Le Procès des Thugs (Pont-Jest)/I/15

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Lecomte (p. 132-141).

XV

LES CHARMEURS DE SERPENTS.



Ce témoin se nommait Schiba, le charmeur.

C’était un jeune homme au teint bistré, mais d’une physionomie grave et distinguée. Ses regards perçants, projetés par deux prunelles noires comme de l’encre et lumineuses comme les diamants, brillaient d’un éclat étrange.

Schiba passait pour connaître les secrets de tous les poisons de l’Inde et savoir quel bézoard il faut opposer à chacun d’eux ; aussi, le bruit s’était-il répandu que sa déposition allait être remplie d’épisodes mystérieux.

Le témoin portait le costume qu’ont généralement les serviteurs de confiance des nababs.

— Approchez, lui ordonna sir Monby, et dites à la cour tout ce que vous savez sur ces hommes.

Schiba s’avança en jetant un regard de haine et de mépris aux accusés, puis il commença son récit en ces termes :

— La classe des pouliahs, classe des parias dont je fais partie, classe déshéritée s’il en fût, est tellement méprisée dans l’Inde, mylords, qu’un naïr ou un nabab qui veut essayer ses armes n’hésite pas à choisir l’un de nous pour but s’il le trouve sur son chemin, au risque de le tuer, ou de l’estropier, ce qui est pis encore, puisqu’on nous emploie ordinairement au labourage et qu’un pouliah qui n’a point ses quatre membres valides est condamné à mourir de faim.

« Un psylle, ayant pris en affection mon père, lui enseigna l’art de charmer, même les serpents verts et les nalle-pambous, qui sont, comme vous le savez, les plus dangereux de tous les reptiles.

« Les psylles et les mallas sont très-instruits.

« Plus d’un d’entre eux pourrait expliquer le cercle de Brahma et le lotus de Vichnou.

« Ils savent la langue des pandits et des brahmes, connaissent la signification des sculptures symboliques, des mystères cosmogoniques, comprennent les emblèmes et déchiffrent couramment tous les hiéroglyphes.

« L’application des plantes les plus rares et les moins connues est pour eux un jeu. Risquant la mort à chaque instant, ils ont la science nécessaire pour la combattre.

« De là notre pouvoir de guérir tous les maux du corps.

— Nous ne doutons pas de la science des mallas et des psylles, Schiba, interrompit le président, mais entrez dans le sujet même. Que savez-vous des Thugs ?

— Je vais vous le dire, mylord, répondit le charmeur.

« Le psylle qui avait pris en affection le pauvre pouliah mon père fit son éducation complète, et mon père me transmit ses secrets alors que j’étais encore tout enfant.

« Nous ne sommes pas médecins à la façon des médecins d’Europe, mais nous connaissons les panacées qui adoucissent les maux mortels et font disparaître les maux passagers.

« Mon père eût pu tirer parti de son savoir, s’il n’avait pas été pouliah ; mais aucun naïr, aucun radjah, aucun nabab n’eût voulu se laisser toucher par lui.

« Il se contenta d’être psylle, c’est-à-dire charmeur de serpents.

« Je l’aidais.

« C’était moi qui, au moyen de baguettes flexibles, excitais les reptiles et leur offrait en pâture des œufs et du pain pour les rendre furieux.

« Il y a cinq ans, nous nous étions arrêtés sur la route, aux portes d’Arcot.

« Le soir arrivait.

« À un jour torride allait succéder une nuit fraîche et embaumée.

« Nous commençâmes nos exercices.

« Au même instant deux palanquins, portés par des bahis et escortés par des naïrs malabares, s’avancèrent vers nous.

« Ces deux palanquins étaient fermés.

« Tout à nos serpents, dont l’un venait de mordre mon père à qui je faisais prendre du bézoard et des feuilles bienfaisantes, nous n’avions pas aperçu la caravane.

« — Place ! place ! cria le chef des bahis.

« — Qu’est-ce donc qui nous barre le chemin ? demanda un naïr.

« — Ce sont des pouliah-psylles qui font danser des serpents, répondit un des spectateurs.

« — Des pouliahs ! répéta le naïr furieux ! Et avant que nous sachions ce qu’on nous voulait, il épaula son fusil et fit feu sur mon pauvre père, qui s’étendit à mes côtés. »

Ici, le témoin s’arrêta quelques secondes, en proie à une vive émotion que semblait redoubler la vue des accusés sur lesquels il plongeait son regard chargé d’éclairs.

— Poursuivez, Schiba, lui ordonna le président.

L’Hindou détourna ses yeux des accusés et reprit :

— J’allais m’élancer sur le naïr pour le déchirer avec mes ongles, puisque j’étais sans armes, lorsque je vis le meurtrier chanceler en poussant un cri de douleur.

