Le Siècle de Louis XIV/Édition Garnier/Artistes célèbres

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Le Siècle de Louis XIV
Œuvres complètes de VoltaireGarniertome 14, Histoire (4) (p. 145-153).


ARTISTES CÉLÈBRES.


MUSICIENS.


La musique française, du moins la vocale, n’a été jusqu’ici du goût d’aucune autre nation. Elle ne pouvait l’être, parce que la prosodie française est différente de toutes celles de l’Europe. Nous appuyons toujours sur la dernière syllabe, et toutes les autres nations pèsent sur la pénultième ou sur l’antépénultième, ainsi que les Italiens. Notre langue est la seule qui ait des mots terminés par des e muets, et ces e, qui ne sont pas prononcés dans la déclamation ordinaire, le sont dans la déclamation notée, et le sont d’une manière uniforme gloi-reu, victoi-reu, barbari-eu, furi-eu… Voilà ce qui rend la plupart de nos airs et notre récitatif insupportables à quiconque n’y est pas accoutumé. Le climat refuse encore aux voix la légèreté que donne celui d’Italie ; nous n’avons point l’habitude, qu’on a eue longtemps chez le pape et dans les autres cours italiennes, de priver les hommes de leur virilité pour leur donner une voix plus belle que celle des femmes. Tout cela, joint à la lenteur de notre chant, qui fait un étrange contraste avec la vivacité de notre nation, rendra toujours la musique française propre pour les seuls Français.

Malgré toutes ces raisons, les étrangers qui ont été longtemps en France conviennent que nos musiciens ont fait des chefs d’œuvre en ajustant leurs airs à nos paroles, et que cette déclamation notée a souvent une expression admirable ; mais elle ne l’a que pour des oreilles très-accoutumées, et il faut une exécution parfaite. Il faut des acteurs : en Italie, il ne faut que des chanteurs.

La musique instrumentale s’est ressentie un peu de la monotonie et de la lenteur qu’on reproche à la vocale ; mais plusieurs de nos symphonies, et surtout nos airs de danse, ont trouvé plus d’applaudissements chez les autres nations. On les exécute dans beaucoup d’opéras italiens ; il n’y en a presque jamais d’autres chez un roi[1] qui entretient un des meilleurs opéras de l’Europe, et qui, parmi ses autres talents singuliers, a cultivé avec un très-grand soin celui de la musique.

Lulli (Jean-Baptiste), né à Florence en 1633, amené en France à l’âge de quatorze ans, et ne sachant encore que jouer du violon, fut le père de la vraie musique en France. Il sut accommoder son art au génie de la langue ; c’est l’unique moyen de réussir. Il est à remarquer qu’alors la musique italienne ne s’éloignait pas de la gravité et de la noble simplicité que nous admirons encore dans les récitatifs de Lulli.

Rien ne ressemble plus à ces récitatifs que le fameux motet de Luigi, chanté en Italie avec tant de succès dans le xviie siècle, et qui commence ainsi :

Sunt breves mundi rosæ,
Sunt fugitivi flores ;
Frondes veluti annosæ
Sunt labiles honores[2].

Il faut bien observer que dans cette musique de pure déclamation, qui est la mélopée des anciens, c’est principalement la beauté naturelle des paroles qui produit la beauté du chant ; on ne peut bien déclamer que ce qui mérite de l’être. C’est à quoi on se méprit beaucoup du temps de Quinault et de Lulli. Les poëtes étaient jaloux du poëte, et ne l’étaient pas du musicien. Boileau reproche à Quinault

. . . . . . . . ces lieux communs de morale lubrique,
Que Lulli réchauffa des sons de sa musique.

