Le Roman du prince Othon/Livre deuxième/Chapitre VI

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CHAPITRE VI

LE PRINCE FAIT UNE CONFÉRENCE SUR LE MARIAGE, AVEC COMMENTAIRES PRATIQUES SUR LE DIVORCE


Avec quelle armée d’excellentes intentions Othon entra-t-il dans le cabinet de sa femme ! Qu’elles étaient paternelles, tendres, morales, touchantes, les paroles qu’il avait préparées ! De son côté Séraphine n’était pas d’humeur trop revêche. Sa crainte habituelle de voir arriver son mari en fâcheux au milieu de ses grands desseins disparaissait sous la méfiance momentanée qu’elle ressentait au sujet de ces desseins mêmes. Du reste, elle avait conçu une véritable horreur pour Gondremark. Au fond elle n’aimait pas le baron. Sous sa servilité effrontée, sous le dévouement sur lequel, avec une délicatesse si indélicate, il persistait à attirer son attention, elle devinait toute la grossièreté de son naturel. Tel peut être fier d’avoir dompté un ours, et demeurer néanmoins écœuré par l’odeur de son captif. Par-dessus tout, elle gardait quelque soupçon jaloux que cet homme était faux, et que sa fausseté était en partie double. Elle se faisait, à la vérité, un jouet de son amour, mais lui, de son côté, n’en faisait-il pas un aussi peut-être de sa vanité ? L’insolence de sa mimique tout à l’heure, et l’odieux de sa position à elle en y ayant assisté, lui pesaient lourdement sur la conscience. Elle reçut Othon presque comme une coupable. Et cependant il fut le bienvenu, car sa présence la délivrait d’un vilain entourage.

Malheureusement, les roues d’une entrevue sont à la merci de mille ornières. À l’entrée même du prince, le premier cahot se fit ressentir. Il vit que Gondremark était sorti, mais sa chaise était encore là, rapprochée pour la consultation ; il lui fut pénible de remarquer que non seulement cet homme avait été reçu en pareil secret, mais encore qu’il s’était retiré de la même façon. Luttant contre cette émotion, ce fut avec une certaine aspérité qu’il congédia le domestique qui l’avait introduit.

— Vous faites chez moi comme chez vous, dit-elle, un peu piquée par le ton de commandement qu’il avait pris, et par le regard qu’il avait jeté sur la chaise.

— Madame, dit Othon, je viens ici si rarement, que j’ai presque les droits d’un étranger.

— C’est vous, dit-elle, qui choisissez vos compagnons, Frédéric.

— Je suis ici pour causer de cela, répondit-il. Voilà maintenant quatre ans que nous sommes mariés ; et ces quatre, années, Séraphine, n’ont peut-être pas été plus heureuses pour vous que pour moi. Je sais bien que je n’étais pas fait pour être votre époux. Je n’étais pas jeune, je n’avais aucune ambition, j’étais un inutile et vous me méprisiez. Je n’oserai pas dire que cela fût sans raison ; mais, pour être juste de part et d’autre, il faut vous rappeler comment j’ai agi. Quand je vis que cela vous amusait de jouer le rôle de princesse sur votre petite scène, ne vous abandonnai-je pas immédiatement ce Grunewald, ma boîte de jouets ? Et quand je vis que je vous déplaisais comme mari, jamais mari se montra-t-il moins gênant que moi ? Vous me direz que ce n’est pas chez moi une affaire d’affection ni de préférence, et que par conséquent je ne dois m’en faire aucun mérite, que je vais où le vent me mène, que tout cela, enfin, est dans mon caractère. Certes, il est bien vrai que c’est chose facile, trop facile, de ne rien faire. Mais, Séraphine, je commence à reconnaître que ce n’est pas toujours sage. Quoique trop vieux et trop peu sympathique pour vous être un bon mari, j’aurais cependant dû me souvenir que j’étais le prince de ce pays où vous vîntes, étrangère, enfant. De ce côté il y avait aussi des devoirs qui m’appelaient : ces devoirs je ne les ai pas accomplis.