« Une vipère naja, apprivoisée par mon père, avait mordu le naïr.

« Il s’affaissa sur le sol, en proie à une convulsion horrible ; puis, après quelques efforts désespérés, il resta immobile, les yeux ouverts, les lèvres contractées, foudroyé par les rapides effets du venin : il était mort !

« Ses compagnons, terrifiés, nous menacèrent d’abord du geste, puis s’écrièrent :

« — Vengeance ! À mort les pouliahs ! à mort les psylles !

« Et vingt fusils s’abaissèrent sur moi.

« Ivre de vengeance, je m’élançai vers le naïr que la vipère naja avait tué.

« Croyant mon père mort, je voulais arracher le cœur du cadavre pour le jeter à mes reptiles.

« Pendant ce temps, les spectateurs avaient pris notre défense et s’étaient interposés entre les agresseurs et nous.

« Tout à coup, en fouillant la poitrine du mort, mes mains crispées, dont les ongles lui labouraient les chairs, teintèrent de sang, en le touchant, un foulard blanc.

« À un des coins, je découvris un nœud singulier contenant une roupie.

« — Voyez ! voyez ! m’écriai-je en le montrant à la foule, ce sont des Thugs : voici leur signe de ralliement.

« Aussitôt une lutte terrible s’engagea.

« Nous fûmes vainqueurs, et bientôt les Thugs prirent la fuite.

« Au moment où ils se mettaient en marche, après avoir recueilli les cadavres de ceux d’entre eux qui étaient tombés sous nos coups et qu’ils placèrent dans un palanquin qui se trouvait vide, les rideaux du premier palanquin s’ouvrirent et un homme qui l’occupait s’écria :

« — Par Kâly, la divine déesse, nous nous vengerons !

« Cette voix, je l’entendrai toujours.

« L’homme qui venait de prononcer cette menace, c’était lui. »

Et Schiba étendit le bras vers Feringhea.

— Continuez, Schiba.

— Un coup de feu m’avait atteint, mais ma blessure était légère.

« Au milieu du combat je n’avais eu qu’une pensée :

« Protéger le corps de mon père.

« Je me penchai sur lui, et, en proie à la plus vive douleur, je m’écriai :

« — Nar-Hali, cher être à qui je dois la vie, que Vichnou te reçoive dans son ciel avec toute la clémence que doit la divinité à ceux qui ont souffert ici-bas.

« Que Lakhmi déverse sur toi tous se bienfaits, et que Brahma sème de fleurs la route que va parcourir ton âme.

« Tout à coup mes lèvres devinrent muettes et tressaillirent.

« Mon père vivait encore.

« Son souffle devint perceptible.

« Ses joues se colorèrent.

« Il ouvrit les yeux.

« Je l’écoutai respirer, et j’acquis bientôt la conviction que la balle du Thug n’avait attaqué aucun organe vital.

« Mon père était sauvé !

« C’était, je vous l’ai dit déjà, vers le soir que se passait cette scène.

« La foule, attirée par notre lutte, grandissait autour de nous.

« Une seconde caravane, qui regagnait la ville, fut arrêtée comme celle des Thugs.

« — Place ! place ! cria le chef des bahis qui portaient les deux palanquins dont était composée cette caravane nouvelle.

« À ce cri, je tressaillis.

« Le danger auquel nous venions d’échapper si miraculeusement allait-il renaître ? Je me trompais.

« Un homme descendit du premier palanquin, s’approcha de moi, et d’une voix bienveillante, me demanda ce qui était arrivé.

« Je lui fis le récit de l’agression injuste et meurtrière dont nous venions d’être les victimes.

« Puis je terminai mon récit en m’écriant :

« — Sahib, ayez pitié de nous !

« — Ce sont des pouliahs ! des maudits ! hurlèrent quelques furieux : à mort !

« Et leurs fusils s’abaissèrent.

« À cet instant une femme, un ange apparut.

« Celle que je vis apparaître alors à côté du chef cipaye, et qui était descendue du second palanquin, semblait appartenir, tant sa grâce et sa beauté étaient divines, plutôt aux visions enivrantes que donne le hachich qu’à la nature même.

« Il y avait de la fleur, de l’odalisque et de la déesse tout à la fois dans cette radieuse jeune femme. Son sourire pourpre découvrait en naissant des perles d’une beauté et d’un éclat plus grands que celles que possèdent les perles les plus renommées de Ceylan.

« Ses yeux semblaient frangés de velours, ce qui adoucissait l’éclat de leurs prunelles noires, en traçant un grand contour en forme d’amande autour d’eux.

« Sa chevelure d’ébène, retenue par des torsades garnies de grosses perles, rehaussant leur ton foncé, était divisée sur les tempes en deux nattes, qui tombaient jusqu’à ses genoux.

« Oubliant tout à sa vue, je ne songeais plus à me soustraire au danger.