Les passions tendres, que Quinault exprimait si bien, étaient, sous sa plume, la peinture vraie du cœur humain bien plus qu’une morale lubrique. Quinault, par sa diction, échauffait encore plus la musique que l’art de Lulli n’échauffait ses paroles. Il fallait ces deux hommes et des acteurs pour faire de quelques scènes d’Atys, d’Armide, et de Roland, un spectacle tel que ni l’antiquité ni aucun peuple contemporain n’en connut. Les airs détachés, les ariettes, ne répondirent pas à la perfection de ces grandes scènes. Ces airs, ces petites chansons, étaient dans le goût de nos Noëls ; ils ressemblaient aux barcarolles de Venise : c’était tout ce qu’on voulait alors. Plus cette musique était faible, plus on la retenait aisément ; mais le récitatif est si beau que Rameau n’a jamais pu l’égaler. « Il me faut des chanteurs, disait-il, et à Lulli des acteurs. » Rameau a enchanté les oreilles, Lulli enchantait l’âme ; c’est un des grands avantages du siècle de Louis XIV que Lulli ait rencontré un Quinault.

Après Lulli, tous les musiciens, comme Colasse, Campra, Destouches[3], et les autres, ont été ses imitateurs, jusqu’à ce qu’enfin Rameau est venu, qui s’est élevé au-dessus d’eux par la profondeur de son harmonie, et qui a fait de la musique un art nouveau.

À l’égard des musiciens de chapelle, quoiqu’il y en ait plusieurs célèbres en France, leurs ouvrages n’ont point encore été exécutés ailleurs.


PEINTRES.


Il n’en est pas de la peinture comme de la musique. Une nation peut avoir un chant qui ne plaise qu’à elle, parce que le génie de sa langue n’en admettra pas d’autres ; mais les peintres doivent représenter la nature, qui est la même dans tous les pays, et qui est vue avec les mêmes yeux.

Il faut, pour qu’un peintre ait une juste réputation, que ses ouvrages aient un prix chez les étrangers. Ce n’est pas assez d’avoir un petit parti, et d’être loué dans de petits livres : il faut être acheté.

Ce qui resserre quelquefois les talents des peintres est ce qui semblerait devoir les étendre : c’est le goût académique ; c’est la manière qu’ils prennent d’après ceux qui président. Les académies sont, sans doute, très-utiles pour former des élèves, surtout quand les directeurs travaillent dans le grand goût ; mais si le chef a le goût petit, si sa manière est aride et léchée, si ses figures grimacent, si ses tableaux sont peints comme les éventails, les élèves, subjugués par l’imitation ou par l’envie de plaire à un mauvais maître, perdent entièrement l’idée de la belle nature. Il y a une fatalité sur les académies : aucun ouvrage qu’on appelle académique n’a été encore, en aucun genre, un ouvrage de génie. Donnez-moi un artiste tout occupé de la crainte de ne pas saisir la manière de ses confrères, ses productions seront compassées et contraintes. Donnez-moi un homme d’un esprit libre, plein de la nature qu’il copie, il réussira. Presque tous les artistes sublimes, ou ont fleuri avant les établissements des académies, ou ont travaillé dans un goût différent de celui qui régnait dans ces sociétés.

Corneille, Racine, Despréaux, Lesueur, Lemoine, non-seulement prirent une route différente de leurs confrères, mais ils les avaient presque tous pour ennemis.

Poussin (Nicolas), né aux Andelys, en Normandie, en 1594, fut l’élève de son génie ; il se perfectionna à Rome. On l’appelle le peintre des gens d’esprit ; on pourrait aussi l’appeler celui des gens de goût. Il n’a d’autre défaut que celui d’avoir outré le sombre du coloris de l’école romaine. Il était, dans son temps, le plus grand peintre de l’Europe. Rappelé de Rome à Paris, il y céda à l’envie et aux cabales ; il se retira ; c’est ce qui est arrivé à plus d’un artiste. Le Poussin retourna à Rome, où il vécut pauvre, mais content. Sa philosophie le mit au-dessus de la fortune. Mort en 1665.

Lesueur (Eustache), né à Paris en 1617, n’ayant eu que Vouet pour maître, devint cependant un peintre excellent. Il avait porté l’art de la peinture au plus haut point, lorsqu’il mourut, à l’âge de trente-huit ans, en 1655.