C’est un moyen sûr de faire offense que de réclamer l’avantage des années : — Devoirs ! dit Séraphine en riant. Sur vos lèvres, à vous, ce mot ! Vous me faites rire ! Qu’est-ce que cette billevesée ? Allez, allez conter fleurette aux filles, et soyez toujours le prince en porcelaine de Saxe dont vous avez si bien l’air. Amusez-vous, mon enfant, et laissez-nous les devoirs et les affaires.

Ce pluriel sonna désagréablement aux oreilles du prince. — Je me suis déjà trop amusé, dit-il, puisque « amusé » doit être le mot. Pourtant il y aurait beaucoup à dire de mon côté. Vous devez me croire terriblement enamouré de la chasse : Il y a cependant eu des jours où j’ai ressenti un grand intérêt pour ce que, par politesse, on voulait bien appeler mon gouvernement. J’ai toujours eu des prétentions au bon goût, et j’ai toujours discerné la différence qui existe entre la terne routine et le bonheur vivant. Si j’avais eu le choix, jamais, par exemple, je n’aurais hésité entre la chasse et le trône d’Autriche, entre la chasse et votre compagnie. Vous étiez jeune fille, un bouton de rose, quand vous me fûtes accordée…

— Ciel, s’écria-t-elle, allez-vous me faire une scène d’amour !

— Je ne me rends jamais ridicule, dit-il, c’est là mon seul mérite ; et vous pouvez être certaine que ceci va être une scène de mariage à la mode. Mais quand je me rappelle les commencements, ce n’est que la plus élémentaire courtoisie d’en parler avec douleur. Soyez juste, Madame : vous me trouveriez étrangement impoli d’évoquer le souvenir de ces jours passés sans avoir la décence d’exprimer mes regrets. Soyez même un peu plus juste encore, et avouez, ne serait-ce que par complaisance, que vous-même vous le regrettez, ce passé.

— Je n’ai rien à regretter, dit la princesse. Vous m’étonnez. Moi qui vous croyais si heureux !

— Il y a heureux et heureux : il y a tant de centaines de manières de l’être ! Un homme peut trouver le bonheur dans la révolte ; il peut le trouver dans le sommeil ; le vin, le changement peuvent le rendre heureux, ou bien encore les voyages ; la vertu, dit-on, a le même résultat… je n’en ai pas essayé. On prétend aussi qu’il est encore une sorte de bonheur, à trouver dans la tranquillité, la longue habitude du mariage. Heureux ? Oui, je suis heureux si vous voulez. Mais, je vous le dirai franchement, j’étais plus heureux quand je vous amenai ici à mon foyer.

— Enfin, dit la princesse, non sans un certain effort, il paraît que vous avez changé d’idée.

— Non, certes, répliqua Othon. Je n’ai jamais changé. Vous souvenez-vous, Séraphine, quand nous revînmes ici de notre voyage, quand vous vîtes les roses dans le sentier et que je descendis pour aller les cueillir ? C’était un étroit chemin bordé de grands arbres, au bout duquel le coucher de soleil était tout d’or, et les corbeaux volaient au-dessus de nous. Il y avait neuf roses, neuf roses rouges ; vous me donnâtes un baiser pour chacune d’elles, et je me dis que chaque rose et chaque baiser représenteraient une année d’amour. Eh bien, au bout de dix-huit mois tout était fini ! Mais croyez-vous, Séraphine, que c’est mon cœur qui ait changé ?

— Qu’en sais-je ? dit-elle comme un automate.

— Non, il n’a pas changé, continua le prince. Il n’y a aucun ridicule, même chez un mari, dans un amour qui s’avoue malheureux et qui ne réclame plus rien. J’ai bâti sur le sable. Pardonnez-moi : je ne fais pas ici ombre de reproche ; j’ai bâti, je suppose, sur mes propres défauts. Mais j’y ai mis mon cœur… Et il est encore là, dans les ruines.

