Le Zend-Avesta (trad. Darmesteter)/Tome I/CHAPITRE III/IV. Cérémonies du culte.

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Traduction par James Darmesteter .
Texte établi par Musée Guimet, Ernest Leroux (Tome I. La Liturgie (Yasna et Vispéred). Annales du Musée Guimet, vol. 21p. lxvii-lxix).


IV. — Cérémonies du culte.

Nous ne pouvons dresser la liste des cérémonies pratiquées sous le règne de l’Avesta sassanide, nos textes étant trop fragmentaires. Voici la liste des principales cérémonies encore célébrées :
Le Yasna, le Vispéred, le Vendidad, le Rapithwin, les Gàhànbàrs, le Srôsh Darûn, l’Ardà Frôhar, l’Atash Zὸhr, les Àfrîngân, le Gîtî Khirîd, le Zanda Ravàn, le Hômàst.


1° Le Yasna (izishn) est le sacrifice général en l’honneur de l’ensemble des divinités : on le décrira plus au long au chapitre suivant. Il consiste en la récitation de soixante-douze chapitres, accompagnée de certains rites. Célébré seul, il prend le titre de Minô-nâbar.
2° Le Vispéred est un Yasna où certains chapitres sont plus développés ou remplacés par des variantes. C’est un Yasna plus complet et dont les énumérations divines sont plus larges. Il ne faut pas confondre le livre du Vispéred, qui est constitué par ces additions et ces variantes formant vingt-trois chapitres, avec le service même du Vispéred. Le livre du Vispéred n’a pas d’existence en lui-même : on ne le récite, on ne l’offre jamais seul : il ne répond à aucune réalité liturgique : ce n’est qu’une notation abrégée d’un service.
Le service du Vispéred est célébré, entre autres, les jours de Gàhànbàrs. Certaines formules du Vispéred ne se comprennent que par référence aux Gàhànbàrs et aux offrandes qui y sont offertes[1]. Peut-être faut-il définir le Vispéred un Yasna adapté aux Gàhànbàrs.
3° Le Vendidad est le Vispéred dans lequel on a inséré les vingt-deux chapitres du livre du Vendidad. L’office du Vendidad ne diffère du Vispéred que par l’étendue des textes récités, et non par le cérémonial[2].

4° Le Yasna Rapithwin est un Yasna célébré en l’honneur du Génie du midi, qui préside au Gâh de midi et à l’Été (la seule saison où ce Gâh soit invoqué : voir p. 26). Un bon Parsi doit le faire célébrer deux fois l’an, au début et à la fin de l’été. Il diffère du Yasna ordinaire par la suppression des invocations relatives à tous les autres Gâhs[3].
5° Les Gâhânhârs ou offices des fêtes de saison : voir au vol. II, Àfrîngân Gâhânbàr.
6° Le Srôsh Darûn ou Bâj, le Zôhr Atash, l’Ardâ Frôhar et les Àfringân célébrés en l’honneur des morts : voir au vol.II, Vendidad VIII, Appendice.
7° Le Giti khirîd où « l’achat du ciel dans ce monde » doit être célébré pour chaque fidèle[4]. Il consiste en la célébration de neuf Yasnas : six du Minô-nâbar en l’honneur des Yazatas ; les autres en l’honneur, l’un de Srôsh, l’un des Sîrôza, c’est-à-dire des trente génies du mois, le neuvième de Vispéred, c’est-à-dire de tous les Ratus[5].
8° Le Zanda Ravân est un Srôsh Darûn célébré pour le bénéfice d’un vivant, considéré comme en danger de mort. Chaque Parsi doit faire célébrer une fois en sa vie ce service pour le bénéfice de son âme. On le fait généralement célébrer les trois premiers jours de la fête des Férouers[6].
9° Le Hômàst est un multiple du Yasna et du Vendidad. Il est célébré pour expier les manquements commis par une femme aux règles de pureté légale. Il a quatre formes : 1° le Yak hômàst simple, composé de 12 Yasnas

célébrés en l’honneur de douze Izeds : total 144 Yasnas ; 2° le Dô hômâst, qui ajoute un Vendidad pour chaque ange : total 144 Yasnas, 12 Vendidads ; 3° le Dvâzdah hômâst, composé de 12 Yasnas et 12 Vendidads pour chaque ange : total 144 Yasnas et 144 Vendidads ; 4° le Dvâzdah dô hômâst, composé de 12 Yasnas et 12 Vendidads en l’honneur de dix-huit Izeds, total 216 Yasnas et 216 Vendidads (Dàstur Jamaspji, Pahlavi, Gujarati and English Dictionary, 1886, page 1089 ; M. West donne d’après le Dàstur une description analogue, mais différente dans le détail, dans ses Pahlavi Texts, I, 212, note ; 1880). On ne célèbre plus aujourd’hui que la seconde forme et la troisième[7].






  1. Voir Karda IV, 2, notes 5-6 ; XI, 6, note 13.
  2. Les manuscrits écrits en vue de la liturgie ne présentent que le texte, sans traduction pehlvie, et prennent alors le titre de Sadé سليم « pur, sans mélange ». Le Yasna Sadé, le Vispéred Sadé sont le Yasna, le Vispéred zend, avec ou sans nirangs, mais sans traduction pehlvie. Comme le livre du Vendidad ne fait jamais à lui seul l’objet d’un office, on entend par « office du Vendidad » l’office formé des trois livres Yasna, Vispéred, Vendidad, entremêlés suivant les nécessités liturgiques ; et le mot Vendidad Sadé désigne généralement, non le texte zend du livre du Vendidad, mais le texte zend des trois livres tels qu’on les récite dans l’office complet. — L’office du Vendidad semble désigné par les mots dàtem hadhadâtem (cf. p. 9, n. 14). — L’Hêrbad Peshtanji Kâusjî Rabâdî a publié, à l’imprimerie Tahmuras, une édition liturgique du Vendidad Sadé, Vandidâd bâ Nîrang, 548 p. grand in-fol. Bombay, 1885.
  3. Il est célébré avec un Barsom de 13 tiges. Le texte du Yasna Rapithwin est donné dans le Yasna bâ Nîrang de Tahmuras, pp. 314-338.
  4. Cf. p. liv, note 2.
  5. Notes de Jivanji Modi.
  6. Peshotanji Dastùr Bahramji Sanjana, ap. West, Pahlavi Texts, II, 237, note 3.
  7. Sur le Hâdhôkht qui n’est pas seulement le nom d’un livre, mais aussi d’un service, voir Yasht XI, Introduction et § 18, note.