Bourdon et le Valentin[4] ont été célèbres. Trois des meilleurs tableaux qui ornent l’église de Saint-Pierre de Rome sont du Poussin, du Bourdon et du Valentin.

Lebrun (Charles), né à Paris en 1619. À peine eut-il développé son talent que le surintendant Fouquet, l’un des plus généreux et des plus malheureux hommes qui aient jamais été, lui donna une pension de vingt-quatre mille livres de notre monnaie d’aujourd’hui. Il est à remarquer que son tableau de la Famille de Darius, qui est à Versailles, n’est point effacé par le coloris du tableau de Paul Véronèse, qu’on voit à côté, et le surpasse beaucoup par le dessin, la composition, la dignité, l’expression, et la fidélité du costume. Les estampes de ses tableaux des batailles d’Alexandre sont encore plus recherchées que les batailles de Constantin, par Raphaël et par Jules Romain. Mort en 1690.

Mignard (Pierre), né à Troyes, en Champagne, en 1610, fut le rival de Lebrun pendant quelque temps ; mais il ne l’est pas aux yeux de la postérité. Mort en 1695.

Gelée (Claude), dit Le Lorrain. Son père, qui en voulait faire un garçon pâtissier, ne prévoyait pas qu’un jour son fils ferait des tableaux qui seraient regardés comme ceux d’un des premiers paysagistes de l’Europe. Mort à Rome en 1678.

Cazes[5] (Pierre-Jacques). On a de lui des tableaux qui commencent à être d’un grand prix. On rend trop tard justice, en France, aux bons artistes. Leurs ouvrages médiocres y font trop de tort à leurs chefs-d’œuvre. Les Italiens, au contraire, passent chez eux le médiocre en faveur de l’excellent. Chaque nation cherche à se faire valoir. Les Français font valoir les autres nations en tout genre.

Parrocel (Joseph), né en 1648, bon peintre, et surpassé par son fils. Mort en 1704.

Jouvenet (Jean), né à Rouen en 1644[6], élève de Lebrun, inférieur à son maître, quoique bon peintre. Il a peint presque tous les objets d’une couleur un peu jaune. Il les voyait de cette couleur par une singulière conformation d’organes. Devenu paralytique du bras droit, il s’exerça à peindre de la main gauche, et on a de lui de grandes compositions exécutées de cette manière. Mort en 1717.

Santerre (Jean-Baptiste). Il y a de lui des tableaux de chevalet admirables, d’un coloris vrai et tendre. Son tableau d’Adam et d’Ève est un des plus beaux qu’il y ait en Europe. Celui de sainte Thérèse, dans la chapelle de Versailles, est un chef-d’œuvre de grâces ; et on ne lui a reproché que d’être trop voluptueux pour un tableau d’autel. Né en 1651. Mort en 1717.

La Fosse[7] (Charles de), s’est distingué par un mérite à peu près semblable.

Boullongne[8] (Bon), excellent peintre ; la preuve en est que ses tableaux sont vendus fort cher.

Boullongne[9] (Louis). Ses tableaux, qui ne sont pas sans mérite, sont moins recherchés que ceux de son frère.

Raoux[10], peintre inégal ; mais, quand il a réussi, il a égalé le Rembrandt.

Rigaud (Hyacinthe), né à Perpignan en 1663. Quoiqu’il n’ait guère de réputation que dans le portrait, le grand tableau où il a représenté le cardinal de Bouillon ouvrant l’année sainte est un chef-d’œuvre égal aux plus beaux ouvrages de Rubens. Mort en 1743.

Detroy[11] (François) a travaillé dans le goût de Rigaud. On a de son fils des tableaux d’histoire estimés.

Watteau[12] (Antoine) a été dans le gracieux à peu près ce que Téniers a été dans le grotesque. Il a fait des disciples dont les tableaux sont recherchés.