— C’est fort poétique, dit-elle avec un petit rire étranglé. Elle sentait des attendrissements inconnus, une douceur inusitée s’emparer de son être. — Où voulez-vous en venir ? ajouta-t-elle en reprenant une voix plus dure.

— Je voudrais en venir à ceci, répondit-il, et c’est malaisé à dire, à ceci, Séraphine : je suis votre époux, après tout, un pauvre fou qui vous aime. Comprenez-moi bien, s’écria-t-il avec une sorte de violence, je ne viens pas ici en mari suppliant ; ce que votre amour me refuse je me mépriserais moi-même de le recevoir de votre pitié. Je ne le demande pas et je ne l’accepterais pas. Quant à la jalousie, quelle raison aurais-je d’être jaloux ? Ce serait la jalousie du chien de la fable, et bonne tout au plus à amuser les chiens. Néanmoins, aux yeux du monde, je suis toujours votre mari ; et, je vous le demande, me traitez-vous bien ? Je me tiens à l’écart et vous laisse libre ; en toutes choses je vous abandonne à votre propre volonté. De votre côté, que faites-vous ? Je m’aperçois, Séraphine, que vous avez agi un peu à la légère. Entre gens tels que nous, dans notre position élevée, il est nécessaire d’être prudent, d’observer certaines formes. Il est difficile, sans doute, d’éviter la médisance, mais il est dur d’avoir à la supporter.

— La médisance ! s’écria-t-elle en respirant avec force. La médisance !… voilà où vous vouliez en venir !

— J’ai essayé de vous dire ce que je ressens, répondit-il. Je vous ai dit que je vous aime et que je vous aime sans espoir… amertume profonde pour un époux ! Je me suis ouvert à vous afin de pouvoir parler sans vous offenser. Et maintenant, que j’ai commencé, je continue et je finis.

— Je l’exige, dit-elle. De quoi s’agit-il ?

Othon devint cramoisi. — J’ai à vous dire ce que je voudrais bien ne pas dire, répondit-il : je vous conseille de voir moins ce Gondremark.

— Gondremark ? Et pourquoi cela ? demanda-t-elle.

— C’est l’intimité entre vous, Madame, qui est la cause de cette médisance, dit Othon, non sans fermeté ; d’une médisance qui pour moi est une douleur cruelle, et qui tuerait vos parents si elle parvenait à leurs oreilles.

— Vous êtes le premier, dit-elle, qui m’en ayez donné connaissance. Je vous en remercie.

— Ce serait peut-être avec raison, répondit-il. Peut-être suis-je le seul entre vos amis…

Mais elle l’interrompit : — Oh ! laissons là mes amis ! Mes amis sont d’étoffe différente. Vous êtes venu ici pour faire parade de sentiment. Depuis combien de temps ne vous ai-je pas vu ? J’ai régi votre royaume pour vous pendant ce temps, et en cela je n’ai reçu aucun secours de vous. À la fin, quand je suis fatiguée d’un travail d’homme et que vous êtes lassé, vous, de vos jouets, vous venez me faire une scène de reproches conjugaux ! L’épicier et sa femme ! Les positions sont trop renversées, et vous pourriez au moins comprendre que je ne puis à la fois m’occuper du travail de votre gouvernement, et me conduire comme une petite fille. La médisance, c’est l’atmosphère dans laquelle nous vivons, nous autres princes, et c’est ce qu’un prince devrait savoir. Vous jouez là un rôle odieux. Et vous croyez à ces rumeurs ?

— Madame !… Serais-je ici ? dit Othon.

— C’est ce que je veux savoir, s’écria-t-elle ; et la tempête de son mépris redoubla de violence. Si vous y croyiez, à ces rumeurs ?…

— Je regarderais comme étant de mon devoir, répondit-il, de supposer le contraire.

— Je le savais ! Oh ! dit-elle, vous êtes fait de bassesse !

