarman.

1460. Cette armée est ce qui reste au Dhritarâshtride, ô meurtrier de Madhou, mais nul, sur la terre, n’échappe à la mort.

1461. Vois, Douryodhana est resté (vivant), alors que son armée est détruite. Aujourd’hui même, le grand roi (Youdhishthira contemplera tous) ses ennemis tués.

1462. Car je crois qu’aucun des ennemis ne m’échappera. Ô Krishna ; ceux qui, (encore) maintenant, sont furieux, n’abandonneront pas le combat,

1463-1465. Aujourd’hui, je les tuerai tous, quand bien même ce ne seraient pas des hommes, (mais des êtres supérieurs). Dans mon ardeur à combattre, je ferai cesser la longue insomnie de (notre roi). Après avoir tué le Gândhârien avec des flèches aiguës, certes je porterai de nouveau les joyaux dont le Soubalide difficile à vaincre s’ornait, (après nous les avoir ravis par] sa malhonnêteté au jeu de dés, dans l’assemblée. Maintenant aussi toutes les femmes de la ville (qui tire son nom) des éléphants, se lamenteront,

1466. En apprenant que leurs époux et leurs fils ont été tués dans la bataille par les Pândouides. Certainement, ô Krishna, notre œuvre sera accomplie aujourd’hui.

1467. Aujourd’hui, Douryodhana abandonnera, avec la vie, sa brillante fortune, à moins qu’il ne s’éloigne du combat par peur de moi.

1468, 1469. Apprends, ô Vrishnien, que le très sot fils de Dhritarâshtra sera tué, car le bruit seul que fait la corde de mon arc contre la paume de ma main, est capable de vaincre cette multitude de cavaliers, ô dompteur des ennemis ; avance pour que je les tue. À ces mots du glorieux (ils de Pândou, le Daçarhien

1470. Poussa les chevaux contre l’armée de Douryodhana, ô roi. Ayant examiné cette armée, les trois grands guerriers munis de leurs armes,

1471. Bhîmasena, Arjouna et Sahadeva, ô vénérable, s’avancèrent en rugissant, animés du désir de tuer Douryodhana.

1472. Les voyant tous réunis l’arc levé, le Soubalide courut combattre les Pândouides qui attaquaient.

1473. Soudarçana, ton fils, s’avança contre Bhîmasena, Souçarman et Çakouni combattirent contre (Arjouna) qui porte un diadème.

1474, 1475. Ton fils (Douryodhana), monté sur un cheval, alla contre Sahadeva, qu’il atteignit rapidement et avec force d’un javelot dans la tête, ô maître suprême des hommes. Celui-ci, frappé par ton fils, s’affaissa sur le siège de devant du char,

1476. Tout le corps baigné de sang et ayant la respiration sifflante comme celle d’un serpent. Puis, ô maître des hommes, Sahadeva ayant repris ses esprits,

1477. Enflammé de colère, couvrit Douryodhana de flèches aiguës. Le Prithide Dhanañjaya, fils de Kountî, déployant son héroïsme dans le combat,

1478. Coupait les têtes des héros montes sur leurs chevaux, et dispersait cette armée avec des flèches nombreuses.

1479. Après avoir abattu toute la cavalerie, il alla contre les chars des Trigartes. Alors, les grands guerriers de cette nation, s’étant réunis,

1480, 1481. Couvrirent Arjouna et le Vasoudevide de pluies de traits. Le très glorieux fils de Pândou, ayant atteint Satyakarman d’une (flèche) kshourapra, coupa le timon de son char, et, ô puissant, avec une (autre) kshourapra aiguisée sur une pierre,

1482. Lui trancha la tête, ornée de sept anneaux (d’or) 22. Ô roi, (le fils de Pândou) se précipita dans la bataille, (d’une manière qui faisait) ouvrir (de grands) yeux à tous tes guerriers.

1483-1487. Semblable à un lion qui, dans les bois, désire dévorer une gazelle, le Prithide, après avoir tué Satyakarman et atteint Souçarman de trois flèches, détruisit tous les chars ornés d’or. Le fils de Prithâ se hâta de s’avancer contre le roi de Phrasthala (Souçarman), en exhalant le poison brûlant de sa colère, (qu’il avait tenu) longtemps caché. Arjouna l’ayant couvert de cent traits, frappa les chevaux de cet archer, ô excellent Bharatide. Puis, disposant (sur son arc) une flèche pareille au bâton d’Yama, il la décocha, comme en se jouant, à Souçarman. Ce trait, lancé par cet archer brûlant de colère,

1488. Ayant atteint Souçarman, lui perça le cœur, ô grand roi. Ce (guerrier) ayant perdu la vie, tomba à terre,

1489, 1490. Réjouissant ainsi tous les Pândouides et faisant, (en même temps), trembler les tiens. Après avoir tué Souçarman dans la bataille, (le fils de Pândou) envoya à la mort, avec ses flèches, les quarante-cinq grands guerriers, ses fils. Ensuite, ayant tué tous ses suivants à l’aide de ses traits aigus,

1491, 1492. Le grand guerrier (Arjouna) marcha contre ce qui restait de l’armée Bharatide dont (la plus grande, partie) avait été tuée. Or, Bhîma furieux, ô maître suprême des hommes, à l’aide de ses flèches, rendit, comme en se jouant, ton fils Soudarçana invisible dans le combat, et, plein de colère, lui enleva la tête du corps.

1493-1495. Tué par une kshourapra aiguë, il tomba en avant, à terre. Ce héros étant mort, ses suivants entourèrent Bhîma, en lançant des flèches de diverses sortes. Mais alors Vrikodara couvrit ton armée, de tous côtés, autour de lui, (d’une grêle) de traits aigus, dont le choc était comparable à celui de la foudre d'Indra, de sorte qu’il la détruisit en un instant, ô excellent Bharatide.

1496. Cependant, quand ceux-là furent détruits, ô Bharatide, les grands guerriers surintendants de l’armée, assaillirent Bhîmasena et le combattirent.

1497-1500. Ce fils de Pândou les couvrait tous de flèches terribles. Et les tiens même, ô roi, environnaient de toutes parts les grands guerriers Pândouides d’un épais nuage de traits. Alors, tout fut confondu, les Pândouides désirant combattre contre leurs ennemis, et les tiens (voulant résister aux) Pândouides dans la bataille. En ce lieu, des guerriers, tués les uns par les autres, pleurant ensemble leurs parents, tombèrent (morts) dans les deux armées, ô roi.