Lemoine, né à Paris en 1688, a peut-être surpassé tous ces peintres par la composition du salon d’Hercule, à Versailles. Cette apothéose d’Hercule était une flatterie pour le cardinal Hercule de Fleury, qui n’avait rien de commun avec l’Hercule de la fable. Il eût mieux valu, dans le salon d’un roi de France, représenter l’apothéose de Henri IV. Lemoine, envié de ses confrères, et se croyant mal récompensé du cardinal, se tua de désespoir en 1737. Quelques autres ont excellé à peindre des animaux, comme Desportes et Oudry[13] ; d’autres ont réussi dans la miniature ; plusieurs dans le portrait. Quelques peintres, et surtout le célèbre Vanloo[14], se sont distingués depuis dans de plus grands genres, et il est à croire que cet art ne périra pas.


SCULPTEURS, ARCHITECTES, GRAVEURS, etc.


La sculpture a été poussée à sa perfection sous Louis XIV, et s’est soutenue dans sa force sous Louis XV.

Sarasin (Jacques), né en 1598, fit des chefs-d’œuvre à Rome pour le pape Clément VIII. Il travailla à Paris avec le même succès. Mort en 1660.

Puget (Pierre), né à Marseille en 1623, architecte, sculpteur et peintre ; célèbre par plusieurs chefs-d’œuvre qu’on voit à Marseille et à Versailles. Mort en 1694.

Legros et Théodon[15] ont embelli l’Italie de leurs ouvrages. Ils firent chacun, à Rome, deux modèles qui remportèrent au concours sur tous les autres, et qui sont comptés parmi les chefs-d’œuvre. Legros mourut à Rome en 1719.

Girardon (François), né en 1630, a égalé tout ce que l’antiquité a de plus beau, par les bains d’Apollon, et par le tombeau du cardinal de Richelieu. Mort en 1715[16].

Les Coisevox[17] et les Coustou[18], et beaucoup d’autres, se sont très-distingués, et sont encore surpassés aujourd’hui par quatre ou cinq de nos sculpteurs modernes.

Chauveau[19], Nanteuil[20], Mellan[21], Audran[22], Edelinck[23], Le Clerc[24], les Drevet[25], Poilly[26], Picart[27], Duchange[28], suivis encore par de meilleurs artistes, ont réussi dans les tailles-douces ; et leurs estampes ornent, dans l’Europe, les cabinets de ceux qui ne peuvent avoir des tableaux.

De simples orfèvres, tels que Claude Ballin et Pierre Germain[29], ont mérité d’être mis au rang des plus célèbres artistes par la beauté de leur dessin et par l’élégance de leur exécution.

Il n’est pas aussi facile à un génie né avec le bon goût de l’architecture de faire valoir ses talents qu’à tout autre artiste. Il ne peut élever de grands monuments que quand des princes les ordonnent. Plus d’un bon architecte a eu des talents inutiles.

Mansard[30] (François) a été un des meilleurs architectes de l’Europe. Le château ou plutôt le palais de Maisons, auprès de Saint-Germain, est un chef-d’œuvre, parce qu’il eut la liberté entière de se livrer à son génie.

Mansard[31] (Jules Hardouin), son neveu, mort en 1708, fit une fortune immense sous Louis XIV, et fut surintendant des bâtiments. La belle chapelle des Invalides est de lui. Il ne put déployer tous ses talents dans celle de Versailles, où il fut gêné par le terrain et par la disposition du petit château qu’il fallut conserver.

On reproche à la ville de Paris de n’avoir que deux fontaines dans le bon goût : l’ancienne, de Jean Goujon, et la nouvelle, de Bouchardon ; encore sont-elles toutes deux mal placées. On lui reproche de n’avoir d’autre théâtre magnifique que celui du Louvre, dont on ne fait point d’usage, et de ne s’assembler que dans des salles de spectacle sans goût, sans proportion, sans ornement, et aussi défectueuses dans l’emplacement que dans la construction ; tandis que les villes de province donnent à la capitale des exemples qu’elle n’a pas encore suivis[32].