— Madame, s’écria-t-il, courroucé enfin, en voici assez ! Vous vous obstinez à vous méprendre sur mon attitude ; vous lassez ma patience ! Au nom de vos parents, en mon propre nom, je vous somme d’être plus prudente.

— Est-ce une requête, monsieur mon mari ? demanda-t-elle.

— Si je le voulais, je pourrais commander, Madame, dit Othon.

— Vous pourriez, Monsieur, selon la loi, me faire mettre en prison, répliqua Séraphine. À cela près, vous ne pouvez rien.

— Ainsi vous allez continuer comme auparavant ?

— Comme auparavant, précisément ! dit-elle. Sitôt cette comédie jouée, je requerrai le baron de Gondremark de me rendre visite. Est-ce clair ? ajouta-t-elle en se levant. Pour ma part, j’ai fini !

— Alors, Madame, je vous demanderai de m’octroyer une faveur, dit Othon, palpitant de colère par tout son être, J’aurai à vous demander de vouloir bien, en ma compagnie, rendre visite à une autre partie de ma pauvre demeure. Eh ! rassurez-vous, cela ne prendra pas longtemps et ce sera la dernière fois que vous aurez l’occasion de m’obliger.

— La dernière ? s’écria-t-elle. Avec joie, alors !

Elle lui offrit sa main qu’il prit dans la sienne ; tous deux avec une affectation marquée, tous deux intérieurement en feu. Il la conduisit par la porte dérobée, par où était sorti Gondremark ; ils passèrent par un ou deux corridors peu fréquentés qui donnaient sur une cour, et arrivèrent enfin à l’appartement du prince. La première de ces chambres était un cabinet, donnant sur la terrasse, où se trouvait disposée une collection d’armes de divers pays.

— M’avez-vous amenée ici pour me tuer ? demanda-t-elle.

— Je vous ai amenée ici, Madame, simplement pour passer plus loin.

Ils entrèrent ensuite dans une bibliothèque où, à moitié endormi, siégeait un vieux chambellan. Celui-ci se leva, s’inclina devant le couple, et demanda ses ordres.

— Vous nous attendrez ici, dit Othon. L’étape suivante était une galerie de tableaux où figurait, fort en évidence, le portrait de Séraphine, en habit de chasse et avec des roses rouges dans les cheveux. C’est ainsi que l’avait commandé Othon durant les premiers mois de son mariage. Sans mot dire, il l’indiqua du doigt ; en silence, également, Séraphine leva les sourcils, et, ils continuèrent à avancer par un corridor tapissé, sur lequel s’ouvraient quatre portes. L’une de celles-ci menait à la chambre d’Othon ; une autre était la porte privée des appartements de Séraphine. Ici, pour la première fois, Othon abandonna la main de sa femme, et, s’avançant vers sa porte, poussa le verrou.

— Il y a longtemps, Madame, dit-il, que le verrou est poussé de votre côté.

— Un seul était suffisant, répondit la princesse. Est-ce tout ?

— Vous reconduirai-je ? demanda-t-il en saluant.

— Je préférerais, dit-elle d’une voix vibrante, l’escorte du baron de Gondremark.

Othon appela le chambellan : — Si le baron de Gondremark, dit-il, est au palais, requérez-le de se rendre ici aux ordres de la princesse. — Et quand le fonctionnaire fut sorti : — Ne puis-je rien faire de plus pour votre service, Madame ?  ! demanda le prince.

— Merci, non. Vous m’avez beaucoup amusée, répondit-elle.

— Je vous ai maintenant donné votre liberté entière, continua Othon. Ce mariage a été malheureux pour vous.

— Fort malheureux ! fit-elle.

— Il vous a été adouci ; à l’avenir, il le sera encore plus, poursuivit le prince. Il est cependant une chose. Madame, qu’il vous faudra continuer à porter, le nom de mon père, maintenant le vôtre. Je le laisse entre vos mains. Puisque vous refusez tous mes avis, montrez au moins que vous vous appliquez avec plus d’attention à le porter comme il convient.