« L’adorable créature y songea pour moi.

« — Je ne veux pas que vous tuiez ces pauvres pouliahs, dit-elle.

« Et comme ceux qui nous menaçaient hésitaient.

« — Tenez, ajouta-t-elle, je vous achète leur vie.

« Et se dépouillant de ses bijoux, dont le moindre valait au moins mille roupies, elle les jeta aux furieux.

« Cette largesse les apaisa.

« Ému au dernier des points, je riais et je pleurais de joie.

« Le chef cipaye reprit la parole :

« — Cet homme est donc votre père ? me dit-il en désignant Nar-Hali.

« — Oui, répondis-je.

« — Qu’on le place dans mon palanquin, dit-il aux bahis stupéfaits.

« Puis s’adressant à la jeune femme qui me semblait plus belle que Lakhmi :

« — Vous voyez, ma chère Nahouâ, ajouta-t-il, que j’aime à m’associer à tous vos bienfaits.

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Les éléphants étaient chargés de ballots.

« Quelques instants après, nous nous mettions en marche.

« Nahouâ était montée dans le premier palanquin, à côté du Sahib.

« Je suivais le second, dans lequel on avait mis mon père.

« Une heure après, nous arrivâmes à la demeure du chef cipaye.

« À peine y étions-nous, que ce dernier vint à moi, tandis qu’on transportait mon père dans une des salles du rez-de-chaussée.

« — Es-tu reconnaissant ? me demanda-t-il.

« — Sahib, repris-je, ordonnez-moi de mourir et à l’instant je me frappe de votre poignard.

« — Ainsi, si je te gardais avec ton père auprès de moi, tu veillerais sur Nahouâ pendant mon absence et tu la défendrais au besoin.

« — Il faudrait qu’on nous tuât tous les deux avant de toucher à un seul des cheveux de notre bienfaitrice.

« — C’est bien, je vous garde.

« Dès ce jour, notre vie lui appartenait et nous eussions tout fait pour le Sahib et pour sa femme. Hélas ! que peuvent le courage et le dévouement contre les sectateurs de Kâly, la déesse sanglante. Ah ! ma pauvre maîtresse ! »

Et Schiba fondit en larmes.

L’auditoire avait suivi avec une attention extrême la déposition du psylle.

Pendant quelques secondes, on n’entendit que les sanglots du jeune homme.

Tous les assistants semblaient douloureusement émus.

Les Thugs seuls paraissaient de marbre, et même un ironique sourire plein d’orgueilleuse satisfaction errait sur les lèvres de Feringhea.

— Schiba, dit le président, nous comprenons votre émotion, mais il faut poursuivre votre récit.

— Pardon, mylord, répondit l’Hindou, mais lorsque je songe à ma chère maîtresse, lorsque je me souviens de cette nuit sanglante et terrible, je ne puis résister à ma douleur.

Et faisant un suprême effort, il reprit :

— D’immenses jardins entouraient l’habitation du Sahib.

« Ces jardins à plusieurs étages, entourés de murailles, formaient le plus frais et le plus agréable abri qu’on pût rêver.

« Mon père ne tarda pas à se guérir, mais un an après, il mourut, emporté par une fièvre pernicieuse que nul remède ne put combattre.

« Le Sahib et Nahouâ l’entourèrent de tous les soins possibles jusqu’à sa mort, et ils le firent ensuite transporter à l’endroit où on brûle les corps.

« Aussi mon attachement pour ceux qui nous avaient recueillis était-il sans bornes.

« Un jour, le Sahib me fit appeler.

« — Je pars, me dit-il ; veille sur Nahouâ pendant mon absence et tâche de la distraire. Je la mets sous la garde de ta reconnaissance et de ton dévouement. Dans un mois je reviendrai.

« Il partit.

« J’étais fier de la mission qui m’avait été confiée.

« Tant que je vivrai, Nahouâ n’a rien à redouter des bêtes et des hommes, me disais-je.

« Si un tigre se jetait sur elle, je tuerais le tigre et je la sauverais.

« Si dix assassins la menaçaient de leur poignard, je lutterais contre eux et je résisterais assez pour assurer, même vaincu, son salut dans la fuite.

« J’étais calme et résolu, et quoique n’ayant vraisemblablement rien à redouter pour ma maîtresse, j’éprouvais parfois de vagues pressentiments que j’avais peine à dissiper, tout en me raillant moi-même de me laisser envahir par eux.

« Une image sinistre revenait fréquemment dans mes rêves.

« Cette image était la sienne. »

Et Schiba désigna du geste le chef des étrangleurs.

— La menace qu’avait proférée Feringhea en nous quittant après la mort du Thug que la vipère naja avait tué, résonnait parfois à mes oreilles comme un glas funèbre.