La France a été distinguée par d’autres ouvrages publics d’une plus grande importance : ce sont les vastes hôpitaux, les magasins, les ponts de pierre, les quais, les immenses levées qui retiennent les rivières dans leur lit, les canaux, les écluses, les ports, et surtout l’architecture militaire de tant de places frontières, où la solidité se joint à la beauté. On connaît assez les ouvrages élevés sur les dessins de Perrault, de Levau, et de Dorbay[33].

L’art des jardins a été créé et perfectionné par Le Nostre pour l’agréable, et par La Quintinie pour l’utile. Il n’est pas vrai que Le Nostre ait poussé la simplicité jusqu’à embrasser familièrement le roi et le pape[34]. Son élève Collineau m’a protesté que ces historiettes, rapportées dans tant de dictionnaires, sont fausses ; et on n’a pas besoin de ce témoignage pour savoir qu’un intendant des jardins ne baise point les papes et les rois des deux côtés.

La gravure en pierres précieuses, les coins des médailles, les fontes des caractères pour l’imprimerie, tout cela s’est ressenti des progrès rapides des autres arts.

Les horlogers, qu’on peut regarder comme des physiciens de pratique, ont fait admirer leur esprit dans leur travail.

On a nuancé les étoffes, et même l’or qui les embellit, avec une intelligence et un goût si rare que telle étoffe, qui n’a été portée que par le luxe, méritait d’être conservée comme un monument d’industrie.

Enfin le siècle passé a mis celui où nous sommes en état de rassembler en un corps, et de transmettre à la postérité le dépôt de toutes les sciences et de tous les arts, tous poussés aussi loin que l’industrie humaine a pu aller ; et c’est à quoi a travaillé une société de savants remplis d’esprit et de lumières. Cet ouvrage immense et immortel semble accuser la brièveté de la vie des hommes[35]. Il a été commencé par MM. d’Alembert et Diderot, traversé et persécuté par l’envie et par l’ignorance, ce qui est le destin de toutes les grandes entreprises. Il eût été à souhaiter que quelques mains étrangères n’eussent pas défiguré cet important ouvrage par des déclamations puériles et des lieux communs insipides, qui n’empêchent pas que le reste de l’ouvrage ne soit utile au genre humain.