— Monsieur de Gondremark tarde bien à venir, remarqua-t-elle.

— Oh ! Séraphine… Séraphine ! s’écria-t-il.,

Et ainsi finit l’entrevue.

Elle s’avança en sautillant vers la fenêtre, et s’appliqua à regarder dehors. Quelques instants plus tard le chambellan annonça le baron de Gondremark, lequel, étonné de cet appel inusité, fit son entrée avec des yeux un peu ahuris, et un teint altéré.

La princesse se retourna de sa fenêtre avec un sourire de perles ; et rien sur son visage, à l’exception peut-être d’une couleur un peu plus vive, ne trahit son trouble. Othon était pâle, mais parfaitement maître de lui-même.

— Monsieur de Gondremark, dit-il, faites-moi une obligeance : reconduisez la princesse à son appartement.

Le baron, toujours sans comprendre, offrit sa main, qui fut acceptée d’un air souriant, et ils s’en allèrent tous deux par la galerie de tableaux.

Dès qu’ils furent partis et qu’Othon put comprendre l’étendue de sa défaite, mesurer jusqu’à quel point il avait fait le contraire de ce qu’il voulait faire, il demeura stupéfié. Un fiasco si parfait, si absolu, était simplement risible, même à ses propres yeux ; et il se mit à rire tout haut, au plus fort de sa colère même. À cette humeur succéda un accès du remords le plus aigu. Puis, de nouveau, quand il reconsidéra la provocation qu’il avait soufferte, la colère revint à la charge. Secoué de la sorte, un moment il déplorait son manque de suite et de sang-froid, et le moment d’après il s’enflammait de brûlante indignation et de noble pitié pour lui-même. Comme le tigre en cage, il marchait de long en large dans l’appartement. Othon pouvait être dangereux, par éclairs. Tel qu’un pistolet, à un moment donné, il pouvait tuer, et être, l’instant d’après, jeté de côté.

Mais en ce moment, marchant à grands pas dans l’appartement, passant d’une humeur à l’autre, déchirant son mouchoir entre ses doigts, il se trouvait accordé au plus haut diapason : ses nerfs étaient tendus à se rompre. Le pistolet, pour ainsi, dire, était chargé. Et quand, de temps en temps, la jalousie le cinglait au plus sensible de ses sentiments, évoquant devant l’œil de son âme la série de ses tableaux de feu, la contraction de ses traits devenait même effrayante. Il se refusait à croire aux inventions de la jalousie, mais elles lui cuisaient néanmoins. Au plus haut de sa fureur, il gardait toujours sa foi en l’innocence de Séraphine, mais la simple possibilité d’une faute chez elle était ce que sa coupe d’amertume contenait de plus amer.

On frappa à la porte, et le chambellan lui présenta un billet. Othon le prit et le froissa dans sa main, poursuivant sa marche, poursuivant ses pensées égarées, et quelques minutes se passèrent avant que la circonstance se présentât nettement à son esprit. Alors il s’arrêta, et ouvrit le pli. C’était un griffonnage au crayon, venant de Gotthold, et ainsi conçu :


« Le Conseil est convoqué immédiatement, en secret.

» G. de H. »


Si le Conseil était ainsi convoqué avant l’heure et secrètement, il était évident que l’on craignait son intervention. On le craignait !… L’idée lui était douce. Et Gotthold, qui l’avait toujours regardé et traité comme un garçon charmant, et rien de plus, Gotthold prenait maintenant la peine de l’avertir ; Gotthold attendait quelque chose de lui. Bien, personne ne serait désappointé : le prince, trop longtemps resté dans l’ombre sous l’amoureux esclave de sa femme, allait enfin reparaître et briller avec éclat !

Il demanda son valet de chambre, répara le désordre de sa tenue avec un soin minutieux. Puis, frisé, parfumé et paré, Prince Charmant en tous points, mais les narines frémissantes, il se dirigea vers la salle du Conseil.