« — Par Kâly, la sanglante déesse, nous nous vengerons ! avait-il dit.

« Un jour que j’étais dans le jardin, un bruit vague arriva jusqu’à moi.

« Il partait du bas de la muraille.

« C’était un murmure de voix confuses.

« Je me penchai pour examiner ce qui se passait sur la route qui bordait la demeure du Sahib.

« Une caravane s’était arrêtée au pied de la terrasse.

« Deux éléphants blancs et un palanquin avec trente hommes environ la composaient.

« Les hommes portaient le costume des marchands et les éléphants étaient chargés de ballots.

« Ces circonstances auraient dû me rassurer, et cependant mon inquiétude redoubla, car il me semblait que je reconnaissais quelques-uns de ces hommes.

« Je suis fou ! pensai-je au bout de quelques moments d’examen. Le Sahib doit revenir bientôt. Nos bahis nous sont dévoués. Quel danger peut menacer Nahouâ ? Aucun !

« Je regagnai l’habitation, et montai dans la chambre de la femme du Sahib.

« Elle se trouvait dans la pièce qui lui servait de boudoir et de salon.

« J’avais coutume de lui tenir compagnie et de lui faire la lecture chaque soir.

« Lorsque Nahouâ me quitta, je me promis de veiller toute la nuit.

« Je m’établis dans la salle qui se trouvait à côté de la chambre de ma maîtresse, et, après avoir garni ma ceinture de deux pistolets et d’un poignard, je m’étendis sur une natte, et j’attendis.

« Les heures s’écoulèrent silencieuses.

« Je vis reparaître les premiers rayons de l’aurore.

« J’étais rassuré.

« Tout à coup une plainte vague, qui venait du jardin, frappa mes oreilles.

« Des cris étouffés lui succédèrent.

« D’un bond, je me précipitai dans la chambre de Nahouâ.

« Cette chambre était vide.

« Je m’élançai dans le jardin.

« Mais à peine y avais-je fait quelques pas que je fus saisi par plusieurs hommes qui sortirent des massifs, et, avant que j’eusse pu faire usage de mes armes, ils m’enlevèrent mon poignard, ainsi qu’un de mes pistolets, me garrottèrent et me bâillonnèrent étroitement.

« Puis, à ma grande surprise, ils me portèrent vers l’endroit où les cris s’étaient fait entendre.

« Je compris bientôt l’affreuse pensée qui les faisait agir, car, croyant avoir affaire, non pas à des Thugs, mais à de simples bandits, je ne prévoyais pas encore le crime horrible de ces monstres au moment où ils s’emparèrent de moi.

« Ah ! quel spectacle ! Nahouâ, ma chère maîtresse, les vêtements déchirés, les cheveux épars, un bâillon sur la bouche, apparut, à mes regards terrifiés, avec le mouchoir sacré autour du cou. Elle était toujours belle ; ses longs cheveux flottaient sur ses épaules, mais elle était morte.

« Des hommes, des bourreaux, des démons, des Thugs l’entouraient.

« Je voulus m’élancer.

« Efforts inutiles.

« Je fermai les yeux.

« Une voix se fit entendre :

« — Je t’avais bien dit que nous nous vengerions !

« Oh ! cette voix, c’était celle que j’avais entendu le soir où mon père avait été blessé ; c’était celle qui m’avait poursuivi dans tous mes rêves.

« Je rouvris les yeux et vis Feringhea.

« — Ton tour viendra bientôt, me dit-il.

« Puis il alla à Nahouâ, dont l’âme venait de s’envoler et dont le corps était retenu contre l’arbre par les liens avec lesquels on l’avait garrottée.

« L’excès du désespoir et de la rage me donnèrent une force extraordinaire.

« Je parvins à dégager une de mes mains et, saisissant le pistolet qu’on m’avait laissé, je l’armai avec mes dents et faisant feu sur les meurtriers, je m’écriai :

« — Infâmes !

« Un d’eux tomba foudroyé.

« Mais ce n’était pas Feringhea.

« Au bruit de la détonation, les bahis s’étaient éveillés.

« — À moi ! à moi, au secours ! leur criai-je.

« Ils accoururent assez tôt pour me sauver, mais trop tard pour venger Nahouâ.

« Les Thugs avaient eu le temps de gagner la route et de prendre la fuite, en abandonnant le cadavre de celui que j’avais tué.

« Désespérés, nous regagnâmes l’habitation. Le surlendemain, lorsque revint mon maître, je lui appris l’affreux événement qui s’était accompli, mais je ne saurais vous peindre son désespoir.

« Depuis ce temps, je rêve de la mort des Thugs, et je viens vous demander justice.

— Justice sera faite, Schiba, dit sir Monby, justice de cet ennemi et de cent autres non moins infâmes.

Et le noble lord leva l’audience qui devait être reprise le soir même.