  1. Frédéric le Grand, roi de Prusse.
  2. Voyez, dans le Dictionnaire philosophique, l’article Art dramatique, du Récitatif de Lulli.
  3. Pascal Colasse, né en 1639, est mort en 1709. Sur Campra, voyez une note de la Vie de J.-B. Rousseau, § iii ; sur Destouches, voyez, dans les Mélanges, l’opuscule intitulé André Destouches à Siam.
  4. Sébastien Bourdon, né en 1616, mort en 1671. Moise Valentin, né en 1600, mort en 1632.
  5. Né à Paris en 1676, mort en 1751.
  6. En 1647. Un frère aîné de Jouvenet naquit en 1644 ; de là l’erreur.
  7. Né en 1640, et mort à Paris, sa ville natale, en 1716.
  8. Né à Paris en 1649 ; mort, dans sa ville natale, en 1717.
  9. Né à Paris en 1654, mort en 1733.
  10. Né à Montpellier en 1677, mort en 1734.
  11. Né à Toulouse en 1645, mort à Paris en 1730.
  12. Né à Valenciennes en 1684 ; il était âgé d’environ trente-sept ans quand il mourut, en 1721, à Nogent-sur-Marne.
  13. François Desportes, né en 1661, mort en 1743. Jean-Baptiste Oudry, né en 1686, mort en 1755.
  14. Charles-André Vanloo, né en 1705, mourut en 1765. Son frère aîné, Jean-Baptiste, cessa de vivre en 1745.
  15. Pierre Legros, né à Paris en 1666. Jean-Baptiste Théodon, mort à Paris en 1713.
  16. Le même jour que Louis XIV. Il était né en 1630, selon la Biographie universelle.
  17. Antoine Coisevox, originaire d’Espagne, né à Lyon en 1640 ; mort à Paris en 1720.
  18. Trois sculpteurs ont illustré le nom de Coustou : Nicolas, né à Lyon en 1658, mort en 1733 ; Guillaume, frère de Nicolas, le plus célèbre des trois, né en 1678, mort en 1746 ; et Guillaume, frère de ce dernier, né à Paris en 1716, mort en 1777.
  19. François Chauveau, mort en 1676.
  20. Robert Nanteuil, né à Reims en 1630, gendre d’Edelinck, mort à Paris en 1678.
  21. Claude Mellan, né à Abbeville en 1598, mort à Paris en 1688.
  22. Girard Audran, le plus distingué des neuf artistes de ce nom, naquit à Lyon en 1640, et mourut à Paris en 1703.
  23. Gérard Edelinck, né à Anvers en 1649, et appelé en France par Colbert, mourut en 1707 ; il n’appartenait pas réellement au siècle de Louis XIV.
  24. Sébastien Leclerc, né à Metz en 1637, mort à Paris en 1714.
  25. Pierre Drevet, né à Lyon en 1664, eut pour fils Pierre Drevet, né à Paris en 1697 ; morts tous deux en 1739, selon la Biographie universelle.
  26. François de Poilly, né en 1622 à Abbeville, mourut en 1693. Son frère Nicolas, mort en 1696, fut son élève, et laissa deux fils, morts avant 1730, avec la réputation de graveurs habiles.
  27. Bernard Picart, fils d’Étienne, naquit à Paris en 1673, et mourut à Amsterdam en 1733.
  28. Gaspard Duchange, né à Paris en 1662, mort en 1756.
  29. Claude Ballin mourut à Paris au commencement de 1678, et Pierre Germain en 1682.
  30. Né à Paris en 1598, mort en 1666.
  31. Né en 1645 à Paris, où son père, nommé aussi Jules Hardouin, était premier peintre du cabinet du roi ; mort à Marly en 1708.
  32. On a construit, depuis que M. de Voltaire a écrit cet article, trois théâtres pour les trois grands spectacles de Paris. (K.) — Les trois théâtres dont parlent les éditeurs de Kehl étaient, pour l’Opéra, la salle de la Porte-Saint-Martin ; pour les Français, la salle de l’Odéon, consumée par les flammes le 28 ventôse an VII(18 mars 1799), reconstruite, brûlée de nouveau le 20 mars 1818, et reconstruite encore ; pour l’Opéra-Comique, ou les Italiens, la salle qui est entre le boulevard et la place des Italiens. Depuis la note des éditeurs de Kehl, on a construit beaucoup d’autres théâtres. — Voltaire aurait toujours sujet de dire de la plupart que la construction en est très-défectueuse.
  33. Claude Perrault, auquel on doit la colonnade du Louvre, quoi qu’en ait dit Boileau. Louis Levau, mort en 1670, eut pour élève François Dorbay, mort en 1697.
  34. André Le Nostre, fils d’un jardinier du roi, naquit en 1613, à Paris, où il mourut en 1700. Beaucoup d^ouvrages, même récents, racontent que Le Nostre embrassa effectivement Innocent XI, et qu’il en usait ainsi avec Louis XIV, de l’aveu même de ce monarque. Anobli par son maître, auquel il était fort attaché, mais sans adoration servile, il n’oublia ni son bonhomme de père ni sa bêche ; bien différent en cela de tant de vilains, improvisés grands seigneurs depuis le commencement du xixe siècle. (Cl.)
  35. C’était ici que finissait cet article dans les premières éditions ; voyez la lettre de d’Alembert, du 24 août 1752. La fin de l’alinéa a été ajoutée en 1763. Sur l’Encyclopédie, voyez une des notes sur le premier des Dialogues chrétiens.